Les personnages sont tous de la série TV Glee et appartiennent donc à Ian Brennan, Brad Falchuk et Ryan Murphy.

Ceci est une song-fic, basée sur la chanson A Thousand Miles de Vanessa Carlton (permalink YouTube : watch?v=Cwkej79U3ek). Initialement death-fic.

Les reviews sont les bienvenues !


A Thousand Miles.

Making my way downtown
Walking fast

Blaine marchait à travers la ville. Son seul souhait était d'arriver chez lui, de le trouver..
Son pas s'accéléra imperceptiblement à cette seule pensée, et bientôt il courait à travers les rues. Arrivé en centre-ville, il coupa sans ralentir en traversant le centre commercial.

Il était tout proche. Il était tout proche.

Faces pass
And I'm home bound

Il ne prenait plus la peine de s'excuser lorsqu'il bousculait quelqu'un : il rentrait dans une personne tous les deux mètres. Les visages défilaient, vagues, et il ne s'en souciait guère. Certains passants criaient sur son passage, se retournant et l'injuriaient. Blaine s'en moquait.

Dans son esprit, résonnait l'unique idée qu'il se rapprochait de son appartement. Et de lui.

Staring blankly ahead
Just making my way

Il ne voyait même plus les visages autour de lui. Un seul l'aveuglait, pâle, doux, et dans son imagination sa blancheur s'accentuait jusqu'à devenir transparence, puis disparaître..
Blaine ferma ses yeux avec force, chassant les larmes de colère et de douleur l'aveuglant soudain. Il ne ralentit pas pour autant et lorsqu'il les rouvrit, sa course redoubla d'intensité, sa vitesse s'accentuant et il se sentait voler.

Il avançait. C'était le plus important.

Making a way
Through the crowd

Fondant à travers la foule, il surgit enfin à l'extérieur, sous un Soleil couchant. Il avait réussit à traverser le centre commercial sans véritable problème. Il n'aurait que quelques bleus le soir-même.

Bleus dont il ne s'apercevrait sûrement pas de l'existence, d'ailleurs. Pas dans cette situation.

And I need you
And I miss you
And now I wonder..

Son cerveau bouillonnait. Il avait besoin de lui, maintenant. Et il avait besoin que Blaine soit là.

Les questions tourbillonnaient en lui sans qu'il n'en cherche les réponses. Elles se répétaient inlassablement, ne lui laissant aucun répit.

If I could fall
Into the sky

Il ne s'arrêta que deux secondes, ses pensées embrouillées semblant croire que ça lui suffirait à reprendre son souffle.

Durant ces deux minuscules parcelles de temps, le regard de Blaine se leva vers le ciel. Le Ciel. Il ne souhaitait pas y penser, la négativité le submergeait et il se savait dangereusement proche du point de rupture. Il ne pouvait pas se le permettre.

Do you think time
Would pass me by

Le temps semblait arrêté. Depuis combien de minutes, d'heures courait-il ?

Il ressentait son souffle dans ses poumons, chaud et pesant, en quantité insuffisante pour aider ses membres. Ses jambes lui brûlaient, la transpiration lui tombait devant les yeux. Il ne se sentait plus avancer, seul le paysage changeant autour le lui assurait.

'Cause you know I'd walk
A thousand miles

Il était parti du théâtre où il répétait, à quelques rues de celle où il avançait désormais. Peut-être trois ou quatre kilomètres séparaient son lieu de travail du centre commercial, mais dans l'immédiat il ne s'en souvenait plus.

Il savait qu'il ne s'arrêterait pas avant de l'avoir atteint. Qu'importe où il se trouvait, il pourrait traverser l'océan à la nage si cela se trouvait nécessaire.

If I could
Just see you
Tonight

Ils étaient en Décembre, la nuit tombait tôt. Le Soleil couchant des minutes précédentes avait maintenant été remplacé par les lumières filtrant des lampadaires de la ville. Il faisait sombre.

Il devait se dépêcher. Il ne pourrait pas le croire sans l'avoir vu de lui-même, de ses propres yeux.

It's always times like these
When I think of you
And I wonder
If you ever
Think of me

Il savait qu'il murmurait son nom, mais non pas car il s'entendait le dire. Il sentait sa gorge vibrer sous des paroles qu'il ne percevait pas et que son esprit ne pouvait déchiffrer, même si c'était les siennes.

Pensait-il à lui ? Pouvait-il seulement encore penser ?

'Cause everything's so wrong
And I don't belong

Il montait désormais quatre à quatre les marches menant à son étage. Il lui en restait trois à grimper. Il aurait pu utiliser l'ascenseur, mais il ne serait pas parvenu à rester immobile dans la cabine le temps que le trajet entre les cinq paliers soit effectué.

