Titre : Quand tout bascule…
Auteur : Patpat.
Bêta-lectrice : Laku-san.
Source : Gravitation.
Genre : Yaoi, Shonen-ai, Darkfic, OOC, UA, Lemons.
Rating : M (Sugoi !!! More vanilla !)
Paring : Yuki Eiri / Shindo Shuichi
Disclaimer : Ces personnages ne sont pas à moi mais à Murakami Maki, divine créatrice de ce super Yaoi ! La petite exception c'est Riku qui apparaîtra dans quelques chapitres.
Résumé : Pédophilie ou Amour ? Pourquoi tout est si compliqué entre deux personnes qui s'aime et pour lesquelles l'âge n'est pas une barrière ? Une histoire qui peut créer la controverse pour ceux qui ne savent pas faire la différence entre amour véritable et crime contre la société…
Notes : Ohayogozaimasu ! Voilà ma nouvelle fic en date. J'en été rendue à compter les jours qui me séparaient de celui de sa publication… C'est pitoyable, je sais. D'abord je tiens à vous prévenir qu'elle me semble un peu moins élaborée que « Should I believe in Destiny ? » mais tout de même plus que « Pour toujours mon Ange ». En bonne reine du UA que je suis, je me suis permise de modifier un détail de taille et vous comprendrez très vite lequel. En outre, je tiens à prévenir les âmes sensibles qu'il s'agira de ma première vraie Darkfic… Je crois que je ne suis jamais allée aussi loin dans le malaise des perso qu'avec cette histoire. Evidemment, vous me connaissez donc vous savez qu'il y aura avant tout de la romance et quelques Vanilla de-ci de-là. En outre, mon frère m'a conseillé d'en faire une Tragedy mais je ne suis pas très à l'aise avec l'idée d'un bad-ending… Je ne suis sûre de rien quant à la fin pour l'instant. SUSPENSE ! Bonne lecture et rendez-vous à la fin pour ma tite note…
Special Thanks : Shini-oni et Skylie-san qui a été la toute première à me demander des nouvelles de cette fic puisque je l'ai commencé dès la fin de « Pour toujours mon Ange ». Ma doudounette Shizuka Kurai qui est la seconde a qui j'ai parlé de cette fic, lui demandant ce qu'elle pensait de mon idée (toujours de bon conseil, c'est une sage ). A Fllay Alster, qui ne parle pas un mot de Français mais m'a beaucoup soutenu pendant l'ébauche de ce projet (et m'a accessoirement fait découvrir Queer as Folk, du yaoi en vrai !!!). A Laku-chan qui est devenue ma bêta attitrée pour cette fic et m'a vraiment encouragée.
Chapitre 1 : Bats-toi pour moi.
Il a la peau si douce et sucrée… Je pourrais rester là des heures, des jours entiers à la caresser, à l'embrasser, à la respirer. Il est d'une beauté étonnante. Il est parfait. Et pourtant, je ne dois pas continuer. Je dois l'éloigner de moi… Il n'a que 15 ans et moi j'en ai 24. Mais comment faire quand, dès que je suis loin de lui, sa voix, son sourire et son regard me manquent? Je suis étendu contre lui, ma tête sur son torse nu que je caresse avec affection. Je peux entendre les battements de son cœur tandis que sa poitrine se meut au rythme de sa respiration. Ses mains parcourent mes mèches blondes et il fredonne une petite chanson.
Shuichi ?
Hai ? répond-t-il en cessant de chantonner.
Tu dois rentrer chez toi…
Nani ? Doshite ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? me demande-t-il aussitôt avec une petite voix triste qui m'émeut.
Bien sûr que non, tu n'as rien fais de mal, mon amour. C'est moi… J'ai fait quelque chose de mal. Et je recommence à chaque fois que je pense à toi… A chaque fois que je te touche, que je t'embrasse… Que je te fais l'amour. Je me redresse pour pouvoir plonger mes yeux dorés dans les siens : deux pures miroirs d'améthyste. Du bout des doigts, j'effleure le contour de son visage, puis ses petites lèvres roses sur lesquelles je dépose un chaste baiser. Mais il se met à pleurer.
