INNOCENCE PERDUE ET RETROUVEE
Disclaimer : Rien ici ne m'appartient^^
Les personnages et leur monde sont de JKR et l'histoire originale d'INIGA. Ceci est la traduction de sa très jolie fic : Innocence lost and found qui a réussi à me transporter totalement dans « son » HP même en anglais…
Sirius et Remus vont tenter d'aider Harry à traverser les temps sombres qui s'annoncent pour le monde sorcier... Y réussiront-ils malgré Harry lui-même, et malgré les risques qu'ils font courir à leur propre camp? Les chemins de l'innocence sont longs et sinueux...
L'histoire commence l'été suivant la Coupe de Feu… et elle ne fait vraiment que commencer ! Iniga a écrit une trilogie que j'espère traduire jusqu'au bout malgré son volume imposant :)
Chap. 1 : Observer les étoiles
Un martèlement insistant à la fenêtre amena Remus Lupin dans la pièce. Il paya le hibou fauve venu livrer son exemplaire de la Gazette du Sorcier et déposa le journal sur une table disponible, dans le but de retourner à sa tâche initiale. Cependant, comme le journal se déployait, un titre attira son regard et il s'enfonça dans un fauteuil pour dévorer immédiatement les nouvelles.
La Marque des Ténèbres Apparue sur la Place du Marché Sorcier: Sirius Black Soupçonné
Par Helena Jackson, envoyée spéciale de la Gazette du Sorcier
Depuis bientôt quatorze ans, le monde sorcier est délivré de la terreur collective d'un mage noir si puissant que beaucoup sont toujours incapables de prononcer son nom. Vous-Savez-Qui et ses adeptes, connus sous le nom de Mangemorts, ont par le passé commis d'indicibles atrocités dont les moindres étaient le meurtre et la torture, mais la paix est revenue dans la communauté depuis la nuit où Harry Potter est devenu le Garçon-Qui-A-Survécu.
Cependant, cette paix relative a été rompue par deux fois au cours des deux dernières années. Le premier événement troublant a naturellement été l'évasion d'Azkaban du bras droit de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, Sirius Black. Plus récemment, la mort de l'élève de Poudlard Cedric Diggory a été attribuée par plusieurs sorciers et sorcières de premier plan, dont l'excentrique directeur de Poudlard Albus Dumbledore, aux Mangemorts et à leur chef. La majorité des représentants du Ministère, tout comme les membres de la population, ont accepté à contrecœur cette explication de la mort tragique du Préfet de Poufsouffle. La controverse s'est maintenant intensifiée. Aux environs de trois heures du matin, la Marque des Ténèbres est apparue au-dessus de la maison de Peter et Gina Malley, tous deux vétérans de la première guerre contre Vous-Savez-Qui. Les corps des victimes ont été retrouvés dans la maison moins d'une heure plus tard. Les Malley…
Remus sauta les paragraphes consacrés au récit de la vie des Malley dans sa hâte de voir où figurait Sirius dans l'équation.
Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie, a lui-même déclaré que Sirius Black était l'auteur de ces meurtres macabres.
"Nous continuons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour capturer Black", a-t-il déclaré hier dans un communiqué officiel.
"Nos possibilités dans ce domaine ont à l'évidence été diminuées depuis que nous ne pouvons plus sortir les Détraqueurs d'Azkaban. Quand Black se cachait, il était particulièrement difficile à pister. Maintenant qu'il se montre à nouveau au grand jour, les choses pourraient s'accélérer. Je vous en prie, gardez à l'esprit que cette tragédie est l'œuvre d'un seul homme et ne paniquez pas."
Remus jeta le journal à terre avec colère. Son inquiétude pour Sirius l'emportait sur son dégoût de l'attitude de Fudge. Dumbledore lui-même lui avait envoyé la semaine précédente un hibou dans lequel il lui demandait de guetter les signes de son vieil ami. Si le travail que tous deux allaient effectuer pour leur ancien directeur ne réjouissait guère Remus, il était fort impatient de revoir Patmol. La pensée de Sirius ne l'avait guère quitté depuis leur rencontre dans l'infâme cabane hurlante environ un an plus tôt. Réaliser que Sirius était innocent des crimes pour lesquels on l'avait emprisonné avait été un choc immense et non dépourvu de plaisir. Cependant, sa seule répercussion sur la vie quotidienne de Remus avait été le développement de sa peur permanente que Sirius soit repris, exécuté ou livré au Baiser d'un Détraqueur.
