Disclaimer : L'univers et les personnages de Batman appartiennent à DC comics, Bob Kane et Bill Finger, ainsi qu'à Christopher Nolan. Rien n'est de moi donc, sauf la famille Williams.

Désolée d'avance pour le style d'écriture un peu maladroit et les éventuelles fautes d'orthographe. J'espère que cette petite histoire vous plaira quand même, n'hésitez pas à poster des reviews. Voilà, bonne lecture!


« Un couple a été retrouvé assassiné dans la rue hier matin. La police a su les identifier. Il s'agit de Monsieur et Madame Williams, tués par balles aux alentours de minuit. Leur fille de cinq ans, Katherine, qui devait être avec eux, a disparu. Les enquêtes... »

Bruce Wayne éteignit le poste de radio et poussa un soupir en regardant sa tasse de café à moitié vide. Encore un crime qu'il n'avait pu empêcher. Il se sentait si inutile... Encore une famille, dont la vie était sûrement heureuse jusqu'alors, complètement détruite par un de ces psychopathes qui hantaient les rues de Gotham. Encore un pauvre couple, qui n'avait rien demandé, assassiné et laissé à l'abandon dans une ruelle sombre et malodorante. Et puis, cette pauvre petite, dont il ne voulait même pas imaginer le sombre destin... Si par miracle, elle se sortait vivante de ce drame, elle serait marquée à vie. Comme lui l'avait été. Lui qui était devenu le justicier de Gotham pour que plus personne après lui ne vive ce qu'il avait vécu. Mais, visiblement, quelqu'un l'avait vécu, une fois de plus...

Inutile... Batman était inutile. Il se demandait souvent pourquoi il s'acharnait tant à défendre la ville, alors que, loin de se stopper, la criminalité se multipliait, de plus en plus dangereuse, de plus en plus terrible. Il n'en pouvait plus, le poids d'un justicier pesait décidément beaucoup trop lourd sur les épaules d'un homme, même aussi robuste que lui... Il ne pouvait pas faire le poids contre la ville... Il était trop faible... Beaucoup trop faible...

-Monsieur devrait aller se reposer, après la nuit si épuisante qu'il vient de passer, suggéra Alfred. Si vous le voulez, je peux appeler Wayne Entreprise pour dire que vous ne viendrez pas aujourd'hui.

Le multi-milliardaire leva des yeux creusés par les cernes sur le fidèle majordome, dont les cheveux se faisaient chaque jour un peu plus rare, mais qui pourtant restait toujours droit et actif. Devant son inquiétude, visible pour lui seul, Bruce se força à sourire, et finit sa boisson matinale d'un trait, avant de se lever.

-C'est gentil de vous inquiéter ainsi pour moi, Alfred, mais je vais réussir à tenir, comme toujours. Après tout, vous savez bien que je n'ai pas de limite.

-Comme vous voudrez, soupira à contrecœur le vieil homme.


Trois semaines que la petite Katherine avait disparu. Trois semaines que ses photos faisaient la une des journaux. Trois semaines qu'on entendait sa famille – des oncles et des tantes – pleurer sur sa disparition. Et trois semaines qu'un lourd remords enserrait la poitrine de Batman. Il ne comprenait pas pourquoi ce crime l'avait marqué plus qu'un autre. Mais chaque instant qu'il vivait depuis qu'il avait entendu parler de la petite fille lui rappelait douloureusement son impuissance face à l'immensité du mal qui rongeait la ville. Il n'avait rien pu faire pour la sauver, il ne pouvait rien faire pour la retrouver. Il ne pouvait pas tout empêcher, il ne servait qu'à filtrer un peu de cette immonde saleté qu'était la criminalité. Il n'était qu'une vulgaire passoire aux trous trop grands.

Perché sur les hauteurs, il observait le théâtre de toutes ces horreurs sur ces douloureuses pensées. Remarquant soudain une lumière suspecte dans un bâtiment qui aurait dû être abandonné depuis longtemps, il plongea afin d'aller voir de plus près, le cœur lourd.


