Bonjour à tous ! Voici une histoire écrite il y a deux ou trois ans, que j'ai relu et corrigé. Il était temps de vous la faire partager. Je ne vous en dis pas plus, Bonne lecture !


Un Dernier pas en avant - Prologue

Un nuage, deux nuages, trois nuages. Une brise fraîche. Le soleil rasant, apportant le crépuscule. Et puis il y avait cette voix au loin. Un cri déroutant.

"Shikamaru !

On l'appelait. Ses oreilles se bouchaient et il ne voyait qu'une ombre entre ses cils. Tous se distordaient avec une étrange simplicité. Et il y avait toujours cette voix, chuchotée au creux de son oreille.

- Shikamaru !

Shikamaru sursauta comme une fillette qui aurait vu un fantôme. Le soleil orangé frappa son visage, ses doigts se posèrent sur une surface bétonnée et il fixa l'ombre face à lui.

- Neji-sempai ? Qu'y a-t-il ?

- Combien de fois t'ai-je dit de ne pas venir ici ?

Shikamaru haussa les épaules. Il ne les comptait plus, les fois où il avait reçu une remontrance pour être venu faire la sieste sur le toit du lycée. Mais que pouvait-il y faire ? L'endroit était parfait. Silencieux, éloigné de toute présence humaine. Là, il s'y sentait à son aise, pouvant somnoler ou simplement regarder les nuages en attendant que sonne la fin de la récréation.

- C'est étonnant que tu sois monté, s'enquit Shikamaru, pour seule réponse. Il y a affaire urgente ?

Neji grimaça.

- Tu ferais bien de descendre illico presto, pesta-t-il. L'Association des élèves a besoin de toi.

- J'arrive…

Shikamaru prit son temps pour se lever. Il détestait être interrompu en plein milieu d'une sieste, même s'il était dix sept heures trente et que le soleil commençait déjà à décliner. Une fois en équilibre sur ses deux pieds, il attrapa sa veste imperméable et son sac, s'amusant d'entendre le tapotement mesuré du pied de Neji contre le béton. Car Neji Hyûga était incroyablement impatient, tout comme Shikamaru qui détestait les corvées et les responsabilités, d'où son manque d'entrain à se relever.

- Au fait, depuis le temps que je viens ici, je n'ai jamais vu de fantômes. Pourquoi tout le monde fait une fixette sur cet endroit ?

- A-t-on avis ?

Son camarade brun haussa les épaules et se dépêcha d'atteindre les escaliers. Shikamaru le regarda s'éloigner, conscient d'avoir provoqué un certain malaise chez son ami en parlant dudit fantôme qui hantait le toit. Car Neji Hyûga était aussi extrêmement superstitieux, comme la moitié des élèves du lycée - l'autre moitié n'éprouvant pas un aussi vif intérêt pour cette rumeur.

Ce n'était pas les rumeurs qui arrêteront Shikamaru Nara, étrange garçon pourvu d'un esprit cartésien hors du commun. Il ne céderait pas sa place à un fantôme, quel qu'il soit.

La cloche sonnant la demi-heure passée, le brun consentit à descendre du toit, laissant derrière lui sa sieste, les nuages, le soleil rasant et le fantôme.

- Bon, je rentre. Il est tard, ma mère va sûrement s'inquiéter – et me gueuler dessus par la même occasion !

Shikamaru eut l'impression de parler dans le vide en se tournant vers son camarade, ce dernier complètement absorbé par son travail. Il haussa les épaules. C'était devenu une habitude. Calmement, Shikamaru regroupa ses papiers, rangea ses affaires dans son sac et sortit de la salle en faisant coulisser à demi la porte.

Etre membre de l'Association des élèves n'était pas de tout repos et il se félicitait de ne pas avoir accepté d'en être le président, laissant cette place de bon cœur à Neji. Il était tout de même vice-président, ce qui lui conférait quelques avantages, et autant d'inconvénients. Mais il trouvait toujours le temps d'aller se prélasser sur le toit du lycée.

Regardant sa montre, Shikamaru grimaça, imaginant déjà la terrible réprimande de sa mère. C'était aussi l'heure de la fin des cours du soir pour ses camarades masochistes - ceux qui stressaient comme des malades à l'approche des examens. Shikamaru n'avait pas de soucis à se faire de ce côté-ci, il était arrivé dans le top dix du dernier examen. Peut-être verrait-il Chôji, son meilleur ami ?

Baillant pour la forme, il se dirigea vers la sortie, passant à côté de l'escalier menant au toit, empruntant un couloir.

Ce fut au bout de ce boyau lugubre que Shikamaru discerna une forme étrange. Elle était grande et se déplaçait à vive allure vers lui, tel un . . . fantôme.

Le jeune homme, inquiet, se colla au mur et marcha en arrière, utilisant la même cadence que l'ombre. Il se retrouva bientôt à l'entrée du couloir et chercha à tâtons le minuteur de la lumière, ne quittant pas la forme des yeux.

Au moment où le brun appuyait sur l'interrupteur, il soupira et écarquilla les yeux dans la même seconde. Devant lui, son souffle s'était condensé et s'élevait dans les airs. Une chose généralement impossible puisque le lycée était bien chauffé même si l'hiver n'était pas encore là. Il n'eut pas le loisir de chercher d'où venait cet étrange phénomène qu'une voix l'apostropha.

- Eh ! Merci d'avoir allumé, je ne trouvais pas ce fichu bouton.

- Pas d'quoi, murmura Shikamaru en détaillant la nouvelle venue.

Bien sûr, il relia aussitôt l'ombre du couloir et la jeune fille qui venait de la même direction, et qui se trouvait par ailleurs face à lui. Fille qu'il n'avait jamais aperçue dans le lycée auparavant, ni dans les dossiers d'élèves qu'il devait trier de temps en temps.

Cette dernière laissa échapper un vif sourire et continua sa route comme si de rien n'était. Shikamaru la regarda passer, détaillant sa coiffure blonde originale et en pagaille, son uniforme mal repassé et tâché au niveau du col. Le brun ne put s'empêcher d'hausser les sourcils en voyant qu'elle marchait avec seulement l'un des chaussons réglementaires qu'imposaient les lycées japonais.

Le jeune homme ne put s'empêcher de marcher à sa suite.

- Excuse-moi, mais il te manque un chausson !

La blonde fit volte-face et se retrouva nez-à-nez avec lui. Elle baissa les yeux et regarda ses pieds, comme si elle ne l'avait pas déjà remarqué. Aussitôt elle explosa de rire. Rire laissant Shikamaru perplexe, lui qui n'avait pas l'habitude de ce genre d'attitude.

- Effectivement ! Quelle tête de linotte, merci de m'avoir prévenu.

Comme s'il s'agissait d'un détail insignifiant, elle cligna des yeux en se retournant et continua une fois de plus sa route.

Cette fois-ci, Shikamaru resta planté deux bonnes minutes au milieu du couloir, jusqu'à ce que la blonde disparaisse. Il referma aussitôt sa bouche entrouverte, se tapant la tête mentalement contre un mur imaginaire. La jeune fille blonde lui avait fait l'impression d'une vagabonde, complètement hors contexte, inconnue de surcroit. Il en avait oublié de lui demander son nom et sa classe.

Voyant qu'il faisait nuit par l'une des fenêtres du couloir, Shikamaru jura comme un charretier, oubliant sa vague entrevue avec la fille inconnue.

- Putain !"

Pour sûr, sa mère allait lui flanquer une sacrée rouste.


Merci d'avoir lu ! N'oubliez pas de donner vos avis, ils sont importants.

Mademoiselle-Twix.