Disclaimer: Hetalia n'est pas à moi, je ne fais qu'emprunter les personnage pour jouer avec.

Genre: Famille, Drame, Historique

Personnage: Alfred essentiellement.

Note: Je ne sais pas si les irlandais, neutres durant la guerre, ont effectivement fait traverser l'Atlantique à des réfugiés. Disons que oui.


Prologue: Drame de Guerre


Angleterre. 1943.

Il y avait un monde fou. Tout le monde se bousculait et criait. La famille Jones se débattait pour ne pas être écraser à l'intérieur du train. Un navire irlandais allait les emmener en Amérique, les irlandais étant neutres, un navire de chez eux passerait plus facilement. Amélia Jones serrait la main de son petit garçon Matthew. Un bébé de trois ans aux boucles blondes et aux grands yeux bleus. A ses côtés, un enfant de huit ans trépignait. «On va bientôt voir le bateau?» Gémit-il, fatigué de faire du sur-place depuis des heures. Il ne pouvait pas s'asseoir sans que des jambes ne le heurtent dans le dos. Et son jouet ne l'amusait plus. Il en avait assez du compartiment étroit, de ce train qui n'avançait pas vite, du bruit et de la chaleur. Il avait besoin de bouger et de se défouler.

Sa mère sourit gentiment «Sois patient Alfred, on est bientôt arrivé à Plymouth. Tout ira bien!»

- Mais je suis impatient d'arriver. Je veux voir la statue de la liberté!» il avait dévoré plein de livres sur les États-Unis depuis des mois. Il était impatient et avait plein de rêves, comme aller voir les indiens par exemple. Où grimper dans la statue de la Liberté. Et peut-être qu'un jour ses parents allaient acheter un Ranch et qu'ils pourraient élever des chevaux. L'idée d'être un cow-boy lui plaisait beaucoup.

«Le trajet va durer plusieurs jours. Et une fois là-bas, nous n'aurons plus de raisons d'avoir peur. Ce sera terminée et notre vie sera bien meilleure.» Cette guerre était un cauchemar dont on ne voyait pas la fin. Depuis la défaite de la France, c'était la panique en Angleterre, surtout avec les bombardements. «Heureusement la famille de Allen s'est déjà installée là-bas, ils pourront nous héberger en attendant qu'on s'installe.

L'enfant se mordilla la lèvre «Les allemands ne pourront pas nous faire du mal là-bas? Y aura plus de bombes hein?

- Non mon trésor.»

Matthew bailla, vacillant sur place, épuisé lui-aussi. Sa mère le posa contre la paroi du train et alla s'appuyer un peu plus loin. «Surveilles ton frère Alfred.

- D'accord!» Le petit s'assit à côté de son cadet qui babillait joyeusement, serrant sa peluche d'ours contre lui.

Plus de bombardements, de sirènes, de cris ou de nuits à se cacher. En Amérique il pourrait être libre, voir plein d'amis et aller à l'école! Et devenir un héros! Et il aurait un cheval!«Tu verras Mattie, on seras heureux là-bas! Tu ne t'ennuieras pas un seul instant! On va avoir plein d'amis!»

Le bébé lui fit un grand sourire, gazouillant.

Alfred continua, ravi:«Et je serais quand même ton héros! Je ne t'oublie pas!

- Zéro?

- Non...Héro!

- Zéro!»

L'enfant gonfla les joues «T'es pas drôle! Je boude!» Le train s'arrêta soudain. Le petit fit «On est à Plymouth! On va monter sur le bateau et on sera bientôt en Amérique! Tu n'as jamais vu l'Océan hein Mattie? Enfin tu as vu the Channel mais c'est pas pareil.»

Les gens autour d'eux se mirent à bouger, les bousculant. Alfred attrapa la main de son petit frère, lui évitant d'être piétiné par des hommes pressés. Il tenta de se frayer un chemin jusqu'à sa mère mais fut projeté au sol, tenta de se relever et fut entraîné par la foule. Il lâcha la main de son frère quand on lui écrasa le pied, et cria, effrayé. Heureusement un homme l'attrapa par le sol de sa chemise et le remit debout. «Ca va mon garçon? Tu n'es pas blessé? Où sont tes parents?

- Oui...MATTIE?» Ouvrant de grands yeux, il tenta de remonter le courant, mais il y avait trop de monde et il fut projeté hors du train, gémissant de douleur quand ses coudes prirent tout «MAMAN, PAPA!» Paniqué, il les chercha des yeux mais il y avait trop de monde, beaucoup trop. Il entendait plein de langues différentes. Affolé il grimpa sur un banc et chercha, appelant avec désespoir. Quand enfin il vit son père. «PAPA!» Il agita les bras et l'homme l'aperçut, se frayant un passage jusqu'à lui.

«Alfred! On vous cherche partout bon sang! Où est ton frère?

- On a été bousculé si fort que j'ai lâché sa main. Et je me suis fait mal.» Son coude saignait. Il renifla, à la fois terrifié et inquiet.

«Allen! Alfred!» Amélia Jones était pâle «Où est Matthew? Où est mon bébé?» Elle criait presque sur la fin, hystérique.

«J'ai été écrasé par la foule, on m'a marché dessus et je l'ai lâché.» gémit l'enfant, en larmes, plus mal qu'il ne l'avait jamais été.

«C'est de ta faute Allen, si tu avais été là!

- MA FAUTE? Heureusement que j'étais là pour acheter des billets. Et il faut se dépêcher ou on n'aura plus de place sur le bateau.

- Je ne pars pas sans mon bébé!

- Il n'y aura pas d'autre traversée par les irlandais avant longtemps!Ce sera peut-être la seule! Ils prennent d'énormes risques et ne le referont peut-être pas.

- JE M'EN FICHE, JE NE PARS PAS SANS MON BEBE!»

Allen Jones soupira et se gratta la tête, regardant la longue file des gens qui allaient embarquer. S'il ne faisait rien, sa famille raterait son ticket pour l'Amérique. Et resterait au cœur de la guerre. Tout ça pour...Il se reprit et lança «Je vais rester et retrouver Matthew, vous deux partez en Amérique, et allez chez ma soeur. Vous avez l'adresse non? Et assez d'argent.

- Mais...

- Inutile de rester tous ici, tu veux que Alfred reste là sous les bombes? Et toi aussi tu es épuisée. Je peux m'en tirer. On vous rejoindra aussi vite que possible.

- Mais je ne peux pas partir sans mon fils.

- Et faire prendre des risques à ton autre fils? Il ne peut pas partir seul. C'est trop dangereux. Il n'a personne pour veiller sur lui.»

Il finit par la convaincre et les poussa vers la file d'attente. Puis ils disparut dans la foule. Alfred ne cessa d'espérer, des heures durant, que son père allait revenir avec Matthew. Il fixait la foule, le cœur battant, serrant la main de sa mère. Il se sentait coupable. Qu'avait-il fait? Il avait pourtant tenté d'être un bon grand frère. Mais rien n'y avait fait.

Quand ils embarquèrent, ils posèrent leurs affaires dans leur petite cabine. Et allèrent sur le pont, regardant le port, pleins d'espoir.

Rien.

«Papa...reviens avec Mattie. Vite.»

Des heures passèrent, mais toujours rien. Et enfin l'heure du départ arriva. Alors que le navire s'éloignait des côtes anglaises, l'enfant de huit ans éclata en sanglots.


A suivre

Prochain Chapitre: "10 ans plus tard: Retour à Londres"