Bonjour tout le monde !
Eh oui ! Je suis de retour avec le début de la suite de Braquage !
On me l'a beaucoup demandé, même si elle n'était pas prévue, alors, j'ai décidée de faire plaisir à mes chers lecteurs et lectrices qui m'ont laisser des reviews ! Alors sans attendre, voilà la suite de Braquage !
Bonne lecture et je serais ravi d'avoir votre avis à la fin de ce premier chapitre !
PS : Encore désolé pour l'attente.
Bien sûr, les personnages de J. ne m'appartiennent pas.
Guérison.
Chapitre 1 :
Cela faisait trois semaines que Severus était là. Trois semaines que le braquage avait eu lieu. Trois semaines qu'Harry était à l'hôpital, toujours inconscient.
Severus avait pourtant l'impression que tout c'était passé il y a à peine quelques heures.
*Flash-Back*
Harry mourrait lentement entre ses bras alors qu'il ne pouvait rien faire. Il était resté là, prostré, pendant une éternité, jusqu'à ce qu'Albus s'approche et lui demande de lâcher le brun.
L'homme ne s'était même pas rendu compte que les secours étaient arrivés. Lentement, il se releva tout en gardant Harry dans ses bras et se dirigea vers une ambulance, Albus toujours à ses côtés. Il avait confié avec réticence son amour à une paire d'ambulanciers, qui l'avaient immédiatement allongé dans le véhicule et s'étaient mis à bouger rapidement, prenant le pou du brun, sa tension et le mettant sous perfusion.
Tout ce remue-ménage énervait profondément Severus. Lui ne voulait qu'une seule chose ! Qu'Harry soit rapidement emmené à l'hôpital.
Maintenant que les secours étaient là, Harry ne pouvait pas mourir ! Au bout d'une éternité, les deux hommes lui avaient fait signe de venir avec eux. Le voyage jusqu'à l'hôpital avait été trop long à son goût. Et une fois arrivé là-bas, on lui avait demandé de patienter dans une salle impersonnelle avec des sièges en plastique inconfortable. Pourtant, il avait attendu et attendu, pendant plusieurs heures. Albus l'avait appelé pour lui dire qu'il pouvait rester à l'hôpital, que l'un des braqueurs était mort et les deux autres blessés.
Mais ça, Severus s'en fichait éperdument ! La seule personne qui lui importait était entre la vie et la mort.
Il avait du patienter pendant cinq heures avant qu'une infirmière, accompagnée d'un médecin, n'apparaissent pour lui donner des nouvelles.
Harry avait dû être opéré car sa chute avait engendré un caillot de sang dans son cerveau. Severus n'avait pas tout compris. Mais l'essentiel lui était parvenu, Harry était sortit d'affaire, son état était stable à présent. En clair, il était vivant. Bien sûr, il y avait des complications. Harry était inconscient et les médecins ne savaient pas quand il allait se réveiller et dans quel état serait son cerveau. Mais pour Severus, l'important était qu'il se réveillerait.
* Fin du Flash-Back *
Ainsi donc, au bout de trois semaines, Severus était assis dans un fauteuil près du lit d'Harry. Le brun avait été placé dans une chambre individuelle et les infirmières avaient gentiment installé un lit de camps dans un coin de la pièce pour Severus.
Effectivement, l'homme ne quittait presque plus le brun. Bien sûr, il avait été obligé de reprendre le travail. Albus était compréhensif et ne lui donnait pas de missions délicates, ses horaires de travail avaient été raccourcis et personne ne faisait de remarque. Mais tout le reste du temps, il était à l'hôpital. Il avait ramené des livres de leur appartement et faisait la lecture à Harry tout les jours, espérant le voir se réveiller au son de sa voix.
Mais rien, toujours rien. Et Severus avait peur. Il ne voulait pas se l'avouer, mais la peur avait élu domicile dans son cœur et ne le quittait jamais. Il avait peur, peur qu'Harry ne se réveille jamais, peur qu'il y ait un problème avec le brun alors qu'il serait au travail. Tout lui faisait peur maintenant. Et il ne pouvait pas s'en empêcher. Heureusement, il n'était pas seul. Drago, Pansy, Neville, Fred et George passaient de temps en temps à l'hôpital pour lui tenir compagnie et avoir des nouvelles du brun.
Ils avaient continués à faire tourner la boutique en l'absence de leur chef. Severus savait parfaitement que c'était ce qu'Harry aurait voulu. Et il savait parfaitement que les cinq adultes se forçaient. L'ambiance ne devait pas être au beau fixe à la chocolaterie.
Mais une nouvelle fois, Severus s'en fichait. Il ne demandait qu'une chose. Harry. Et apparemment le brun avait décidé de se faire attendre.
Doucement, Severus tourna une nouvelle page de « La vallée de la peur » de Sir Arthur Conan Doyle. Le mystère devenait de plus en plus complexe et l'alliance du défunt n'avait toujours pas été retrouvée.
Le livre était passionnant et Severus savait que c'était l'un des préférés d'Harry. Il continua sa lecture à voix haute.
Il fut interrompu par l'entrée d'une infirmière dans la chambre.
- Bonjour Monsieur Snape. Fit gentiment la jeune femme en lui souriant.
- Bonjour Julia.
Severus connaissait bien la jeune femme maintenant. Elle était chargée d'Harry la plupart du temps. Brune, les cheveux attachés en une longue tresse qui descendait jusqu'aux rein, de magnifiques yeux bleu, elle était très gentille et s'occupait bien d'Harry.
- Comment allez-vous aujourd'hui ? Demanda la jeune femme en s'approchant doucement du lit blanc.
- Aussi bien que faire ce peut. Répondit-il en refermant le livre.
- Vous verrez qu'un jour tout ira bien mieux Monsieur Snape. Puis calmement, Julia se mit à tourner autour du lit d'Harry, vérifiant les constantes, les perfusions et leurs écoulements, notant deux trois choses sur le dossier médical qu'elle avait en main.
Severus la regarda faire sans bouger. Il savait parfaitement qu'elle connaissait son travail, bizarrement, il lui faisait confiance.
Son regard se posa sur son amour, étendu sur le lit sous les draps blanc. Il avait maigrit. On le nourrissait par intraveineuse, mais cela ne semblait pas vraiment suffire. Il était également bien plus pâle qu'avant. Ses paupières étaient devenues quasiment translucides, au point où Severus pouvait compter les veines qui les parcouraient. Heureusement, sa respiration était calme et son visage détendu. On pourrait croire qu'il ne faisait que dormir. Malheureusement, ce n'était pas vraiment le cas.
