Raison, Passion et Trahison

NDLA :Voici ma toute première fanfiction sur Assassin's Creed, soyez indulgents et n'hésitez pas à m'envoyer des reviews constructives afin de m'aider à progresser ) Etant une fan absolue du slash entre Leonardo et Ezio, je me suis enfin lancée. Ce n'est que le premier chapitre, les autres suivront

Le temps avait passé, les choses avaient changées mais les souvenirs jamais ne s'étaient effacés. Ezio n'avait eu de cesse de conserver précieusement les tendres images de Florence, la ville qui l'avait vu naître et grandir, en son cœur, les protégeant comme le trésor inestimable qu'était les pages du Codex. Florence...Cette ville qui représentait tant pour lui celle qui cristallisait à la fois ses plus grandes joies mais aussi ses plus grandes peines. Son père, ses frères, la trahison et l'odieux complot dont ils avaient été victimes n'avait jamais quitté son esprit. Après son départ, tout s'était précisé, accéléré, et Ezio était désormais un Assassin confirmé. Ce retour aux sources ne constituait en soi qu'une courte pause, qu'il savait bien qu'elle ne durerait pas bien longtemps avant que la réalité ne le rattrape...

C'était par une sombre fin d'après-midi du mois de novembre, la pluie s'abattait bruyamment sur les toits et ruisselait dans les rues, trempant au passage tous ceux qui s'y trouvaient. Ezio avançait assez calmement malgré le déluge, sa capuche remontée sur sa tête cachant en partie son visage. Après tout ce qu'il avait vécu ces derniers mois, ce n'était certainement pas une averse qui allait le faire fuir. Au contraire, en considérant que le mauvais temps avait tendance à faire décamper les passants, cela constituait donc un certain avantage pour l'Assassin. Il remonta les rues et ruelles qu'il connaissait par cœur, ce qui fit naître en lui une vague de nostalgie qu'il s'efforça de réprimer. Non, il n'était pas ici pour se réimprégner de son passé mais bien pour « affaires ». Au détour d'une rue, Ezio se retrouva face à l'ancienne demeure familiale des Auditore et son cœur se serra. A bien y regarder, rien n'avait changé, si ce n'était les planches qui avaient été ajoutées pour barricader les entrées de la propriété, afin de la protéger tant bien que mal des voleurs et autres voyous. L'Assassin s'attarda devant la façade qui se dressait, tristement encadrée du sombre ciel pluvieux, ce qui ne manqua pas d'accentuer le sentiment de mélancolie grandissante qu'il éprouvait. Ezio, conscient de son trouble, s'arracha à son observation et tourna les talons. Il n'y avait plus rien pour lui ici.

Traversant d'autres rues, une chose reparue soudain à son esprit, ou plutôt, cette « chose » tenait en un prénom : Leonardo. L'artiste devait très certainement habiter toujours dans les environs... En y songeant, il représentait l'un des derniers contacts qui liait encore Ezio à sa vie passée, pour ne pas dire le seul. Se laissant guider par ses souvenirs, Ezio arriva bien vite devant l'atelier du peintre florentin, qui avait subi entre temps quelques agrandissements. A la fenêtre de l'étage, brillait la lueur familière d'une bougie, de même qu'en bas, à l'endroit où, auparavant du moins, Leonardo Da Vinci avait pour habitude d'entreposer ses créations diverses et variées. Leonardo... Ezio y songea son sans un petit sourire. Il était tout simplement unique en son genre, unique à ses yeux...
Puis, approchant plus ou moins consciemment sa main de la porte pour venir y toquer, l'Assassin se ravisa soudain. Dehors la pluie continuait à tomber, battante, mais qu'importe, sa tenue de même que sa cape étaient déjà trempées. Il resta planté devant la porte de l'atelier pendant bien dix minutes. Non pas qu'il ne souhaitait pas revoir son ami, au contraire, mais le temps avait passé, et si lui avait tant changé, il pouvait en être de même pour le peintre. Toutefois, Da Vinci n'en demeurait pas moins être un homme cher à son cœur. Alors, sans écouter sa conscience devenue trop carrée, l'Assassin frappa finalement à la lourde porte de bois sans plus se poser de questions. Ce ne fut que lorsqu'il entendit une clé tourner dans la serrure que son cœur se mit à battre plus fort. Enfin, la lourde porte ornée de sculptures s'ouvrit et Ezio eut la surprise de découvrir Agniolo, arborant des traits plus matures que dans ses derniers souvenirs. Ce dernier recula un peu, sous le coup de la surprise, n'ayant pas eu l'air de l'avoir reconnu d'emblée. Il fallait bien admettre que ruisselant de pluie, avec sa large capuche sur la tête, qui masquait une partie de son visage, Ezio ne dégageait rien de très rassurant. Mais aussitôt, Leonardo apparut juste derrière, l'assistant s'écarta alors pour lui faire place, et les deux hommes se dévisagèrent quelques secondes sans dire un mot. Ce fut finalement le peintre qui rompit le silence en l'invitant chaleureusement à entrer, non sans une vigoureuse accolade. Ezio pénétra dans l'habitation et constata que le bric-à-brac de son ami n'avait eu de cesse de s'entasser au fil du temps, envahissant ainsi les trois quart de la pièce principale. L'Assassin se tenait au centre, détrempé et ruisselant de gouttes de pluie, ne sachant trop quoi dire pour justifier son arrivée impromptue. Mais Leonardo, en tout bon hôte qu'il était, se chargea d'entamer la conversation.

