Comment peut-on être tué dans une pièce close ? Et pourquoi ? Et si SPR n'était pas assez fort cette fois ? Quand le doute s'installe, seul un miroir peut dévoiler la vérité.
Bloody Mary
Chapitre 1 : Comment ça, un meurtre ?
« C'est fou comme un simple miroir peut s'avérer terrifiant. Il suffit de se trouver dans une pièce sombre, complètement seule, pour que votre simple reflet vous fasse sursauter. Bien sûr, ça ne marche que si vous êtes tendus et que vous croyez aux esprits. Moi ? J'y crois complètement. Pourquoi ? Parce que j'en suis un. »
_ « Tanyama-San ?
_ …
_ Tanyama-San ! »
Cette fois-ci, je me réveillais, tombant de ma chaise. Très vite, je me rendis compte que je m'étais endormie au beau milieu d'un cours de maths. Le professeur était d'ailleurs devant moi, attendant patiemment que décide de me lever. Je poussais un long soupir en me redressant : avec ce professeur, dormir en cours signifiait une longue discussion avec lui au lieu de rentrer chez soi, pour voir notre train de vie. Qui a dit qu'avoir des profs qui cherchent à nous comprendre était une bonne chose. Je sentais que j'allais, de nouveau, arriver en retard au travail et cette fois-ci, mon boss n'allait vraiment pas être content (bon d'accord il n'est jamais content, mais ce n'est pas une raison pour en rajouter).
Comme prévu, je fus retenue pendant près d'une heure par ce prof, qui ne cessa de me prodiguer de « précieux » conseil (ça bien sûr, c'est lui qui le dit, pas moi) comme quoi je dois me coucher tôt et autres. Dès qu'il me libéra, je me mis à courir, après tout, même s'il était évident que je serais en retard, je pouvais quand même limiter ce retard au minimum.
Une autre raison apparu bientôt, me forçant à accélérer. Il s'était mis à pleuvoir, et pas qu'un peu. En quelques minutes, je me retrouvais complètement trempée de la tête au pied. Et le pire dans tout ça, c'était le froid. Qu'importe la température, la pluie est toujours froide, et tous ceux qui finissent comme moi à ce moment précis sont complètement frigorifiés.
En atteignant la porte de l'agence (après avoir réaliser un nouveau record entre l'école et le bureau), je me souvenais du rêve que j'avais fait en cours. Il n'y avait pas d'image, juste du son, mais la voix avait été si froide qu'elle était restée gravée dans ma mémoire. Je songeais que moi aussi je croyais aux esprits, même si la raison était tout à fait différente (au lieu d'être un esprit je les traque). Ce que je ne comprenais pas en revanche c'était la fixation que cet esprit avait fait sur les miroirs.
Laissant ça de côté, je poussais la porte, sachant très bien quels seraient les premiers mots que j'entendrais.
« Mai, thé. »
Je soupirais : pourquoi n'y avait-il jamais personne pour accepter un pari perdu d'avance. Je me séchais rapidement, puis me dirigeais vers la cuisine et préparais le thé de mon patron, en faisant tout mon possible pour que mes mains arrêtent de trembler. En fait, j'en fis trois tasses : une pour le patron narcissique, une pour moi, qui était toujours frigorifiée et la dernière, pour dieux sait qui puisque Lin n'en voudrait probablement pas.
« Tanyama-San ? »
Je me retournais brutalement…et cognais Lin de plein fouet (heureusement que 'avais laissé le thé sur le buffet). Il m'attrapa les épaules pour être sûr que je ne tomberais pas et s'écarta de moi.
« Tu es frigorifiée, remarqua-t-il, garde une tasse, je prends les deux autres. »
Je le regardais, abasourdie, tandis que Koujo Lin faisait preuve de gentillesse à mon égard. Il porta son thé à Naru et donna l'autre tasse au client qui était avec lui et que je n'avais même pas remarqué (quelque fois, avoir de l'instinct est une bonne chose, à moins que ce ne soit que le hasard), avant de revenir vers moi, une serviette à la main.
« Sèche toi, ordonna Naru depuis le canapé où il était assis, tu ne vas sans doute pas tomber malade mais au cas où je me trompe, vaut mieux faire attention. »
D'accord, il y avait un client, mais s'il pensait que ça allait le protéger (pour ceux qui ne le savent pas il vient de m'insulter car seul les idiots n'attrape jamais de rhume), il se trompait lourdement. Je me séchais les cheveux plus sérieusement que la première fois, avant de lui lancer la serviette trempée dessus. Ça eût au moins le don de faire disparaître ce petit rictus suffisant que je déteste tant. Par contre, le regard qu'il me lança m'indiqua clairement que je n'étais plus très loin de perdre mon job.
Le client, ou plutôt la cliente, se contenta de rire un peu, tandis que je récupérais la serviette pour la mettre à sécher. Shibuya Kazuya, ou Naru pour les intimes, soupira avant de revenir sur le terrain qu'il maîtrisait le mieux, le travail.
