Saga de Harry Potter

Auteur : Kimiko06

Genre : HPxDM, HGxRW, romance, secrets, spoiler du tome 5, trilogie…

E-mail : kimiko06wanadoo.fr

Notes : Une idée complètement farfelue qui m'est passée par la tête.

Première partie Secrets

Harry était nonchalamment assis sur une des fenêtres de la tour d'astronomie, rêveur. Il ne savait plus quoi faire. Il se demandait si tout dire à Hermione était un bon choix, ou si ne rien dévoiler s'avérait être mieux. Malgré son secret si perturbant, il n'arrivait pas à se décider. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde, une envie irrésistible le prenait : il voulait crier dans tout Poudlard qui il était vraiment, ce qu'il avait sur le cœur depuis si longtemps, et avouer… Avouer quelque chose qu'il avait eu du mal à accepter lui-même, mais qui, à présent, n'avait plus trop d'importance…

Il avait trop de secrets. Il n'en pouvait plus. Tout garder pour soi était si difficile. A chaque fois qu'il croisait quelqu'un qu'il connaissait bien et en qui il avait une confiance absolue, il avait envie de tout déballer. D'un coup… Sans s'arrêter… Sans prendre une seconde pour réfléchir aux conséquences, aux remords qu'il pourrait ressentir ensuite… Mais une peur sans nom lui tenaillait les entrailles. Il ne comprenait pas… Ce n'était pourtant pas si difficile que ça de révéler un secret.

Une belle lune, pleine, rayonnante de lumière aussi blanche qu'une neige récente, se profilait à l'horizon. Elle envoyait ses éclats sur tout Poudlard, essayant par son peu de clarté d'illuminer le fabuleux château magique et ses alentours. Une vaste pelouse, aussi verte qu'une émeraude aux reflets envoûtants, s'étendait à l'ombre du château. La forêt interdite restait obscure malgré les brèves tentatives de la majestueuse lune.

Harry, dont les jambes étaient maintenant repliées contre son torse, observait la noirceur de cette belle nuit étoilée. Demain… Oui, il avouerait à Hermione… Tout… Sans omettre un seul détail aussi infime soit-il.

Les Gryffondor avaient cours commun avec les Serpentard en potion. D'ailleurs, depuis leur entrée dans la classe, tout allait de travers.

-Je vous ai déjà répété pour la énième fois Londubat, que les oreilles grillées de chauve-souris doivent être mises à la fin de la potion, et pas en même temps que la bave de veracrasse ! Vous voulez faire sauter Poudlard, ou quoi ?

Les Serpentard, à cette dernière remarque, hurlèrent de rire.

-Enlevez donc ces oreilles de votre chaudron Londubat, et si vous recommencez, vous aurez un zéro.

Neville essaya vainement de retirer les ingrédients nommés de son chaudron, mais la texture verdâtre aux tintes noires était si collante qu'il lui était impossible d'enlever le moindre bout d'oreille sans attirer avec elle tout le contenu du chaudron.

-Et vous me nettoierez tout ça, continua le professeur Rogue d'un ton méprisable en désignant le liquide collant qui commençait à se répandre autour de son grand récipient.

-Oui professeur, répondit Neville timidement.

Alors qu'il tirait, tirait, et tirait encore pour enlever les oreilles de chauve-souris qui commençaient sérieusement à lui taper sur les nerfs, le chaudron décolla du sol et atterrit sur la magnifique robe du professeur Rogue. Le récipient roula sur lui-même un moment avant d'heurter le chaudron de Draco Malfoy qui se renversa sur Pansy Parkinson. Le liquide bleu gicla sur la jeune fille qui se retrouva bleu indigo de la tête aux pieds. Tandis que le professeur Rogue tirait inlassablement sur le contenu collant du chaudron de Neville, la classe restait silencieuse devant les dégâts que ce pauvre Neville avait pu faire.

-Monsieur Londubat !!!!! hurla presque le professeur Rogue, rouge d'une colère mal contenue. Vous me ferez l'honneur de nettoyer toute la salle en plus de deux heures de colle !! Et cinquante points en moins pour Gryffondor !!!! Et sortez tous d'ici immédiatement !!!   

Les élèves ramassèrent leurs affaires le plus vite qu'ils le purent, et détalèrent rapidement. Avant de passer par la porte en courant, Harry, Ron et Hermione purent entendre ces quelques mots : "Non mais quel crétin celui-là ! Une vraie plaie !! Au lieu de faire une potion de multiplication, il nous invente une glue infâme !!! Qui colle bien en plus !!!"

