Cette histoire se passe cinq ans après la bataille. Comme je suis gentille, ni Sirius, ni Remus, ni Fred ne sont morts. Cependant Dumbledore est bien mort, tout comme Lord Voldemort.

Il y aura parfois des flashbacks sur la relation qu'entretenaient Draco et Hermione à Poudlard, ainsi que sur les cinq années qui ont suivi la bataille.

Je vous souhaite une bonne lecture ! :-)


Il l'avait aimée, par Merlin qu'est-ce qu'il l'avait aimée. Encore aujourd'hui il avait du mal à se dire qu'il l'avait probablement aimée bien plus que sa propre vie. Son père lui avait pourtant dit un jour, alors qu'il n'avait que quinze ans, ''Si tu savais mon fils, à quel point tu n'es qu'un bon à rien. Tu ne mérites même pas l'amour de ta mère, alors estime-toi heureux et respecte celle qui ferait tout pour toi.''

Mais Lucius s'était trompé. Son fils avait connu cette personne qui aurait pu tout faire pour lui, mais ce ne fut pas sa mère. Et lorsqu'il était avec elle, elle lui donnait l'impression qu'il méritait tout l'or du monde.

Malheureusement, son père avait vu juste sur un point, il n'était bon à rien.

Draco Malfoy avait été et était encore aujourd'hui un bon à rien. Hermione Granger aurait pu être son remède, mais il avait tout gâché. Après tout, à quoi s'attendait-il ? Il était un mangemort, une fois la bataille terminée il n'aurait plus eu le droit de l'approcher. Alors il avait décidé de s'enfuir avec ses parents, abandonnant celle pour qui il aurait tout donné. Il avait eu si honte de lui. Elle n'avait même pas eu le temps de le voir une dernière fois, il était parti en pleine bataille. Lâche, lâche, lâche.

De plus, malgré la défaite du Lord, des mangemorts avaient réussi à s'échapper eux aussi. Draco n'aurait été qu'un pur danger pour la brune s'il était resté à ses côtés.

Durant ces cinq longues dernières années, il avait tenté de se rassurer autant qu'il le pouvait. Il se disait par exemple que la bataille y avait été pour beaucoup, ils avaient eu peur de mourir lors de celle-ci et cela avait aidé Draco et Hermione à se rendre compte que finalement, ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre était bien loin d'être de la haine. Ils avaient précipité les choses. Ils avaient eu peur de mourir sans avoir connu l'amour.

Il se disait aussi que cela n'aurait peut-être pas duré, une fois la bataille terminée. Puis d'autres jours, il pensait que de toute façon, ils n'avaient que dix-huit ans à cet époque, cela n'avait été rien d'autre qu'un amour de jeunesse. Un amour interdit puisqu'ils n'étaient pas du même rang, pourtant dorénavant les sangs impurs n'étaient plus considérés comme inférieurs. Pouvait-il vraiment échapper à la triste vérité ?

Malgré toutes ces excuses pitoyables, la lionne demeurait encore et toujours dans son esprit, même s'il ne l'avait pas revue depuis la bataille où il avait fuit comme un lâche. Elle était encrée en lui, il ne pouvait rien y faire. Et de toute manière, il ne méritait pas de l'oublier et de passer à autre chose, il ne méritait rien et il la méritait encore moins. Il n'était qu'un bon à rien.

Comme la famille Malfoy s'était enfuie, ils avaient du se cacher dans un manoir abandonné, bien loin de toute présence magique. Pendant plus de cinq ans, ils n'avaient eu aucune nouvelle de ce qu'était devenu le monde de la magie dirigé à nouveau par le côté du bien. Draco ne pouvait donc rien savoir de ce qu'était devenue Hermione. Quelle était sa profession ? Avait-elle un autre compagnon ? Toutes ces questions qui demeuraient sans réponses rendaient le blond complètement malade.

