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§ Prologue : Premier Regard §

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*** Lily ***

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J'ignorais encore l'importance de cette journée mais c'était celle de notre première rencontre très exactement le cinquième jour avant la fin des vacances d'hiver et la reprise des cours. Comme un suroît en avance sur la saison, une brise légère avait accompagnée la diligence volante qui s'était posée dans le parc ce matin. Et était reparti sur les coups de onze heures comme il était venu. L'atmosphère semblait plus chaude dans le froid hivernal et c'était bientôt l'heure du déjeuner.

J'avais décidé de ne pas rentrer pour les fêtes. La situation à la maison était assez compliquée. Avoir pour père un homme dont on n'arriverait jamais à la cheville, un athlète pour frère ainée et le cadet de la famille était un intello, et moi, la petite dernière, j'étais juste l'ingénue que mes frères s'évertuaient à surprotégé. J'en avais plus qu'assez de l'ambiance familiale.

James était un bon à rien fainéant, avait failli raté ses ASPIC mais qui était l'ancin attrapeur des Griffondors depuis sa deuxième année et avait fait gagné la coupe à son équipe pas moins de cinq année consécutive. À défaut d'être un bon élève, surtout à cause de son manque de sérieux et de son impertinence légendaire, on l'avait poussé vers les divisions nationales, ce pourquoi il s'était entrainé de bon coeur. En gros, lui, on lui pardonnait tout car c'était l'athlète sans cervelle de la famille.

Al, quand à lui, c'était toujours mis en opposition avec son frère et était bien parti pour être l'année même, le major de sa promotion, au grand dam des Serdaigle, ayant déjà eu durant sa cinquième année les meilleurs résultats aux BUSE depuis soixante ans. Il était actuellement inscrit a tellement de cours avancés que je ne m'expliquais pas comment il trouvait encore le temps de dormir, de manger et de se disputer avec ses amis.

J'avais donc dû supplier la directrice Mc Gonagall – une grande amie de la famille – pour qu'elle consente à me laisser passer l'hiver à Poudlard plutôt que de rentrer sagement à la maison « fêter Noël en famille ». Évidemment, Pêre, plus que tout autre, ne comprenait pas. Et les hiboux avaient déferlés deux fois par jour, jusqu'à ce qu'il se lasse. Il ne risquait pas de comprendre ce que je ne comprenait qu'à demi-mot.

J'avais besoin de prendre de l'air et de sortir de l'ombre des hommes de la famille. Pour arrêter d'être un poupée de cire qu'on protège contre les vilains garçons et les mauvaises influences. Après coup, j'aurais peut-être aimé finir dans une autre maison que mes frères, pour avoir le temps de respirer. Sauf que ce n'était pas le cas, et que Albus avait juste la décence de ne pas me poursuivre jusque dans le dortoir des filles, si seulement il pouvait.

Bref, je me félicitais de ses vacances solitaires et profitait de ce temps autant qu'il fut possible avec les rares pensionnaires restant eux aussi pour les fêtes. À la sonnerie, retentissant pile à l'heure la pause du midi, même en période de vacances, je pris le chemin de la Grande Salle en compagnie d'Emily, la seule autre Gryffondor à être rester pour les vacances, laissant les garçons à la traine. Les événements de ce matin n'était pas passer inaperçu et avait fait l'objet d'une très très longue discussion durant la demi-heure suivant le départ de la diligence. Aussi, c'était avec une pointe d'excitation que nous allions déjeuner, espérant de plus ample explication pour les événements de ce matin.

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*** Lily ***

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Il avait fallu attendre longtemps et voir les plats commencer à refroidir avant de pouvoir commencer à manger, profs et élèves réunis sur deux tables, accolés pour l'occasion, en ces temps où les élèves se font rares et où les professeurs prennent congés. Tout ça parce qu'une élève transférée était arrivée en plein milieu d'année, événement rare, semblait-il, comme il ne s'en était pas produit depuis une décennie, semblait-il.

C'était une élève exceptionnelle, pour avoir été ici acceptée contre toute les règles de l'institution. Comme toutes les grosses têtes, elle aurait dû finir à Serdaigle. Sauf que loin s'en faut, le Choixpeau, m'y bien du temps à décider de sa maison, en plus de commenté son transfert avec une narration chantée des quatre derniers transferts en date, au cours des vingt dernières années. Oui, c'était une exception, une chose rare. Mais les intellos ne m'intéressaient pas, alors sur le moment, je n'ai même pas retenu son nom. Et n'en fut que plus étonné quand le choixpeau claironna « Griffondor » alors que je chipotais avec une cuisse de poulet en attendant le verdict.

