Note d'auteur totalement dénuée d'intérêt :

( Mon dieu, j'ai jamais écrit un résumé aussi naze. )
Bonjour ^o^, et bienvenue dans ce qui, à la base, devait être un OS. J'ai préféré diviser en voyant que je m'étendais un peu trop en longueur. Je sais pas vous mais j'ai du mal à lire des pavés de 20 000 mots sur ordi. Bref.
Ca va aller vite en tout cas, dix (courts) chapitres grand maximum, et update tous les jours voire tous les deux jours, au cas où.
Et ce chapitre n'est qu'un prologue. Les choses sérieuses commenceront dans le prochain, yark yark.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Ca fait toujours plaisir =)

Chapitre I - Mile-feuilles

" Trente-cinq, trente-six, trente-sept...

- Fichu gosse. Fichu gosse ! " marmonna-t-elle, regardant frénétiquement autour d'elle. Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête de sa mère pour lui demander de tenir compagnie à ce gamin ? Comme si elle n'avait que ça à faire ! Très bien, elle était en vacances, et alors ? Elle avait des devoirs - dont un essai particulièrement coriace sur les propriétés de la Pierre de Lune -, des visites à faire, et sa mère le savait. C'était même elle qui exigeait que ses notes soient plus qu'honorables, et que sa vie sociale soit bien remplie - sans doute dans le but de lui trouver un mari digne de ce nom d'ailleurs.

Alors, pourquoi diable devait-elle passer son temps avec un maudit sang-mêlé ?

Elle n'y comprenait décidément rien. Aussi loin que remontaient ses souvenirs, on ne lui avait permis de fréquenter que des familles de sang-pur - entourage dans lequel elle s'était toujours sentie bien -, sans lui permettre de s'approcher de celles de moindre condition. Elle n'avait jamais vraiment compris pourquoi, et n'avait pas cherché à comprendre. Sa courte vie la satisfaisait ; elle évoluait chaque jour avec un peu plus d'aisance dans le monde de la magie, et ses interactions sociales ne faisaient que s'améliorer.

Faire illusion. C'était la devise de sa mère, et Bellatrix prenait un plaisir monstrueux à l'appliquer. Du haut de ses douze ans, elle était déjà parfaitement capable de berner les gens, et pouvait obtenir d'eux ce qu'elle désirait, parce qu'elle les comprenait. Elle était une observatrice hors-pair, et il ne lui suffisait que de quelques paroles échangées avec une personne pour mettre le doigt sur ses points forts et ses points faibles, sur ce qui la flatterait, la terroriserait.

Et elle s'était créée des masques, des centaines de masques, qu'elle endossait selon les situations. Ton mielleux, voix dure ou brisée, fausses larmes ou regard de braise, elle les alternait à une cadence presque surnaturelle, analysant les situations à la vitesse de l'éclair, réagissant toujours en conséquence. Et toujours, toujours elle avait obtenu ce qu'elle voulait, parce que les autres étaient faibles.

Sa famille n'était pas dupe, elle le savait. Comment aurait-elle pu l'être, alors que c'était elle qui lui avait tout appris ? Alors, elle avait surtout exercé ses talents à Poudlard, école qu'elle avait intégrée deux années auparavant. Elle s'amusait parfois à penser que les rôles étaient étrangement inversés, que sa famille était son école et que l'école n'était que son terrain de jeu. Son terrain de chasse. Et elle avait pu en chasser, des ignorants, des faibles ! Prédatrice, elle s'était sentie prédatrice en posant son premier pied dans la Grande Salle et en contemplant les visages innocents, pleins d'une joie pure encore enfantine, tout à l'émerveillement d'être dans ce lieu magique - au sens littéral.

Ils ne demandaient que ça.

Certains s'étaient tournés vers elle dès le premier jour avant même qu'elle n'ait pu dire un mot, car à ses talents s'ajoutait une qualité indéniable : elle était belle. Non pas d'une beauté banale comme celle des mannequins de Sorcière Hebdo, mais d'une beauté noble, d'un port et d'un charisme qui, lorsqu'elle les mettait consciemment en valeur, faisait baisser les yeux de plus d'un élève. Elle ne faisait pas ses quatorze ans, s'accordait-on à dire. En fait, c'était tout comme si elle n'avait pas d'âge.

