Cette petite fiction en deux parties est une traduction d'ellastorm, qui m'en a donné l'autorisation. Je l'ai traduite parce que je l'aime beaucoup, et je voulais qu'elle soit accessible pour mes lecteurs qui ne parlent pas anglais, et aussi parce que Mariposa le voulait.
Attention Wincest, pairing qui peut être choquant pour certains. Il y a aussi un peu de lime.
J'aimerais vous dire un mot sur mes autres fictions, mais pour ça je vous donne rendez-vous en bas du second chapitre…
Bonne lecture.
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Il a un an et il y a un sourire quand il prononce ses premiers mots, et une main pour le guider quand il fait ses premiers pas. Aucun des deux n'appartient à son père.
Il a quatre ans et il y a un bras qui le rattrape quand il chute, et une embrassade qui le conforte quand ses genoux sont ensanglantés et que les larmes roulent sur ses joues. Aucun des deux ne vient de son père.
Il a dix ans et il y a des mots gentils et des dîners chauds pour lui quand il rentre de l'école, fatigué et un peu blessé (parce que ses camarades se sont encore moqués de lui). Ce n'est pas son père qui les lui fournit.
Il a treize ans et il y a une aiguille qui le recoud après sa première chasse, et un discret « Je suis fier de toi, Sammy » murmuré dans l'obscurité. Son père n'est pas là. Son père n'est jamais là.
Il a quinze ans et il a tellement, tellement peur, parce qu'il n'a jamais embrassé une fille et qu'il ne sait pas quoi faire, mais il y a une bouche expérimentée qui dit, et une main sûre qui lui montre. Son père n'en apprend rien.
Il a dix-sept et sa tête lui fait mal, parce qu'il ressent des choses qu'il n'est pas censé ressentir, mais il les confie de toute manière. Il y a des baisers légers et des touchers délicats pour le réconforter et pour lui montrer qui n'est pas le seul à être perdu. Pour la première fois, il est heureux que son père ne soit pas là.
Il a vingt-et-un ans et tout lui manque, y compris les mauvaises choses, mais particulièrement les bonnes. Il n'y a rien ici, rien de physique, juste les souvenirs et une voix distante dans le téléphone. Son père peut aller se faire foutre.
Il a vingt-deux ans et il vient juste de perdre la fille qu'il voulait épouser, mais il est assis dans la plus belle voiture du monde à côté du plus bel homme qu'il n'ait jamais connu, et d'une certaine façon c'est plus parfait que les choses n'ont été depuis très, très longtemps. Il y a des regards, des touchers, des baisers, et il y a l'amour (parfois languissant et parfois comme un combat), et il se sent complet. Ils sont à la recherche de leur père, mais d'une manière ou d'une autre ça n'a plus vraiment d'importance à présent.
Il est désespérément, infiniment, définitivement amoureux de son frère, yeux verts, sourire en coin, veste en cuir et blagues stupides, whiskey et pistolets, et une vielle voiture noire. Son père ne saura jamais.