Tant pis pour son nom, j'aurais tout le temps de l'apprendre plus tard. Enfin, une grosse tête de plus pour notre maison, histoire de glaner quelque point contre Serdaigle, qui avait gagné la coupe de quatre maison pour la septième année consécutive, disait-on. À vrai dire, je m'en moquais un peu, mais je n'avais jamais vu la Grande Salle avec d'autre teinture que du bleu, partout où porte le regard. Les jours de fête, s'en était une overdose. Aussi, à ce terme, nous en étions pratiquement tous rendus à espérer qu'une autre couleur, n'importe laquelle viennent changer ces tentures inchangés depuis trop d'années déjà.

Il fallait dire qu'avec le Professeur Londubat comme responsable des Griffondors, nous ne gagnions aussi peu de point qu'on en perdait. Celui-ci n'était pas un grand adepte de ce genre de gratification ou sanction, ce qui faisait que nous disputions chaque année la deuxième place face à Serpentard, guère mieux lotie. Principalement en raison de la grande purge survenue il y a vingt ans déjà.

En effet, l'ennemie à abattre était désormais Serdaigle, soutenue par une technocratie grandissante au ministère de la magie. Voiture volante, électricité, tout cela était devenu commun ; Même Ollivander and Son, après dix ans de résistance, commençait à introduire de l'électronique dans leurs nouvelles baguettes. Entre les progrès du monde magique et les mesures toujours plus drastiques pour maintenir le secret de notre existence aux Moldus, la montée en puissance de la philosophie Serdaigle inquiétait de plus en plus.

En gros, cette nouvelle venue, étrangère de surcroit, venait de rejoindre le contre-pouvoir tricéphale au régime en place, qu'elle soit de la même maison était juste un bonus. Les trois quart des personnes en présence ne se privaient pas de l'accueillir à grand renfort félicitation, de bourrade et autres joyeusetés diverses. Pour ma part, je me contentais d'un salut poli en sa direction, agrémenter de mon plus beau sourire. Avant de replonger dans mon assiette : qu'importe les reproches d'Emily pour mon manque de civilité, mon estomac d'abord, les palabres ensuite.

Et de fait, elle se trouva bien vite accaparée ailleurs, nous laissant Emily et moi manger en paix, apparemment gênée de toute cette attention de surcroit. Il serait bien assez tôt de la rencontrer au détour de la salle commune. Dix minutes plus tard, l'inconnue avait prise la fuite, sans même touché au repas. Sur le moment, cela me laissant indifférente, mais de plus en plus pantoise au fil des jours alors que nous ne la croisâmes jamais que ce fut aux dortoirs comme à la grande salle. Lui arrivait-il seulement de manger, de dormir et de socialiser en temps soit peu ?

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*** Lily ***

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Le jour de la rentrée, elle était réapparu normalement sur les bancs de la Grande Salle, parmi les rangs de troisième année. J'étais pour ma part en quatrième année. Une année au moins nous séparait et pas moins de vingt mètre de la grande table. Outre ces moments, nous ne nous croisions jamais mais je ne pus m'empêcher de noter de loin qu'elle était fort mignonne. N'eut-elle pas été si timide qu'elle aurait tôt fait d'avoir un copain ou d'être bien entourée, à tout le moins.

Pour ma part, je complexe sur mon physique, hérité en majeur partie de ma mère. Une petite taille, des cheveux roux, des yeux marrons profonds et durs et une peau bien trop claire qui rougit à la moindre émotion. Le seul héritage de mon père sont des cheveux impossible à coiffer, qui demande un quart d'heure d'attention pour être présentable. Un jour, je finirais par opter pour une coupe courte...

Passé ce premier jour des cours, cette même scène s'est répétée des centaines de fois, ne la croisant qu'aux heures de repas et parfois dans les couloirs. Ayant cessé de m'interroger ou même d'y faire attention. La fin d'année est ainsi arrivée sans qu'on échange ne serait-ce qu'un mot ni que j'apprenne quoi que ce fut à son sujet. La nouvelle était devenue une inconnue, et dans ma tête, répondait finalement à ce nom chaque fois que nos regards se croisaient.