- Heu… Monsieur Snape… Avez-vous remarqué quelque chose de différent aujourd'hui ? Demanda Julia sans le regarder. Ses yeux étaient fixés sur un écran, le dossier médical juste à côté.
- Non… Pourquoi ?
- Hé bien, il semblerait que Monsieur Potter commence à réagir de façon positive au traitement. Répondit la jeune femme en se tournant avec un magnifique sourire vers l'homme.
- Vous voulez dire que…
- Qu'il y a des chances pour que Monsieur Potter se réveille bientôt. Oui.
Et Julia se rappela brutalement pourquoi elle avait décidé de devenir infirmière. C'était pour voir cette joie, cette espérance dans les yeux des gens. Cette même espérance et cette même joie qui habitaient en ce moment les yeux de l'homme à ses côtés.
Tout le service était au courant de la relation que les deux hommes entretenaient et beaucoup avaient leurs mots à dire. Mais elle ne trouvait pas cela important. Pour elle, Harry Potter était un patient comme les autres et méritait qu'on s'occupe correctement de lui. Et aujourd'hui, elle se sentait récompensée de ces dures semaines de travail.
Le jeune homme allait bientôt revenir et l'amour qu'elle décelait dans le regard noir de l'autre homme lui gonfla le cœur de joie.
Il fallu attendre trois jours de plus pour que Harry Potter ouvre les yeux pour la première fois.
On était samedi matin. Severus avait dormit à l'hôpital, comme il le faisait depuis presque un mois maintenant. À peine réveillé, l'homme alla rapidement faire sa toilette dans la petite sale de bain. Une fois sa douche prise, il se posa doucement dans son fauteuil et observa quelques minutes son amour. Rien n'avait changé, il semblait toujours profondément endormi. Son visage était toujours aussi impassible.
Severus attrapa le roman policier qu'il lisait depuis le début de la semaine. Il l'ouvrit et le posa sur le lit. Ainsi, il put prendre la main de son amant dans la sienne, tout en pouvant lire et tourner les pages sans gène.
Lentement il avançait dans l'histoire, jetant des regards à son amant, comme s'il n'avait que fermé les yeux pour mieux écouter sa voix. Severus était en plein milieu d'un moment d'action, lorsqu'il sentit un soubresaut secouer sa main gauche. Il regarda cette dernière liée à celle d'Harry. Mais rien ne se passa. Il avait sûrement dû rêver. Il reprit donc sa lecture le cœur un peu plus blessé. Chaque espoir anéantit lui brisait un peu plus le cœur, mais il devait tenir pour son ange.
Au bout de quelques minutes supplémentaires, Severus arrêta sa lecture. Il était dix heures du matin. Julia n'allait pas tarder à arriver. Comme tous les samedi, elle l'aidait à laver à Harry. Effectivement, la jeune femme ne se fit pas attendre.
- Bonjour Monsieur Snape. Vous avez passé une bonne nuit ?
- Bonjour Julia. Oui j'ai assez bien dormit.
Ce n'était pas vrai et il savait parfaitement que la jeune fille n'était pas dupe. Mais elle ne fit pas de commentaires.
- Bien. Alors nous allons faire un brin de toilette à notre beau aux bois dormant !
Rapidement elle passa dans la salle de bain pour attraper un gan de toilette, une bassine remplit d'eau et un pain de savon. Dans la chambre, Severus avait défait tout les nœuds retenant le pyjama d'hôpital de son aimer et le lui avait hôte. Il avait disposé le drap de façon à ce qu'il recouvre les parties intimes du jeune homme tout en laissant ses jambes dénudées. Puis, il se rassit, reprenant doucement la main d'Harry dans la sienne en attendant l'infirmière. Julia revient près du lit avec tout son matériel et ne fit aucun commentaire sur la façon dont Severus avait disposé le drap.
A chaque fois, c'était la même chose. Elle savait parfaitement que l'homme était très protecteur, mais elle avait découvert qu'il était également très jaloux. La toute première fois qu'il avait fallu laver le jeune homme, elle avait bataillé dure contre le policier pour qu'il accepte qu'elle touche son patient. La jeune femme avait dû le menacer de lui interdire toute visite, bien qu'elle savait qu'elle n'en serait pas du tout capable. Heureusement, Mr Snape ne pouvait pas le savoir et s'était donc rapidement calmer. Il avait quand même tenu à participer à la tache et surtout, il avait obtenu de la jeune infirmière qu'il serait le seul à toucher son amant à cet endroit. Julia l'avait facilement accepté.
Au moment où Severus voulu lâcher la main du brun pour se relever, cette dernière se resserra. L'homme n'osa plus bouger. Son regard resta fixé sur Harry. Il était en état de choc. Julia comprit qu'il se passait quelque chose et contourna le lit. Elle se positionna de l'autre côté et prit le pouls du jeune homme. Il s'accélérait. Cela ne pouvait dire qu'une seule chose. Harry Potter était en train de se réveiller.
Ils restèrent pétrifiés, chacun de leur côté. Attendant, le souffle cour, que le brun ouvre les yeux. Severus ne put s'empêcher de l'appeler, de l'encourager à revenir.
- Harry. Ouvres les yeux. S'il te plait Harry. Reviens mon ange.
Lentement, le miracle que Severus attendait depuis des semaines se produisit. Son amant ouvrait lentement, mais sûrement les yeux. Les deux prunelles vertes semblaient perdues et fatiguées malgré ces semaines dans le coma.
- Harry…
Doucement, Severus caressa le visage de son amour de la main droite, la gauche toujours liée à celle du brun. Les larmes coulaient librement sur les joues de l'homme. Il se fichait bien de paraître faible devant l'infirmière encore présente. Son ange était revenu parmi eux. Harry venait d'ouvrir les yeux et Severus se sentait le plus heureux des hommes.
Malheureusement, le miracle fut de courte durée. Lentement, Harry cache de nouveau ses yeux verts derrière ses paupières translucides et plongea dans un véritable sommeil réparateur. Ce ne fut qu'à cet instant que Julia se rappela de ce qu'elle devait faire.