Pourquoi tu m'embrasses comme si tu allais me dire au revoir ? Yuki ? Tu ne vas pas me rejeter ? N'est-ce pas ? J'ai fait une erreur ? Quelque chose qui t'as déplu ?
Je l'embrasse de nouveau et je sens son corps fluet sous moi être secoué de sanglots.
Rentre chez toi, lui dis-je.
Ya-yadda… Onegaï, Yuki… Je veux rester auprès de toi… Garde-moi avec toi…
Ton père pose déjà beaucoup de questions à ton pote, Hiroshi. Il a même failli se faire griller en te couvrant l'autre fois et nous faire prendre. Si tes parents découvrent quoi que ce soit…
Pourquoi on devrait se cacher ? On ne fait rien de mal après tout.
Si, Shuichi, c'est mal. Tu es mineur. Tu n'es qu'un gamin alors que moi je vais sur mes 25 ans. Je ne crois pas que ça leur plaise. Sans compter que nous sommes deux garçons… J'aurais de la chance si tes parents ne me font pas arrêter pour pédophilie !
T'es pas un pédophile, mon Yuki ! Dis pas de bêtises ! ricane Shuichi en s'asseyant, le dos appuyé contre la tête de mon lit, séchant ses larmes.
Techniquement, un pédophile est un homme qui séduit les enfants en usant de différents stratagèmes pour profiter d'eux physiquement. C'est à peu près ce que j'ai fait puisque tu es encore un enfant que c'est moi qui t'ai abordé en premier, dans ce parc, il y a 6 mois… Et puis j'ai aussi bien profité de toi étant donné que je suis celui qui t'a pris ta virginité…
Ma virginité ? Tu ne me l'as pas prise, c'est moi qui aie choisi de te la donner. Et tu ne m'as jamais rien fait sans mon accord. Quant à la partie séduction, il me semble avoir joué un grand rôle moi aussi. Après tout, tu ne m'aurais pas donné mon premier baiser si, coincé dans cet ascenseur, dans le noir suite à une coupure de coupure de courant provoqué par une tremblement de terre, je ne m'étais pas blotti contre toi en gémissant des « J'ai peur, Yuki, prends-moi dans tes bras… ».
En me disant ça, il sourit. Un sourire amusé. Et je sens ses petites mains remonter le long de mon torse nu pour se glisser derrière ma nuque.
Et puis, peut-être qu'on n'aurait jamais vécu de première fois si je n'avais pas insisté, quelques semaines après ce baiser, pour que tu viennes avec moi à ce bar qui organise chaque vendredi des soirées « scène ouverte », me dit-il avec une voix douce et sexy, faisant appel aux délicieux souvenirs de cette soirée que je garde précieusement en moi. Peut-être que rien ne se serait passé entre nous si je n'avais pas chanté, dansé. Si je ne t'avais pas aguiché…
Il s'approche de moi et m'offre ses lèvres si tentantes. Trop tentantes pour que j'y résiste. Je cède et l'embrasse. D'abord tendrement, puis de plus en plus passionnément. Emballé par mon désir de l'avoir pour moi et rien que pour moi, je le serre dans mes bras. J'aime sentir son corps frêle contre moi… Non, Eiri ! Arrête ! Je dois arrêter !... A contre cœur je le repousse et dis d'un air sévère :
Ils se foutent pas mal de savoir qui a séduit qui, Shuichi. Pour eux, ça aura l'air d'être de la pédophilie et c'est ce que ce sera.
Peu importe de quoi ça à l'air vu de l'extérieur, Yuki. Nous, on sait ce que c'est vraiment. Et c'est de l'amour. Ca ne compte donc pas ?
Pas aux yeux de la loi. De toutes façons, je serai accusé de détournement de mineur (1). Et puis tes parents t'enverront peut-être très loin d'ici et…
Et quoi ? Yuki ? Est-ce que tu m'aimes ?
