Les larmes D'Hyrule
Première partie : L'amour d'une Déesse
Dans les cieux nocturnes, une étoile dit à une autre :
- L'histoire se répète toujours.
- Mais non, répond l'astre interpellé.
- Si regarde, c'est la mienne qui va se rejouer.
Dans les cieux nocturnes, deux étoiles observent la terre.
Du sable, du sable et encor du sable. Amina n'en pouvait plus. Le ciel était trop bleu, il agressait qui levait les yeux. Le soleil était trop brûlant, et nulle ne se montrait à lui. Non, elle ne supportait plus cette vie recluse au fond d'une maison de pierre, les yeux baisser sur ce maudit sable, il fallait qu'elle parte ou elle deviendrait folle. Folle d'être ici, comprimée là où la vie ne semble être possible. Alors, sans le dire à personne parce qu'on l'en aurai empêché, au milieu de la nuit, elle l'avait quitté, Ahadjin, la citée du Désert, et elle cheminait. Et maintenant, alors que le soleil se levait, elle atteignait la Forteresse. L'agitation matinale, avant la chaleur, ne prit pas garde à elle, et Amina peut accéder au pont, mais pas le passer. On ne quitte pas la vallée Gérudo –donc le désert- c'est la loi et toutes les gérudos doivent s'y plier. Mais Amina voulait partir, même s'il fallait forcer le passage. La garde et elle se battirent. Ni l'une ni l'autre n'avaient dégainé leurs sabres, mais le combat n'en était pas moins violent. La garde voulait faire triompher la loi de celui à qui elle avait juré allégeance, Amina croyait en la beauté du monde extérieur, que lui avait conté un prisonnier hylien. Mais le pont n'est guère large, un faut pas fit basculer Amine dans les eaux du fleuve qui gronde à bien des profondeurs en dessous. Tant d'eau, la garde, l'a cru morte et Amine se cru perdue, engloutie, presque assommé par sa chute, attirée vers le fond par ces vêtements, ces sabres, et l'eau elle-même. Elle se laissa aller avec le courant et perdit connaissance.
Du sable… Sous sa joue, dans ses points serrés… Du sable. Les larmes lui vinrent aux yeux, son cauchemar recommençait. Elle se retourna, pour s'allonger sur le dos et entrouvrit les yeux. Au travers du brouillard de son crâne, le ciel bleu, bleu infini. Le même bleu que chez elle. Ses paupières retombèrent et elle s'endormit, le cœur empli d'amertume.
Des voix autour d'elle mais Amina n'a pas la force de regardé. Elle n'a pas non plus la force de chercher à comprendre. Après quelque discutions, on la soulevait. Où l'emmenai-t-on ? Sentant la conscience s'échappée, elle ouvris les yeux quelque seconde et distingue dans un flou la voûte d'arbre immense au dessus d'elle avant de sombrer totalement.
Amina retrouva totalement ses esprits dans une chambre peu meublée, mais agréable. Elle s'approcha de la fenêtre mais n'eut pas le temps de voir sur quoi elle donnait, quelqu'un toquait et entrait sans attendre qu'elle n'ai dit quoi que se soit. Une femme au visa parcheminé par le temps, au dos voûtées par les années lui apportait un repas et lui fit un sourire bienveillant en la voyant hors du lit.
- Où suis-je ?
Mais la vielle femme continua de sourire et lui indiqua le repas qui maintenant était posé sur la table.
- Où suis- je ?
Pas de réponse. Amina allait perdre patience et instinctivement, ses mains se posèrent là où devrait être, normalement, ses sabres, mais elle remarqua enfin qu'elle ne les avait plus. On les lui avait prit, juste au cas ou… Ses armes, comme ses affaires n'étaient pas dans la chambre non plus.
- Je suis où ? Articula lentement Amina en s'approchant de la vieille femme.
- Elle ne vous répondra pas.
Une petite fille était entrée. Elle avait de longs cheveux, des grands yeux et des vêtements verts.
- Bonjour. Ermaldia est muette mais vous pouviez pas le savoir. Vous avez pas faim ? Alors venez avec moi.
Sans laissez le temps à Amina le temps de prononcer la moindre parole, l'enfant quitta la chambre en laissant la porte ouverte. Bien qu'hésitante, elle s'aventura à la suite de la petite et parcourue des couloirs, des escaliers de pierre qui lui rappelai désagréablement la Forteresse où elle avait séjournée étant petite. Amina ne savait toujours pas où elle était et cette ressemblance n'avait rien pour la rassuré. L'enfant la conduisit dans une vaste salle et disparue.