- Il faut que j'aille prévenir son médecin ! La jeune fille sortit en courant de la chambre, n'arrivant toujours pas à croire ce qui venait d'arriver.
Mais elle était sûr d'une chose, ce qui avait permis à son patient de revenir parmi eux c'était bien Severus Snape. L'amour était plus fort que tout.
Harry ouvrit de nouveau les yeux deux jours plus tard. Il se sentait fatigué, mais il voulait savoir où il se trouvait. À l'odeur, il n'était certainement pas dans sa chambre. Non c'était plutôt l'odeur d'une chambre d'hôpital. Mais que faisait-il à l'hôpital ? Est-ce qu'il était arrivé un malheur à la boutique ? Il n'arrivait pas à se rappeler ce qu'il avait bien put se passer. Les seules choses qui lui revenaient à l'esprit étaient le souvenir de l'ouverture de sa chocolaterie avec Drago et une sorte de présence. Non. Ce dernier souvenir n'en était pas un ! Il y avait bien quelqu'un à ses côtés. Mais qui était ce ? Il se sentait si bien. Protection et sécurité. C'était ce que lui procurait cette chaleur. Et cette main dans la sienne … Elle était si douce et si rassurante.
Il voulait voir la personne qui était là. Il voulait mettre un visage sur ces sensations. Alors, avec lenteur, le brun ouvrit les yeux. Il se rendit compte que la chambre était plongée entièrement dans le noir. Il avait du mal à bien discerner ce qui l'entourait. Mais il n'eu pas de mal à observer l'homme qui ce trouvait à ses côtés. Il devait être grand bien que, pour l'instant, il était à moitié allongé sur son lit. Il avait dû s'endormir assit, serrant sa main qu'il n'avait pas lâchée dans son sommeil.
Il était beau. Face à cet homme, Harry ressentit une chaleur réchauffer son cœur. Mais pourquoi ressentait-il tout cela pour un étranger ? Ou alors, est-ce qu'ils se connaissaient ? Aurait-il perdu la mémoire ? Cela lui sembla totalement impossible, il se rappelait parfaitement des évènements récents, comme l'ouverture des « Serpents D'or », les disputes avec Drago à propos de certaines recettes. Il se rappelait aussi d'avoir engagé les jumeaux Weasley, Pansy Parkinson et Neville Londubat. Mais était-il possible que d'autres choses se soit passé et qu'il ait oublié ? Mais alors, quel âge avait-il maintenant ? A quoi pouvait-il bien ressembler ? Et surtout, qui était l'homme à ses côtés ?
Harry savait bien qu'il n'aurait aucune de ses réponses pour l'instant. Mieux valait se rendormir et attendre le lendemain matin, surtout qu'il était vraiment fatigué. Il se laissa alors glisser doucement dans le sommeil, les yeux rivés au visage de l'inconnu encore endormi.
Mardi matin Severus était à moitié allongé sur le lit de son petit ami. Son dos était totalement courbaturé. Il voulu se redresser pour s'étirer lorsqu'il se rendit compte que sa main était toujours dans celle d'Harry.
Depuis samedi, il avait refusé de quitter son amant, même pour manger. Julia avait fini par lui amener de quoi manger. Severus attendait impatiemment le moment où son amour rouvrirait les yeux, pour ne plus jamais les refermer aussi longtemps.
La matinée se déroula normalement. Le médecin d'Harry passa pour les examens habituels. Il remarqua lui aussi que l'état du brun s'améliorait. Il ne n'allait plus tarder à revenir totalement à lui. À midi, Julia apporta à nouveau un plateau pour Severus et vérifia les différentes perfusions de son patient
Une fois l'infirmière repartie, Severus prit son livre et continua sa lecture. Le plateau repas ne l'intéressait pas le moins du monde. Depuis qu'il vivait presque à l'hôpital, il ne se nourrissait que rarement, mais son corps ne semblait pas en souffrir. Bien que d'après certains, il avait une mine à faire peur.
En plein milieu d'après midi, Severus fut interrompu dans sa lecture par des coups à la porte. Il savait parfaitement, qu'une personne faisant partit de l'équipe médicale ne prenait pas la peine de s'annoncer. Il en conclu facilement que la fine équipe avait encore fermée le magasin plus tôt pour venir voir leur patron et ami.
- Entrez. Severus reposa son roman sur la table de chevet et se leva pour accueillir les nouveaux arrivants.
Le premier à entrer fut Drago, un bouquet de rose à la main. Les jumeaux le suivirent avec deux paquets de chocolats, en provenance directe du magasin. Apparemment, Pansy et Neville étaient restés pour garder le magasin.
- Bonjour Severus. Ça va ? Même si la question était plus que stupide, Fred se sentit obligé de la poser.
- Tu n'es vraiment pas doué Fred. Fit remarquer George.
Severus ne se souciait pas vraiment des deux rouquins. Il savait très bien qu'ils essayaient de lui remonter le moral … à leur façon. Mais cela n'avait jamais marché, alors pas la peine de faire semblant. Il préférait observer le jeune Malfoy qui s'était directement approché d'Harry.
Il savait parfaitement qu'Harry et Drago se connaissaient depuis longtemps maintenant et que l'état du brun devait le toucher autant que lui. Mais ça n'empêchait pas qu'il n'apprécie pas que quelqu'un d'autre s'approche autant de son ange.
- Est-ce qu'il y a eu du nouveau ? Demanda le blond, le regard toujours fixé sur le visage endormi du patient.
- Il commence à revenir.
Immédiatement, un silence se fit dans la pièce. Les trois visiteurs s'étaient figés. Harry allait bientôt revenir parmi eux ! C'était incroyable !
- Racontes-nous ce qu'il s'est passé s'il te plait. Réclama George.
Severus céda à la demande. Il alla s'asseoir tranquillement dans son fauteuil et reprit la main d'Harry dans la sienne. Alors, il commença à expliquer ce qu'il s'était passé les jours précédents.
Le noir l'entourait. Il ne savait pas du tout où il se trouvait. Pourtant il se sentait parfaitement calme et serin. Mais pourquoi s'était-il réveillé ? Ha oui, la voix ! Elle était revenue. Comme l'autre fois, le doux son l'avait tiré des profondeurs de sa torpeur. Il allait le revoir, cet homme qui était resté à ses côtés la nuit dernière. Il avait vraiment envi de le revoir ! Mais, alors, pourquoi ses paupières ne voulaient-elles pas s'ouvrir ? Il fallait pourtant qu'il ouvre les yeux.