Il semblait que la traque de Sirius se soit encore intensifiée. Cette fois, cependant, les accusations lancées contre lui auraient d'autres conséquences que la souffrance de ceux qui tenaient à lui. Si Fudge et les membres du Ministère qui le suivaient parvenaient à convaincre la communauté sorcière que Voldemort n'était pas de retour, ils feraient gagner à celui-ci beaucoup plus de temps pour accroître son pouvoir.
Il soupira. Indécis quant à ce qu'il allait faire, il commença à ranger le salon sans but particulier, n'employant pas la magie afin de faire durer cette tâche mécanique.
"Remus."
La voix en provenance du feu de cheminée attira son attention.
"Directeur." Il se déplaça jusqu'à la source de la voix et s'agenouilla.
"Pas observé d'étoiles récemment ?"
"Quoi ?" Albus Dumbledore fixa simplement son ancien élève jusqu'à ce que la compréhension le pénètre et, malgré lui, Remus leva les yeux au ciel. "J'ai été attentif depuis ma dernière discussion avec vous, mais je n'ai rien vu."
"Rien ? L'étoile dont nous avons parlé la dernière fois est exceptionnellement brillante."
"Autant qu'une étoile puisse l'être, mais je n'ai pu l'apercevoir. Le temps a été nuageux. Assez pour être un motif d'inquiétude."
"C'est amusant que vous disiez cela. Je lisais la rubrique météo de la Gazette et j'en arrivais à une conclusion similaire."
"Je crois que c'en est venu à affecter la communauté entière, et non simplement ceux d'entre nous qui aiment regarder les étoiles."
"Je n'aurais pas dit mieux moi-même. Le moment est venu de contrôler ce problème par tous les moyens qui s'imposeront."
"Le temps est quelque chose d'assez difficile à contrôler, Directeur," dit Remus avec un rire forcé.
"Beaucoup de choses sont difficiles. Elles ont la mauvaise habitude d'être celles qui doivent être faites."
"Compris."
"Gardez un œil sur le ciel. Prévenez-moi si les choses changent."
"Bien sûr."
"Et assurez-vous d'informer toutes les parties concernées de nos nouvelles priorités."
"Il serait difficile d'oublier de le faire."
"J'imagine. Veillez à ce que lesdites parties demeurent discrètes pour l'instant."
Remus grimaça théâtralement. "Ne pourrais-je pas juste tenter de changer la météo ?"
Le rire de Dumbledore fut interrompu par un craquement aigu alors que quelqu'un, ou quelque chose, violait les barrières protectrices recouvrant la porte d'entrée du cottage qui était l'actuelle demeure de Remus. Celui-ci se leva précautionneusement, sa baguette en main, le cœur battant d'un pressentiment plutôt que de peur. Il était absolument sûr de savoir qui, ou quoi, avait tenté d'entrer chez lui sans invitation.
Un rapide coup d'œil dans le périmètre prouva qu'il avait raison.
"Oui", lança-t-il à la tête qui se détachait dans la cheminée.
La tête sourit. "Bien. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser- " sa voix s'interrompit assez brusquement, mais Remus le remarqua à peine.
"Finite incantatem". Hâtivement, il désactiva les barrières et franchit le seuil pour s'agenouiller devant un gros chien noir gémissant de douleur. Le chien le regarda avec des yeux peinés.
"Tu préfèrerais que je n'aie pas de barrières ?"
Le chien ne répondit pas, ce qui aurait été un comportement normal pour un chien standard mais assez étrange pour celui-ci.
"Sirius ?" murmura-t-il, la faiblesse du ton n'atténuant en rien la profonde inquiétude qui envahissait sa voix. "Viens."
Le chien gémit sourdement.
"Est-ce que je dois te porter ?" Dans le passé, il avait parfois eu des difficultés à discerner jusqu'à quel point Sirius avait vraiment des problèmes, et dans quelle mesure il voulait se donner en spectacle. Une situation donnée pouvait encore se compliquer considérant que, parfois, Sirius ayant d'énormes ennuis prétendrait que tout allait bien. Ce qui n'était actuellement pas le cas.