La salle avait quatre ouvertures, et la lumière dorée du soleil couchant recouvrait le grand tapis rouge qui s'étendait sur la pierre. Sur les murs des tapisseries finement ouvragées, mais elles étaient en parties cachées par des bibliothèques surchargées, un tableau noir… Le regard d'Amina fut attiré par une carte d'Hyrule.
- Heureux de voir que vous allez mieux.
L'observation fut brusquement stoppée et elle sursauta en entendant la voix d'un homme. Il sortit d'un coin d'ombre : la trentaine, cheveux blanc attaché en catogan, yeux brun, oreilles longues. C'était un hylien. Il s'avança et s'inclina, pour la saluer.
- Heu, bonjour… Je suis où ?
- Dans la salle des Sciences du Château de Vélizé. Je suis le duc de Vélizé mais je préfère que l'on m'appel Grégoire.
- Oui, murmura doucement Amina en le regardant, mais où se situ le Château de Vélizé ?
- Sur l'île, au centre du lac Hylia. Mais vous, comment vous appelez-vous ?
- Heu… Amina.
- Vous savez, Amina, dit-il en lui saisissant le bras et en la conduisant vers la fenêtre qui donnait sur l'ouest, que vous êtes bienvenu ici autant de temps qu'il le faudra.
Une foi à la fenêtre, elle eut le plaisir d'observé la magnificence des flots bleus reflétant le disque rougeoyant. Le lac était si vaste… On eu dit une mer. Son regard éblouit dû se résigner à se poser sur l'île, tout aussi immense, qui s'étendait à ses pieds, océan de verdure en colère, percé par des champs, des rocs même par endroit. Des rires s'élevaient sous elle. Ses yeux baissèrent encor : sur une terrasse, quelque mètre plus bas, une table immense était dressée et des gens de tout age, de tout sexe, de toutes races festoyaient gaiement.
- Il y à là tous les gens qui vivent au château.
- Mais où suis-je ? murmura Amina.
Le soleil se levait. Amina parcourait la plage encor fraîche. Le calme murmure de l'eau contrastait avec les battements de son cœur, rapide. Elle s'assit sur le sable, son détestable élément natale, les pieds plongés dans l'eau, ici en abondance mais là bas, si rare.
La nuit dernière, il lui avait expliqué que le duché, exception au sud du monde, n'été là que pour accueillir qui voulaient y demeurer, qu'ici, l'un été l'égal de l'autre, quelle que soit sa race ou son rang.
Elle qui avait quitté son peuple pour visiter Hyrule, elle hésitait à quitter ce havre de paix. Et Grégoire l'en avait déconseillé.
L'extérieur avait peur des gérudos. Si elle venait à partir, certes elle connaîtrait les beautés du monde, qui n'était là qu'en échantillon. Elle ne verrait alors pas le Ranch Lon Lon, ni le Bourg ou s'élevait majestueusement le Temple du Temps, ni le mont du Péril, ni le Fleuve Zora, ni la forêt Kokiri mais elle ne croiserait pas le regard apeuré des hyliens. Car tous ne partageaient pas la sympathie de Grégoire pour les autres races. Sans compter que dans Hyrule, il y avait le peuple Sheikha. Même s'il n'avait pas de territoire, ils étaient encor très nombreux, et la haine entre gérudo et sheikha n'était pas apaisée.
- Il est si vaste.
- On ne distingue même pas l'autre rive.
- Une légende Zora raconte que le temple de l'Eau est juste sous cette île et que c'est lui qui rend l'eau du lac si clair.
Grégoire vint s'assoire près d'elle.