Comment pourrais-je affirmer le contraire ? C'est impossible. Ma vie n'aurait plus aucun sens sans toi. Je sais bien que tu es encore très jeune mais je suis sûr que tu sais ce que j'éprouve puisque tu ressens certainement la même chose. Je ne veux pas être séparé de toi pourtant, notre relation interdite finira par t'empêcher de t'épanouir, de grandir. Rester avec moi n'est pas bon pour toi. Kami-sama ! Pourtant j'aimerais tant te garder avec moi pour toujours.
Yuki ? Réponds-moi.
Je baisse les yeux. J'aimerai avoir le courage de te mentir. De te dire que non. Mais ce courage, je ne l'ai pas. Je suis trop lâche pour affronter tes larmes, pour te briser le cœur… Shuichi…
Ai shiteru, réponds-je.
Il me sourit et me dit dans un murmure réconfortant :
Alors comme tu m'aimes tu dois te battre pour moi… Car l'amour est plus fort que tout et en plus, tu es le plus fort des hommes… (2
Son sourire est magnifique et mon cœur bondit.
Shuichi, tu vas me rendre fou, murmure-je, ne sachant plus quoi écouter entre la voix de la raison et celle du cœur.
Je me passe une main dans les cheveux comme à chaque fois que je suis frustré. Et lui, avec la douceur qui le caractérise, il m'enlace. Il n'est pas très grand, et il a une petite carrure, presque semblable à celle d'une fille en fait, pourtant je ne me suis jamais senti autant en sécurité que dans ses bras. J'ai l'impression qu'alors, plus rien ne peut m'atteindre. Je pourrais même mourir, peu m'importe tant que je suis dans ses bras…
XXX XXX XXX
Cette nuit, nous avons fait l'amour encore et encore jusqu'à ce que notre besoin de l'autre soit évincé par notre fatigue. Je me suis réveillé alors qu'il faisait encore nuit pour écrire. Chaque fois qu'on passe une nuit aussi douce que celle-ci, je me réveille avec le plein d'inspiration. Et quand j'aperçois l'ombre d'un blocage, il me suffit d'imaginer le petit corps nu de Shuichi enveloppé dans les draps encore humides de nos ébats. Le soleil pointe à l'Est lorsque je me décide à faire une pause pour me préparer un café et fumer une cigarette. C'est quand je me verse du café dans une tasse que je sens Shuichi encercler ma taille avec ses bras menus et s'appuyer contre mon dos. J'expire une longue bouffée de fumée blanchâtre et me retourne pour l'enlacer à mon tour.
Tu veux manger quelque chose ? propose-je.
Mmm... Je voudrais bien des Chococrispies...
Je souris. J'ai parfois tendance à oublier qu'il n'est qu'un gamin.
Vas t'asseoir, je t'apporte ça.
Lorsque je lui apporte ses céréales dans du lait, ainsi que ma tasse de café pour déjeuner avec lui, il baille et me demande :
Tu viendras me chercher ce soir, à la sortie du lycée ?
Shuichi, ça fait deux nuit que tu passes ici. Tes parents vont se poser des questions.
Oui, tu as sans doutes raison... Alors je viendrai samedi soir. Si ça te dérange pas bien sûr.
Samedi ? Ca veut dire deux jours sans te voir mon amour ?
Comme tu veux, réponds-je le plus impassiblement possible, tentant de masquer ma déception.
Nous mangeons en silence puis il va prendre sa douche, s'habille et prends son sac. Je l'accompagne à la porte où nous échangeons un dernier baiser avant ce week-end puis il ouvre la porte et...
Eiri ? s'étonne ma sœur Mika en nous voyant côte à côte.
Mika, réponds-je froidement.
Shuichi me regarde avec un air interrogateur et dans ses yeux je remarque un je-ne-sais-quoi qui signifie clairement qu'il perçoit Mika comme une éventuelle petite-amie.
Je te présenta ma sœur, Mika, lui dis-je d'un air énervé que j'adresse plus à cette idiote qu'à lui. Maintenant dépêche-toi de partir, tu vas arriver en retard.
Haï ! A plus tard, Yuki !