Harry jeta un coup d'œil derrière son épaule et aperçut le professeur batailler avec sa robe et la masse verte qui n'avait pas l'air de vouloir lâcher prise. Le Gryffondor retint un sourire et sortit à la suite de son amie.

Dans les couloirs, tous ceux qui croisaient Pansy Parkinson étaient pris d'un fou rire incontrôlé. Harry crut même apercevoir un micro sourire fleurir sur les lèvres roses de Draco Malfoy.

Alors que Ron et toute une troupe de cinquième année félicitaient Neville d'avoir réussi à faire sortir de ses gonds Rogue, Hermione secouait la tête négativement, un air affligé sur son visage.

-Vous vous rendez compte que ça aurait pu causer le renvoi de Neville ?

Mais personne ne l'écoutait, ou alors un "mais non Hermione !" retentissait de temps à autre.

-Le professeur Rogue va être fou de rage après ça, continuait la jeune fille sans se lasser. Il ne va jamais pardonner à Neville !! Il va encore plus mépriser les Gryffondor !!

-Mais nom d'un chien Hermione ! coupa Ron. Il n'a rien fait de tel et arrête de nous bassiner toujours la même chose ! Pour une fois que quelque chose de marrant nous arrive sans que Fred ou George y soient pour quelque chose !!

Mais Hermione continuait en répétant à qui voulait l'entendre que les autres Gryffondor ne savaient pas différencier l'important à l'insignifiant.

-Et toi, Harry ? Qu'est-ce que tu en penses ?

Ce dernier se retourna vers son amie.

-Je pense que c'était quand même marrant à voir, mais ce n'était pas la peine d'en faire tout un plat.

Hermione hocha la tête, satisfaite de la réponse de son ami. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'il avait autre chose en tête.

Harry arpentait les couloirs de Poudlard sans but. Son esprit était ailleurs. Constamment, ses pensées dérivaient sur ce qu'il lui importait le plus. A un tournant, il put apercevoir Peeves embêter des élèves de première année en leur lançant toutes sortes d'objets. Il continua son chemin, vagabondant dans les couloirs, rêveur. Depuis quelque temps tous les soirs se répétait la même scène. Il errait dans les dédalles, ne voyant pas où il se dirigeait et quelquefois, seulement quelquefois, il se rendait compte qu'il était l'heure d'aller se coucher depuis un moment déjà. Quand ce n'était pas le cas, il passait sa nuit entière dans la tour d'astronomie à contempler les étoiles. Elles étaient si pures, si belles, si… uniques. Leur éclat pouvait être à couper le souffle pour les personnes passionnées de beauté. Il pouvait être insignifiant pour celles qui n'apercevaient pas les seules choses vraies. Quelquefois aussi, Harry empoignait un télescope et observait le ciel pendant des heures et des heures. Souvent, il repensait à ses lunettes d'autrefois qu'il avait abandonné sous le conseil d'Hermione. Cette dernière le lui avait recommandé alors qu'il avait pour la énième fois, casser ses lunettes à un entraînement de Quidditch qui s'était passé assez mal. Pour cela, elle lui avait jeté un sort pour que sa vue se corrige toute seule. Depuis, ses lunettes restaient dans le tiroir de sa table de nuit.

-Tiens, tiens… Potter…

Harry se retourna au son de la voix de Malfoy.

-Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ?

-Tu ne devrais pas être ici, répondit le blond.

-Et pourquoi ? demanda Harry.

-Regarde autour de toi.

Ce dernier lança un regard circulaire à ce qui l'entourait. Il ouvrit la bouche de stupéfaction.

-Mais qu'est-ce que je fais là ?

-A toi de me le dire, Potter !

Ce dernier ne répondit rien. Il était totalement plongé dans ses pensées.

-Allô, Potter ? Tu rêves ou quoi ?

Malfoy tourna autour de son ennemi juré. Voyant que cela ne faisait pas réagir Harry, il lui pinça la base de la nuque bien fort.

-Mais aïeuh !!

Malfoy eut un bref sourire moqueur.

-Et bien, Potter… On est perdu dans ses pensées ? Tu pensais à quoi au fait ?

Harry, sans un mot, tourna les talons et sortit des cachots, la tête pleine de questions. Il n'avait toujours pas compris comment il était arrivé à l'entrée de la salle commune des Serpentard. Et surtout, toutes ces questions qu'il s'était posé en voyant le Serpentard. Ça faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu. En fait, c'était depuis le cours de potion qui s'était déroulé le matin. Au moment où Draco était apparu dans son champs de vision, il avait tout oublié. Il voyait seulement ses beaux cheveux blond platine, ses beaux yeux gris acier, sa jolie silhouette. Depuis un moment déjà, il s'était rendu compte. Oui, il s'était rendu compte que Draco Malfoy ne le laissait pas indifférent.