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§ Chapitre 1 : Je veux tout savoir de toi. §

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*** Lily ***

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Une année avait passé. Le jour des diplômes, le ministre en personne s'était déplacé pour serrer la main d'Albus et lui promettre au passage, que ce n'était pas là leur dernière rencontre. Je m'étais confrontée à mes parents pour la première fois depuis neuf mois et les retrouvailles furent, de prime abord, difficile.

Ma mère était soudain devenue intarissable de reproche sur le moindre détail de mon comportement et mon père, lui se tût. Albus prit ma défense, arguant que j'avais grandi et que c'était une bonne chose -merci mon frère. Ce sur quoi mère se retourna contre lui, ainsi que sur Hugo qui avait le malheur d'être là. Et je remarquais alors pour la première fois cette fille qui autrefois m'intriguait tant me regarder avec compassion et ce je-ne-sais-quoi qui ressemblait à de la nostalgie.

Contrairement à tellement d'autre, il n'y avait pas dans son regard cette curiosité pour « la grande famille Potter » qui me suivait partout. J'étais pour elle une fille comme une autre subissant les remontrance de sa mère en colère...et non comme étant la fille de mon père. Et rien que pour ce regard, si simple, je lui en étais profondément reconnaissante.

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*** Isalyn ***

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Les cours étaient finis depuis longtemps et la majeure partie des étudiants étaient rentrés chez eux, excepté les futurs diplomés en vue de leur ultime cérémonie, rejoins à l'occasion par leur famille et ceux qui ne rentraient pas par le train, pour des raisons diverses et variés. Les enfants de diplomates ou étudiants étrangers n'avaient personnes pour les accueillir à l'arrivée de Charing Cross Road. Aussi l'établissement accordait quelques jours de tolérance avant de définitivement fermer ces portes.

La cérémonie touchait à sa fin et fes familles se retrouvaient pour porter un toast à leurs jeunes diplômés. Nous pouilleux et pouilleuses n'ayant pas pu partir par le train assistions au spectacle du fond de salle. N'ayant rien de mieux à faire, c'était distrayant. C'est ce moment que choisit alors une mère de famille pour exercer des remontrances sur sa fille. La pauvre devait avoir honte qu'on lui fasse une scène pareille, mais accusait plutôt bien le coup, visiblement.

C'est là qu'Albus Potter pris sa défense et que la mère en question se retournait contre lui, le major de sa promotion, préfet en chef jusqu'à ce jour qui plus est. Certains étudiants le reverrait comme une légende vivante, pour ma part, je le pensais respectable. Je ne compris pas sur le coup que si cette femme se permettait de le réprimander ainsi, c'était sans doute qu'il fut son fils.

Mais je n'avais alors d'yeux que pour cette fille qui me regardait toujours avec ce drôle d'air chaque fois qu'on se croisait dans les couloirs. J'ignorais ce que je lui avais fait, pourquoi elle n'était pas venue une fois me parler et s'expliquer. À ce moment précis, je n'avais pour elle que compassion et envie. Sa mère était décidément terrible mais au moins, sa famille était là, et donc oui, malgré tout je l'enviais. Nos regards ne se croisèrent qu'un instant avant que je me détourne, comme prise en faute. Et je l'évacuais de ma mémoire, aussi simplement que chaque fois que je l'eus croisée par le passé.

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*** Lily ***

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Tournoi anniversaire du club des duellistes.

Vous êtes tous conviez à l'entrée du parc, Ce Samedi à partir de 9h

Venez nombreux pour assister à l'événement ou participer :

une belle récompense est accordé au vainqueur de chaque catégorie.


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Tel était l'annonce placardé dans chaque salle commune et un peu partout dans l'école. Il y avait aussi une brochure, plus complète, qui donnait le détail du règlement de participation ainsi que les prix décernés. L'événement était très officiel, à l'initiative des professeurs et approuvé par la direction. Hugo ne parlait que de ça depuis hier. Et lorsque Hugo se passionne pour quelque chose, tout le monde a tendance à le suivre.

En effet, Hugo a le mérite d'être beau garçon, intelligent et charismatique. Accessoirement, c'est aussi mon cousin...mais surtout mon meilleur ami. Donc voilà, Hugo avait d'ors et déjà décider de participer et tout les gryffondors en quatrième seraient là pour le suivre ou le soutenir. La semaine passa alors très très vite et le jour J arriva.

