Chapitre 1) l'évacuation
Tout est devenu si compliqué depuis la mort de maman… Je dois veiller seul sur Papyrus qui ne comprend pas vraiment la situation… Enfin bon, il n'a que 4 ans, je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Une guerre entre les humains et les monstres a finalement éclatée. Ceux de notre espèce sont obligés de se réfugier sous terre pendant que la Garde Royale s'occupe de 'négocier' avec les humains, comme nous l'a dit maman… C'est d'ailleurs parce qu'elle est tombée au combat contre un humain qu'elle a perdu la vie… Maman a toujours été la plus forte femme qui compose la Garde Royale, mais il faut croire que contre les humains, ça n'était pas suffisant... Quant à notre père, eh bien, on ne l'a jamais connu. Mais cela nous a pas empêché de vivre tranquillement tous les trois, comme une vraie petite famille… jusqu'à ce jour.
Je garde fermement Papyrus dans mes bras tandis que je suis le mouvement de la foule. Les monstres autour de nous hurlent d'effroi et ne pensent qu'à fuir rapidement la surface, de peur de croiser le chemin d'un humain. Personnellement, je ne sais pas trop à quoi ressemblent les Hommes, donc j'imagine que c'est pour ça que je reste aussi calme et que j'avance simplement en maintenant mon petit frère contre moi. Je le vois m'observer avec ses petits yeux inquiets, mais il faut que je reste fort. Pour lui. Pour maman.
Petit à petit, les mouvements de paniques s'atténuent. Nous marchons tous tranquillement pour rejoindre la barrière qui devrait nous protéger de l'intrusion d'un quelconque humain. Puisque le calme semble être revenu, j'en profite pour baisser les yeux vers Papyrus avant de jouer un peu avec lui en le taquinant avec ma seconde main. Il continue de rire joyeusement tout en jouant avec ma main qu'il essaie d'attraper dans les siennes. Ahlala… Si jeune et innocent… Le sourire de mon adorable petit frère vaut vraiment tout l'or du monde dans ce genre de situation. Subitement, je sens une main se poser sur mon épaule je me retourne donc avant de faire face à un monstre que je n'ai jamais vu auparavant.
« Excuse-moi jeune homme mais… Serais-tu le fils de Cambria ? J'observe cette inconnue un instant avant d'hocher timidement la tête. Oh, je vois… Dans ce cas, je suis désolée pour ta maman… Je me présente, je me nomme Calibri, et avec mon frère, Gadugi, nous tenons un orphelinat pour les enfants qui sont dans le même cas que ton frère et toi. Cette vieille dame place sa main devant moi, comme si elle voulait que je place la mienne dans la sienne. Si cela ne t'ennuies pas, j'aimerais vous emmener tous les deux, mais par contre, tu comprends que je devrai placer ton frère dans un endroit où réside des enfants de son âge, n'est-ce pas ?
-Q-quoi ? Vous voulez m'enlever mon petit frère… ? Elle hoche tranquillement la tête.
-Oui, mais c'est pour votre bien à tous les deux, tu comprends ? Je serre Papyrus fort contre moi en tenant son petit corps avec mes deux mains.
-N-non… Je n'veux pas… Le frère de Calibri commence à perdre patience.
-Pourquoi tu prends autant de temps sœurette ? Je vais te montrer comment procéder. Il s'approche rapidement de moi, mais je n'ai à peine le temps de faire demi-tour qu'il m'attrape par ma capuche tandis que des larmes perlent à mes orbites.
-Non ! Lâchez-moi ! Je n'veux pas !
-Mais qu'est-ce que tu fais Gadugi ?! Laisse ce pauvre enfant ! Son attention étant détourné par les cris de sa sœur, j'en profite pour me défaire des mains de mon ravisseur. Je leur fait face tandis que les larmes ruissèlent sur mes joues.
-Je ne laisserais personne m'enlever mon frère ! » Soudainement, la rage accumulée en moi se transforme peu à peu en magie tandis qu'un œil bleu vient remplacer mon œil gauche. Je n'ai pas le temps de comprendre quoique ce soit, que Papyrus et moi sommes maintenant à l'intérieur de ce qui semble être une église. Je zieute les alentours et je ne comprends pas vraiment ce qu'il vient de se passer : est-ce que… est-ce que je viens juste d'utiliser de la magie… ? Comme maman ?... Heheh, c'est la toute première fois que je me serre de cette force que je ne soupçonnais même pas. Mon petit moment d'euphorie est de courte durée puisque j'entends déjà les voix des frères et sœurs qui courent à l'extérieur.
« Où-est-ce qu'il est passé ce gosse ?! Putain ! Si dame Toriel apprend que nous avons perdus deux enfants, elle va certainement nous carboniser sur place ! » Ok, bon, apparemment, ils sont à ma recherche… Faut que je parte d'ici et rapidement, sinon, ils vont m'enlever Papyrus… Et d'ailleurs, en parlant du loup, mon petit frère choisit toujours les meilleurs moments pour se mettre à pleurer.
