Bonjour à vous lecteurs fans de Castle.

Aujourd'hui au menu un petit OS. C'est mon premier OS Castle.

Je vous y propose ma vision de l'ultime moment. Ne vous méprenez pas en lisant cette histoire, je suis dans la « team Beckett » à 200%, mais j'avoue que parfois son attitude la rend extrêmement énervante. C'est pour cette raison que j'ai écris cette histoire, pour rendre un peu de dignité à un Castle qui selon moi sacrifie beaucoup à une Beckett peu reconnaissante.

L'amour nous fait faire des choses extraordinaire mais parfois il ne faut pas pousser. Et si Castle commençait à croire qu'il ne pourrai jamais guérir Kate et qu'il décidait de ne plus l'attendre ?

Parce qu'on a toute cherché à pousser un garçon à bout pour le tester et qu'on si est brulé les ailes.

Bonne lecture.

Il ne pouvait pas faire ça. Non il ne pouvait pas tout abandonner comme ça. Toutes ces années de travail, de soutient, d'amitié, de … Rrrrra non, il n'avait pas le droit de la trahir, de LES trahir. Mais c'était eux bon sang, le duo de choc, les justiciers de NY, c'était comme ça qu'ils fonctionnaient et ça fonctionnait bien non ? Alors pourquoi ? Il en voulait plus ? Mais il en voulait toujours plus, c'est Richard Castle. Monsieur « Tu lui donne une main et lui il prend le bras ». Non il n'avait pas le droit de lui faire ça, de la prendre de court, de la mettre face à ce qu'elle redoutait, comme ça, dans un couloir. Elle avait mal partout et nulle part à la fois. Elle était en dehors de cette réalité, comme si elle voulait échapper à ce qui se passait.

« Je suis fatigué Kate, je suis désolé. »

Voilà tout ce qu'il avait pu lui dire : « je suis désolé ». Mais désolé de quoi ? De la laisser là, seule au milieu de ce couloir sombre ? De l'abandonner alors qu'il lui avait tant promis ? De la laisser peu à peu replonger dans l'obscurité ?

Ils s'étaient embrassés et ils n'en avaient pas parlé, ils avaient failli mourir et ils n'en avaient pas parlé, il lui avait dit qu'il l'aimait et ils n'en avaient pas parlé, ils avaient bouclé l'affaire Johanna Beckett après s'être promis l'un à l'autre une fois cette histoire terminée et ils n'en avaient pas parlé.

Castle était fatigué de courir après quelque chose qui fuyait sans cesse. Il était fatigué d'aimer une personne qui ne cherchait qu'à s'autodétruire. Il était fatigué de souffrir. Et c'est pour cela qu'il avait décidé d'arrêter, de tout stopper, de lâcher. Comme quand on finit par se rendre compte qu'on aura pas ce qu'on désire vraiment et que, de lassitude, on se dit que tant pis, c'est comme ça. Les super héros ne finissent pas tous avec leur amoureux dans les films. Certains sont piégés dans leur rôle et Kate Beckett, la super flic de NY était condamnée à œuvrer pour la justice mais sans son acolyte qui lui rendait les armes. Castle se battait pour « connaître l'histoire », mais surtout pour être près d'elle. Elle, elle se battait parce qu'elle ne savait rien faire d'autre et Castle ne pouvait rivaliser contre ça.

C'était ses propres mots, ceux qu'il lui avait dit comme ça, au détour d'un couloir, une journée sans rien de spécial jusqu'à ce qu'elle devienne le début de la fin de notre détective. Elle ne l'avait pas vu venir. Elle ne faisait pas attention à ça. Bien sûr Rick était distant mais elle se disait qu'avec un bon hamburger,ça repartirait comme en 14. Elle avançait donc, pensant déjà à la paperasse qui l'attendait à la clôture de cette enquête éprouvante, quand elle s'était rendue compte qu'il n'était plus près d'elle. Il s'était arrêté et la fixait, comme on fixe un magnifique bijou dans une vitrine hors de prix en se disant qu'on ne pourra jamais se l'offrir. Et il lui avait dit, « je vais arrêter là ».

Kate n'avait pas compris tout de suite de quoi il parlait, arrêter quoi ? Les mauvaises blagues ? Le sucre dans le café ? De la suivre aujourd'hui pour éviter la paperasse ? Pour la semaine ? Pour toujours ? … Kate avait peur et elle avait raison. Bon d'accord la dernière enquête avait été difficile et elle avait failli y rester (encore une fois), mais ils formaient une bonne équipe, rien n'était impossible quand ils étaient ensemble ! Et puis il aimait ça, prendre des risques, faire monter l'adrénaline, risquer ça vie ! Oui mais pas ça vie à elle, plus maintenant. C'est ce qu'il lui avait répondu quand elle s'était défendue, lui disant qu'il était ridicule et sûrement fatigué, lui promettant qu'après une nuit de sommeil il irait mieux. Mais Castle ne flancha pas.