- Je suis si heureux de te revoir ! Je ne pensais pas que tu remettrais les pieds à Florence un jour. En tout cas tu n'as pas changé. - Déclara le peintre d'un ton enjoué, avant de reprendre.- Mais ne reste pas planté là, tu es trempé, viens te mettre près du feu !

Un feu crépitait vivement dans l'âtre de la cheminée de pierre, dans ce qui semblait être le salon. Il y avait trois grands fauteuils, une petite table de bois, et tout autour les inventions de Leonardo reprenaient le dessus, se faisant omniprésentes. Aux yeux de l'artiste, Ezio n'avait pas changé, du moins pas vraiment, il était toujours comme dans ses souvenirs, si ce n'était avec la barbe en plus, qui encadrait son menton, et cet air décidé qui émanait de lui. Ezio était devenu un homme et il avait tracé son propre chemin mais ce n'était pas pour lui déplaire. Leonardo savait qu'il valait mieux ne pas lui poser de questions et simplement se montrer attentif et à l'écoute, comme l'ami qu'il avait toujours été. Debout devant le feu, les flammes jouant avec les ombres sur les murs, l'Assassin semblait être entouré d'une aura forte et mystérieuse, presque mystique. Il se dégageait de sa personne ce charme sauvage et insaisissable qui faisant battre le cœur du peintre depuis tant d'années. Non, rien ne semblait avoir changé, du moins en apparence, mais Leonardo n'était pas dupe, si Ezio était ici ce devait être pour une bonne raison, autre que pour le plaisir de sa compagnie, et il lui faudrait faire avec cela. S'arrachant alors à la contemplation de la silhouette de l'Assassin, l'artiste reprit :

- Tu ferais bien d'enlever tes vêtements, je peux les mettre à sécher en attendant que tu repartes.

Qu'il reparte ? La fin de la phrase toucha Ezio sans qu'il sache réellement pourquoi il lui avait accordé autant d'importance. Bien sûr qu'il allait repartir, sous peu même, mais alors pourquoi se sentait-il blessé à l'idée que Leonardo s'attende à son départ ? Etait-il de trop ici ? Oui, surement, au fond, comme il l'avait pressenti, son ami aussi avait changé alors peut-être n'était-il tout simplement plus le bienvenu ici. Ezio ne put s'empêcher de froncer imperceptiblement les sourcils, il n'aimait pas se torturer l'esprit pour de telles broutilles. A l'aube il aurait quitté l'atelier de Leonardo à tout jamais, et l'histoire s'arrêterait là, pas de quoi en faire une montagne donc. Cependant, ne désirant pas faire mauvaise figure dans la demeure de son ami, Ezio s'exécuta. Il retira en premier lieu sa cape de son épaule, abaissa ensuite sa capuche puis tourna son regard vers Leonardo, hésitant à retirer complètement le haut de sa tunique. Non pas qu'il craignait de le choquer, après tout le peintre avait sûrement dû en voir des corps d'hommes dans sa vie, mais il n'empêche qu'aux yeux d'Ezio cela ne semblait pas être très convenable. Leonardo eut l'air de comprendre et esquissa un sourire face au comique de la situation.