Je le regarde disparaître dans l'ascenseur avant de m'effacer de l'encadrement de la porte pour laisser ma grande sœur entrer. La porte qui se ferme derrière moi, suivi d'un claquement de langue agacé m'indique qu'elle est bien rentrée dans mon appartement.
Tu dois des explications, il me semble, Eiri. Qui était ce jeune garçon qui sort de chez toi si tôt le matin alors que toi tu es encore en peignoir ?
Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
Eiri, s'il te plait ! Pour l'amour de Dieu, ne me dis pas que ce garçon et toi vous avez...
Ok, je te dirais rien.
Eiri ! Kami-sama, c'est un enfant ! Il doit avoir quoi ? 12 ans ?
Oh ! Ca va oui ? Je suis pas pédophile non plus ! Il a 15 ans !
Et alors ? C'est pareil à ce niveau là ! Eiri, tu es un homme de 25 ans bientôt, et lui n'est qu'un jeune adolescent de 15 ans. Tu es donc irresponsable au point de violer les lois de la justice et de la bienséance ? Pense donc à ce gamin ! Que crois-tu que ce genre de relation malsaine pourrait lui apporter ?
Je ne fais que ça, penser à lui. Et je ne l'oblige à rien. Il a choisi lui-même.
Eiri, tu dois rompre ! Pour votre bien à tous les deux.
Sinon quoi ? Tu vas me dénoncer ? Tu agirais de la même façon si c'était une fille ?
Bien sûr !
Menteuse ! s'énerva Yuki. Tu serais un peu choquée par la différence d'âge et c'est tout.
Je ne pense qu'à ton bien et ce gamin ne t'apportera que des ennuis.
Ce gamin contribue plus à mon bien que toi, Seguchi, Tatsuha ou le vieux ne le pourraient jamais. Maintenant, à moins que tu ne veuille emprunter mon téléphone pour me dénoncer aux flics et me garantir un petit séjour derrière les barreaux, va-t-en.
Demo...
Va-t-en ! m'exclame-je avec force, la faisant sursauter.
Je ne supporte pas ses jugements sur Shuichi et moi... Elle m'observe un instant, hésitant entre colère, incompréhension et tristesse, puis elle fait route vers la porte quand elle s'arrête et me dit :
Ayaka attend toujours, tu sais.
Et alors ? Elle peut toujours attendre longtemps alors car je ne l'épouserai jamais. Et ce n'est pas la peine d'essayer d'éloigner Shuichi de moi en espérant que je la choisisse par dépit.
Bien, je suppose que tout est dit.
Oui.
Alors au revoir, otooto.
Là-dessus, elle s'en va enfin en claquant la porte. Au moins elle ne me dénoncera pas...
XXX XXX XXX
Deux jours complets sans le voir, c'était une horreur. A peine l'entends-je entrer en disant "Tadaima !"que j'arrête de taper sur mon ordinateur portable. Je vais dans le salon pour le voir ôter ses chaussures, son manteau et son sac. Lorsqu'il m'aperçoit, il me fait un de ses splendides sourires et se jette à mon cou.
Yuki ! Tu m'as trop manqué !
Sans rien répondre, je le prends dans mes bras en retour et blottis mon visage dans son cou. Son parfum de fraise me donne envie de lui faire l'amour sur le champ, mais je me retiens. Il ne vient pas que pour ça, tout de même. Et puis j'ai prévu d'autres choses pour ce soir... J'ai préparé le repas et loué deux films: "Doom" et "Ju-On", l'un est gore, l'autre juste terrifiant et Shuichi restera serré contre moi toute la soirée... (Niak Niak !)
Je devrais pouvoir rester jusqu'à demain après-midi. J'ai dit à mes parents que Hiro et moi, on allait à un concert, qu'on se coucherait tard et que donc, on aurait besoin de se reposer. Mais ils veulent me voir avant 17h30 car j'ai une dissertation à finir pour lundi...
Il se détache de moi, ramasse son sac et va le poser au pied du canapé.
Il fait vraiment froid dehors. Ca se voit que c'est bientôt Noël, lance-t-il en s'asseyant sur le sofa, entouré d'une dizaine de coussins qu'il a ramené à lui pour se tenir chaud.