« Oh nononononon… Chuuuut Pap'~ Tout va bien, ne pleure pas frérot… Regarde-moi regarde-moi… Touuut va bien, shhhh~ » Je soupire de soulagement lorsque je vois qu'il recommence à sourire et à tendre ses petits bras vers moi. Je lui souris en retour tandis que je saisis ses petites mains avec délicatesse avant de les bouger un peu partout pour le divertir. Bon, revenons à notre problème de base : les deux de dehors ne nous ont pas repérés… je sais pas trop par quel miracle d'ailleurs mais bon, je ne vais pas m'en plaindre. Je me remets doucement debout tout en enfilant ma capuche et en resserrant un peu l'écharpe de Papyrus autour de son cou avant de nous diriger vers la sortie. Je sors timidement ma tête à travers l'entrebâillement de la porte avant de sortir complètement pour continuer à suivre le mouvement de foule, l'air de rien.
Ok, maintenant qu'on a tous rejoint la barrière et qu'elle est verrouillée, nous sommes officiellement en sécurité ici, dans l'Underground. J'ai toujours trouvé cet endroit assez cool en vérité : le fait que les monstres aient crée une deuxième ville en cas d'extrême urgence est assez impressionnant je trouve. Mais bon, être ici a ses avantages et ses inconvénients… Par exemple, le monde souterrain est divisé en plusieurs zones avec un climat propre à chaque zone. Les monstres sont donc obligés de se diviser selon les capacités de chacun. En ce qui nous concerne Papyrus et moi, nous sommes des squelettes, et par conséquent, nous n'avons pas de peau, donc nous pouvons nous adapter sans problème à n'importe quel endroit sans craindre le froid ou le chaud. Heheh, il faut bien que chaque types de monstres aient ses avantages et ses inconvénients aussi, non ? Enfin bref, quoiqu'il en soit, j'ai toujours eu un faible pour la petite ville de Snowdin, et c'est là-bas que maman avait prévu qu'on aille si un jour on devait se réfugier sous terre. Mais… le seul problème, c'est que je ne sais pas si maman a acheté une maison ou non… et même si je le savais, je ne pense pas qu'on pourrait entrer, la porte doit être verrouillée j'imagine.
En attendant de trouver de l'argent pour améliorer nos conditions de vies, j'amène Papyrus dans des endroits couverts un maximum. C'est vrai qu'à Snowdin, le vent souffle pas mal et la neige tombe à foison : je ne voudrais pas prendre le risque que mon petit frère tombe malade. Cependant, il faut dire que les monstres ne sont pas très réceptifs et compréhensifs. Si nous restons trop longtemps dans un bar, nous sommes rapidement jetés dehors, et ce genre de chose… Les gens du coin sont assez méfiants lorsqu'ils voient un jeune de 12 ans se balader avec son petit frère partout : ils pensent que je vais demander à Papyrus de les occuper pendant que j'irais voler de la nourriture ou ce genre de chose. Bon, il faut dire que l'idée n'est pas si mal puisque le manque de nourriture se fait rapidement ressentir du côté de mon frère. J'essaie de veiller un maximum à sa santé en allant fouiller dans les poubelles des monstres en espérant tomber sur des restes assez nourrissants, mais c'est peine perdu puisque les trouvailles ne sont pas fastidieuses et les monstres nous chassent à chaque fois…
J'ai finalement réussi à dégoter une petite maison qui fait parfaitement l'affaire pour deux monstres comme nous : c'est une maison abandonnée qui se trouve au cœur de la forêt et qui est éloignée de tout. Bon, l'intérieur laisse à désirer puisque la poussière jonche chaque recoin de la maison, et le seul lit que nous avons, eh bien, c'est un simple matelas qui repose parterre avec une pauvre couverture. Mais comme je l'ai dit, c'est suffisant pour nous, et je ne vais pas m'en plaindre : je préfère ça que passer mes nuits dehors sans être à l'abris du vent, de la neige, et des possibles agresseurs.
De retour à la maison, je retire le blouson et l'écharpe de Papyrus avant de retirer ma propre veste pour me jeter ensuite sur le matelas. Je ne tarde pas à être rejoint par mon frère qui essaie de me pousser pour avoir un peu plus de place. Je décide donc de me retourner vers lui pour le prendre dans mes bras avant de me mettre sur le dos pour le soulever, ce qui entraine une multitude de rire de sa part. L'attitude toujours aussi joyeuse de mon petit frère réussit à me faire garder le sourire, même dans ces moments difficiles.
« Qu'est-ce que je ferais sans toi frérot… T'es vraiment le plus cool.
-Nyeh Heh Heh ! Le comportement de mon petit monstre me fait pouffer.
-Faut vraiment que t'améliores ton langage frangin. Il gonfle les joues et fronce les sourcils.
-J'ai faim Sans… J'écarquille les yeux avant de reposer Papyrus contre moi.
-Je sais Pap'… Moi aussi… Mais tu as bien vu comment les gens réagissent à chaque fois non ? Je soupire lorsque j'entends l'estomac de mon frère gronder. …Je… J'irais te chercher à manger demain, d'accord ? » Il se contente d'hocher la tête, déjà au bord du sommeil.