Là-bas, elle avait pu vérifier les paroles de sa mère : les autres n'avaient pas de valeur. Il suffisait de voir à quelle vitesse ils se soumettaient à elle. Aucun n'avait vu à travers elle, aucun n'avait compris qui elle était et à quel jeu elle jouait. Ils étaient stupides, tous, et Bellatrix savait qu'elle les prendrait un peu plus au piège à mesure que le temps passerait. Elle brûlait déjà d'y retourner, d'aller un peu plus loin dans le contrôle qu'elle exerçait sur eux.

Mais avant cela, elle avait un problème de taille à régler. Un problème de cinq ans. Elle pesta intérieurement.

" Sois gentille avec lui ", lui avait-on dit. " N'agit pas avec lui comme envers les autres. C'est important ".

Evidemment, on ne lui avait pas expliqué pourquoi, et cela la mettait hors d'elle, mais elle n'avait pas d'autre choix que de se plier aux ordres. Et donc être "gentille" avec lui. Y compris si celui-ci proposait une partie de cache-cache.

Si on me voyait..., pensa-t-elle en trouvant refuge dans l'étroit espace entre le canapé du salon et le mur. Elle n'osait même pas penser aux conséquences que cela impliquerait. Toute une réputation, deux ans d'efforts constants fichus en l'air... Tout ça pour un gosse.

" Ceeeeeeeeeeeeeeeeeent ", clama une voix enjouée dans la pièce adjacente, et un bruit de pas léger lui parvint depuis la cuisine où il avait commencé à compter. Il n'allait pas mettre longtemps à la trouver. Elle avait dû légèrement bouger le fauteuil pour pouvoir se réfugier derrière lui, et il n'était définitivement pas assez haut. Bellatrix ne doutait pas que le gosse apercevrait le haut de sa tête dès qu'il entrerait dans la pièce - ça n'était pas plus mal. Mieux valait en finir vite, où elle aurait du mal à garder son calme. Elle était une Black, nom d'un chien ! Certainement pas une vulgaire nounou !

Elle entendit ses pas s'approcher et, de là où elle était, pu voir ses pieds pénétrer dans la pièce. Ses pieds chaussés de vulgaires chaussures en toile usée. Comment peut-on porter ces horreurs ? Aucune classe. Mère avait raison.

Ses pieds disparurent un instant de son champ de vision ; elle perçut un mouvement sur le canapé et, une seconde plus tard, quelque chose lui tirait les cheveux.

" Trouvéééééééééééée, clama joyeusement la voix enfantine.
- Aïe ! Lâche ça tout de suite ! ", gronda-t-elle en se relevant. Elle empoigna la main de l'enfant et l'obligea à lâcher prise, plus violemment qu'elle ne l'avait voulu.

Elle tenta de se recoiffer tant bien que mal, et son regard croisa celui du gamin ; il était visiblement au bord des larmes. Zut ! Sois gentille, Bella ! Calme-toi !

" Ne touche pas à mes cheveux, lui dit-elle de sa voix la plus douce en souriant. Je déteste ça.

- D'accord, répondit-il après un silence. C'est à ton tour alors ! ", ajouta-t-il, les larmes disparaissant déjà de ses yeux pour être remplacées par cette lueur innocente propre à ceux qui n'ont pas encore vécu.

Ha non ! Certainement pas !

" Ecoute, tu ne voudrais pas plutôt ... - elle regarda frénétiquement autour d'elle, cherchant une idée. Par Merlin, elle n'avait jamais eu à manipuler un môme ! - aller un peu dehors ?, proposa-t-elle lorsque son regard se posa sur la pancarte " parc " au bout de la rue qu'elle voyait depuis la fenêtre. Alors qu'il semblait sur le point de protester, elle ajouta :

- Je peux prendre des gâteaux pour la route ! ", et un second sourire illumina le visage rond.

***

Ils doivent bien avoir des sucreries dans cette maison !, pesta-t-elle en fouillant dans les placards, mais elle ne trouva rien, rien ! Son regard se porta à nouveau à l'extérieur, et ce qu'elle vit la fit sourire.

" En route ! ", lança-t-elle d'un ton qu'elle voulait joyeux. L'enfant la suivi aussitôt à l'extérieur de la maison. Quelques mètres plus loin se trouvait la pâtisserie moldue qu'elle avait repérée depuis la fenêtre. Elle lança un rapide sort d'attraction en passant à côté de la porte ouverte. Les propriétaires n'y virent que du feu, et elle se retrouva avec un large paquet de gâteaux entre les mains.

