Bonjour à tous ! Ceci est ma première fanfic, je suis tellement excitée et inquiète à la fois ! Surtout que mon crossover n'est pas le plus répandu et que Murdoch Mysteries n'est pas très connu. J'espère donc que cela vous plaira, n'hésitez pas à mettre des reviews. Les personnages qui apparaissent ici ne m'appartiennent pas, CBC et BBC ont tous les droits. Je me permet juste un petit emprunt. Je posterais un chapitre tous les dimanches, sauf si je suis trop débordée. Vous pouvez lire sans connaître Murdoch Mysteries, il n'y a que de légers spoilers. Bonne lecture et a bientôt !
Merci à Estelle pour m'avoir soufflé l'idée et à Petitesouris pour sa relecture.
Chapitre 01 : Murdoch, la machine et le cadavre
Le 31 décembre 1899 à Toronto...
Beaucoup de gens, faisant partie de cette populace indissociable, croient aux miracles. Chacun de nous aimerait voir ses rêves les plus fous se réaliser. Mais souvent, dans notre triste réalité, seul l'élite de la société a accès au luxe de l'extraordinaire. Et quoi d'autres qu'un voyage dans le temps pour escroquer le gratin de Toronto ?
Devant l'entrepôt du Dr Harms, on faisait la queue depuis l'aube. Les journaux avaient tant vanté les mérites de cette mystérieuse machine que personne ne doutait de son efficacité. On se bousculait, on se toisait pour avoir une meilleure place. Mais comme le disait le personnel chargé de l'accueil des plus crédules :
« Il y aura un voyage pour tout le monde ! »
Les robes s'agitaient, les chapeaux acquiesçaient. C'était la gent féminine qui était la plus présente, bien sûr accompagnée des maris beaucoup moins intéressés par ses "croyances de bonnes femmes". Enfin c'était ce qu'ils hurlaient à qui voulait l'entendre, alors que c'était eux qui payaient le ticket. On pouvait apercevoir les dernières parures à la mode, c'était presque un défilé de gloussement et de tissus brandissant les mille dollars nécessaire à leur voyage dans le temps. Au milieu de cette agitation presque désolante, se tenait un homme tout de noir vêtu. Son chapeau melon dépassait légèrement de la foule, sans toutefois faire de l'ombre aux chapeaux haute couture de ces dames. Cet homme était extrêmement droit, autant par sa stature que par ses convictions. Peu essoufflé par son trajet à vélo, il se frayait lentement un chemin à travers la foule. Il remarquait à peine les regards avides posés sur lui alors qu'il arrivait devant le fameux docteur responsable de ce vacarme. Dans sa tête, bon nombre d'hypothèses se présentaient à lui pour expliquer comment un simple homme pouvait déjouer les lois de la physique. Et surtout s'il pouvait lui montrer comment il avait réussi ce tour de force. Mais en réalité, l'homme au chapeau était là pour une raison bien plus triste et banale : une affaire de meurtre et une escroquerie.
Il prit la parole le premier, pour se présenter comme à l'accoutumé :
« Inspecteur William Murdoch, maréchaussée de Toronto... »
« Je sais qui vous êtes, inspecteur, nous nous sommes déjà rencontré. Épargnez-moi vos babillages. Vous êtes ici pour voir quelque chose de nouveau »
« Je suis ici pour constater la véracité de vos propos et de vos actes. Combien avez- vous gagné depuis l'accès de la machine au public ? »
« Cela ne vous regarde en rien. L'autre machine dans le futur nécessite de l'entretien. Tout l'argent récolté est versé sur un compte épargne pour les années à venir. Qui sait, peut être qu'un jour nous pourrons voyager d'un millénaire. Que pensez-vous que sera devenu le monde en 2012 ? »
Murdoch soupira à l'entente de ses inepties prononcées d'une voie grave et enjôleuse. Il ne se ferait pas avoir. Le policier était un homme de science, même si certains l'ignoraient. D'un soupir, il sortit une feuille de sa poche.