- Viens, je vais te conduire à la salle de bain, tu pourras retirer tes vêtements et prendre un bain si tu le désires. Agniolo ! – Appella-t-il – Va chercher des serviettes propres et va les lui porter.

Les deux amis montèrent les marches d'un escalier en chêne massif absolument splendide Leonardo précédant Ezio. Puis l'artiste ouvrit une porte de l'étage, laquelle donnait sur une petite salle d'eau qui avait néanmoins toutes les commodités.

- Voilà. Ça ne vaut pas les palais Romains mais tu pourras faire ta toilette.

- Merci ça m'ira très bien.

Agniolo ne tarda pas à revenir avec les serviettes et les tendit au brun qui le remercia.

- Bon eh bien, fait comme chez toi.

Déclara Leonardo, avant de laisser l'Assassin à sa toilette.

Le peintre se rendit alors dans sa chambre où étaient entassées quantité d'affaires, notamment des vêtements, qui trônaient là, visiblement dans l'attente d'être réorganisés et transportés ailleurs. De même que des malles vides en osier semblant être toute disposées à être remplies sous peu. Leonardo s'assit sur son grand lit en soupira. Qu'allait-il faire à présent ? Le retour d'Ezio dans sa vie allait-il tout remettre en cause ? C'est alors que quelqu'un toque à la porte de la chambre, tirant ainsi le peintre de sa réflexion. Innocento, le second apprenti de Leonardo, entra timidement dans la pièce.

- Maestro, vos affaires ont été soigneusement emballées comme vous l'aviez demandé. Dois-je commencer à tout charger dans la charrette ?

Mais après avoir posé la question, l'apprenti constata avec surprise qu'aucunes des malles de son maître n'étaient bouclées. Voyant son air éberlué, Leonardo conclut :

- Je m'en occuperais moi-même va. Tu peux aller mettre un peu d'ordre dans mon matériel de peinture à l'atelier.

Innocento n'insista pas et sorti en prenant soin de refermer la porte derrière lui. Le regard du peintre se posa aussitôt sur sa pile d'affaires qui requérait son attention mais pour laquelle lui ne semblait pas, ou plus, manifester un réel enthousiasme. Son départ... Comment pourrait-il se résoudre à quitter Florence pour la Cour de France maintenant qu'Ezio était revenu ?

En définitive les choses n'allaient pas être simples... Mais il était conscient de tenir là la chance de sa vie une place à la Cour de François Ier ne pouvait se décliner sur un coup de tête, et puis, ce voyage il en avait rêvé depuis des mois...

Se ressaisissant, Leonardo commença à entasser ses vêtements dans la première malle, puis il tira de dessous son lit une boite qui contenait plusieurs feuilles et parchemins sa « boite à secrets » en quelques sorte. Il farfouilla à l'intérieur et s'assit sur le sol, avant de poser son regard sur l'une de ses plus précieuses esquisse. Sur le papier avaient été tracées les courbes anguleuses et masculines d'un corps qui aurait aisément pu rivaliser avec celui d'un dieu grec. Les abdominaux, les cuisses musculeuses, la position suggestive des mains... Ce croquis semblait être la représentation de tous les fantasmes du peintre, et pour cause, il s'agissait d'Ezio. Même si son visage n'était pas clairement représenté, la tenue qui masquait sensuellement certains de ses traits ne pouvait tromper c'était bien celle de l'Assassin.