Ils avaient parlé pendant ce qui lui semblait avoir été à la fois une minute et une journée. À la fin elle était épuisée et n'avait réussi à le faire changer d'avis. Il ne voulait pas passer le reste de ses jours à la voir entre les murs d'un commissariat, à risquer sa vie pour au final voir arriver le jour de trop ou « super détective » ne sera plus imperméable aux balles.

Non il refusait de voir ça. Il l'aimait beaucoup trop pour ça et il n'avait plus peur de le dire depuis un moment. Il aurait tué de ses mains quiconque aurait osé lui faire du mal. Mais comment défendre la personne contre son pire ennemi quand ce pire ennemi n'est autre qu'elle même ? Il avait essayé, il avait l'impression d'échouer et là c'était assez. Et il était parti.

Kate était restée là, sans rien pouvoir faire. Non ça n'avait pas eu lieu. Il revendrait demain au poste avec un café pour elle et … et … et tout irait bien. C'est dans cet état qu'elle était rentrée chez elle en espérant qu'il reviendrait, il revenait toujours. Mais pas cette fois. Cette fois il n'était pas revenu.

S'en était alors suivi plusieurs semaines difficiles pour notre détective. Kate était passée par plusieurs phases, les phases basiques qu'on nous dit être inévitables a chaque sortie de relation amoureuse. Mais comment faire le deuil d'une relation qui n'avait même pas commencée ?

Elle était pourtant passée par toutes ses phases : de la colère ou elle l'insultait de tous les noms, à la douleur où prostrée dans sa douche elle ne pouvait que pleurer, en passant par l'hystérie en essayant d'élaborer des millions de plans différents pour le faire revenir, à finalement cet état qui est le pire de tous elle: était désabusée. Elle ne le voyait plus, ne le sentait plus, ne riait plus, elle ne se satisfaisait que du simple fait de respirer le même air que lui.

Elle avait finalement appris qu'il était parti pour réfléchir ou peut être pour l'oublier. Son seul contact avec lui était les nouvelles qu'elle avait par les médias. Le dernier de la série Nikki Heat était un véritable succès, et il allait sûrement recevoir un prix pour le film. Au bout d'un moment elle avait même perdu l'espoir de le revoir un jour.

Pourtant c'est sur la scène de crime de sa dernière enquête qu'elle l'aperçut la veille. Il était de l'autre coté de la rue, sur le trottoir. Personne n'avait osé l'en avertir, même Lanie qui l'avait pourtant repéré depuis un moment. Elle l'avait regardé et il en avait fait de même. Il était beau et la fixait comme si elle avait été seule dans la rue. Mais il n'avait pas approché. Il était resté là à la regarder, une main dans la poche de son manteau et l'autre amenant son café fumant à sa bouche. Un bus était alors passé brisant momentanément le contact visuel et lorsqu'il fut passé, Castle avait déjà disparu. Alors Kate sans vraiment réfléchir, avait franchi la ligne jaune et c'était mise à courir de l'autre côté de la rue en bousculant les gens sur son passage. Elle le chercha mais il était sans doute déjà loin.

Elle l'avait vu, de loin et à peine quelques secondes, mais elle l'avait vu assez pour déclencher en elle un besoin monumental de le voir encore. Même plus que ça, de le voir de près, de le voir sourire, de tout lui expliquer et de le supplier de rester près d'elle.

Elle devait le trouver mais elle savait qu'il ne répondrait pas à ses messages. Il n'avait pas répondu aux milliers précédents et ne répondrait sûrement pas aux millions qu'elle voulait lui envoyer.

Elle réfléchissait, assise à son bureau lorsque le poste de TV derrière elle lui annonça qu'il ne restait plus que 2 heures avant le début de la formidable soirée organisée par le maire de la ville en l'honneur des personnalités de la grande pomme. On y attendait beaucoup d'acteurs et d'artistes y compris le chouchou de ses dames, le romancier Richard Castle qui devait recevoir une récompense de la ville pour le succès de sa série Nikki Heat.

Voilà, voilà pourquoi il était rentré! Il sera à cette soirée. Mais Kate en était loin et elle avait juste le temps d'arriver là-bas avant le début des festivités. Ni une ni deux sans vraiment se préoccuper du fait qu'elle se rendait à une soirée officielle en tenue de travail, Kate partit à la recherche de Richard Castle.

Elle sortit en trombe du commissariat en constatant qu'il ne s'était toujours pas arrêté de pleuvoir depuis ce matin. Elle referma les pans de son trench-coat beige pour se protéger des gouttes et appela un taxi. La route lui sembla particulièrement longue. La nuit était maintenant tombée et Kate récitait son discours dans sa tête quand le taxi fut stopper à 200 mètres du lieu où elle se rendait. Une foule de voitures avec chauffeur envahissait la rue. Un grand escalier partant du trottoir montait vers un immense bâtiment duquel sortait une lumière vive et une musique légère. Un immense tapis avait été installé sur l'escalier et un auvent couvrait celui-ci le protégeant de la pluie. Des photographes étaient serrés pour prendre les meilleurs clichés possibles des invités qui sortaient de leur voiture sous la protection d'un homme en uniforme.