- Vous aimez les légendes ? demanda-t-elle. Il acquiesça. Alors laissez-moi vous en conter une. Il était une foi, il y à très longtemps, la Déesse Acatchie, la Déesse des Sables s'unit au roi des gérudos. De cette union naquit un enfant, une fille qui fut nommé Leïla. La jeune fille était une demi-déesse, aussi était-elle d'une beauté inconcevable. Hélas, elle n'avait pas hérité de la force des gérudos. En ce temps là, gérudos et sheikhas étaient en bonne entente. Les sheikhas étaient venu à la Forteresse et le chef de ces derniers, en voyant Leïla, tomba fou amoureux d'elle, mais le charme n'alla pas dans l'autre sens. Le sheikha profita du fait qu'elle n'avait pas la force des gérudos et l'enleva. Il l'emmena dans la Forteresse Sheikha. Le roi des gérudos, qui aimait sa fille, voulu la délivré aussi leva-t-il l'Armée Gérudo et entra en guerre contre les sheikhas. Le sang coula, et l'Armée Gérudo assiégea la Forteresse Sheikha. Après treize mois de siège, le chef sheikha, qui ne voulait céder la belle à personne et qui savait que l'Armée à ces portes ne pouvaient être battue, décida de mettre fin au jour de Leïla, et au sien également. Lorsque le roi gérudo l'appris, il lança son Armée contre la Forteresse qui fut rasée. La Déesse Acatchie, quant à elle, se réfugia dans les falaises de l'Ouest et pleura sa fille arrachée à la vie. Ses larmes devinrent un ruisseau, ce ruisseau une rivière, cette rivière une cascade et cette cascade un fleuve. Le Fleuve des Milles Larmes alimente le lac Hylia.
- Alors le lac est formé des larmes d'une Déesse.
- D'où la clarté des eaux.
- Belle histoire.
Ils restèrent un instant silencieux, le regard perdu sur les flots bleus.
- Que comptez-vous faire ?
- Je ne sais pas… J'ai risqué ma vie pour visiter Hyrule mais cet endroit… a quelque chose d'enchanteur.
- Vous n'avez pas tous vu alors, laissez-moi vous guidez.
Il s'était levé et lui tendait la main pour l'aider à en faire de même. Elle se releva avec son aide et il la conduisit au travers de la forêt.
L'île était en majeur partie recouverte d'arbre cependant le quart Nord-Ouest était consacré à l'élevage et la culture pour subvenir au besoin du château. Des hyliens, des kokiris, des gorons et des zoras travaillaient la terre dans la bonne humeur.
- Vous avez jetez un sort, ce n'est pas possible autrement…
- Nullement. Sachez simplement que si vous restez, il vous faudra aussi travailler.
Avec la nuit vint le choix d'Amina : elle resterait.
Les mois s'écoulèrent tranquillement dans ce petit paradis. Amina était bien mais tout à une fin. L'automne, puis l'hiver, la redescendirent sur terre.
Dans sa chambre, assise près du feu, sous plusieurs couvertures, elle tentait tant bien que mal de se réchauffé. Dehors, il neigeait. Phénomène nouveau. Elle avait été émerveillée, mais il faisait vraiment trop froid.
On toqua et entra.
- Ho, bonjour Grégoire.
- On m'a dit que tu n'allais pas mieux…
- Je suis frigorifiée depuis deux mois. Je viens du Désert et là bas, il n'y à pas de telle température. Ou étais- tu ? Pourquoi a-tu quitté le Château ?
- Je suis aller te chercher de quoi te réchauffé. Je suis allé jusqu'au Domaine Zora. Met ça.
Amina remarqua qu'il tenait quelque chose à la main. Il lui tendit une tunique bleue.
- Ca ç'a devrait me réchauffer ?
- Est confiance et met-la !
Sceptique, elle se dégagea timidement des couvertures et saisit le vêtement. Grégoire lui signala qu'il l'attendait dehors. Elle se déshabilla courageusement et effila la tunique. Elle ne remarqua pas que c'était un vêtement masculin bien trop grand pour elle qui ressemblait sur elle à une robe courte, non, ce qu'elle constata c'était qu'elle ne sentait plus le froid pénétrant, elle avait chaud alors qu'elle n'avait sur elle que cette tunique. Folle de joie, elle sortit en courant de sa chambre et sauta dans les bras de Grégoire en le remerciant. La joie passée, ils remarquèrent qu'ils étaient dans les bras l'un de l'autre et ils se lâchèrent, gêné.
- Cette tunique est de fabrication zora. Non seulement elle te protège du froid mais elle te permet de respirer sous l'eau.
Ils se dirigeaient vers la salle des Sciences et croisèrent un zora qui passait.
- Bonsoir, Grégoire, bonsoir Amina, dit-il en s'inclinant mais s'arrêta en voyant le vêtement de la jeune fille. Par les Déesses… Est-ce bien une tunique faite par mon peuple ? (Grégoire acquiesça) Jeune fille, c'est de l'or que vous porter. Ces tuniques sont aussi rares que chère.
Il continua son chemin, laissant Amina rougissante.
- Tu avais autre chose à faire dans la plaine ?
- Non.
Il s'effaça pour la laisser entré dans la salle des Sciences. Amina se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur l'Ouest. Le soleil se couchait. Il la rejoignit.