L'automne était déjà depuis longtemps à nos portes et il faisait déjà fort froid et pluvieux, aussi les deux premières heures, le public s'était amassé sous un toit de parapluie, assis sur les gradins improvisés pour l'événement. Trois espaces avaient été aménagés pour des duels simultanés, de sorte qu'aucun concurrent se gêne, que le public puisse tout voir et que l'on puisse mener les duels de chaque catégorie en même temps.

La catégorie junior consistait au pratique d'autodéfense enseignée de la première à la troisième année et était strictement réservée au première et deuxième année. Les règles étaient conçu pour qu'aucun étudiant de cet âge ne soit blessé et les duels étaient strictement calqué sur les cours d'autodéfense : le premier coup qui atteint sa cible marque la fin du duel.

La catégorie intermédiaire n'avait pas de limite d'âge et représentait l'événement majeur de la journée. Le tournoi junior serait fini avant la fin de la matinée et son terrain serait réutiliser pour les besoins du tournoi intermédiaire. Il va sans dire que Hugo participait à cette catégorie. À ce stade, un certain degré de violence, équivalent au Quidditch était toléré. Les règles étaient strict mais cela n'empêcherait pas certains de finir à un moment ou un autre à l'infirmerie.

L'incapacité à poursuivre le duel, l'abandon ou le premier sang, si cela devait arriver, devait mettre directement fin au duel. Cette même règle s'appliquait à la catégorie avancée dont la particularité était de devoir prouver sa capacité à user d'au moins un sortilège informulé. Cette dernière était également la seule où les sortilèges informulés n'étaient pas spécifiquement sanctionnés. Il s'agissait donc de la catégorie la plus élitiste à laquelle seuls quelques élèves pouvaient prétendre.

Pour chaque catégorie correspondait un nombre croissant de point pour la maison du vainqueur ainsi qu'un prix spécial pour ce dernier. En outre, le premier tiers des concurrents se verraient par la suite proposée une deuxième édition du tournoi -une revanche, en quelque sorte- qui se passerait rien de moins qu'en présence des Aurors et ce en vue de repérer dès aujourd'hui des candidats potentiels. Je savais par mon père que cela était en réalité une directive prise en amont par le ministère qui, dans un accès de paranoïa, voulait augmenter drastiquement le nombre d'Aurors d'ici aux sept prochaines années.

Tout ceci n'était donc qu'une farce du ministère, raison pour laquelle -outre la pluie- je n'avais pas souhaité participer, au contraire de mon cousin. Déjà sous le coup de onze heure moins le quart, nous assistions à la finale des juniors et Hugo, de son coté, avait déjà gagné son premier duel – une victoire facile qui n'eut pas mériter ce nom. Le tournoi avancé finirait sans doute à peine après quatorze heure.

Les duels avancés duraient un peu plus longtemps, et voyaient s'affronter des adversaires plus expérimentés, leur espace était volontairement plus accidenté pour que les duellistes puisse montrer l'étendue de leur compétence alors que celui des juniors était plane et d'une rectitude parfaite. Celui du niveau intermédiaire, comme celui avancé, comprenait des arbres, rochers, déplacé volontairement pour l'événement de sorte que les plus habilles puissent s'en servir sans que les spectateurs, des tribunes, n'en perde une miette.

Il avait depuis longtemps finit de pleuvoir, mais le terrain junior trop plane, n'était plus qu'un carré de boue. Le coup décisif du duel finit alors sur un retentissant « Stupefix » duquel sa cible s'en prévint grâce au charme du bouclier, renvoyant le sort à l'envoyeur qui n'eut pas le temps de contrecarré. Le deuxième année en question s'écrasait face contre terre alors que son adversaire, encore en première année, eu droit à une ovation en bonne et due forme.

Après seulement un mois et demi de cours, il l'avait mérité. Il avait usé de sort différent à chacun de ses duels, déstabilisant ses adversaires. Certains pensaient qu'ils les utilisaient par hasard -comme pour le sortilège d'Oppugno- mais ce dernier duel montrait l'étendue de son talent. Visiblement timide, il rejoint alors ces amis dans les gradins, alors que sous la clameur, le duel de la catégorie intermédiaire pris fin, l'un des concurrent s'étant laissé déconcentrer au profit de l'adversaire.

Ce n'était pas contre les règles, aussi ne restait-il plus que quatre combat au niveau intermédiaire avant de passer à la seconde phase du tournoi. Le niveau avancé en était déjà rendu aux quart de final et les choses se précisaient sensiblement. L'arbitrage ne laissait passer que les vainqueurs, éliminant les éventuelles égalités.