Le chien noir sauta faiblement sur ses pattes, dépensant juste l'énergie suffisante pour gratifier Remus d'un reniflement méprisant.
"Très bien", répondit-il avec un rire soulagé. "Tu me sermonneras plus tard."
Il laissa la porte ouverte pour l'animal hirsute et tira prestement les rideaux dans toute la pièce. Une telle précaution était à l'évidence inutile mais, au vu des circonstances, un excès de prudence était très bienvenu. De plus, Remus s'était toujours considéré comme la voix de la logique quand il fréquentait ses amis à Poudlard, et n'avait aucune raison d'abandonner ce rôle maintenant.
Le chien s'était écroulé sur un tapis noir miteux quand Remus revint vers lui.
"C'est bon."
Ses yeux se soudèrent aux yeux bleus pâles du chien, et il maintint son regard quand les yeux s'obscurcirent et devinrent humains.
Sirius se releva lentement du tapis sur lequel il se trouvait comme la transformation s'achevait. Ses yeux humains étaient fatigués et cernés, et il était terriblement maigre et sale. Ses mouvements étaient raides quand il se redressa, mais il réussit malgré tout à sourire.
"Salut, Lunard," fut tout ce qu'il trouva à dire.
Remus sentit son estomac chavirer, et ses propres genoux faiblir. Sirius avait employé par écrit son vieux surnom dans les parchemins délivrés par d'étranges sortes d'oiseaux durant l'année écoulée, mais le mot à l'oral, prononcé par cette voix particulière, était assez déstabilisant.
"Lunard ? Tout va bien ?"
Remus s'arracha à sa rêverie. Sirius n'était pas censé être celui qui posait cette question. "Bien sûr-"
"Tu as la couleur du mur."
"Ce n'est guère différent de la normale."
"Suffisamment différent-"
"C'est juste surprenant de te voir," interrompit doucement Remus, s'approchant de Sirius comme pour le serrer dans ses bras, mais celui-ci recula.
"Je pensais que Dumbledore t'aurait prévenu."
"Oh, je savais que tu allais venir," assura précipitamment Remus. "C'est juste surprenant de te voir de toute façon. Si tu vois ce que je veux dire. Assieds-toi avant de tomber par terre."
Sirius secoua la tête. "Non. Il y des saletés d'Ecosse, de Londres et d'un peu partout sur ma robe. Cette chaise ne serait plus jamais la même."
Il s'éloigna à nouveau de la main que Remus lui tendait mais Remus, faisant cette fois bon usage de ses réflexes de loup-garou, attrapa tout de même son ami.
"Si je m'assois, je risque de m'endormir."
Sirius appuya son poids trop léger contre Remus, résistant à sa prise dans un mouvement rappelant de nombreuses batailles livrées sous leurs autres formes respectives. Ce souvenir réchauffa Sirius, et son sourire devint moins nerveux et plus lumineux.
"Tu n'aurais pas la joie de me parler."
Au mot de "joie" employé par Sirius, l'expression des deux hommes s'assombrit. La tâche qui les attendait n'avait rien à voir avec la joie.
"Reste éveillé le temps de manger quelque chose," dit Remus, éludant encore l'horreur qui avait permis aux deux amis de se revoir. "Tu dormiras mieux ainsi."
"Je ne pense pas que ce soit un gros problème."
"Bon, eh bien tu vas manger ou je t'enfourne quelque chose dans la gorge."
Ces mots étaient naturellement prononcés avec une grande affection.
"Des préférences ?"
"Rien qui contienne des rats."
"J'étais à court de rats, de toute façon," lança Remus par-dessus son épaule.
Quelques instants plus tard, Sirius terminait son repas délicieusement dénué de rats. Il avait d'abord tenté de ne pas manger en affamé qu'il était, mais il avait abandonné après quelques bouchées et dévoré la nourriture. Presque immédiatement, ses yeux commencèrent à se fermer.
"Viens." Remus le tira par le bras. "Au lit."
"Il faut qu'on parle," marmonna Sirius ensommeillé. "Il y avait une potion de sommeil là-dedans ?"
Remus répondit par une grimace. "Même toi, tu n'es pas capable de préparer une potion. Je t'informe que s'il se trouve un seul chaudron dans cette maison, il est par terre à la cave sous une très honnête couche de poussière."