« Si vous voulez bien m'expliquer ce qui vous amène ici. »
A ces mots, la cliente retrouva complètement son sérieux. C'était une femme magnifique d'environ trente ans, dont les cheveux noirs atteignaient les épaules. Ses yeux semblaient tristes, et je sentais que l'affaire qu'elle apportait n'avait rien de facile.
« Je suis professeure au lycée français de Tokyo. Il y a quelques semaines, un des élèves est mort. Bien sûr, la police mène l'enquête, mais le fait est qu'il a été tué dans sa salle de bain sans fenêtre et fermée de l'intérieur, très Sherlock Holmes si vous voyez ce que je veux dire. Il y a deux jours, la police a conclu au suicide mais personne ni croit vraiment. Enfin bref, il y a des rumeurs comme quoi ce serait un fantôme qui aurait fait le coup. Je voudrais, et bien sûr la direction est d'accord avec moi, que vous vérifiez cela. »
Naru soupira, et je savais déjà ce qu'il allait dire.
_ Nous ne sommes pas la police, nous n'enquêtons pas sur des meurtres.
_ Ne vous méprenez pas sur mes intentions, je veux, et la direction aussi, que disparaissent toutes ces rumeurs donc il faudrait que vous y alliez, vérifiez si oui ou non il y a des esprits qui tuent nos élèves et s'il y en a les exterminer. »
Wow, l'entendre dire exterminer comme si on devait tuer le fantôme venait de la faire baisser dans mon estime. Par contre j'étais d'accord que si vraiment il y avait un esprit, il fallait lui permettre de quitter la Terre et d'aller là où vont les âmes des morts. J'attendais la réponse de Naru, un peu anxieuse. Finalement, après quelques minutes de silence (quelle mise en scène !), il reprit enfin la parole.
« Nous auront besoin d'une pièce qui nous servira de base, ainsi que de chambres au cas où nous devrions rester la nuit. On arrivera dans trois jours.»
Rayonnante, la cliente remercia tout le monde, avant de partir.
_ « Jamais je n'aurais cru que tu accepterais.
_ Ca semblait plutôt intéressant. Mai, appelle les autres et parle leur de l'affaire. Qu'ils viennent ici dans deux jours, pour parler des détails, avant qu'on y aille.
_ Un meeting avant le début de l'affaire ?
_ Le meurtre est récent, il y aura peut-être encore quelques journalistes.
_ Probablement. »
Après ça, il s'enferma dans son bureau et j'approchais la main du combiné. En moins d'un quart d'heure, toute l'équipe habituelle avait accepté de venir, sauf Masako qui avait 'malheureusement' une affaire importante qui l'attendait loin de Tokyo. Je n'allais pas m'en plaindre et mon boss lui trouverait sans doute à redire. Je décidais donc de le prévenir.
Au moment où j'allais frapper à sa porte, celle-ci s'ouvrit et je reculais pour éviter mon patron. Je lui parlais rapidement de Masako et de son tournage et il referma la porte, après avoir demandé une nouvelle tasse de thé. Je fixais la porte sans rien dire, me demandant si je devais mettre quelque chose dans son foutu thé.
Après toutes les années que j'avais passées à travailler pour lui (je venais de quitter le lycée), mon béguin pour lui avait finalement disparu et son caractère, qui ne s'était pas du tout arrangé, commençait à me taper sérieusement sur le système. Quand il était retourné en Angleterre pour rendre le corps de Gene, j'avais beaucoup pleuré mais lorsqu'il était réapparu trois mois plus tard et qu'il avait rouvert l'agence, je m'étais rendue compte que je lui en voulais, à cause de la façon dont il m'avait rejetée avant de partir. Comme résultat, je détestait l'ambiance qui régnait à présent au bureau : silencieuse et oppressante.
« Tanyama-San, ça va ? »
Je me tournais vers lui. C'était sans doute celui qui avait le plus changé. Il semblait plus gentil, et par-dessus tout, il ne me haïssait plus à cause du fait que j'étais japonaise.
« Oui, désolée de vous avoir inquiété. »
Je m'apprêtais à aller à la cuisine préparer le thé mais Lin m'attrapa le bras avant de me tendre la tasse qu'il tenait à la main.
« Donne lui ça, je suis sûr qu'il ne verra aucune différence. »
Yup, décidément plus gentil. Je portais la tasse au patron, et la posais sur son bureau. Il y avait bien longtemps que j'avais cessé d'attendre un 'merci' de sa part mais je restais quand même plantée là, observant mon reflet dans la fenêtre derrière lui. Reflet, comme avec un miroir … Hum, d'où est-ce que ça venait ? Probablement un résidu du rêve. Je réfléchis un instant, me demandant si je devais en parler à Naru, puis décidais que non. Je sortais du bureau sans avoir obtenu le merci tant convoité (par le passé bien sûr).
D'une certaine façon, j'étais impatiente de commencer cette affaire, même si je sentais qu'elle allait être épuisante. Vraiment, je n'en pouvais plus de l'ambiance au bureau.
A/N : premier chapie d'une nouvelle fanfic qui j'espère vous plaira. N'hésitez pas pour les reviews, elles me font écrire plus vite. Dernier détail, les personnages ne sont pas aussi OCC qu'ils ne le paraissent ici ne vous inquiétez pas.