Il ne pouvait accepter la situation. Il y avait trop de souffrance là-dessous. Il lui était impossible de soutenir une telle chose. D'y penser.

Living in your
Precious memories

Blaine se demandait comment il allait faire, plongé dans des souvenirs, tandis qu'il mettait finalement le pied sur son palier. Car il ne pourrait vivre avec des souvenirs.
Il descendit le couloir, tournant au coin sans ralentir et percutant le mur dans son élan.

Il jura. Il se rappelait trop de choses. Il ne pourrait jamais supporter de le perdre.

'Cause I need you
And I miss you
And now I wonder..

Il avait besoin de lui dans sa vie. C'était indispensable pour qu'il ne devienne pas fou. Le voir, le savoir en sécurité, avec lui.

L'étrange pressentiment du matin même était donc expliqué. Blaine se demandait pourquoi il n'avait pas suivit son instinct, pourquoi il était parti travailler. Finalement, son travail, sa carrière ne vallait plus rien à ses yeux s'il ne pouvait en profiter.

If I could fall
Into the sky

Il vit la porte de son appartement, close, et il se sentit tomber, dans un puits sans fond, noir, si sombre que personne ne pourrait plus jamais le rattraper s'il ne faisait rien maintenant.

Et la peur le submergeait tandis qu'il approchait. Et s'il ne pouvait déjà plus rien faire ? Si l'abysse l'avait déjà attrapé, si lui-même allait y chuter en passant ce panneau de bois ?

Do you think time
Would pass me by

Il avait la sensation que le bout de couloir, séparant le coin où il venait tout juste de tourner de sa porte d'entrée, s'élargissait sans cesse et qu'il ne pourrait jamais l'atteindre.

Il le devait pourtant. Pour lui. Il devait avancer, rassembler ses idées pour pouvoir faire les sept pas le séparant du reste de sa vie.

'Cause you know I'd walk
A thousand miles

Avait-il mis trop de temps ? Il avait toujours dit qu'on pouvait compter sur lui, dans toutes les situations. Mais il ne s'était pas précipité ici pour cela, pour ses propres paroles.

Il était venu car il le souhaitait. Car il savait de quoi il était capable pour lui.

If I could
Just see you
Tonight

Il déboula enfin dans l'appartement, claquant la porte contre le mur où elle rebondit dans un bruit sourd. Son cerveau enregistra rapidement son environnement : presque rien n'avait changé depuis qu'il avait quitté le lieu quelques heures plus tôt.

Il ne le voyait pas dans le salon. Ni dans la petite cuisine qui s'ouvrait sur sa gauche. Et c'était cela qui était inhabituel.

And I, I

Son souffle redoubla, bien qu'il ne courait plus.

Don't want to let you know

Il ne voulait pas savoir.

I, I

Blaine traversa rapidement son salon, fixant la porte claire qui donnait sur la chambre à coucher.

Drown in your memory

Il savait qu'il y avait une photographie sur le buffet, et son cœur se crispa en la revoyant dans sa mémoire, se représentant son sourire dessus.

I, I

Sa main se tendit vers la porte alors qu'il lui restait encore une dizaine de pas à faire pour pouvoir l'atteindre.

Don't want to let this go

Il n'allait pas abandonner maintenant. Pas si près de lui.

I, I

Il ouvrit le battant sans réfléchir à deux fois.

Don't..

-KURT !

Making my way downtown
Walking fast
Faces pass
And I'm home bound

Il se précipita vers le corps inerte, le visage figé au sol l'attirant bien plus que ceux souriants accrochés aux mur.

Où était-il ? Il ignorait s'il était bien chez lui, tellement l'idée lui paraissait impossible. Irréalisable.

Staring blankly ahead
Just making my way
Making a way
Through the crowd

Blaine savait que son visage n'exprimait plus rien depuis longtemps. Il avait laissé la foule vivre autour de lui pendant qu'il restait à genoux près de son corps. Il avait suivit aveuglement jusqu'à l'ambulance, puis dans l'hôpital, où il avait dû patienter plus de cinq heures, puis dans une grande chambre blanche.

Et c'était seulement à ce moment-là que son regard avait récupéré une étincelle de vie. Il s'était approché du lit métallique. Il savait que ce n'était pas fini, mais l'espérance l'habitait à nouveau.

And I still need you
And I still miss you
And now I wonder..

Il caressa doucement les cheveux fins devant lui, souriant tristement tandis que le médecin qui l'avait conduit jusqu'à lui lui donnait quelques informations.