« Voici le mandat de perquisition pour votre entrepôt. Ce n'est pas parce que vous avez soi disant sauvé des vies en regardant dans le futur que cela vous place au-dessus des lois. »
« Je rends simplement service à mes compatriotes. Mais si vous êtes si persuadé que cette machine est un canular, pourquoi ne pas l'essayer ? Après tout, qu'avez- vous à y perdre ? »
Murdoch en effet, n'avait plus rien à perdre aujourd'hui. Des pertes, il en avait subi tout au long de sa vie. Parfois, il se sentait brisé de l'intérieur. Et ce bonimenteur savait se glisser entre ses fissures. Lorsque l'on peut voir l'avenir, on a tant envie de voir si l'on a regagné ce qui nous a été pris. Et sans vraiment y avoir réfléchi, William pensa à Julia. Elle était l'élue de son coeur. Pour toujours. Cela pouvait sembler niais ou candide, mais ce n'était qu'une évidence. Il voulait savoir si plus tard, peut-être... Ils formeraient un couple, ils auraient des enfants. Envolés les problèmes, les disputes, les quiproquos et surtout le mariage qu'elle avait fait avec un autre. Parfois, William Murdoch se disait qu'il était bien trop passionné. Sa vie ressemblait aux récits d'un roman feuilleton. C'est sans doute pour cette raison qu'il accepta de rentrer dans la machine.
Il entendit à peine les instructions que lui murmurait le docteur Harms tandis qu'il lui mettait un casque métallique en guise de couvre chef.
« Quand vous vous réveillerez, vous serez en 1912. Vous pouvez y rester autant de temps que vous le désirez, mais n'oubliez pas de revenir à la machine pour rentrer. Bon voyage inspecteur. »
Murdoch n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que déjà les portes de la machine se refermaient. De loin, l'objet de toutes les convoitises semblait mystérieux, doté de pouvoirs venant d'ailleurs et de la plus grande technologie. Mais en l'observant de plus près, ce n'était qu'une énorme boite de taille à contenir un homme, un peu comme ces armoires que possédaient les magiciens. S'il n'y avait pas eu les compteurs, on aurait pu croire à une représentation d'un prestidigitateur. Même le casque sur la tête de Murdoch, branché à des fils électriques multicolores, ressemblait à un ustensile de cuisine. Mais l'inspecteur ne put se faire ces réflexions car la machine se mit alors en marche, et après quelques bruits étranges, William Murdoch avait disparu.
OhO
Des sirènes retentissaient dans la nuit, comme si elles cherchaient à attirer l'attention de quelqu'un. Mais personne ne semblait répondre à leur appel. Se garant juste devant les lumières aveuglantes et le brouhaha des agents présents, un homme sortit d'un taxi d'une teinte sombre. Il semblait presque indifférent à ce spectacle, comme si cela faisait partie de sa routine. Tout en se rapprochant de la scène de crime, il observa avec précision le visage de l'homme qui se tenait au-dessus d'un cadavre. Si pour lui les rencontres macabres étaient son quotidien, cela n'avait pas l'air d'être le cas pour l'homme vêtu de noir...
Murdoch avait déjà été accusé de meurtre à tort, mais c'était la première fois qu'il se faisait prendre pour un criminel avec autant de témoins. La situation paraissait si incroyable qu'il aurait bien aimé avoir un tableau et une craie sous la main pour la schématiser. L'inspecteur était entré dans la machine, et après quelques secousses, était enfin arrivé dans le futur. Mais pas exactement celui que le Dr Harms lui avait décrit...
Au lieu de se retrouver dans une machine similaire à celle qu'il venait de quitter, Murdoch était dans une ruelle sombre, entre deux immenses bâtisses. Pas de lumière pour éclairer ses pas, ni pour le guider. Il savait qu'il était dans le futur, mais où il avait atterri était un bien plus grand mystère. Il ne reconnaissait rien, et avançait presque à tâtons vers l'avant. Jusqu'à ce qu'il percute une masse molle qui l'empêchait d'aller plus loin. Il s'arrêta pour examiner ce qui se trouvait là, et eu un rictus de surprise en constatant que c'était un cadavre qui gisait à ses pieds. Il prit tout de même son pouls pour vérifier, mais l'homme était bel et bien mort. Est-ce que la machine avait comme effet secondaire de tuer les personnes qui se trouvaient à proximité ? Est-ce que tout cela existait vraiment et n'était pas le fruit d'une illusion ?
Alors qu'il faisait son signe de croix par respect pour la victime, des lumières l'aveuglèrent. Des cris se firent entendre, et plusieurs hommes dans un uniforme qui ne lui était pas familier se ruèrent sur lui. Un peu sonné et ne comprenant pas ce qu'il se passait, ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'un homme s'avança pour lui passer des menottes en murmurant :
« Je vous arrête »
Non loin de là, un homme vêtu d'un long manteau noir observait la scène. Sous ses cheveux bouclés, son cerveau tournait à plein régime. Il analysait la situation, inscrivant chaque détail de la scène dans sa mémoire infaillible. Quand il vit passer l'homme qui hurlait à tout va qu'il était l'inspecteur William Murdoch et qu'il était innocent, il sourit. Il regarda attentivement l'homme dans les yeux et dit :
« Cela va être divertissant »