Tu veux que j'augmente le chauffage ? propose-je en allumant une cigarette.
En fait je préfèrerais que ce soit toi qui me réchauffe en me prenant dans tes bras... me répond-il en rougissant, n'osant pas me regarder dans les yeux.
Toujours sans un mot, je m'assoies à ses côtés sur le canapé et passe un bras autour de ses épaules. Mais ça ne lui suffit apparemment pas puisqu'il vient s'installer sur mes genoux, un petit sourire amoureux aux lèvres. Instinctivement, je l'enveloppe dans mes bras. Je remarque sur ses traits une fatigue inhabituelle pour un samedi. Après tout, il a eu droit à une grasse matinée aujourd'hui. La seule explication c'est...
Tu as pleuré ?
Non... me répond-il, feignant l'innocence.
Tu ne sais vraiment pas mentir, mon pauvre Shuichi.
Yuki, c'est rien, je te le promets. Tu me connais, je pleure toujours pour un rien...
Même si c'est rien, étant ton petit ami, j'ai le droit de savoir non ?
Je te dis que c'est rien ! S'énerve-t-il soudain, à mon grand étonnement, même si je n'en montre rien.
Je peux savoir pourquoi tu me parles sur ce ton ? réplique-je froidement.
Aussitôt, il baisse les yeux et se met à pleurer. Il se blottit contre moi, s'agrippant à ma chemise que je sens s'humidifier par ses larmes.
Arrête de pleurer, tu sais que j'aime pas ça, dis-je d'un air agacé.
Gomennasai, Yuki, je suis désolé...
Il me fait de la peine quand il se met dans cet état; je n'aime pas le voir malheureux et triste. Mais ce qui m'inquiète, c'est pourquoi il était bouleversé au point de s'en prendre à moi. Il ne le fait jamais parce qu'il déteste qu'on se dispute, pourtant là... Qu'est-ce que tu as mon amour ? Je voudrais lui reposer la question mais pas tant qu'il est dans un état pareil. Dans ce genre de cas, le seul remède c'est un gros câlin et baiser. Aussitôt, je m'y emploie : je saisis son menton avec tendresse pour l'obliger à lever les yeux vers moi, puis je me penche pour l'embrasser. Tout en se faisant, je le serre un peu plus contre moi. Il passe ses bras autour de mon cou en s'abandonnant à cette étreinte. Je libère ses lèvres et lui murmure à l'oreille le plus gentiment possible (il ne faut pas le brusquer..) :
Je ne suis pas en colère parce que tu pleures mais parce que j'ignore pourquoi. Dis-moi simplement la raison pour laquelle tu as pleuré avant de venir, Shu.
Il reste un instant silencieux, continuant à renifler contre moi (j'espère juste qu'il ne se mouche pas dans ma chemise).
J'avais trouvé un cadeau de Noël pour toi, mais quand mon père l'a trouvé, j'ai dû mentir et dire que c'était pour lui, du coup, il l'a gardé pour l'ajouter aux autres paquets sous le sapin la semaine prochaine... Et c'est lui qui l'ouvrira à ta place et j'ai aucun moyen pour le récupérer, du coup je dois recommencer mes recherches pour te trouver autre chose parce que c'était le dernier exemplaire ! me dit-il soudain d'une traite, sans arrêter pour reprendre son souffle.
Malgré mon sale caractère et ma tendance au froid intersidéral, je ne peux pas m'empêcher de ricaner.
Pourquoi tu ries ?! C'est pas drôle ! s'offusque-t-il.
Mais sa frimousse boudeuse me fait rire davantage.
Je te trouve adorable quand tu fais la moue.
Et moi je te trouve adorable quand tu ris ! me réplique-t-il, avec un sourire carnassier.
Aussitôt, je m'arrête. Mais qu'est-ce qui m'a pris de rire comme ça, moi ? Tsss... Ce gamin a des effets sur moi que je ne soupçonne même pas. J'en découvre toujours un peu plus sur moi et ce dont je suis capable à son contact. Dieu que j'adore être auprès de lui ! Après un petit moment à nous toiser, je finis par dire :
Pourquoi tu t'es mis dans tous tes états ? Pour un cadeau de Noël ? Ca n'en vaut pas la peine.