Severus venait tout juste de finir son petit récit lorsqu'il sentit de nouveau la main du malade se serrer au creux de la sienne. Immédiatement, toute son attention fut tournée vers son compagnon. Il vit les yeux verts s'ouvrir doucement, semblant combattre le poids de ses paupières.
- Harry…
Le brun ouvrit enfin totalement les yeux. Il lui fallut quelques secondes pour que l'image floue qu'il avait devant lui devienne parfaitement nette. Il se mit alors à découvrir ce qui l'entourait. Drago, Fred et George étaient à ses côtés. Il y avait également cet homme. Il ne l'avait pas quitté jusqu'à maintenant alors. À cette découverte, Harry sentit une chaleur remplir son cœur.
- Bonjour Harry, tu sais que tu nous as fait une belle peur. Fit doucement Drago, les yeux emplis d'une joie immense.
- Désolé, mais je crois que… Je ne l'ai vraiment… pas fait exprès. Fit lentement le jeune homme.
- Encore heureux ! S'exclamèrent les jumeaux d'une seule voix.
- Bon, on va prévenir Pansy et Neville que tu vas bien Harry. Drago lui fit un clin d'œil qu'Harry ne comprit pas.
- Ouai, on va vous laissez un peu d'intimité ! Se moqua gentiment Fred.
- Pourquoi ?
La réponse du malade surprit tout le monde. Severus eu un mouvement de recule face à ce simple mot. Etait-il possible que le cerveau d'Harry ai été finalement bien touché par le caillot ? Avait il perdu la mémoire ? Mais alors, pourquoi reconnaissait-il Drago et les jumeaux mais pas lui ?
- Harry, tu nous fais marcher n'est ce pas ? Tu reconnais Severus. George était vraiment en train de s'inquiéter pour la santé mentale de son patron et ami.
- Je suis désolé, mais je ne vous connais pas. Répondit Harry en s'adressant directement à l'inconnu.
Un coup de poignard en plein cœur aurait été bien moins douloureux. Severus en était certain. Son ange l'avait oublié. Inconsciemment, le policier retira sa main de celle de son amant.
- Pourtant… Pourtant je suis persuadé que je vous connais. Je ne sais pas pourquoi, mais j'en suis juste sûr…
Un silence gêné s'installa dans la chambre d'hôpital. Personne n'osait faire un seul mouvement.
Etait-il réellement possible qu'Harry ait oublié Severus ? Leur amour paraissait pourtant si grand et profond.
Soudain la porte de la chambre s'ouvrit, laissant entrer le médecin du brun.
- Bonjour tout le monde ! Je vois que mon patient s'est décidé à se réveiller ! Alors Harry comment vous sentez-vous ?
- Heu je…
- Ha, mais bien sûr ! Tu ne sais pas qui je suis ! Je me présente, je suis le docteur Donovan. C'est moi qui suis chargé de ton dossier médical. Tu sais que tu nous as fait une belle frayeur ! Cela fait à peu près un mois que tu es ici, sans reprendre connaissance.
- je suis désolé… Harry se sentait vraiment perdu.
Ce ne fut qu'a ce moment là qu'il se rendit compte que l'autre homme avait lâché sa main.
- Ne t'en fait pas ! Bon, dit moi un peu comment tu te sens.
- Hé ben, je … J'ai un peu mal à la tête et le reste de mon corps me semble un peu… rouillé.
- Très bien. Sinon autre chose ? Le docteur notait tout sur le dossier qu'il avait récupéré au pied du lit.
Le silence qui tomba lui fit relever la tête de sa feuille. Apparemment quelque chose s'était passé avant qu'il n'arrive. Il attendit patiemment que quelqu'un se décide à le lui expliquer.
- Harry semble avoir oublié Severus. C'était Drago qui s'était finalement décidé à lâcher la bombe.
- Je vois… Harry, j'aimerais que tu essayes de te rappeler la dernière chose dont tu te souviennes.
- Je… Je me souviens de la première ouverture des « Serpents D'or »… D'avoir embauché, Neville, Pansy et les jumeaux… Après… C'est le trou noir… Je suis désolé.
- Ça veut dire que tu as oublié les deux dernières années… C'était au tour de Fred de prendre la parole dans cette lourde atmosphère.
Soudain, le claquement d'une porte réveilla brutalement toutes les personnes présentes. Severus n'avait pu en supporter plus.
Il se sentait étouffer. Harry l'avait oublié lui et uniquement lui. Pourquoi était-ce cette période que le cerveau d'Harry avait décidé d'éliminer ? Pourquoi pas une autre ? Il était le seul à avoir été effacé. Il fallait qu'il se calme ! La colère et la tristesse se livraient un combat acharné en lui. Son cœur en était déchiré.
Un vide. C'était ce qu'était sont cœur. L'homme était sorti tellement vite de sa chambre. Mais pourquoi ? Pourquoi était-il sorti si vite ? Et pourquoi son cœur s'était-il vidé au moment où il avait disparu ?
- Bon messieurs, je vais vous demander de sortir maintenant. Il faut que Mr Potter passe plusieurs examens qui nous permettront de déterminer si sa perte de mémoire est temporaire ou non.
Immédiatement, Drago et les jumeaux firent leurs aux revoir à Harry en lui promettant de revenir le voir dès qu'ils y seraient autorisés.
La suite de la journée ne fut qu'une suite de salles et d'examens pour le brun. Il ne savait plus où donner de la tête. Alors, il se contenta d'obéir aveuglément aux ordres des médecins et des infirmières qui s'occupaient de lui.
La fin de journée fut accueillie avec joie. Enfin, il allait pouvoir retrouver sa petite chambre calme. Mais alors, qu'une aide soignante le ramenait à son havre de paix, Harry se rendit compte que l'homme qui lui avait tenue compagnie ne serait sûrement plus là. Après ce qu'il s'était passé cette après-midi, le brun était presque certain qu'il ne voudrait plus jamais le revoir.
Pourtant, lui ne demandait que ça. Il avait envi de revoir cet homme si beau et qui semblait si important pour lui. Pourquoi l'avait-il oublié, alors que ça semblait tellement le blesser ? D'ailleurs, pourquoi était-il aussi blessé ? Etait-il possible qu'ils soient proches ? Il faudrait qu'il demande à Drago.