Un jour, Narcissa avait remarqué à quel point son fils rentrait chaque soir complètement dépité de son travail moldu. Il ne lui avait jamais dit pourquoi, mais elle ne voulait plus le voir ainsi, qu'importe la raison. Alors, elle avait fini par raisonner son mari. Ils s'étaient enfuis en pleine bataille, ce qui voulait dire qu'ils avaient abandonné leur maître, ils lui avaient tourné le dos. Ils n'avaient pas participé à cette tuerie impitoyable. De ce fait, ils ne seraient pas reconnus comme coupables. À condition que Lucius soit arrêté. Ainsi le Ministère de la Magie accorderait à la mère et son fils une deuxième et dernière chance.

En cinq ans, le père Malfoy avait eu le temps de voir à quel point il avait détruit sa famille. Elle pourrissait dans ce manoir à cause de lui. Il avait très souvent maltraité sa femme, il n'avait jamais laissé le choix à son fils et il avait laissé tomber son maître. Et si au final, c'était lui le bon à rien ? Lucius s'était même dit qu'il était bien pire que ça.

Alors, fin août 2003, il avait laissé Narcissa le dénoncer.

- Les ratés finissent tous dans cet endroit, j'imagine. Avait soufflé Lucius à sa femme, alors qu'il pénétrait dans le bateau qui allait l'emmener à Azkaban.

- En effet, avait-elle surenchéri avec un rictus, la tête haute, j'espère que tu regretteras de ne pas voir ton bon à rien de fils devenir un bien meilleur homme que toi, mon chéri.

Et elle s'était détournée sans un seul regard pour l'homme qui lui avait tant menti pendant toutes ces années.

Le Ministère de la Magie les avait autorisés à revenir dans le monde de la magie seulement après avoir effectué de multiples interrogatoires et examens. Des examens que Narcissa et son fils passèrent avec succès.

Puis, ils avaient attendu encore un mois de plus avant de pouvoir enfin revivre à nouveau dans le monde qui les avait fait naître.

Désormais ils étaient de retour dans ce monde qui avait tout d'abord voulu les réduire à néant, mais qui leur accordait à présent une autre chance. Le mangemort et sa mère étaient prêts à faire face à leur rédemption.

Cependant, Draco doutait encore. Être de retour l'angoissait plus que jamais. Maintenant qu'il en avait la possibilité, il n'osait finalement pas prendre des nouvelles d'Hermione. Il se disait qu'il ne le méritait pas, qu'il devait la laisser vivre. Il n'était plus rien pour elle, et c'était lui qui l'avait voulu.

Aujourd'hui était un beau jour. Malgré que le mois d'octobre menaçait de se terminer, le soleil rayonnait plus que jamais en ce dimanche automnale. Depuis quelques semaines, Draco restait enfermé chez lui afin de réviser pour les futurs concours qu'il comptait passer, même s'il savait que la moitié lui seraient refusé à cause de son passé de mangemort.

Au moins, cela l'aidait à penser à autre chose. Il faisait tout pour chasser la lionne de son esprit.

Narcissa entra soudainement dans l'appartement de son fils, le faisant sursauter.

- Par merlin Draco, ça empeste ici. Ressaisis-toi. Je n'ai pas envoyé ton père en prison pour que tu périsses comme lorsque nous faisions semblant de ne plus exister. La blonde émit un bruit de dégoût lorsqu'elle découvrit les verres de Whisky Pur-Feu étalés un peu partout.

Elle ne lui laissa même pas le temps de répliquer, elle l'empoigna par le bras pour le faire sortir de son taudis.

Ce fut ainsi que Draco se retrouva face à un marchand de journaux, après avoir bu un café dans une pâtisserie tenue par les parents moldus d'une célèbre sorcière travaillant au Ministère de la magie. Ils préféraient se faire discrets pour l'instant, le chemin de Traverse n'aurait pas été une bonne idée.