Celui-là si ! C'était le cadeau de Noël parfait ! Si seulement j'avais trouvé autre chose à dire à mon père...
Et c'était quoi ce cadeau si parfait ? Un cendrier fait avec amour par tes petites mains ? le taquine-je (3).
Non, c'était... il rougit.
Il rougie et mon cœur bondit comme à chaque fois que je vois ses joues roses devenir aussi rouges que des tomates. Dans ces moments-là, j'ai encore plus envie de l'embrasser.
Tu sais, je m'en suis voulu d'avoir cassé la lame de ton rasoir en voulant l'utiliser pour ouvrir le carton de ma X-Box 360... Et je m'en veux encore, d'ailleurs. Alors quand j'ai vu ce rasoir dans la boutique... Il était parfait pour toi ! Je t'ai imaginé en train de l'utiliser à la sortie de la douche avec juste une serviette autour de ta taille et moi, emmitouflé dans ta chemise... Tu sais, celle que j'adore... Et venant te prendre le rasoir des mains pour finir à ta place et d'une manière très sensuelle et ensuite on...
Il s'interrompt au meilleur moment. Dommage, il a beaucoup d'imagination : j'arrivais presque à me représenter la scène. Du coup, c'en est vraiment dommage pour le rasoir aussi. M'enfin rien ne m'empêche d'en acheter un pour que Shuichi et moi vivions d'autres grands moments dans la salle de bain. Sur le lavabo, dans la douche (j'adore ça quand son visage est recouvert de gouttelettes et que ses cheveux trempés tombent sur son front, pendant qu'on fait l'amour)... Il lève ses grands yeux violets vers moi et ajoute :
Il était fin et le manche était tout en nacre blanche. Blanche comme la neige... Alors dans ma tête, ça a fait tilt tu vois, parce que "Blanc égal Neige égal Yuki égal Toi". Et c'était le dernier ! En plus il été tellement beau... Comme toi ! Enfin, non, parce tu es la plus belle création de l'univers ! Et le pire c'est qu'il me reste plus que 8 jours pas beaucoup d'argent pour te trouver quelque chose de bien à t'offrir. Alors que les meilleurs cadeaux sont déjà partis depuis longtemps et...
Ses lèvres sont tellement douces... L'avoir observer pendant qu'il s'emballait à en perdre haleine à ce point n'avait fait qu'attiser mon attirance pour lui. Lorsque je le sens se calmer contre moi, comme à chaque fois que je l'embrasse, je lui caresse le visage du bout des doigts, puis je lui dit :
C'est pas grave, tu me trouveras un autre cadeau j'en suis sûr...
Il acquiesce et se blottit dans mes bras, sa tête appuyée contre mon torse.
Dis, Yuki ?... C'est quoi mon cadeau ?
Comme si j'allais te le dire...
Bah, ça coûte rien d'essayer, hein.
Bon, t'as faim ? demande-je en m'écartant pour aller à la cuisine.
Hai ! Pourquoi ? Tu as déjà préparé le repas ?
Il me suit dans la cuisine avec un étrange sourire au lèvres.
Mon Yuki m'a préparé à manger ! KYAH ! C'est trop kawai...
Arrête de t'exciter comme une puce. J'ai préparé pour moi puis je me suis souvenu que tu venais, alors pour pas me faire chier à devoir recuisiner, j'ai préparé pour toi en même temps, dis-je froidement.
Essaye pas de paraître méchant alors que tu l'es pas ! s'exclame-t-il en me donnant un baiser sur la joue avant de sortir deux assiettes et les couverts pour mettre la table.