Le lendemain il avait un entraînement de Quidditch. Il espérait que tout cela lui vide l'esprit pendant quelque temps. Le temps d'arrêter de penser  à tout ça…

Il retourna dans les couloirs de Poudlard en faisant bien attention où il se dirigeait cette fois, et rencontra Ron.

-Ah Harry ! Je te cherchais depuis tout à l'heure ! Mais où est-ce que tu étais passé ?

Harry se frotta la nuque distraitement. Un sourire naquit sur ses lèvres légèrement pulpeuses.

-J'étais… J'étais…

-Vas-y tu vas y arriver, l'encouragea Ron, moqueur.

-Arrête Ron. J'étais… au terrain de Quidditch.

-J'en viens Harry. Et tu n'y étais pas. Alors ?

-Et bien, on a dû se rater.

-Pourquoi est-ce que tu mens ? demanda Ron, suspicieux.

-Je ne mens pas, répliqua Harry.

-Tu sais que je te considère comme mon meilleur ami, Harry.

-Oui, je sais.

-Alors pourquoi est-ce que tu mens ?

-Mais je te dis que…

-Ah Potter ! lança Malfoy.

Il venait de sortir d'un couloir qui se situait derrière Harry.

-Comme on se retrouve !

Ron lança un regard étonné à Harry. Il répondit :

-Qu'est-ce que tu nous veux Malfoy ?

Le blond lui fit un sourire goguenard :

-Je ne te veux rien, Weasley. Ne te prends pas pour le centre du monde non plus !

Ron ne trouva rien à redire.

-Alors qu'est-ce que tu me veux, Malfoy ? demanda cette fois Harry.

Draco le toisa un moment du regard. Ses yeux étaient si gris à cet instant même, que Harry s'y noya. Ses yeux lui rappelaient cette fois où Dudley, la tante Pétunia, l'oncle Vernon et lui-même étaient partis à la pêche pendant les dernières vacances d'été. Bien sûr, lui avait passé son temps à contempler la mer, assis dans un coin du beau bateau de pêche pendant que Dudley essayait vainement d'attraper de ses grosses mains grasses ne serait-ce qu'un maigre morceau de poisson déchiqueté. Mais, malgré la mort certaine du demi poisson, ce dernier échappait toujours au doigts proéminents du gros Dudley. Il glissait sans cesse entre ses doigts mouillés et replongeait dans les vagues de la mer. Harry avait été étonné de l'intelligence de Dudley ce jour-là : il avait compris que sa canne à pêche ne servirait à rien pour attraper le poisson puisque ce dernier ne pouvait plus mordre à l'hameçon, même s'il avait mis une bonne dizaines de minutes.

 Mais ce n'était pas ça qui avait frappé Harry cette journée-là. Le soir, alors qu'ils allaient bientôt rentrer chez eux, les prémices d'une tempête avaient pointé leur nez. Le vent commençait à souffler et les vagues de la mer à se déchaîner. L'océan n'avait plus cette si jolie couleur émeraude, le gris avait pris sa place. Un gris clair, menaçant, agressif… Comme les beaux yeux de Draco Malfoy.

-Je ne te veux rien non plus Potter. Que voudrais-je d'un gamin orphelin, qui a une horrible cicatrice sur le front, et qui plus est a pour amis une Sang-de-Bourbe et un quasi sans-abris. Non mais qui voudrait quelque chose qui vient de toi ?

-Malfoy, ne prends pas tes désirs pour des réalités, répliqua, cinglant, Ron. Et fiche le camp d'ici. Tu ne vois pas que tu nous pompes l'air ?

Étrangement, Malfoy ne répondit rien. Il sourit machiavéliquement à Harry, et partit sans un mot, sans une simple remarque.

-Harry, commença Ron.

-Oui ?

-Ce gars est le mec le plus bête que j'ai jamais vu.

 Curieusement, Harry ne chercha pas à enfoncer Malfoy un peu plus.

-Tu allais où ? demanda le rouquin.

-Aux toilettes, répondit le brun.

Ils se dirigèrent vers les toilettes. Peeves en sortait justement, mais heureusement pour les deux garçons, le fantôme ne les aperçut pas, trop occupé avec un morceau de fer entre les mains qui ressemblaient étrangement à un loquet. Au moment où Harry allait rentrer dans les cabinets, Ron s'écria :

-Harry !! C'est les toilettes des filles, là !

-Et alors ?

Ron ne dit rien. Harry se rendit compte de son erreur.

-Ah ! Euh… Oui ! Je me suis trompé, reprit le jeune garçon. Allez viens, je suis pressé !