- Alors, murmura-t-elle, tu as traversé toute la plaine pour moi ?
- Oui.
Il la regarda. Elle le regarda. Leur baiser fut doux, long, romantique.
- Je…
- Chut.
Il la serra dans ses bras.
Et il regardèrent le soleil disparaître à l'horizon, sous les quelques flocons qui valsait dans l'air.
Trois semaines plus tard, quatre cavaliers entraient dans la cour du château au triple galop. Il demandèrent à voir le maître des lieux sans délais. On les conduisit dans la salle des Sciences.
Amine et Grégoire se promenaient. Une kokiri vint et signala à Grégoire qu'il avait de la visite. Lorsque, dans la cour, le duc vit les quatre chevaux et lui qui était de bonne humeur se refrogna. Il demanda à Amina de se rendre dans sa chambre et de ne la quitter sous aucun prétexte.
Mais la gérudo ne se laissait dicté sa conduite et le suivit, malgré lui. Bien sur on lui avait appris qu'écouté au porte n'était pas bien mais…
Grégoire lui tournait le dos, il faisait face à quatre personnages. Tous avaient des cheveux blancs à blond mais n'était pas très vieux, et tous portaient les armes. S'étaient tous ce que la jeune fille pouvait voir à travers le trou de la serrure.
- Nous t'avons passé beaucoup de chose Grégoire, dit celui le plus à droite, Ton château ici, ton comportement, vis à vis de tes serfs, le fait que tu recueil n'importe qui…
- Parlons-en, le coupa le numéro deux, celui qui était juste à coté. Des hyliens, des gorons, des zoras, des kokiris passe encor. Mais il y à quelques mois, une gérudo !
- M'espionneriez-vous ? demanda Grégoire.
- Nous avons gardé un œil sur toi. Lui répondit le numéro trois.
- Comment osez-vous… commença le duc.
- Le Conseil s'inquiet, coupa le quatrième. Je n'ai peut les contenir plus longtemps.
- Et de quoi s'inquiet-il ?
- De ta fidélité, répondit le premier, le plus hargneux semblerais-t-il.
- J'ai juré allégeance à Massientas et à tout le peuple sheikha, tout comme les trois cent hommes d'armes qui sont ici, je ne vois pas en quoi le Conseil peux s'inquiéter.
Dehors, Amina tressaillie en entendant le mot « sheikha ».
- Tu as recueilli une gérudo ! Et tu fornique avec elle !
- C'est un comportement que le Conseil ne peux tolérer !
- S'il est vrai que j'ai des sentiments pour elle, je ne fornique pas avec elle ! Et je n'ai pas à me justifier de ma vie devant le Conseil !
Sa voix était calme mais la colère par moment n'avait peut être modéré. Amina en avait trop entendu : elle s'en retourna dans sa chambre.
En chemin, elle croisa la kokiri et Ermaldia.
- Ca ne va pas ? demanda l'enfant.
- Est-ce que Grégoire est un sheikha ?
La kokiri et Ermaldia se regardèrent.
- Est-ce que s'en est un ?
La voix d'Amina était menaçante mais la kokiri ne dit rien. La gérudo saisit le col de la petite, la souleva de terre et la colla contre le mur avec une facilité déconcertante. L'inaction de ces derniers mois ne lui avait pas retiré la force herculéenne que possède toutes les gérudos.
- Amina, calme-toi.
La voix était enraillée, rauque, difficile.
- Je te croyais muette.
- Presque, murmura Ermaldia. Grégoire est bien un sheikha.
Amina lâcha la kokiri.
- Ou sont mes sabres, mes affaires ?
- Tu ne va pas partir ? s'inquiéta la petite.
- Je vais me gêner !
Amina se dirigeait vers ça chambre.
- Je te rappel que la haine entre gérudo et sheikha est réciproque mais qu'il est aller au-delà des à priori. Sans ça, tu serais sans doute morte.
Ermaldia parlait sagement, Amina le savait, mais elle ne voulait pas suivre cette voix effrayante, qui n'allait pas avec son sourire de grand-mère bienveillante.
Une foi dans sa chambre, Amina s'effondra sur son lit, en pleur. Elle lui en voulait. Parce qu'il était un sheikha, parce qu'il ne lui avait pas dit, parce qu'elle n'arrivait pas à faire abstraction de son éducation comme lui l'avait fait pour accepter qu'elle aimait son ennemi. Elle avait le sentiment d'avoir trahi son peuple, son allégeance, son sang.