J'apporte le repas et on s'assoit face à face. Dans ce genre de moment j'ai l'impression qu'on est un véritable couple. Même si ce n'est pas trop mon genre, j'aimerais pouvoir l'emmener au restaurant, au cinéma ou dans un quelconque autre endroit où les amoureux vont et qui lui ferait plaisir. Je sais que ça lui ferait plaisir... A 15 ans, c'est ce genre de choses qu'il aimerait faire avec sa petite amie. Quand je pense à ça j'ai le sentiment de le retenir prisonnier d'une certaine façon, de l'empêcher de vivre la vie qu'il mérite. J'ai peur que mon amour pour lui ne lui fasse du mal. Après tout, qui suis-je pour lui refuser le bonheur ? Il m'aime peut-être, mais le fait de devoir se cacher lui fait de la peine. J'aimerais tant avoir le courage de lui dire que tout est fini, ne serait-ce que pour son bien. Mais j'ai peur de découvrir ce que serait ma vie sans lui, maintenant qu'il y est si tranquillement installé. Je ne veux plus être seul. Comment vivre sans le grand amour une fois qu'on y a goûté ? Alors la vie nous paraît insipide et plus digne d'être vécue... Peut-être que je devrais faire quelque chose pour lui donner ce qui lui manque dans cette relation...
Shuichi, je me disais que peut-être on pourrait sortir le 25 Décembre...
Nani ?! Tu veux dire "sortir en couple" ?
Et bah... Ouais. Enfin, si tu veux bien. Je pense que si on fait attention, on pourrait se promener en ville, ou alors prendre la voiture et aller faire un tour où tu voudras.
SUGOI ! Eiri ça va être super !
Et il se jette à mon cou, manquant d'emporter la table et tout ce qu'il y a dessus avec lui. En revanche, ma chaise et moi n'avons pas eu cette chance. Me voilà sur le dos avec ma petite boule d'énergie à cheveux roses sur moi et aussi un petit mal de crâne à l'arrière de la tête. Mais c'est un autre problème.
Baka ! Ca te prend souvent ?
Mon Yuki va m'emmener en rendez-vous, en amoureux, le jour de Noël ! Comme ça on pourra s'échanger nos cadeaux. Mon chéri va m'offrir mon plus beau Noël !
Son chéri, hein ?... Je n'arrive pas à croire qu'il m'aime à ce point. Au moins autant que je l'aime.
Allez lève-toi, fais-je en grognant.
Fais pas comme si j'étais lourd...
Pourtant, t'es lourd de bêtises.
Nh, Yuki t'es méchant... gémit-il en plongeant son regard lavande dans le mien. Mais je t'aime tellement, Eiri...
Alors, je n'avais pas rêvé quand je l'ai entendu m'appeler "Eiri" tout à l'heure ?! C'est bien la première qu'il m'appelle de cette façon... Et j'adore ça.
Appelle-moi encore comme ça, dis-je simplement.
Tu veux dire "Eiri" ? s'étonne-t-il.
Oui, lui murmure-je.
Eiri. Eiri. Eiri... Eiri, l'amour de ma vie, souffle-t-il en s'approchant de moi, ses lèvres effleurant les miennes dans un contact électrisant.
Je t'aime, Shu-chan.
Nous n'avons même pas eu le temps de manger que nous sommes déjà étendus par terre, échangeant caresses et baisers tendres. Nous aurions pu aller plus loin si des gargouillis indélicats ne s'étaient pas échappés de l'estomac de mon amant. Il s'écarte de moi, rougissant violemment, alors que moi je sens un petit sourire moqueur s'afficher sur mon visage.
On ferait bien de manger avant que ton ventre ne se mette à jouer de la salsa, fais-je remarquer.
Oui, peut-être bien.
Il se relève ainsi que moi. Je redresse ma chaise avant de m'asseoir et on commence à manger en silence jusqu'à ce que Shuichi demande tout joyeusement :
Après le repas on fait quoi ?
J'ai loué des films.
Cool ! Lesquels ?
Kimitsu ! réponds-je dans une parfaite imitation de mon adorable petit ami.
Ca cache toujours quelque chose quand tu dis ça...
Je lui lance un petit sourire amusé, sans ajouter un mot. Après le dîner, on regarde "Ju-On" et, comme je l'avais prévu, Shuichi se cramponne à moi comme s'il avait le Diable aux trousses.
Yuki, pourquoi t'as loué ce film ? Tu sais que j'aime pas les trucs qui font peur !