Lorsqu'Harry fut enfin seul dans sa chambre d'hôpital, il se laissa tomber directement sur le lit. L'horloge au dessus de la porte d'entrée affichait 19h00. Drago devait encore être à la boutique.
Rapidement, Harry attrapa le téléphone mis à sa disposition et composa le numéro du « Serpents d'Or ».
- « Serpent d'Or », chocolaterie, Fred Weasley à l'appareil.
- Fred, c'est Harry ! Est-ce que Drago est là ?
- Harry ! Heu… Oui. Il est dans l'arrière boutique. Attends deux secondes, je vais aller le chercher.
Harry entendit le bruit sourd du téléphone contre le plan de travail, puis le son d'une porte qu'on ouvrait. Un « Drago, c'est Harry au téléphone » se fit parfaitement entendre à travers le combiné suivit d'un boucan signe clair que Drago essayait de se dépêcher. Un sourire étira les lèvres de l'amnésique.
Il ne fallut que quelques secondes de plus pour que la voix du blond se fasse entendre.
- Harry ? Que ce passe t-il ? Tout va bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas. Je viens juste de finir tous mes examens et tout c'est bien passé. Mais je n'aurais les résultats que demain.
- Bien, très bien. Alors tu m'appelais pour quoi ?
- Je… J'ai réfléchis et j'aurais voulu savoir si… Si tu savais des choses sur…heu…
Mince ! Il avait oublié le nom de l'homme. Finalement, ce n'était peut-être pas une bonne idée de demander des renseignements à Drago.
- Non, rien. Oublie Drago. Je crois que je suis un peu trop fatigué. Je vais racro…
- Severus.
Immédiatement, le corps du brun se tendit. Pourquoi la simple prononciation de ce nom le faisait autant réagir ?
- Que voulais-tu savoir Harry ? Est-ce que quelque chose t'es revenu à l'esprit ? La voie du blond semblait inquiète.
- Non. Je… Je voulais savoir si on… Si nous étions proche avant… avant que je ne perdes la mémoire.
- Harry… Je ne pense pas que ce soit un sujet dont on puisse discuter au téléphone. Je vais prendre un jour de congé demain et je viendrais te voir. Je répondrais à toutes tes questions. D'accord ? Je suis sur que mon patron n'y verra pas d'inconvénient.
- Bien sûr. Alors à demain Drago.
- À demain Harry.
Le brun reposa le téléphone sur sa base et s'allongea dans le lit. Drago viendrait le voir demain et il pourrait lui poser toutes les questions qu'il voudrait. Mais qu'est-ce qu'il pourrait lui demander de plus ? Peut-être des choses sur cet homme. Severus. Son nom réveillait de drôles de sensations en lui. Qu'avaient-ils bien pût partager ensemble pour qu'il ressente un tel manque face à son absence et que son nom le face réagir ainsi ?
De toute façon, il aurait ses réponses demain. Il n'avait plus qu'à prendre son mal en patience.
Il était 22h30 lorsqu'une ombre pénétra dans la chambre. Elle se posa doucement sur le fauteuil, près du lit et observa le jeune homme endormi. Il était tellement beau dans son sommeil, alangui sous ses draps.
Severus contemplait son amour perdu. Il n'avait plus le courage de lui rendre visite pendant la journée. Il souffrait de voir le regard perdu du jeune homme se poser sur lui. Il ne se souvenait pas de lui, contrairement à lui et ça faisait mal. Très mal. Alors il préférait venir le soir, lorsque son ange était déjà endormi et ne risquait pas de le voir. Heureusement que les infirmières du service de nuit étaient compréhensives.
De nouveau, Severus prit tendrement la main d'Harry et la serra entre les siennes, priant toutes les forces de l'univers de rendre la mémoire à son compagnon.
Le lendemain matin, Harry se réveilla d'excellente humeur. Il était sûr d'avoir fait un rêve magnifique, même s'il ne s'en souvenait plus. Il n'avait plus qu'à attendre Drago. Le jeune homme ne se fit pas désirer bien longtemps.
Une demie heure plus tard, les deux amis se trouvaient assis, sur un banc dans le jardin intérieur de l'hôpital.
- J'ai croisé ton médecin tout à l'heure. Il m'a dit qu'il viendrait te voir dans l'après midi avec les résultats de tes testes.
- D'accord. Tu voudras bien être présent ? Demanda Harry. Il ne regardait pas le blond. Ses yeux étaient braqués sur le saule pleureur, qui se trouvait face à eux, de l'autre côté du parc. Il savait parfaitement que Drago n'allait pas tarder à mettre les pieds dans le plat.
- Oui bien sûr… Harry, je suis venu car tu voulais que l'on parle de Severus. « Bingo, les pieds dans le plat direct » pensa Harry.
- Je… Est-ce que lui et moi on était proches ? Le brun serra ses mains l'une dans l'autre pour éviter que Drago ne remarque leurs tremblements.
- Hé bien, ça dépend la signification que tu donnes au mot proche. Ce que je peux te dire, c'est que vous avez commencé par être ami. Severus venait souvent au magasin et toi, avec ton ingénuité, tu as cru qu'il voulait devenir ton ami. Et ne te moques pas de mes mot, tu l'as dit ainsi toi même. Ajouta Drago face au sourire amusé de son ami.
- D'accord, d'accord. Mais on n'est pas devenu ami ?
- Pas vraiment non. Vous êtes plutôt devenu amant.
Le rouge monta immédiatement aux joues d'Harry. Comment Drago pouvait dire une chose pareille aussi facilement ? En tout cas, maintenant, il comprenait certaines de ses réactions.
- De plus, tu étais le seul, à l'époque à ne pas avoir remarqué que Severus te draguais ouvertement. Il avait fallu que toute l'équipe s'en mêle pour que tu commences à le voir autrement que comme un ami potentiel. Le calvaire qu'on a vécu… L'accent d'apitoiement dans la voix du blond était largement démenti par le large sourire qu'il arborait au souvenir de ces jours passés.
Le regard d'Harry se fit lointain. Etait-ce possible qu'il ait été amoureux de cet homme au point que, même amnésique, son cœur se souvenait encore de lui ? C'était peut-être mièvre, mais c'était ce qu'il avait l'impression de ressentir.