En outre ce faisant, le nombre de concurrent accepté ayant été très justement calculé et les combats décidés par avance, certains concurrent, par défaut d'adversaire à la seconde manche seraient déclarés vainqueur d'office. Techniquement c'était injuste, mais les affrontements ayant été décidé au hasard, c'était un facteur chance qui pouvait bénéficier à tout le monde. Et en l'occurrence, cette règle pouvait profiter à Hugo selon l'issue des prochaine combats.

Ne l'ayant jamais vue vêtue autrement qu'avec la robe noire des cours, je ne la reconnue pas tout de suite dans son uniforme informel que nous étions autorisé à porter en dehors des cours. Contrairement à la plus part des filles, elle portait l'uniforme pantalon mais cela lui seyait plutôt bien. Elle était visiblement trempée jusqu'aux os, ce pourquoi elle aura ôté son pull et qu'une quatrième de bon cœur lui aura prêté une cape coupe-vent, au cas où la pluie reviendrait pointer son nez.

Aussi, malgré la cape, le spectacle de la jeune fille trempée ne laissait aucune place à l'imagination. Et je restais captivée par la scène. Le duel fut de courte durée, et elle le gagnait. Cependant, un détail, outre son physique, attira mon attention. Lorsqu'elle laissait ses sortilèges, quoique formulés, celui-ci n'était accompagné d'aucun mouvement de la baguette. Elle restait juste assez en mouvement pour que cela ne se remarque pas du premier coup d'oeil.

C'était troublant. Bien qu'elle use de la formule, c'est comme si elle lançait ses sorts par le seul fait de la volonté, sans que la baguette accompagne ses actions à aucun moment. Se passer de tout mouvement était possible, de même qu'il est possible de se passer de la formule. Mais le niveau de concentration requis est strictement équivalent et si elle était capable de faire l'un, elle était probablement capable de faire l'autre ? Or, elle ne s'était pas présenté pour le concours avancé...pourquoi ?

Les combats s'enchainèrent et reprirent après la pause de midi. Sans surprise, les élèves qui s'étaient distingués au niveau avancé le firent également en catégorie intermédiaire et nombre de duel furent expéditifs. Le deuxième tour du tournoi intermédiaire s'acheva presque en même temps que la finale du tournoi avancé. Le gagnant était sans surprise de Serdaigle, un de ces poursuiveurs en sixième année dont j'avais omis le nom, bien qu'il fut énoncé quelques instants plus tôt.

L'inconnue et Hugo s'étaient qualifiés pour le troisième tour, mais Hugo affrontait le finaliste sortant du tournoi avancé et avait probablement aucune chance. Quand à cette fille, je m'en souciais pas vraiment mais j'étais curieuse de l'observer une nouvelle fois à l'oeuvre. Histoire de confirmer que mes yeux ne me jouait pas des tours. Hugo se fit sortir avec une blessure légère mais son concurrent ne gagna pas pour autant. Celui-ci ayant utilisé un sort de découpe -lacérant volontairement son adversaire au passage- il fut immédiatement disqualifié pour contrevenance aux règles.

Il était en effet interdit d'utiliser des sortilèges dont l'usage en premier lieu était destiné, dans le cadre d'un duel, à entrainer une blessure ouverte ou une fracture quelconque. Cependant, si cela arrivait par accident - et ça avait été le cas par trois fois déjà – il n'en était pas tenu rigueur.

Hugo était donc emmener à l'infirmerie avec une plaie ouverte de cinq centimètre, qui aurait disparu sans laisser de trace dans moins d'une heure. J'aurais dû le rejoindre à l'infirmerie, comme mon cœur le dictait, mais ma curiosité prit le dessus.

Je confiais Hugo à Emily -secrètement amoureuse de lui depuis notre troisième année- en prétextant que Hugo voudrait sans doute connaître les résultats dès que la plaie serait guérie. Les duels se poursuivirent et je finis par retenir -finalement- le nom de mon inconnue : Isalyn. Étrangement, je trouvais ce prénom tellement originale que j'étais sûre de le graver dans ma mémoire, malgré mes nombreuses faiblesses en la matière.

Isalyn donc, comme je pensais, n'utilisait pas le moindre mouvement de baguette pour le moindre sort qui soit. Elle combattait alors sur l'ex terrain des juniors, qui avait été spécialement reconverti pendant la pause, de même que le terrain avancé, de sorte que les duels s'enchaine plus vite en les faisant passer trois par trois. Ça devenait assez dur à suivre mais me concentrant sur elle, je n'en perdis pas une miette.