Mais je suis là...
Ca va pas m'empêcher de faire des cauchemars, cette nuit...
Qui te dis que je vais te laisser le temps de dormir cette nuit ? demande-je, l'air de rien, sans quitter l'écran de la télé des yeux un instant.
Si tu avais prévu de me faire l'amour ce soir, pourquoi tu ne m'as pas pris directement au lieu de me laisser paniquer devant ce film d'horreur ? s'agace-t-il, mettant sa tête ébouriffée entre moi et la télé.
Parce que j'aime les films d'horreur, et aussi parce que après je me sens prêt à faire un marathon. Tu ne vas quand même pas te plaindre de ma libido sur-développée ?
Soudain, il m'embrasse. Un baiser fougueux comme il ne m'en a donné que trop rarement. Ses bras entourent mon cou avec force et je peux presque sentir mes lèvres bleuir tant ce baiser me fait mal. Pourtant, cette soudaine violence ne fait qu'attiser mon désir pour lui. A bout de souffle, nous nous écartons pour reprendre de l'air. Et pendant ce temps, nos regards ne se lâchent pas. Il se met à califourchon sur moi et ôte son tee-shirt, révélant sa peau douce et si légèrement halée. Puis, ses petits doigts habiles déboutonnent ma chemise et en écartent les pans. Aussitôt, il vient embraser mon torse, puis ma gorge. Je penche la tête en arrière pour lui donner plus d'accès et il en profite largement. Je sens sa main gauche parcourir mes épaules et ma nuque, et sa main droite se faufiler dans ma chevelure blonde.
C'est tellement bon de le laisser prendre les rennes quelques fois... Enfin, j'arrive à capturer ses lèvres et je l'enlace contre moi de façon si possessive que je me surprend à penser que je pourrais bien tuer celui qui tenterait de m'enlever mon amour, mon étoile, mon soleil, mon tournesol, mon... Mon Shuichi. Dieu que je t'aime, Shu-chan : c'en est insupportable mais tu es ma drogue et sans toi à mes côtés, je mourrai. Je le sais maintenant. Je sais que sans toi, je ne pourrais plus vivre, ni même survivre..
Sois mien, Shu, lui souffle-je entre deux baisers.
Mais je le suis déjà, me répond-il. A toi et à personne d'autre.
Ndla : (1) Petit rappel : la majorité est de 20 ans au Japon. (2) Cette phrase fait très niaise, je sais, mais Shu a seulement 15 ans donc il est encore plus innocent, plus romantique… Plus kawai, quoi ! (3) Petit clin d'œil à ma ptite Shizu qui a fait le coup du cendrier dans un de ses fics... Allons Yuki, le plus important c'est que ça vienne du cœur.
Notes : Vous aurez remarqué un certain changement dans ma technique de narration, n'est-ce pas ? C'était ma grande surprise ! J'espère que ça vous plait. Un POV unique avec une narration au présent. Je voulais un peu de changement et je trouve que ça rend le récit encore plus vivant et prenant. J'aime m'imposer ce genre de contrainte d'écriture, ça oblige à s'appuyer davantage sur son vocabulaire et à faire des effets de style. Vous aurez par exemple remarqué que j'ai donné un aspect un peu décousu à mes phrases… Je m'étais déjà forcée à conserver le plus strictement possible un POV Yuki pour « Mon Ange »… Alors voilà, laissez une review pour me donner vos impressions. N'hésitez pas à me casser si nécessaire ! Mata ne !
Lexique :
Ohayogozaimasu : Bonjour (le matin jusqu'à 11h)
Mata ne : A plus tard, à bientôt.
Hai : Oui.
Nani : Hein ? Quoi ?
Doshite : Pourquoi ?
Yadda : Non ! Hors de questions ! (sens de la négation en générale)
Onegaï : S'il te plait.
Ai shiteru : Je t'aime.
Kami-sama : Seigneur Dieu
Otooto : petit frère.
Tadaima : Je suis rentré !
Gomennasai : Pardonne-moi.
Yuki : Neige.
Kawai : Mignon
Kimitsu : secret.