Kate pesta, elle ne pouvait pas aller plus loin. Elle mit ses mains dans ses poches pour y trouver de quoi payer le taxis et en sortit un billet qu'elle lui tendit. Puis, prenant son courage à deux mains elle sortit de la voiture et courut jusqu'à l'auvent pour s'y protéger de la pluie. Arrivée sous la grande toile elle était déjà bien mouillée mais peu lui importait elle devait s'approcher. Elle bouscula quelques photographes et groupies et voulut passer le cordon de sécurité.

« Excusez moi Madame mais vous ne pouvez pas entrer. Retournez derrière le cordon! » Lui commanda un gros balèze de la sécurité.

« Je suis de la police, je dois parler à Richard Castle. » Lui répondit elle en cherchant son badge dans sa poche. Mais elle avait beau en faire le tour, il avait disparu. Ou plutôt n'avait jamais quitté son emplacement sur le bureau. Tant pis pour le badge. Kate tenta tout de même sa chance.

« Monsieur Castle est déjà à l'intérieur et je vais vous demander de rester derrière le cordon de sécurité. » C'est un petit gars en costume, équipé de son Ipad et d'une oreillette qui vint lui parler.

« Mais je dois lui parler » Kate se débattait contre l'agent de sécurité et cherchait à s'expliquer avec le petit bonhomme de l'organisation. Finalement elle entendit un troisième protagoniste s'insinuer entre elle et son écrivain.

« lieutenant Beckett ? » Demanda une voix derrière elle. C'était une jeune femme qui portait une longue robe rouge. Elle n'était pas belle mais il se dégageait d'elle une telle assurance qu'elle en devenait séduisante. Kate connaissait cette femme, elle l'avait déjà vue aux réceptions données par Rick. C'était Paula ! Elle était invitée et l'aiderait sûrement à pouvoir parler à Rick.

« Oui, oui c'est moi, je dois parler... » Elle se dégagea violemment de l'emprise d'un agent de sécurité pour parler à la jeune femme.

« Je dois parler à Castle. C'est important. » Paula fit un signe aux deux hommes qu'elle s'en occupait et s'approcha de Kate.

« Écoutez, il commence à entrevoir le bout du tunnel alors laissez-le s'il vous plaît. C'est un soir important pour lui. Ne gâchez pas tout. » Elle regardait Kate avec un air compatissant et lui demanda de partir. Celle-ci ne répondit rien se contentant d'essayer de sourire à Paula mais il se transforma davantage en une grimace, mélange de douleur et de désespoir.

Finalement, une fois Paula partie rejoindre la fête, Kate soupira et leva la tête vers le haut de l'escalier, peut être en espérant y apercevoir Castle. Mais c'était peine perdue. Elle voulait le voir et tout lui expliquer mais c'était trop tard, elle avait plusieurs mois de retard.

Elle quitta le tapis rouge et les photographes pour la chaussée détrempée de NY. Elle resserra les bords de sa veste, elle avait terriblement froid tout à coup, froid de l'intérieur. Puis elle quitta la protection du auvent pour subir la pluie qui continuait de tomber. Elle n'avait pas de capuche ou de parapluie mais ça lui aurait servi à quoi au final ? Elle commença à avancer sur le trottoir, elle avait une longue route à faire pour rentrer chez elle. Elle n'avait pas pris son sac et elle avait sacrifié son billet de 20 dollars pour venir en taxi. Elle mit ses mains dans ses poches à la recherche d'un peu d'argent pour au moins prendre le métro. Il était tard, mais elle préférait attendre longtemps les transports en commun que rentrer à l'autre bout de la ville à pied. Elle ressortit de sa poche gauche un malheureux billet de 1 dollar et quelques petites pièces, le tout imbibé d'eau. Elle souffla, ce soir elle rentrerait à pied.

En avançant elle sentit soudain tout le poids d'une fatigue trop accumulée lui tomber dessus. Elle avait également froid et avait une subite et intenable envie de pleurer. Elle avait retenu ses larmes bien trop longtemps mais maintenant qu'elle était seule, elle pouvait les laisser sortir. Il pleuvait et rien ne couvrait mieux les pleurs que la pluie. Le temps sur NY était triste, Kate était triste, tout était en harmonie.

Soudain on vint la déranger dans son malheur. Qui que soit cette personne, elle avait envie de lui crier de la laisser souffrir en paix, de pour une fois, la laisser souffrir en paix. On l'appelait mais les bruits ambiants couvraient la voix. Puis elle entendit plus distinctement. Elle entendait des pas venir dans sa direction. De lourdes chaussures qui frappaient le sol humide et une voix qui l'appelait.

« Kate ! »

Elle décida alors de se retourner pour trouver devant elle … Castle. Castle ?