Mais il ne l'écoutait. Son attention n'était porté que sur le jeune homme occupant la pièce, encore inconscient mais qui devrait bientôt se réveiller, si tout allait bien -c'était la seule phrase que Blaine avait pu décrypter, juste avant qu'il n'ouvre la porte quelques secondes auparavant.

If I could fall
Into the sky
Do you think time
Would pass us by
'Cause you know I'd walk
A thousand miles
If I could
Just see you..

Blaine attendit.
Il ignore combien de temps, mais il attendit. Longtemps.

Le faible bruit de l'horloge au-dessus de la tête de lit semblait être décuplé dans cet univers silencieux. La course du temps semblait parcourir des centaines de mètres, inlassable, tandis que les aiguilles tournaient sans relâche.

La fatigue le tiraillait, mais il n'avait aucune attention de plonger dans le sommeil. Il voulait le voir ouvrir les yeux. Être le premier visage, la première chose qu'il contemplerait. La première voix qui lui assurerait que tout ira bien, maintenant, qu'ils étaient saufs. Le première personne qui le toucherait à son réveil.

If I could fall
Into the sky
Do you think time
Would pass me by
'Cause you know I'd walk
A thousand miles

La nuit passa. Une partie de la journée suivante aussi. Implacable, la vie se poursuivait. Blaine souhaitait arracher le cadran, qui ne faisait que lui rappeler depuis combien d'heures il se trouvait là.

If I could
Just see you

Et enfin, il bougea.

Blaine retint son souffle, incertain de devoir faire confiance à sa vision brouillée par les larmes et le manque de sommeil.

Ses paupières battirent, une fois. Rapidement. Puis se rouvrirent plus lentement sur les deux orbes bleus.

If I could
Just hold you

Blaine s'approcha, prudemment. Leurs regards se croisèrent. Sa main se referma sur la sienne, et il se pencha pour l'embrasser.

Doucement. Comme si ça vie en dépendait.
Et c'était le cas. Il dépendait de l'homme allongé dans ce lit. De son époux.

Tonight

Plus tard dans la soirée, le couple était dans la même position que la veille, si ce n'est que les deux étaient éveillés.
Blaine s'était lamenté d'excuses de ne pas avoir vérifié son répondeur plus tôt. Kurt d'avoir voulu changer une ampoule et de s'être électrocuté.

Le médecin était passé, aussi. Plusieurs fois. Leur disant que Kurt avait eu beaucoup de chance, beaucoup de chance de ne pas être mort sur le coup. D'être parvenu à téléphoner. D'avoir eu Blaine avec lui.

Et Burt, aussi. Avec Finn, et Rachel, sa fiancée. Et le lendemain, tous savaient que la seconde meilleure amie de Kurt, Mercedes, allait venir. Et puis d'autres encore. Et ils savaient que le passage s'ouvrant devant eux allait être dur.
Mais Blaine n'abandonnerait pas. Et Kurt ne le laisserait pas abandonner. Ils étaient deux, ils passeraient au-dessus de cela. Ils s'en remettraient.

Mais ce soir-là, il n'y avait qu'eux deux. Que deux hommes mariés, à New-York, avec leurs rêves réalisés. Et d'autres, nouveaux, qui apparaissaient.
Deux hommes qui s'aimaient. Et qui surpasserait letraumatisme qui les habitait désormais tous deux.

Tonight..


J'ai tenté d'enlever les phrases à double-sens du récit, ainsi il n'en reste plus qu'une, importante, au milieu du texte ; car les doubles-sens ne sont la plupart du temps pas compris, ou seulement au bout de plusieurs lectures et de réflexion. Ici, ce n'est pas un texte qui demande à être réfléchi pendant la lecture, mais qui tente de faire réfléchir ensuite. J'ai aussi joué sur le rythme des phrases pour accentuer certains passages, j'espère que ça a été efficace.

Je sens obligée obligée de répéter qu'à l'origine, c'était une death-fic. Oui, Kurt Elisabeth Hummel Anderson aurait dû mourir de son accident, une après-midi de Décembre. Je ne souhaite pas que vous me demandiez d'écrire l'idée originale, qui était relativement différente, donc je vous épargnerais de raconter le déroulement de mes pensées pendant l'écriture -oui, devoir tuer Kurt me chagrine, ne me faites pas endurer ça. En plus, si je le fais, je risque me sentir obligée de rajouter un second chapitre pour décrire ô combien la vie de Blaine est devenu misérable, et son suicide. Alors, franchement, évitons ça et laissez-moi réécriture des choses plus légères durant la prochaine Nuit du FoF, dans deux jours.

J'espère néanmoins que vous avez aimé !