Arrivé au parc, l'enfant courut aussitôt vers la balançoire, et Bellatrix s'assit sur un banc, gardant un oeil sur lui.

L'endroit était désert, bien que l'après-midi n'était que peu avancé. La chaleur poussait sans doute les gens à rester chez eux, traquant le moindre courant d'air dans les pièces que le soleil ne pouvait atteindre. Tant mieux. Malgré le fait que le quartier semblait essentiellement moldu, elle ne pouvait être certaine qu'aucune de ses connaissances de Poudlard n'habitait dans les environs. On risquait moins de la voir en telle compagnie dans ces conditions.

L'enfant avait l'air aux anges, et elle ne comprit pas pourquoi. On ne l'avait jamais emmenée en pareil endroit lorsqu'elle avait son âge. C'était même hors de question ! Elle l'observa, et se demanda quel plaisir il pouvait ressentir à se balancer sur cette stupide planche de bois. La futilité des jeux des familles moindres, lui aurait dit sa mère. Aucune fierté, songea-t-elle alors qu'il partait d'un éclat de rire cristallin à mesure qu'il s'élevait de plus en plus haut.

Au moins, il ne devait pas avoir aussi chaud qu'elle. Le banc sur lequel elle s'était installée était frappé de plein fouet par le soleil, et la lourde robe de soie verte alliée à sa cape n'arrangeaient en rien les choses. Elle se força à se redresser, arborant le maintien propre à une famille de rang tant bien que mal. Sur ses genoux, le paquet contenant les gâteaux commençait apparemment à souffrir lui aussi de la chaleur : elle pouvait sentir le glaçage commencer à se liquéfier dans l'emballage. Elle jeta un regard hésitant vers l'enfant, visiblement oublieux de sa présence, avant de se résoudre à se lever et à le rejoindre.

" Comme promis ", lui dit-elle de sa voix la plus enthousiaste en lui tendant le paquet.

Après une hésitation, l'enfant le lui pris timidement des mains et l'ouvrit. Ses yeux s'agrandirent de surprise en apercevant le contenu du sac.

" Tout ça pour moi ? ", s'exclama-t-il. Voyant qu'elle hochait la tête, il se jeta sur elle et l'étreignit par la taille.

" Bella, je t'adore ! "

Pour la première fois de sa vie, elle ne sut comment réagir et resta figée comme une statue jusqu'à ce qu'il la relâche. Ignorant l'effet qu'il avait produit sur elle, il retourna s'asseoir sur la balançoire et commença à engloutir le premier gâteau, un éclair au chocolat. En l'espace de quelques secondes, sa bouche et ses joues furent maculées du glaçage du gâteau. L'effet qu'avait produit sur elle l'étreinte qu'il lui avait donné - effet sur lequel elle était incapable de mettre un nom - s'effaça instantanément. Manque d'éducation flagrant. Comment pouvait-on se goinfrer comme une bête ?

Elle se détourna et s'apprêtait à s'en retourner sur le banc lorsqu'il l'appela. Soupirant, elle se retourna vers lui et vit qu'il lui tendait l'un des gâteaux. De la nourriture moldue ?, s'indigna-t-elle intérieurement, prête à lui prendre le mille-feuilles des mains uniquement pour le lui jeter au visage. Mais la voix de sa mère résonna dans sa tête comme un rappel à l'ordre.

Sois gentille avec lui. C'est important.

Ca a plutôt intérêt à l'être, grogna-t-elle. La mort dans l'âme, elle saisit le gâteau du bout des doigts comme si c'était là la chose la plus écoeurante du monde et s'assit dignement sur la deuxième balançoire à côté de l'enfant. Lui s'était déjà emparé d'une autre pâtisserie et l'avalait à la vitesse de l'éclair, ne prenant même pas la peine d'avaler avant de prendre une nouvelle bouchée. Elle le trouvait tout bonnement répugnant. Elle observa suspicieusement son propre gâteau, qui commençait déjà à lui coller aux mains. Ca n'a pas l'air si mauvais, pensa-t-elle. Tu ne perds rien à essayer. Tant que personne ne te voit...