"Sans doute vrai. Ecoute, à propos de Voldemort-"
"Je sais. On pourra s'occuper de ça quand tu seras lucide."
"Je suis lucide. Nous devons commencer maintenant."
"Tu pourras m'en parler dans ton sommeil, dans ce cas."
"Je ne parle PAS dans mon sommeil."
Remus haussa un sourcil.
"C'est James et toi qui avez inventé ça ! Je n'ai jamais dit quoi que ce soit dans mon sommeil."
Remus leva les mains en une ironique reddition. "J'en suis certain."
"Bien."
"Tu n'as sûrement jamais rien dit à propos de Laurel Windsor."
"Remus !"
Son exclamation s'interrompit alors qu'on lui faisait franchir une porte puis entrer dans une chambre.
"Qu'est-ce que tu fabriques ?"
"TU es en train d'aller dormir."
"Tu es affreusement autoritaire."
"Tu pourrais contrer mon autorité plus efficacement si tu étais moins fatigué."
"Je ne suis pas fatigué."
Issue du désir de ne pas forcer son ami à prendre soin de lui, la rengaine de Sirius était devenue un jeu amusant, celui du caprice entêté d'un enfant qui ne veut pas avoir tort.
"N'est-ce pas là un lit agréable ?" Remus changea de sujet. "Confortable… draps frais… coussin moelleux…"
"C'est pas drôle."
"Ce n'était pas censé l'être."
"D'accord."
"D'accord ?"
"Tu as… raison."
Remus ricana. "Tu es si bon de le reconnaître."
Retirant ses chaussures, mais sans se préoccuper d'enlever sa robe, Sirius s'écroula sur le lit. Remus ne savait pas s'il s'était instantanément endormi ou s'il faisait semblant, quand les yeux de son ami s'ouvrirent à nouveau.
"Attends."
Il se mit en position assise sans la moindre difficulté apparente.
"Patmol. Allonge-toi."
"NON !" Ses yeux étincelaient de désespoir. "Harry."
"Quoi, Harry ?"
"Je ne lui ai pas envoyé de hibou depuis que j'ai quitté Poudlard. Je me déplaçais si vite, mais il a l'habitude que je lui écrive quasiment tous les jours. Il sait ce que je suis en train de faire, et il est probablement terrifié en plus d'être malheureux dans cette maudite ville de Moldus-"
"Je vais lui envoyer un hibou. Je vais le faire tout de suite. Je lui dirai que tu es là et que tu lui écriras dès qu'il aura renvoyé sa réponse."
"Ok."
Les yeux de Sirius se fermèrent, et il s'allongea encore une fois sur le lit. Remus le regarda tristement pendant un moment avant de retourner à son bureau et aux rouleaux de parchemin dont l'avait tiré le hibou de la Gazette du Sorcier plus d'une heure auparavant. Prenant un rouleau vierge, il composa rapidement un message pour son ancien élève.
Harry,
Ton parrain est arrivé chez moi ce matin. Il t'écrira lui-même quand ce hibou reviendra. Nous espérons tous deux que tu vas aussi bien que possible compte tenu des circonstances.
Je ne t'écris pas plus longuement car, plus vite ce message arrivera, mieux ça vaudra pour ta tranquillité d'esprit et la nôtre.
Remus Lupin
A son sifflet, un hibou gris d'allure assez commune émergea des arbres qui entouraient la maison. Avant son année d'enseignement à Poudlard, Remus avait fait en sorte de demeurer un peu à l'écart de la communauté sorcière. Cette attitude quelque peu antisociale rendait son secret plus facile à garder. Cependant, les contacts qu'il avait renoués lorsqu'il enseignait à Harry Potter -entre autres enfants de ses anciens camarades de classe- rendaient impensable l'idée de se cacher ici, dans ce coin de campagne, sans un hibou.
En soupirant, il tenta de s'obliger à se remettre au travail.