- On était… Amoureux ? La question avait été chuchotée tellement bas, que Drago pensait l'avoir imaginée. Mais lorsqu'il remarqua la rougeur du visage de son ami augmenter, il n'eu plus aucun doute.
- Le mot est faible Harry. Vous n'arriviez plus à vivre l'un sans l'autre. Quand Severus partait en "mission" tu passais tes journées à la chocolaterie. Mais quand il rentrait, tes horaires de travail devenaient bien plus légers. Surtout s'il était en congé. Le pire, c'est que vous vous affichiez sans aucune honte, autant dans le magasin que dans la rue. Mais tout le quartier à l'habitude de vous voir ainsi. Et même les vielles dames vous trouves mignons alors…
Le visage d'Harry était proche de la combustion instantanée tellement il était rouge. Il avait vécu un amour aussi profond et maintenant il ne s'en souvenait plus ! C'était injuste ! Même si, depuis qu'il avait repris connaissance, il sentait que quelque chose le liait à Severus, alors qu'il n'avait plus de souvenir de moment vécu ensemble.
Mais Harry savait parfaitement qu'il n'était pas le plus à plaindre dans cet histoire. Lui il ne se souvenait plus. Alors que Severus si. C'est lui qui devait le plus souffrir. D'ailleurs, c'était sûrement la raison de son absence à ses côtés. Harry eu l'impression que son cœur était tombé dans un gouffre des plus profond.
- Drago, est-ce que tu crois que… Severus m'aime encore… Malgré mon amnésie ?
- J'en suis sûr Harry. Severus est fou d'amour pour toi. Et je suis également certain, qu'il va tout faire pour te rendre la mémoire ! Ainsi vous pourrez retourner roucouler dans votre nid d'amour pendant que je ferais tourner la boutique ! Comme d'hab' !
Un sourire étira les lèvres du malade. Si cet homme l'aimait à ce point, alors il était décidé à tout faire pour se rappeler de lui et lui donner tout l'amour qu'il méritait. Mais un nuage noir passa sur ses pensées.
- Mais on n'est pas sûr que mon amnésie ne soit que temporaire Drago…
- Ne partons pas perdant. Tu n'as perdu que deux ans de ta mémoire. Je suis persuadé que tu pourras les retrouver.
- D'ailleurs, que c'est-il passé pour que je perde la mémoire ? Il a bien du m'arriver quelque chose. Drago ?
Le blond était subitement devenu très blanc. Devait-il réellement expliquer à Harry ce qu'il c'était passé ? Ça risquait de lui créer un choc et peut-être que cela ne ferait qu'empirer son état. Non, il valait mieux qu'il se taise.
- Je… Je ne préfère pas te le dire maintenant Harry. Je voudrais avoir la confirmation du médecin avant. Après tout, cela pourrait empirer ton état.
- Tu me fais peur Drago. Ce que j'ai vécu était si terrible que ça? La voix d'Harry était incertaine. Est-ce que l'épreuve qu'il avait traversée était si horrible ? Face au silence de son ami, la peur du brun augmenta. Est-ce que retrouver la mémoire était finalement une bonne idée ? Si jamais, ce qu'il avait vécu le poursuivait jusqu'à la fin de ses jours ?
Arriverait-il à vivre avec?
Plein de questions se bousculait dans sa tête. Mais il savait que Drago ne répondrait à aucunes d'entre elles. Il préféra lui demander des nouvelles du magasin, des jumeaux, de Neville et de Pansy.
Après un déjeuné prit dans la chambre d'Harry, les garçons avaient décidé d'attendre le médecin responsable du jeune amnésique.
Il était 17h, lorsqu'on frappa à la porte. Immédiatement Harry lâcha un « entrez » quelque peu angoissé. Mais à sa grande surprise et à celle de Drago, ce ne fut pas le médecin qui entra, mais Pansy, suivit des jumeaux et de Neville. Harry et Drago les accueillirent joyeusement et leur demandèrent ce qu'il se passait pour qu'ils arrivent tous en même temps.
- L'hôpital a appelé à la boutique pour dire que les résultats d'Harry étaient arrivés et qu'il fallait que toute les personnes capables de s'occuper de lui soient présentes dans la fin d'après-midi. Du coup, on a fermé le magasin plus tôt. Expliqua Pansy.
Une boule se coinça dans la gorge d'Harry. Est-ce que ses résultats étaient si graves ! La peur l'envahit petit à petit. Il était tellement terrifié, qu'inconsciemment, il se mit à déplorer l'absence de Severus. Que n'aurait-il pas donné pour que l'homme se trouve à ses côtés. Au même moment, la porte de la chambre s'ouvrit à nouveau, laissant entrer le capitaine de Police.
Personne ne l'avait remarqué, sauf Harry. Ses yeux n'arrivaient pas à se détacher de ceux du nouveau visiteur. Drago remarqua l'immobilité d'Harry et tourna son regard en direction de la porte. Il vit alors, ce qui accaparait l'attention du brun. Et à la façon dont ils se regardaient, Drago était sûr d'une chose même si Harry ne retrouvait pas la mémoire, leur histoire d'amour renaitrait de ses cendres. Ce ne fut que quelques minutes plus tard, que le Docteur Donovan fit son entrée.
- Bonjour tout le monde ! Je vois que tous mes invités on répondus présents ! S'exclama joyeusement le praticien.
Un silence gêné s'installa dans la pièce. La joie de l'homme n'était pas communicative sur ce coup. Il se reprit d'un petit toussotement embarrassé.
- Bien. J'ai demandé à ce que vous soyez tous présents, car il va falloir prendre des dispositions pour Mr Potter et je ne souhaitais pas à avoir à tout répéter plusieurs fois. Commençons par vos résultats médicaux. Tout en s'approchant du lit, le médecin continua. Vous êtes atteins d'amnésie rétrograde. Cela résulte d'un traumatisme crânien que vous avez eu lors de l' « incident ».
Toutes les personnes présentes avaient bêtement baissé la tête, sauf Severus. Il se tenait toujours près de la porte, les yeux fixés sur Harry. Les autres l'avaient remarqué à l'entrée du Docteur Donovan, mais n'avaient rien dit. Le regard d'Harry passait de l'homme en blouse blanche à Severus. Il lui était très reconnaissant d'être là.