S'approchant sans bruit de l'appartement d'où provenait la lumière, il entendit soudain un éclat de rire reconnaissable entre tous. Il se s'immobilisa et tendit un peu plus l'oreille. Oui, il s'agissait bel et bien du Joker, qui baragouinait un flot de parole d'un ton doucereux que le justicier ne reconnut pas. Puis, ce fut le silence. La chauve-souris s'approcha alors de la porte et l'envoya valser d'un coup de pied. Et resta figé de stupéfaction devant le spectacle qui s'offrait à lui.

Assis sur les genoux du clown, qui était confortablement installé dans un grand fauteuil de velours vert, une petite fille d'environ cinq ans, à la robe blanche et à l'aspect angélique jouait avec un pistolet. Le visage rond, les boucles blondes et les yeux bleus et doux que Batman avait vu des centaines de fois dans les journaux lui permirent immédiatement d'identifier en elle la petite disparue. Le criminel, lui, lui enserrait la taille d'un bras tandis qu'il jouait avec une de ses mèches de l'autre main, le regard anormalement doux pour une personne comme lui. Ses cheveux gras et verts, qui s'éparpillaient de tous côtés, ainsi que son habituel costume violet et son insupportable maquillage de clown suffirent pour provoquer un mouvement de recul au justicier, qui ne s'était toujours pas remis de la mort de Rachelle, sa chère amie tuée par sa faute, bien que cinq ans se furent écoulés depuis.

L'homme aux cicatrices leva la tête, surpris, lorsqu'il entendit le craquement de la porte et sa bouche s'étira en un large sourire lorsqu'il reconnu sa Némésis. Il se leva, portant la petite d'un geste assez maladroit. Celle-ci enlaça son cou de ses petits bras et appuya sa tête contre son torse, regardant le justicier d'un air intéressée.

-Batsiiii ! C'est toi ? Tu tombes à pic, je me disais justement qu'il faudrait que je te présente ce petit bout de chou, que j'ai trouvé dans la rue, il n'y a pas très longtemps.

-Alors c'était toi, Joker ? Gronda son interlocuteur. J'aurais dû m'en douter, il n'y avait que toi pour commettre une pareille atrocité !

-Quelle atrocité ? S'étonna faussement le meurtrier. Je n'ai pas fait une seule égratignure à la petite ! Regarde, elle se porte à merveille !

-Et ses parents se portent à merveille aussi ? Gronda l'homme à la cape, furieux.

-Ah, eux... non je ne peux pas en dire autant... Mais ne t'en fais pas, ce petit ange n'a pas été si affectée que ça. Bon, d'accord, elle n'a pas parlé depuis qu'elle est ici, mais je suis sûr que ça lui passera très vite ! Et puis, de toute façon, tu peux compter sur moi pour lui redonner le sourire !

-Non, tu as déjà fait assez de mal comme ça, Joker. Maintenant, laisse-la !

-Mais je ne compte pas lui faire du mal à cette gamine, je l'adore ! Je compte même l'adopter, puisque maintenant, elle est orpheline, répondit le clown avec un horrible sourire.

Horrifié, Batman le vit alors embrasser l'enfant sur le front, pendant qu'elle riait d'un air joyeux, le pistolet à la main. Sa poitrine le brûlait, un nœud se fit dans sa gorge. Il ne savait pourquoi, mais voir ainsi la gamines au bras du clown lui donnait un sentiment de culpabilité étrange, une culpabilité enfantine et malsaine, qui lui arracha une grimace douloureuse.

Hébété, il observa, tout en chancelant légèrement, le prince du crime effectuer quelques pas de danse, faisant tournoyer dans les airs l'enfant, qui riait à gorge déployée, la tête rejetée en arrière. La lumière, faible et grésillante de l'unique lampe de la pièce, donnait un aspect irréel et fantastique à la scène. Le chevalier noir s'appuya contre le mur les yeux exorbités, ayant l'impression étrange de rêver. Puis, tout à coup, une secousse survint et ébranla tout son corps. Avec une rage sans pareille, il se rua sur le clown, essayant de lui arracher la gamine des bras. Mais, celui-ci, ayant sentit le coup venir, s'écarta de lui, mettant la gamine hors de portée de la chauve-souris, et lui balança son pied dans l'estomac.

-Désolé, Batsi, mais je garde la petite avec moi ! Lança-t-il alors avec un sourire cruel en balançant la gamine de droite à gauche, la faisant rire de plus belle.