OoO
Sirius enfouit plus profondément sa tête dans l'oreiller agréablement parfumé. Il ne réalisa pas tout de suite comment il s'était retrouvé dans cette situation. Il n'avait pas faim, mal nulle part (il était sûr que le lit dans lequel il se trouvait possédait quelque pouvoir de guérison). Peut-être avait-il finalement perdu la tête, et prenait-il le sol d'une caverne pour un confortable matelas. Ou bien avait-il finalement rencontré un puissant sorcier ou un animal sauvage et c'était son corps qui l'avait quitté. Si le ciel procurait ce degré de confort, il était loin d'être déçu.
Peu à peu, des pensées cohérentes lui revenaient.
Il l'avait fait.
Il était avec Remus.
Malgré lui, un grognement lui échappa. Il s'était introduit dans la maison d'un ami qu'il n'avait revu qu'une seule fois pendant les quatorze années précédentes et commencé à blaguer avec lui comme s'ils n'avaient jamais été séparés. Cela avait été une réaction nerveuse, et Remus avait joué le jeu –peut-être même était-ce lui qui l'avait initié- mais, maintenant qu'une plus grande part de leur conversation lui revenait, Sirius s'inquiétait de savoir s'il avait pu dire quelque chose d'offensant. Il avait évoqué le fait de manger des rats, ce qui n'avait sans doute pas vexé Remus il avait accusé Remus de lui donner une potion de sommeil et il l'avait qualifié d'autoritaire. Remus lui avait dit pire, non ?
Il était certainement nerveux lui aussi; sans cela, il n'aurait pas pâli à ce point en voyant Sirius. Avait-il l'air si mal en point ?
Il se leva et jeta un coup d'œil au miroir, qui répondit par un cri.
Il était réellement possible qu'il AIT l'air si mal en point.
Un message rédigé à la hâte d'une écriture familière était déposé sur le bureau placé sous le miroir et l'informait que Remus était dehors en train de pourchasser un strangulot qui avait envahi un bassin de natation appartenant à une ferme voisine. Le message lui recommandait ensuite de faire comme chez lui. Il ne savait pas depuis combien de temps le mot avait été déposé là à son intention, mais il se doucha aussi rapidement que possible compte tenu de la somme considérable d'efforts qu'il lui fallut déployer pour redevenir propre.
"Beaucoup mieux," fit le miroir d'une voix soulagée quand il lui jeta un nouveau coup d'œil.
"Merci," lui répondit-il.
"Vous êtes toujours trop maigre."
Il décida qu'il serait grossier de dire au miroir de son ami de la fermer.
"Je vais m'occuper de ça." Tout d'abord, il s'occupa cependant de nettoyer la chambre et ses vêtements du mieux qu'il put.
Ce devoir accompli, il fit le tour du petit cottage, s'arrêtant avec intérêt en passant devant le bureau de Remus. Lunard avait manifestement déjà commencé le travail qu'ils devaient effectuer ensemble sous peu. Cela consistait surtout à contacter discrètement les anciens alliés et à sonder les sorciers et sorcières de la jeune génération pour déterminer qui était dans quel camp.
"Une longue route nous attend." La voix de Remus interrompit ses réflexions.
Sirius fit brusquement volte-face. "Comment… ?"
"J'évite de piétiner les barrières. Et il y a de nombreux sorts de silence dans ce périmètre, pour des raisons évidentes." Sirius hocha la tête.
"Tu as l'air en meilleure forme."
"Je me sens mieux."
Les blancs dans la conversation commençaient à devenir gênants.
"Merci."
"De rien."
Comme le silence menaçait de s'éterniser, Remus hasarda, "J'ai envoyé ta lettre à Harry dès que tu t'es endormi."
"Ca fait combien de temps ?"
"Environ quatorze heures. S'il renvoie un hibou, il arrivera sans doute demain matin en même temps que la Gazette."
"Ont-il sorti un numéro extraordinaire ces derniers jours ?" Remus retint mal un tressaillement.
"Quoi ?" demanda Sirius avec méfiance.
"C'est une bonne nouvelle, dans un sens," dit prudemment Remus.
"De bonnes nouvelles pourraient m'être utiles."
"Prouver ton innocence est devenu quelque chose comme une haute priorité."
"Ca a toujours été une priorité pour moi."
"Pour moi aussi. Mais ça devient une priorité pour la cause de la magie blanche."
"La plupart des tenants de la magie blanche ne se doutent pas que je suis innocent."
"Non. Il semble que cela finisse par les mettre en danger."
