Disclaimer : Les personnages appartiennent à Clamp, le reste et issu de mon imagination un peu tordue.
Note: L'histoire se situe après la fin officielle du manga. Pour moi ils voyagent donc toujours de monde en monde mais avec moins d'impératifs !^^
De même Kurogane et Fye sont déja en couple depuis un bon moment pour moi^^
Enjoy!
-Premier jour sans toi...
Kurogane s'attendait presque à le voir débarquer au beau milieu de la route menant au palais. Il l'imaginait se précipitant vers lui en riant. Il voyait d'avance son sourire, le vrai, illuminer son visage, cette étincelle particulière dans ses yeux capable de le clouer sur place. Il courrait pieds nus sur la terre et les pavés sans se préoccuper du regard des gens, du fait qu'il pourrait tomber d'un instant à l'autre. Il se prendrait les pieds dans son vêtement trop grand, se rattraperais en riant et lèverait les yeux vers lui. Son visage serrait légèrement rougi par la course, ses cheveux en bataille et son sourire plus beau que jamais. Sans doute perdrait-il le contrôle et alors il le serrerait dans ses bras. Fort, avec passion, comme pour combler les trop nombreux mois qu'ils avaient passés séparés.
Mais Fye ne débarqua pas sur la route. La caravane qui ramenait Kurogane au palais n'avait rencontré que quelques badauds enthousiastes et des troupeaux de moutons.
La troupe passa la porte de la cité et il y eu un mouvement de foule et des cris de joie. Les guerriers rentraient enfin au pays après presque un an de mission. 10 mois dans 2 jours, songea Kurogane. Trop de temps passé loin du magicien. Le visage de Fye s'imposa de nouveau à son esprit mais dans la foule autour de lui il n'y avait aucune chevelure blonde. Le ninja soupira, son regard se porta sur le palais visible car surplombant le reste de la ville. Certainement l'attendait-il là-bas, souriant au côté de la reine, vêtu de son plus bel habit. Kurogane s'autorisa un sourire et se moqua intérieurement de son attachement maladif au mage.
La caravane recommença à avancer et Kurogane se sentit un peu plus léger à chaque pas.
Il était de retour à la maison.
En franchissant le portail menant au palais, les soldats mirent pieds à terre. La monture de Kurogane lui fut retirée, on les pria de bien vouloir passer dans le jardin situé à l'arrière de l'immense bâtisse. Il se laissa porter, épuisé par sa mission et le long voyage de retour.
Ils furent accueillis en héros par la reine, furent applaudis par tous les nobles du palais, récompensés pour cette mission victorieuse et eurent enfin l'occasion de profiter du buffet dressé en leur honneur.
Mais Fye n'était pas là. Il ne se tenait pas aux côtés de la reine pendant son discours, n'était pas allé saluer chaque soldat en compagnie des comtes et des princes et ne s'était pas présenté de toute la cérémonie.
Kurogane ne put s'empêcher de l'imaginer dévaler les escaliers en courant, essoufflé mais radieux, pour aller se jeter dans ses bras. Mais il ne vint pas et les seuls à emprunter l'escalier étaient les domestiques rapportant les plats aux cuisines.
La fête dura encore un long moment avant que le ninja ne puisse s'esquiver. Il avait pris part au buffet, avait bu à la santé de leur réussite mais une partie de son être ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter de l'absence du mage. C'était peut-être ridicule mais depuis qu'ils voyageaient de mondes en mondes, le seul endroit qu'il considérait comme étant chez lui c'était l'endroit ou se trouvait aussi le magicien. Si bien que sans lui, même ce palais dans lequel ils avaient passés de longs mois ensemble ne lui semblait pas être la « maison ».
Kurogane gagna l'intérieur du palais. Tout son corps le lançait réclamant le repos qu'il n'avait pas eu ces derniers jours. La seule chose qu'il désirait maintenant, c'était se plonger dans un bain, serrer le mage contre lui et dormir de longues heures durant. Et à son réveil cette fois ci, il y aurait le sourire de Fye, celui qui lui avait tant manqué lors de ces mois de mission.
Le ninja retrouva machinalement la porte de la suite qu'on lui avait attribuée à lui et au mage. Il ouvrit la porte lentement, s'attendant à trouver Fye endormi sur le ce n'était pas Fye allongé dans les couvertures.
Kurogane eu un moment de flottement en voyant le bébé couché dans le lit. Il ressortit délicatement et inspecta le couloir. Aucun doute, il se trouvait devant leur chambre. Intrigué, il passa de nouveau la porte et s'approcha silencieusement de l'enfant.
C'était un tout petit bébé. Quelques mois à peine si ce n'est moins. Quelques cheveux noirs épars parsemaient son crâne pâle.
Le guerrier se sentit étrangement attiré par ce petit être. Emu, il tendit les doigts vers la peau blanche du bébé. C'était extrêmement doux, un peu troublant.
Son regard se porta de nouveau sur la pièce, cherchant l'identité de ce nouveau né. Mais les affaires éparpillées dans la pièce lui appartenaient de même que le couvre lit sur lequel reposait l'enfant, choisi avec soin par Fye. Perplexe il s'approcha de nouveau de l'enfant. Sur la table de chevet, il remarqua un cahier. Celui du magicien nota-t-il.
Un doute s'insinua dans son esprit. Et si cet enfant était celui du magicien ?
Impossible. Il savait à quel point le mage avait du mal à faire confiance aux gens, combien il était dur pour lui de s'attacher. Il suffisait de regarder tout le chemin qu'ils avaient du parcourir avant d'en arriver là tout les deux. Toute la souffrance, tous les mensonges qu'il avait fallu combattre.
Et puis quelle femme aurait réussi en si peu de temps à gagner sa confiance ?
Et si… ?
L'idée lui sembla tellement ridicule qu'il se traita mentalement d'imbécile. La nature avait ses limites tout de même.
Pourtant, il avait beau la chasser, l'idée revenait toujours. La nature a certes ses limites mais la magie… ?
Stupide ! Kurogane savait qu'il n'y avait pas de magie en ce monde, le magicien le lui avait confirmé.
Et pourtant…
Le bébé gazouilla et Kurogane sursauta. Il s'approcha et se figea brutalement. Impossible.
Et pourtant.
Et pourtant le bébé éveillé le fixait de ses yeux vairons. L'un aussi bleu que le ciel et l'autre rouge rubis. Impossible.
Kurogane frissonna violement, en proie à de nombreuses émotions contradictoires. Cela ne pouvait être un hasard. « Tout est inéluctable ».
Respirant profondément, il chercha à retrouver son calme et le contrôle de ses émotions. Il y avait forcément une explication rationnelle à tout ceci et c'était Fye qui la détenait.
Mais il ignorait ou le trouver et soudain le cahier posé sur la table de chevet lui sembla être la clef du mystère. Posant un dernier regard troublé sur les yeux de l'enfant, il ouvrit le cahier et commença sa lecture.