Mais tous ces débordements imaginatifs n'avaient lieu d'être. Résolu, du moins en partie, Leonardo déposa le fameux croquis au fond de la seconde malle d'osier, avant de l'ensevelir sous une pile de bric-à-brac. Dans les trois prochains jours il quitterait cet endroit, peut-être définitivement et cette pensée, bien malgré lui, l'attrista. Certes Agniolo et Innocento s'occuperaient de l'atelier en son absence, mais cet endroit constituait au final bien plus à ses yeux que le simple théâtre de l'exercice de son talent. C'était ici que, par un bel après-midi du mois de mai, était venue frapper à sa porte Maria Auditore et que Leonardo avait croisé la route d'Ezio pour la première fois. Sans nul doute que ce grand brun au regard charmeur avait eu raison de son cœur en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire. A cette époque il se dégageait d'Ezio une fougue et une fierté telle que Leonardo avait l'impression de voir en lui l'incarnation d'un jeune lion avide de conquête, et autant dire que cette image n'avait pas laissé l'artiste insensible.

Qu'importe, il n'y avait plus de place aujourd'hui pour ces égarements stériles. Leonardo était un homme fait, non plus un jouvenceau, et ces rêveries éveillées n'en étaient que plus inappropriés.

Soudain, des coups retentirent à nouveau à la porte de la chambre. Le peintre leva les yeux au ciel et se redressa alors pour aller ouvrir. N'y avait-il donc pas moyen d'être en paix quelques minutes ? Lorsque le maestro, celui-ci cru défaillir. Ezio se tenait dans l'encadrement, les cheveux humides, le torse parsemé de gouttelettes d'eau, ayant pour seule forme de dissimulation une serviette qui lui ceignait les hanches d'une façon diaboliquement ostentatoire. Lui ne paraissait pas gêné outre mesure, ignorant surement à quel point cette vision mettait le peintre au supplice. Leonardo dû faire un effort surhumain pour étouffer la bouffée de chaleur qui montait en lui et qui menaçait de faire prendre à ses joues une ravissante teinte pivoine, d'une minute à l'autre.

- E...Ezio ?

- Désolé mais ton assistant à emporter mes vêtements pour les mettre à sécher et je n'ai rien d'autre à me mettre...

Le peintre déglutit difficilement mais s'efforça de se ressaisir pour ne pas laisser paraitre son trouble à son ami.

- Ah oui, eh bien...entre. Je vais te donner des vêtements à moi qui devrais t'aller à merveille.

Ezio pénétra dans la pièce et Leonardo s'empressa d'aller enfouir sa tête dans la grande armoire en chêne, qui trônait majestueusement en plein centre de la chambre, plus soucieux en réalité de reprendre le contrôle de lui-même, que de trouver de quoi vêtir le corps de son Apollon. Après un long moment de silence pendant lequel l'artiste semblait s'être perdu dans les tréfonds de son armoire, Ezio s'appuya contre le cadre de la porte, croisant les bras signe visible du déclin de sa patience.

- Dis, si tu ne trouves rien ce n'est pas grave, je peux aussi aller récupérer mes vêtements.

Leonardo s'empressa de lui présenter la tenue qu'il avait choisie. L'Assassin haussa les sourcils, ce qui n'échappa pas au peintre, mais il ne fit cependant aucun commentaire, du moins, pas pour le moment.

- Tiens, essaie ça.

L'encouragea Leonardo, tout en lui laissant les vêtements sur les bras.

Le peintre, par souci de pudeur, sorti de la chambre afin de laisser son ami à ses essayages. Une fois dans le couloir éclairé à la lueur de grands lustres à chandelles, ce dernier soupira, l'esprit troublé. Pourquoi était-ce donc si difficile d'être l'ami d'Ezio ?

Oui, il se sentait profondément attiré et totalement sous le charme de l'Assassin, et la vision précédente de son corps, ainsi dénudé, offert à son regard, avait très largement contribuée à appuyer cette constatation. Pourtant ils étaient deux hommes, et même si Leonardo ne s'était jamais voilé la face concernant ses penchants, il était à l'inverse certain qu'Ezio, lui, était en tout point attiré par le sexe opposé. Ezio était le fougueux étalon que jamais Leonardo ne pourrait posséder...

Au bout de plusieurs longues minutes, la porte de la chambre se rouvrit, révélant la silhouette de l'Assassin nouvellement vêtu...

NDLA : A suivre...