Titre : Moonlight Sonata – Howling
Auteur : Native
Genre : AU, fantastique, chapitres courts, pas forcément directement liés ou en ordre chronologique.
Rating : K pour le moment, susceptible de grimper plus tard.
J'espère que vous apprécierez !
MOONLIGHT SONATA
HOWLING
C'est tous les matins la même chose. Il trouve l'odeur envoûtante, bien qu'elle soit fraîche et puissante à la fois. Son plaisir coupable, c'est d'aller se balader en solitaire dans les hautes herbes juste avant que les premières lueurs de l'aube commencent à pointer à l'horizon. Il fait encore nuit, mais bientôt, la lumière se répandra peu à peu sur les terres, et lui ira se rouler en boule dans sa tanière, seul, comme toujours.
Aujourd'hui devait cependant être un peu différent. Il les sent bien avant qu'ils ne soient sur lui, leur odeur portée par le vent dans sa direction. Peut-être ignorent-ils simplement que ce territoire est sien, à moins qu'ils ne s'en moquent, ou qu'ils ne sachent pas lire les signes.
Le loup-garou en a déjà croisé, des transformés, des estropiés de la vie qui viennent tout juste de prendre contact avec leur nature animale, ne sachant que faire. Une fois ou deux, il a même eu la chance de faire connaissance avec quelques-uns de ceux que l'on appelle des Revenants, ou quelque chose dans ce genre-là. Leur sang, il a bien longtemps, se mêlait à ceux des créatures comme lui, mais il a fini par être si dilué qu'ils perdirent tous leurs pouvoirs.
Parfois, cependant, naît une personne dont le sang semble être resté intact malgré le temps et les générations passées. Soupir. Leur odeur a changé, elle fait plus humaine, à présent… peut-être voyagent-ils ainsi de jour, ne prenant leur autre forme que la nuit. Bah, pourquoi pas, après tout.
Le vent souffle toujours vers lui, et en tant qu'êtres sur deux pattes ils sont encore moins à même de le repérer, mais quelque chose, probablement cette curiosité qui lui a valu tant d'ennuis quand il était plus jeune, le pousse à trottiner à leur rencontre, puis à courir. Ah ! Cela faisait si longtemps qu'il ne s'était pas ébattu ainsi, à la lueur du jour !
Distrait par les sensations, il déboule à quelques mètres d'eux sans vraiment leur prêter attention, avant d'opérer une étrange acrobatie et de se retrouver face à ses visiteurs. Il est tendu, prêt à se défendre si besoin est, mais ils ne semblent pas vouloir l'attaquer : au lieu de cela, les sept jeunes gens en face de lui semblent simplement estomaqués – qui ne le serait pas, de voir un « loup » de cette taille arriver comme une balle devant eux, avant de les toiser en silence ?
Après quelques instants qui semblent s'éterniser, un long grondement commence à monter de la gorge de l'animal, et de faire de plus en plus franchement son chemin. L'étrange hurlement se mue bientôt en rire, alors que la bête prend petit à petit forme humaine, dévoilant ainsi un long corps noueux de muscles, couturé de cicatrices, pourvus de nombreux tatouages, et d'impressionnants cheveux longs très ébouriffés. Le regard de l'homme, bleu profond, tranchant comme une lame, semble moqueur, une impression confirmée par le demi-sourire qu'il arbore.
« Si vous voyiez vos têtes, vous auriez envie de rire aussi… » Fait-il, sur un ton presque badin, d'une voix très grave, profonde, qui sonne un peu comme un torrent dans le lointain.