Le blond saisit la Gazette du Sorcier et tourna vaguement les pages. Il ne voulait pas voir tout ce qu'il avait manqué, cela ne faisait que lui rappeler qu'il avait fuit le monde auquel il appartenait autrefois et dans lequel il se sentait comme un intrus désormais.

Cependant, un grand titre sur la page trois attira son attention. « Hermione Granger, à la tête du Département de la justice magique en à peine deux ans. » Le cœur de Draco se mit à battre à la chamade. Elle n'avait pas changé. Elle était toujours aussi impressionnante, bien plus forte qu'il ne l'avait jamais été. Cela faisait si mal à sa fierté de se dire une telle chose, mais c'était ce qu'elle était. Il aurait aimé lui en vouloir, la jalouser, la haïr parce qu'elle avait réussi et lui non, mais il n'y arrivait pas. La seule chose qu'il regretta, c'était de ne pas avoir été aux côtés de la brune lors de ses moments de gloire, tout comme il n'avait pas été à ses côtés lorsqu'elle avait dû être au plus bas, suite aux nombreuses pertes causées par la bataille, pour ne citer que cela.

Draco n'arrivait pas à baisser les yeux, il savait qu'en dessous de ce titre se trouvait une photo animée d'Hermione. Même à travers une gazette, il n'était pas prêt à la revoir. Il n'y arriverait pas.

Alors qu'il allait refermer le journal et le reposer, afin de ne pas le déchirer en milles morceaux, sa mère secoua légèrement son épaule.

- Draco.. Regarde ça.

L'interpellé se retourna et suivit le regard de Narcissa.

- Je.. C'est ridicule je sais mais.. Je trouve qu'elle te ressemble énormément. Avoua-t-elle, ne pouvant détacher son regard de la concernée.

Elle parlait d'une petite fille, âgée de cinq ou six ans peut-être, qui était assise en haut des escaliers d'un bâtiment qui semblait neuf. Elle savourait sa glace avec plaisir, on pouvait le voir dans ses yeux pétillants. Draco s'attarda alors sur son visage, et il fut frappé de plein fouet. Son nez était tout aussi pointu que le sien, un vrai petit nez de lutin. Ses lèvres étaient bien dessinées, ses joues légèrement rondes lui donnaient un air de poupée. Ses cheveux étaient blonds, presque blancs. Comme ceux des Malfoy.

Mais lorsque la petite croisa le regard de l'ancien mangemort, celui-ci en laissa tomber son journal. Elle avait ses yeux, des yeux en amandes, bruns chocolats, avec ce même air de malice qu'il avait vu dans un autre regard, il y a bien longtemps.

Narcissa sourit lorsqu'elle remarqua que l'enfant avait désormais une tonne de chocolat autour de la bouche. Elle lui faisait tant penser à Draco, et elle eut un pincement au cœur en se rendant compte que jamais son fils n'avait eu une enfance si heureuse.

Draco en eut le souffle coupé. Voir cette petite fille, c'était comme si Merlin lui jetait à la figure ce qu'il avait raté en quittant Hermione si lâchement. Cet enfant aurait pu être le leur.

Ce fut de trop pour lui, il revint vite à la réalité et s'en alla d'un pas précipité, sans même faire attention à sa mère. Il n'aurait jamais du sortir de chez lui.

Cependant, avant de rejoindre son fils dont elle ne comprit pas la réaction, Narcissa remarqua quelque chose qui aurait pu tout changer. Lorsque la petite fille était rentrée, après avoir fini sa glace comme s'il lui était interdit de la manger à l'intérieur, Narcissa s'était rapprochée, curieuse de voir où cette belle petite fille se rendait.

Une plaque figurait sur le côté de la porte.

« Dr. Granger

Dentistes pour moldus et sorciers. »

En effet, cela aurait pu tout changer, mais Narcissa avait oublié à qui appartenait ce nom depuis bien longtemps.


Voilà voilà pour le prologue ! Qu'en pensez-vous ? :-)

J'ai hâte de recevoir vos avis !

Bises.