Comme le vainqueur de première année, elle rivalisait de sort différent et rivalisait d'astuce pour prendre par surprise ces adverses. En quart de finale, elle se qualifia ainsi en faisant apparaître une volée de papillon derrière un rocher disposé sur le terrain. Pour attaquer ensuite son adversaire à revers et l'envoyer valser d'un Expelliarmus mémorable, désarmant et jetant à terre son opposant d'un seul mouvement.

Elle était rusée, mais ses futurs adversaires l'avaient vu à l'oeuvre et savaient à quoi s'attendre, aussi ne pouvait-elle plus compté sur ces tours de passe-passe. Elle devrait vaincre ces derniers sans ces astuces pour l'emporter sur eux. En effet, elle n'était qu'en quatrième année. Et tout les trois autres concurrent encore en lice c'était hautement qualifié en catégorie avancée. Il restait deux septièmes années et le sixième année vainqueur prêt à en découdre.

Son opposant était un Serpentard, de l'autre coté, la demi-finale opposait deux serdaigles. Le première année gagnant était un Serpentard aussi, l'enjeu de cette demi-finale marquerait si oui ou non Griffondor avait au moins une chance de se distinguer à travers elle. Isalyn frappa la première, en utilisant le sortilège de Silencio. Selon les règles de cet catégorie, son adversaire s'en trouvait immédiatement neutralisé, n'ayant pas droit de recourir aux sortilèges informulés. Isalyn se projetait donc en final, sous l'usage d'une ultime ruse, après le duel le plus expéditif de toutes les demi-finales.

Sans surprise, le précédent vainqueur se retrouva de nouveau confirmé comme tel et fut dès cette instant son adversaire en final. Le duel fut épique mais Isalyn finit désarmée et c'est alors que, le vainqueur se croyant gagnant, elle utilisa le sortilège Accio de ses propres ressources pour récupérer sa baguette et stupéfixer son adversaire qui se croyait déjà vainqueur. Tout le monde avait un jour lancé un sort sans baguette, dès le plus jeune âge, c'est ainsi qu'on reconnaissait un sorcier. Mais les résultats sont imprévisibles.

Pour ainsi dire, je ne connais personne qui s'y soit risqué depuis que celle-ci a obtenu sa première baguette. Et encore moins qui que ce soit risqué sa baguette dans une telle expérience. C'est ce qu'elle venait de faire. La baguette aurait pu fusé en sens inverse, explosée, ou le sort aurait pu tout simplement ne pas fonctionner. Soit elle venait de gagner sur un coup de chance, soit sur un coup de maitre. En l'espèce, je l'avais vu à l'oeuvre et je ne croyais pas à la chance. Elle usait de sa baguette comme une extension pur et simple de sa main.

Nul doute possible qu'elle n'en était pas à son coup d'essai, qu'elle maitrisait parfaitement cela comme une technique à part entière. Comment pouvait-elle être assez folle ou assez géniale pour avoir réussi son coup ? Et pourtant...ce qui me choquait tant n'avait apparemment troublé l'esprit de personne d'autre. Les gryffondors se précipitèrent des gradins improvisés jusqu'à Isalyn et deux grands gaillards la prirent carrément sur leurs épaules -ce qui eut été fort indécent si elle eut été en jupe.

Poufsouffle et Serpentard se mêlaient aux félicitations. Ces derniers sans rancune pour l'élimination de leur demi-finaliste. Isalyn, héroïne du jour, avait vaincu un Serdaigle de sixième année. La manière dont cela c'était produit était totalement oublié. Tout un chacun n'ayant retenu que l'image de ce dernier, tombant inconscient en se croyant vainqueur sous le sort d'une quatrième année. Les infirmières présentent s'affairant d'ailleurs à le réveiller et à lui rendre assez d'énergie pour le remettre d'appoint.

Oui, pour tout le monde, tout cela était oublié. Mais pour moi pas, je voulais en savoir plus, en découvrir davantage sur elle, quitte à embrigadée Hugo et Emily dans l'histoire. Tout cela avait réanimé mon intérêt de l'année précédente, du fait qu'on la voit si peu en dehors des heures de cours et tout ce qui s'en suit. Cette Isalyn était beaucoup trop mystérieuse et je voulais découvrir ses secrets, coûte que coûte.