- Le traumatisme dont vous souffrez correspond à une commotion cérébrale dû à un choc à la tête. Il suffit d'une simple chute vous savez. De plus, nous avons détecté la formation d'un caillot de sang dans votre cerveau et cela à compliquer quelque peu les choses. C'est pour cela que votre période d'amnésie s'étend sur deux ans. Ce qui est une période assez longue. Comme les souvenirs les plus anciens sont ceux qui sont le plus gravé dans le cerveau, les périodes d'amnésie affecte toujours les derniers jours, mois ou années que vous avez vécues. Mais je vous rassure, Mr Potter, votre amnésie est temporaire.
Un soupir collectif de soulagement résonna dans la chambre. Harry pourrait retrouver la mémoire, ça c'était une bonne nouvelle. Le praticien leur laissa quelques minutes pour se remettre de cette bonne nouvelle, que tous semblaient attendre avec impatience.
- Est-ce qu'il doit suivre un traitement ? Severus les avait tous fait retomber brutalement dans la réalité. Certes, Harry pourrait retrouver la mémoire, mais pour cela, il fallait le soigner.
- Hé bien, il n'y a pas de traitement à proprement parler. Il n'y a pas de véritable médicament pour soigner l'amnésie. Je peux prescrire des antidépresseurs ou des anti-stress, si Mr Potter en a besoin. Mais sinon, au niveau médicamenteux je ne peux rien faire. Par contre, il y a certaines choses que vous, vous pouvez faire et c'est pour cela que je vous ai demandé de venir.
Tout le monde avait les yeux tournés en direction de Mr Donovan. Personne ne voulait manquer une seule consigne. Severus n'avait pas bougé. Il était le seul à ne pas regarder le médecin. Ses yeux toujours braqués sur le visage d'Harry. Ce dernier avait finalement laissé tomber son observation du praticien pour ce concentrer sur l'homme aux cheveux noirs qui le fixait si intensément.
- Pour le bien de Mr Potter, il y a des choses à faire et à ne pas faire. Tout d'abord, il ne sert à rien de l'obliger à se souvenir. Sa mémoire se recomposera d'elle même petit à petit. Ce qu'il faut c'est le replonger dans sa routine habituelle. Ainsi, les souvenirs pourront revenir d'eux même. Vous pouvez également lui raconter quelques morceaux de ses deux dernières années. Mais en aucun cas, vous ne devez l'obliger à se souvenir de choses précises.
- Et… "L'incident" ? Est-ce qu'on doit le lui raconter ou le laisser de côté ? Demanda Drago.
- Hé bien, la perte de mémoire est due à une blessure et non à un état de choc. Mais vu la teneur de ce souvenir, il vaudrait mieux le laisser revenir de lui même. Nous ne pouvons pas savoir clairement si ce souvenir ne joue pas un rôle dans l'état actuel de Mr Potter.
- Donc il est possible que ce qui s'est passé ait aussi affecté sa mémoire. Est ce que le souvenir de ce qu'il c'est passé pourrait… Neville était secoué, autant par l'état de son patron et ami, que par ce que leur disait le médecin.
- Il souffrira sûrement de migraines. Et ce n'est pas un souvenir précis qui lui fera retrouver la mémoire. Nous ne sommes pas dans un film. Quand à vous monsieur Potter…
Le médecin et le reste des visiteurs remarquèrent enfin, que le brun n'avait pas écouté un seul mot de ce que venait de dire le Docteur. Toute son attention était fixée sur Severus.
Harry n'avait pas envi d'écouter tout le blabla médical de cet homme en blouse blanche. Il préférait observer ces magnifiques yeux noirs qui le dévisageaient sans aucune gêne. Il y avait quelque chose dans ce regard qui le rassurait et en même temps qui le rendait mal à l'aise. Comme s'il manquait quelque chose. Harry n'arrivait pas à savoir ce qui pouvait être absent de ces beaux yeux mais il était bien décidé à le retrouver.
- Mr Potter ! S'exclama le Docteur Donovan pour avoir toute l'attention de son patient.
Le brun tourna brusquement la tête pour regarder le médecin. La perte du contact visuel avec Severus lui fit un pincement au cœur.
- Oui ? Le jeune homme prit un petit air innocent, bien qu'il savait parfaitement qu'il venait de se faire rabrouer comme un enfant.
- C'est pour vous que j'explique tout cela. Le praticien n'était pas spécialement fâché.
Il était parfaitement au courant de ce qui unissait ces deux hommes.
- Pardon. Harry eu la décence de rougir.
- Bien. Mr Potter, il faut que vous compreniez que vous forcer à vous souvenir risquerait d'aggraver les choses. Laissez les souvenirs venir d'eux-mêmes, mais ne les repoussez pas, même s'ils sont douloureux. Votre mémoire va essayée de se reconstruire d'elle-même. Il faut que vous repreniez votre vie, comme avant. Cela aidera votre mémoire à remettre en place les souvenirs qu'elle a perdue. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui, docteur.
- Bien. Maintenant, une bonne nouvelle. Vous sortez demain ! Nous ne pouvons rien faire de plus pour votre santé physique, dans cet hôpital. Par contre, vous ne devrez pas rester seul. Votre cerveau a été touché, il y a donc des risques d'évanouissements et de migraines qu'il faut prendre en compte.
- Il ne sera pas seul ! Nous sommes plusieurs à la boutique. Fit remarquer Pansy.
- Je le suppose bien, mademoiselle. Mais ce que je voulais dire, c'est que Mr Potter, ne doit pas rester seul chez lui. En dehors des heures de travail. Durant les deux prochaines semaines, il faut que Mr Potter soit surveillé.
- Il ne vit pas seul. Cette simple phrase attira l'attention de tout le monde.
Harry était plus que surpris. Ils vivaient ensemble alors. ( ?) Lui qui adorait avoir son petit coin tranquille, pour se reposer et ne pas être dérangé, avait accepté de vivre avec quelqu'un ? Mais depuis combien de temps ? Et est-ce que ça se passait bien entre eux ? Il faudrait qu'il pose la question à Drago, ou peut être à Severus… Non, plutôt à Drago.
- Severus, je ne suis pas sûr, que dans l'état actuel des choses… Ce soit une bonne idée. Fit remarquer Drago.
- Le docteur Donovan, vient juste de nous dire qu'Ha…Mr Potter, devait reprendre sa vie comme avant.