"Envisages-tu de cesser de tourner autour du pot rapidement ?"
"Cornelius Fudge, dans son infinie sagesse," les deux amis échangèrent une moue, "t'a rendu responsable de deux meurtres et d'une apparition de la Marque des Ténèbres. Il veut empêcher les gens de paniquer et de penser que Voldemort est réellement de retour."
Sirius proféra un juron plutôt créatif. Ses longues années à Azkaban lui étaient d'un grand secours dans ce genre de situation.
"Ca rejoint ma pensée," admit Remus. "Mais j'ai eu un échange avec le professeur Dumbledore juste avant ton arrivée et il a suggéré que nous nous contentions d'établir le fait que tu n'étais pas responsable. J'imagine que nous aurons à demander quelques services et à lancer quelques menaces. Si les choses en viennent au pire, nous devrions être à même de sortir un espion de l'ombre pour témoigner que Peter est vivant."
Sirius grogna. "Ca m'étonnerait."
"Quoi ?"
"Tu es au courant? Tu sais qui est le plus important espion de Dumbledore ?" Il avait conscience que ce n'était pas le genre d'information à divulguer à la légère, mais Remus était Remus, et il avait besoin d'en parler à quelqu'un.
"Non."
Sirius résista à l'envie dévorante de ménager l'effet de sa bombe avant de la larguer. "Severus Rogue."
"QUOI ?" Ce n'était pas souvent que Remus perdait contenance, et Sirius sourit malgré lui.
"Le seul et unique."
"Je n'en avais pas la moindre idée."
"Moi non plus. A croire qu'il fait bien son boulot."
"Etait-il un Mangemort ?"
"On dirait bien-"
"Harry !"
"Quoi ?" Sirius fut un instant déconcerté par l'apparente incohérence de son ami.
"Le hibou. Il est de retour."
Remus murmura un sort et une fenêtre s'ouvrit, permettant à l'oiseau d'entrer. Un parchemin était noué à sa patte, mais c'était toujours celui que Remus avait adressé à Harry ce matin-là.
"Qu'est-ce qui cloche chez ce hibou ?"
"Il ne m'a jamais posé de problème," se défendit Remus. "Il n'a rien d'exceptionnel, mais il est tout de même très malin."
"Dans ce cas, qu'est-ce qui cloche avec Harry ?" La voix de Sirius avait atteint un degré d'inquiétude impossible à imaginer pour qui ne l'aurait pas connu.
"Ce n'est peut-être rien." L'affirmation de Remus ne les convainquit ni l'un ni l'autre. "Son oncle et sa tante étaient peut-être sortis et il n'était pas à la maison-"
"Et ton hibou si "malin" ne l'a ni attendu, ni trouvé ?"
Remus jeta un coup d'œil au hibou. "Peut-être est-il dans un mauvais jour." Un hululement d'indignation accueillit cette hypothèse. Le hibou donna ensuite aux deux hommes sa meilleure version d'un regard exaspéré et battit des ailes jusqu'à la fenêtre, s'élançant de côté comme un autre oiseau familier arrivait.
"C'est Hedwige !" s'exclama Sirius, arrachant littéralement des airs la belle chouette dans sa hâte de récupérer la lettre.
"Ce n'est pas l'écriture de Harry."
Remus secoua la tête. "C'est celle d'Hermione. Elle emprunte parfois la chouette de Harry."
"Pourquoi t'écrit-elle ?" demanda Sirius qui, sans être distrait, demeurait curieux.
"Elle le fait depuis que j'ai cessé d'être son professeur." Remus haussa les épaules. "C'est une née-Moldue. Je pense qu'elle aime avoir un sorcier à qui parler qui ne soit ni exactement un professeur, ni l'un des parents de ses amis." Il détacha complètement la lettre et relâcha Hedwige, qui voleta pour se poser sur le rebord de la fenêtre près de son propre hibou.
"Tu vas lire ça MAINTENANT ?"
"Elle PEUT savoir ce qui se passe avec Harry."
Le teint de Sirius se colora légèrement. "Désolé." Remus haussa les épaules, et Sirius se déplaça pour lire la lettre par-dessus l'épaule de son ami.
"Cher professeur Lupin," commença-t-il. "J'ai besoin de votre aide. Harry a des ennuis…"
*To be continued...*
