Une Chevy Impala 1967 s'arrêta sur l'allée d'une maison. Noire comme l'ébène et au moteur puissant, elle semblait avoir traversée le temps et vécue bien des aventures. Elle appartenait à un certain John Winchester.
Le moteur fut coupé, arrêtant le puissant ronronnement. Le conducteur se retourna pour fixer ses enfants sur les sièges arrière.

"Vous pouvez descendre les enfants nous sommes arrivés." Dit-il d'une voix grave.
Un petit garçon d'environ dix ans, aux longs cheveux bruns en bataille et aux yeux pétillants, ne se fit pas prier et ouvrit la porte grinçante de la voiture en sortant comme un courant d'air. Il s'appelait Sam. Le père continua à fixer l'arrière.

"Toi aussi Dean."

Un garçon de dix-sept ans, aux courts cheveux blonds coiffés en pique, et aux yeux verts absinthe, restait assis, les bras croisés et le visage renfrogné, regardant d'un air colérique la maison.

"Je veux pas y aller." Grogna-t-il.

Le père soupira.

"J'ai un nouveau travail ici et j'aimerais que tout se passe bien Dean. Je suis sûr que tu vas t'y plaire..."

"Pourquoi on est pas resté dans notre maison?"

"L'incendie l'avait trop endommagée, elle n'était plus habitable."

Le garçon renifla d'un air mécontent et le regarda droit dans les yeux.

"C'était quand même la dernière chose qu'on avait de maman."

Leur mère était morte il y avait bien des années d'un cancer alors que Sam n'était qu'un nourrisson, par rapport à Dean qui l'avait déjà connue et aimée. La maison lui faisait penser à sa mère c'est pourquoi il avait été terriblement ravagé par sa destruction, lors d'un incendie. L'homme sembla triste pendant un instant, et Dean regretta d'avoir prononcé ces mots mais ne le montra pas, voulant garder la force de son argument. Le père souffla longuement avant de prendre la parole.

"Ceux qu'on a chéri, Dean, ne vivent pas à travers des objets. Mais à travers les souvenirs que l'on a d'eux. Ta mère restera avec nous tant que nous serons là."

Dean détourna le regard avec désinvolture, le ramenant sur ce qui était maintenant l'endroit où ils allaient vivre. John soupira et sortit à son tour de la voiture.
Dean n'aimait pas du tout cette maison. Elle lui semblait petite par rapport à l'ancienne et la couleur rougeâtre des murs lui inspirait un profond dégoût. Et puis elle était collée à celle des voisins si bien qu'ils n'étaient séparés que par un seul et unique mur. Il fit un "pff" agacé et sortit finalement.
C'était un magnifique jour de décembre, il faisait froid mais le temps était splendide et le soleil chauffait le gel des arbres nus, qui gouttait sur le sol, le rendant humide.
L'adolescent marcha d'un pas rageur jusqu'au seuil de la porte ouverte où les déménageurs avaient quelques heures plus tôt transportés les meubles dans leurs pièces respectives. Les objets personnels étaient dans des cartons que Sam déballait en jouant avec le polystyrène.

"Doucement Sammy, tu pourrais casser la vaisselle..." marmonna John en sortant délicatement sa collection d'armes d'un carton.

"Il vient quand Adam?" demanda Sam.

"Dans une semaine, il doit d'abord sortir de sa colonie de vacances, c'est vraiment l'enfer là bas..." dit-il.

Dean s'approcha et prit son propre carton puis monta les escaliers. Son petit frère le rejoint aussitôt après, un grand sourire sur les lèvres.

"Tu prends quelle chambre?"

"Celle dont tu ne voudras pas Sammy..." répondit-il en lui cachant sa colère et la remplaça par un doux sourire.

"Hum...Alors celle de droite!" S'exclama-t-il tout en s'y engouffrant.

Dean l'entendit déjà sortir ses jouets et commencer à jouer avec.

Lui au moins semblait heureux.

Il prit donc la chambre de gauche et ferma la porte. C'était une chambre moyenne aux murs nus marrons glacés avec quelques fissures. Dans son ancienne chambre, il avait réussi à cacher cette nudité avec des posters et photos en tout genre mais là il ne savait pas si il aurait la force de le faire à nouveau. Il avait cette impression qu'il ne resterait pas longtemps ici alors qu'en fait, il allait y passer le reste de sa jeunesse. Il jeta en soupirant son carton sur un matelas sans sommier et s'approcha de la fenêtre. Il l'ouvrit, laissant passer un courant d'air frais et regarda la rue. Puis il tourna la tête et vit que sa chambre était le mur juxtaposé à la maison des voisins. Il pouvait presque la toucher en étirant le bras. Le mur qui les séparait n'était pas bien large et il espérait ne pas les entendre trop souvent. Il quitta la fenêtre pour s'accroupir devant ce mur, étant en face de son lit. Il frôla du bout des doigts une petite fissure. Puis il la gratta et un peu de gravier parti, suivis de quelques morceaux qui semblaient descendre de l'intérieur.

"Super, et en plus c'est du gruyère." marmonna-t-il.

Soudain, il entendit la voix de son père les appeler, son frère et lui.

"Sam, Dean venez, nous allons faire le tour des voisins pour leur dire bonjour!"

Sam descendit aussitôt tandis que Dean arrivait en traînant les pieds et en grommelant. A quoi bon aller voir les voisins, comme si ils n'étaient pas déjà assez "proche" d'eux. Il ne voulait pas les voir et encore moins tisser des liens. C'était juste des étrangers dont il se fera un plaisir d'oublier sitôt avoir quitté leurs jardins.

"Et surtout je ne veux pas voir cette tête tu m'as compris?"

L'aîné souffla.

"Dean?" insista son père d'une voix sourde tout en lui faisant de gros yeux.

Il lui montra un sourire hypocrite pour toute réponse, lui signifiant qu'il avait compris. Son père hocha la tête et ils partirent voir les voisins.

"Comment ils s'appellent?" demanda Sam.

John sembla réfléchir un instant.

"Novak. Je crois qu'ils s'appellent les Novak."

Bon voilà c'était un peu court mais j'espère que ça a commencé à vous plaire. Dites moi ce que vous pensez dans les commentaires :) et on se revoit dans un autre chapitre!