Les heures s'écoulèrent sans qu'elle s'en rende compte. Dehors, la nuit, la neige était tombée quand la porte de sa chambre s'ouvrit doucement pour laisser entrer Grégoire.
- Amina ? Amina, tu es …
En la voyant allongé, secoué de sanglots incontrôlés, le jeune homme se tût et s'approcha lentement.
- Amina, pourquoi est-ce que tu…
- Dégage !
La voix cassée de la gérudo avait claqué comme une lanière de fouet. Il se pencha pour lui saisir l'épaule et la retourné mais elle se dégagea.
- Qu'est ce que tu as ?
- Dégage !
- Au nom des Déesses vas-tu me dire ce qui t'arrive ?
- Pourquoi ? Pourquoi m'a-tu mentit ? Pourquoi je n'y arrive pas ?
Les pleurs d'Amina l'empêchèrent de continuer mais, alors qu'il voulait la regarder dans les yeux, elle le repoussa, la rage lui faisant perdre le contrôle de sa force, et il fut propulsé contre le mur ou il se cogna durement.
- Amina, dit-il faiblement, parle-moi.
- Laisse-moi, sal sheikha !
- A ces mots, le cœur du duc se serrèrent et il quitta la chambre, sans rien dire, blessé au plus profond de son être.
En entendant la porte claquer, Amina murmura, les yeux rivés sur la pierre froide en face d'elle :
- Déesse, qu'ai-je fais ?
La gérudo se leva et quitta sa chambre, à la recherche du duc, dans le but de s'excuser, et le trouva dans la Salle des Sciences.
Il était debout près d'une fenêtre et observait les étoiles, la couche de nuage semblait momentanément vouloir se dissiper. Sur son visage se lisait une tristesse infinie. Il ne remarqua pas la présence d'Amina dans la Salle, qui était plongé dans l'obscurité percée par les seuls rayons de la lune. Il sursauta quand elle posa une main sur son épaule.
- Amina, vous êtes là…
La jeune fille tressaillis au vouvoiement. Il reprenait des distances.
- Grégoire, je…
- Amina, écoutez, les gens qui étaient là ce soir son venu pour s'assurer que je reste fidèle au clan auquel j'appartiens, à savoir le clan sheikha. J'aurai du vous le dire plutôt, mais en temps que gérudo, vous auriez sans doute mal réagis. Si vous souhaitez partir, je ferai porter vos armes ainsi que vos affaires demains.
La voix de Grégoire était restée monocorde, distante.
- Grégoire… Pardonnez-moi. Je n'aurai pas du vous insulter. Après ce que vous avez fait pour moi, je… j'aurai du comprendre plutôt que sheikha ou non, vous rester mon ami et… mon amour.
Le jeune homme la regarda, les yeux brillant d'une étrange lueur.
- Amour… répéta-t-il.
- Si mon clan ne me croyait pas morte, il me tuerait mais qu'importe, je viens de réaliser, l'homme à qui je m'offrirais, ne sera pas mon roi mais toi, mon Prince.
Grégoire ne dit rien, il n'y avait rien à répondre à cette déclaration. Il se pencha vers elle et, avec une tendresse nouvelle, déposa ses lèvres sur celle douces de la jeune fille qui frémi sous la caresse.
Elle répondit à son baiser, l'accentuant et leurs langues s'emmêlèrent en une danse lascive.
Il la souleva de terre et la portant or de la Salle des Sciences en passant par une petite porte et la conduisis dans une chambre, sans que leur lèvre ne se sépare.
Avec douceur, il la déposa sur le lit. Enfin, ses lèvres quittes celles d'Amina et glisse lentement dans son cou, goûtant sa peau blanche et sucrée, la faisant gémir. Puis il remonta vers son visage et là, ils se regardèrent dans les yeux avant d'échanger un baiser passionner.
Amina fit rouler Grégoire sur le dos et, assise à califourchon sur lui et avec une lenteur qui faisait gémir de frustration le jeune homme elle lui découvra le torse dont elle se délecta en y déposant mille et un baiser.
Reprenant les dessus, Grégoire se redressa et goûta une nouvelle foi la peau du cou de la jeune fille, descendant lentement entre ses seins qu'il avait maintenant découverts.
Elle se laissa aller en arrière, permettant au sheikha d'embrasser son ventre alors que ses mains caressaient sa poitrine ferme.
Le reste des vêtements rejoignirent les autres dans la chambre.