- Mais avec ton travail…
- Albus comprendra parfaitement. Je prendrais des horaires correspondant à ceux d'ouverture et de fermeture de la chocolaterie.
- Bien ! Je crois que le problème est réglé ! Je vais de suite, signer les papiers de sortie. Vous pourrez venir les signer plus tard Mr Snape. Bon, je vous souhaite une bonne fin de journée à tous. Au revoir ! Et sur-ce, le médecin quitta la chambre le sourire aux lèvres.
Le silence s'installa quelques minutes, jusqu'à ce que Neville, Pansy et les jumeaux décidèrent de rentrer. Ils firent leurs aux revoir à Harry et en lui disant qu'il l'attendait de pied ferme lundi matin.
- Bon, je crois que je vais y aller aussi. Bonne soirée Harry, Severus.
- Bonne soirée Drago. Répondit le brun. Alors que le policier lui adressait un signe de tête pour toute réponse.
Drago quitta rapidement l'arène. Il savait parfaitement que Severus avait décidé de parler à Harry et franchement, il souhaitait bonne chance à son meilleur ami. Severus avait énormément de mal à s'exprimer, surtout dans le domaine dans sentiments.
Un nouveau silence s'installa dans la chambre. Harry ne savait pas quoi dire. Il avait peur de faire une bourde, de poser la mauvaise question. Il préférait laisser la parole à Severus. Mais ce dernier n'en menait pas large non plus. Malheureusement, il fallait bien que l'un d'entre eux se jette à l'eau. Alors Severus prit son courage à deux mains.
- Mr Potter, je sais parfaitement que vous n'êtes peut-être plus habitué à partager votre espace vital avec quelqu'un. Mais il faut que vous fassiez un effort. Au moins jusqu'à ce que je me trouve un nouvel appartement.
Bizarrement, à l'idée que Severus le laisse seul, une douleur aiguë transperça le cœur d'Harry.
- Non, je… Heu… Je…
- Mr Potter.
Une autre douleur traversa la poitrine du brun. Par réflexe, Harry porta sa main à son cœur, se penchant légèrement.
- Ça ne va pas ? Severus s'était brusquement rapproché du lit.
- Arrêtez. Murmura le jeune homme. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait envi de pleurer.
- Quoi ? Severus était inquiet. Harry semblait avoir mal, pourtant il devait être guéri.
- Ne m'appelez plus Potter… Ça fait mal. Et subitement, les larmes que retenait le patient se mirent à couler d'elles mêmes, ne voulant plus s'arrêter. Mais le pire était qu'Harry n'avait aucune idée de la raison de ces pleurs.
La seule chose que Severus sembla capable de faire, fut de serrer le jeune homme dans ses bras. Le temps se figea. Les pleurs d'Harry s'étaient brusquement interrompus et Severus ne savait plus quoi faire. Son corps avait réagit par instinct. Il n'avait pas du tout réfléchit à son acte.
Harry était bouleversé. Il ne savait pas du tout comment réagir face à l'embrassade. Par contre cet acte spontané l'avait immédiatement calmé. Et il se sentait bien entre ses bras. Il était au chaud et se sentait protégé du reste du monde. Il ne voulait pour rien au monde perdre ce contact.
Malheureusement, Severus repoussa doucement le jeune homme.
- Je viendrais vous chercher demain matin et je vous ramènerais chez no… à l'appartement. Alors à demain.
- À demain…
Harry avait à peine fini sa phrase que la porte de sa chambre se refermait déjà. La solitude le prit immédiatement à la gorge. Mais elle n'était pas la seule à envahir son être, la peur y avait également fait sa place. Qu'allait-il se passer demain ? Est-ce qu'il allait réussir à vivre avec Severus ? Le jeune homme se recoucha doucement sous ses draps, pressé et en même temps terrifié d'être au lendemain.
Harry fut réveillé à 8h30 le vendredi, par une jeune infirmière qui venait lui faire signer différents papiers de sortie et lui apporter son petit déjeuner. Une fois, rassasié et les papiers signés, le jeune homme prit une douche et s'habilla lentement, de façon à ne pas être pris de vertiges. Heureusement que Drago avait eu la bonne idée de lui apporter un sac avec des vêtements de rechange. Maintenant, il n'avait plus qu'à attendre l'arrivée de Severus.
Ce ne fut qu'à 10h30 que Severus entra enfin dans la chambre. Harry s'était rendormit depuis. Le policier avança doucement dans la pièce. Il ne voulait pas encore réveiller le jeune homme. Endormit, Harry semblait toujours à lui, comme si rien n'avait changé entre eux. Il savait bien que ce n'était pas plus le cas mais, Severus ne pouvait s'empêcher d'y croire. Il l'aimait tellement, ce jeune homme aux yeux verts… Non, il l'aimait toujours et il était prêt à le reconquérir et ce, par tous les moyens !
Severus passa lentement sa main dans les cheveux noirs de son aimé, puis sur sa joue. Soudain, Harry, toujours endormi, tourna la tête, appuyant sa joue contre la main de l'homme.
- Severus… Ce n'était qu'un faible murmure, mais le policier n'eu aucun mal à le percevoir dans le silence ambiant.
Severus fut surpris mais, surtout très attendri. . Son cœur fit un bon dans sa poitrine. Même s'il avait perdu la mémoire et qu'il dormait, Harry arrivait encore à le reconnaître. Il voulait l'avoir à nouveau à ses côtés. Mais d'abord, il fallait qu'il réveil le jeune homme et qu'il l'aide à retrouver la mémoire.
- Mr Potter, il faut vous réveiller. Severus secoua doucement, mais fermement l'épaule du garçon.
- Hein… ? Harry se réveilla en sursaut. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce qu'il était en train de se passer.
- Je suis venu vous cherchez Mr Potter.
- Je… Oui, je me lève. Le jeune homme se redressa sur son lit. Severus le trouvait totalement craquant dans ses vêtements tout chiffonnés et sa coiffure en désordre.
- Venez.
Severus fit un simple signe de la main au jeune homme et quitta la pièce, puis l'hôpital. Harry le suivait à la trace, il ne voulait surtout pas se perdre ou perdre Severus de vue. L'homme monta ensuite dans sa voiture et Harry grimpa du côté passager. Le voyage jusqu'à l'appartement se fit dans un silence des plus total.
T.B.C
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Alors ça vous a plus ?
Dit le moi vite.