Hésitante, elle grignota un coin de la pâtisserie. Le morceau eut du mal à passer - elle eut l'impression qu'un caillou descendait le long de sa gorge, sans doute un mauvais effet de sa conscience. Mais le goût n'était pas aussi mauvais qu'elle l'avait imaginé. Elle croqua à nouveau, cette fois plus franchement, et eut moins de mal à avaler. Pas mauvais du tout, songea-t-elle. C'est même plutôt bon. Et elle prit une nouvelle bouchée, finissant par se régaler sans vouloir se l'avouer, se forçant à manger dignement et sans hâte comme on le lui avait appris. Lorsqu'elle eut fini, elle se lécha les lèvres dans un geste qu'elle voulut discret - elle n'avait fait cela qu'une seule fois, à dîner, et sa mère lui avait lancé un regard lourd de reproches - mais elle se rendit compte que l'enfant l'observait d'un air amusé.

" C'était bon hein ?

- Attends un peu.... Tu as tout fini ?, s'exclama-t-elle en constatant que le sac était vide.

- Mais tu as dit...

- Tu vas être malade ! Et pour l'amour du ciel, essuie-moi ça ! " Joignant le geste à la parole, elle sortit son mouchoir de sa poche et entreprit de débarbouiller son visage. " On n'a pas idée de manger de la sorte ! Tes parents ne t'ont donc rien appris ?"

Etrangement, ses paroles eurent l'effet contraire que celui qu'elle désirait : l'enfant semblait s'amuser au plus haut point. Elle le regarda d'un air sévère tout en haussant un sourcil dubitatif.

" Je croyais que tu me grondais parce que je ne pouvais pas tout manger mais en fait, tu t'inquiétais pour moi. ", dit-il simplement.

M'inquiéter ? Sûrement pas !

Elle ne doutait pas que son visage exprimait une colère qui en aurait fait fuir plus d'un à Poudlard. Pourtant, il continuait à sourire en la regardant. Désemparée, elle leva les yeux au ciel.

A cet instant, une voix l'interpella. Faisant volte-face, elle vit la mère de l'enfant venir vers elle.

" Bellatrix ! Tout s'est bien passé ?

- Très bien, madame, assura-t-elle.

- Tant mieux, tant mieux, répondit la mère tout en observant son fils. C'est une chance que vous ayez répondu à notre annonce, vraiment, une chance. " Puis elle ajouta, plus bas, de manière à ce que son fils qui était retourné à la balançoire ne l'entende pas :

" Il a l'air de bonne humeur. J'étais un peu inquiète à vrai dire. Non pas que je remette vos capacités en doute, mon enfant, ajouta-t-elle précipitamment, visiblement effrayée que la jeune fille ne se méprenne sur le sens de ses paroles. C'est juste qu'il n'est pas très sociable en temps normal. "

Bellatrix haussa à nouveau un sourcil. Ce gamin lui avait paru très sociable. Trop même.

" Il n'y a eu aucun problème madame, se contenta-t-elle de répondre en forçant une expression aimable sur son visage. Vous avez un enfant adorable. "

La mère se contenta de lui sourire avec reconnaissance.

" Demain ?, demanda-t-elle.

- Demain, confirma Bellatrix. Ce sera avec plaisir, madame.

- Une chance, vraiment. Merci, mon enfant. "

La mère lui donna une brève et chaleureuse pression sur les épaules avant de se détourner vers son fils. Celui-ci, comprenant qu'il était l'heure de rentrer, se jeta à nouveau sur Bellatrix pour l'étreindre par la taille et leva vers elle des yeux brillants.

" Demain, on refera une partie de cache-cache hein ?

- Bien sûr, lui répondit-elle. Si tu veux. "

***

Bien après que la mère et l'enfant aient disparu de sa vue, Bellatrix resta assise sur la balançoire, songeuse. Ce foutu gosse !

Elle était incapable de le comprendre. Elle n'avait pas appris à comprendre les enfants. Leur raisonnement était au-delà de sa logique. Peut-être n'était-il tout simplement pas logique. Ou trop simplement logique. Peut-être était-elle trop habituée à percevoir mille et uns raisonnements manichéens dans l'esprit des autres pour concevoir qu'un seul être humain sur cette planète ne fonctionnait pas de cette manière.

Il faudrait qu'elle revoie ses plans, son comportement. Cela ne devait pas être si difficile. Ca allait même ajouter une expérience de plus à son palmarès. Pourquoi s'en soucier ?

Pourquoi était-elle si perturbée par cet enfant ?

Et pourquoi, pourquoi se sentait-elle aussi triste ?