L'un et l'autre gémissaient sous les caresses. Le plaisir augmentait, ils allaient quitter terres. Au septième ciel, au milieu des étoiles, leur plaisir explosa.
Allonger dans le creux de l'épaule de Grégoire, alors qu'elle allait s'endormir, de bien-être, Amina l'entendit murmurer :
- Je t'aime…
Quelques mois plus tard, alors que le soleil était encor jeune, Amina, qui s'était levée tôt, fut prise de nausées, ce qui lui arrivait souvent le matin ces derniers temps, le matin.
Quand elle cessa de vomir, elle alla voir Ermildia et lui expliqua ce qui lui arrivait, en espérant qu'elle aurait un remède.
La vieille femme sourit, les yeux brillant.
- Mais quoi ?
- Tu ne devine pas ? demanda-t-elle de sa voix rauque.
Soudain, repensant à chacun des symptômes, la vérité lui sauta aux yeux.
- Je… Je suis...
Elle se retourna et partit en courant, à la recherche de Grégoire, le trouvant dans la Salle des Sciences et lui sauta dans les bras.
- Que d'empressement !
- Grégoire, murmura-t-elle après un baiser, j'ai quelque chose à te dire.
- C'est grave ?
Le ton de la jeune fille l'inquiétait.
- Non… Non. Grégoire, je… Je suis enceinte… Grégoire ?
Elle qui craignait sa réaction était terrifier : il ne réagissait plus. Son regard était fixe et Amina avait beau passer sa main devant ses yeux, il ne cillait pas.
- Je… Je te laisse réfléchir alors…
Elle se retourna pour quitter la pièce mais il la retint par le poignet. Elle le regarda : il clignait des yeux comme s'il venait de revenir sur terre.
- Ce… C'est merveilleux, dit-il. Un enfant…
Il s'approcha et l'embrassa.
Oh doux bonheur qui tissait un cocon protecteur à l'écart du monde et de ses conflits…
…Mais cocon si fragile en réalité que le monde vient durement se rappeler à soi.
Neuf moi plus tard, après une grossesse difficile, Amina mit au monde une petite fille.
C'est quand ce bonheur et le plus beau, que l'on est au plus près des cieux, que vient le malheur et que l'on s'écrase lamentablement, violemment sur terre, nous rappelant que nous ne sommes que des humain.
Quelques heures après l'accouchement, un cavalier vint, et s'entretint avec Grégoire durant plusieurs heures.
Les larmes aux yeux, Grégoire vint éveiller sa douce aimée.
- Que t'arrive-t-il ?
Amina avait vu qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas.
- Impa va devenir la chef du clan sheikha, murmura Grégoire.
- Et ?
- Elle doit se choisir un époux.
Amina commençait à comprendre ce qui tourmentai son amour.
- C'est toi, n'est-ce pas ?
- Deux hommes, seul on le rang pour l 'épouser. Moi et… Un fou qui veux lancer l'armer sheikha contre la Forteresse gérudo, pour les réduire à néant…
- Donc ou tu épouse Impa, ou la paix d'Hyrule est réduite en miette…
- Car les sheikha son en alliance avec les Zoras, les Gorons et les Hyliens.
Grégoire prit Amina dans ses bras alors que celle-ci fut secouer de sanglots incontrôlables. Quand elle se calma, elle murmura :
- Ca ne pouvait durer…
Une semaine plus tard, alors qu'elle allait partir pour la Forteresse, Amina alla dans la chambre de sa fille.
Grégoire y était, veillant sur son sommeil.
- J'ai un mauvais pressentiment, dit-il tout bas.
- Prend soin d'elle, prend soin de notre petite Leïla.
- Tu es sur de vouloir repartir.
- Non, mais il faut.
Il échangèrent un ultime baiser et elle partit, presque en courant, comme si elle craignait que les forces ne lui manquent dans les minutes suivantes.
La force, le courage ni aucune autre vertus des sheikha ou des gérudo ne purent empêcher leur larmes de couler
Le moi suivant, Grégoire exécuta son rôle de duc et épousa Impa, évitant ainsi un bain de sang à la belle terre d'Hyrule et Impa, pour l'en remercier, adopta Leïla, qui fut élevé comme une sheikha.
Dans les cieux nocturnes, deux étoiles discutent :
- C'est le début de mon histoire, dit l'une.
- Genèse de la haine incarnée, dit l'autre, je n'y crois pas.
- Histoire d'un amour gâché...
Dans les cieux nocturnes, deux étoiles regardent la terre et pleur.