Le lendemain.

-Hermione !

La jeune interpellée se retourna. Elle sortait de la salle commune.

-Ah ! Harry ! Justement, je te cherchais ! Sais-tu que le devoir du professeur Mc Gonagall que l'on devait rendre dans deux semaines doit être finalement remis dans cinq jours ?! Tu sais, celui sur les trois caractéristiques de la métamorphose d'un écureuil en…

-Hermione ! coupa Harry d'une voix étrangement aigu.

-Oui ?

Le Gryffondor soupira.

-Bon, non, rien !

-Mais oui, vas-y ! le pressa Hermione. Dis-moi tous tes secrets ! ajouta-t-elle, malicieuse.

-Comment sais-tu que… bafouilla Harry.

-Que tu as des secrets ? Mais voyons, Harry… Tout le monde en a ! Et puis, si tu veux mon avis, ton plus grand secret n'en est plus vraiment un.

-Ah bon ? fit Harry, inquiet et étonné à la fois.

-Bien sûr !

-Comment vous…

-Ta manière d'être, le coupa Hermione. Ton comportement bizarre… C'est surtout ta bouche et tes yeux qui te trahissent.

-Ah bon ? Mais qu'est-ce qu'ils sont mes yeux ? Et ma bouche ?

-Et bien… Tes yeux changent instantanément. On a l'impression que des étoiles s'allument et brillent de mille feux. Quant à ta bouche, elle s'entrouvre à chaque fois que tu la vois.

-Que je vois qui ?

-Cho, pardi !

-C'est sûr, elle a de si beaux cheveux !

Hermione le regarda un instant.

-Ce sont ses cheveux qui t'ont séduit ?

-Séduit ? demanda Harry. Qu'est-ce que tu racontes ?

-Tu… N'es pas amoureux de Cho, Harry ?

-Attends attends, dit Harry.

Il respira un grand coup.

-Je croyais que tout le monde était au courant de mon secret…

-Oui. Tout le monde sait que tu es amoureux de Cho. Et puis, tu es sorti avec elle en cinquième année, non ?

Harry soupira. Lui qui croyait que tout Poudlard était au courant de son secret le plus grand… Il était… soulagé.

-Hermione, j'ai quelque chose à te confier.

-Je t'écoute.

-C'est plutôt important. C'est pour ça d'ailleurs que c'est à toi que je le dis. Je sais très bien que si je révélais tout à Ron, il ne pourrait pas tenir sa langue. Alors que toi, tu sais différencier l'important au futile. Lui est trop bavard et trop indiscret.

-Ah ça, oui !

-Et bien voilà… Je… Je ne sais pas trop comment te le dire.

Hermione le prit par le bras et l'emmena à la bibliothèque.

-On y sera plus tranquille, avait-elle prétexté.

Ils s'assirent à une table, essayant d'être le plus éloignés possible des autres. Hermione posa ses coudes sur le bureau.

-Je t'écoute Harry.

-Et bien voilà… Je…

Il ne savait pas comment le lui avouer, s'il devait tourner autour du pot pour qu'elle ait des doutes et lui faire comprendre en douceur, ou le lui dire franchement, risquant de la choquer pendant un moment.

-Prends ton temps, Harry.

C'était décidé, il allait lui dire directement, quitte à lui provoquer une crise cardiaque.

-Je… Suis…

Alors que Harry n'achevait pas sa phrase, Hermione le regardait intensément.

-Oui ? risqua-t-elle.

-Je ne suis pas ce que tu crois, dit-il à toute vitesse.

Hermione le regarda sans comprendre.

-Je suis une fille.

Le cerveau de la Gryffondor ralentit. C'était bien la première fois qu'elle ne comprenait pas quelque chose.

-… Hein ?

-Je suis comme toi… Une fille…

Mais la pauvre Hermione ne comprit pas pour autant. Elle se repassait cette simple phrase dans sa tête, tel un disque rayé.

-Tu nous fais une crise d'identité ou quoi ? lança-t-elle soudainement.

Harry, malgré le fait que cette phrase l'ait blessé, répondit :

-Mais non, Hermione. Je sais, je n'aurais pas dû vous cacher ça alors que je vous connais depuis si longtemps… Mais… J'avais peur. Peur que vous me rejetiez, sachant que je n'étais pas ce que vous avez toujours cru.

-Harry… souffla Hermione. Je ne comprends pas. C'est une blague ? C'est bien du goût de Ron de faire un truc pareil ! Vous voulez me faire tourner en bourrique, c'est ça ? Et bien, c'est réussi ! Et en passant, je ne trouve pas ça drôle du tout !

-Ce n'est pas du tout une blague. Ron n'est même pas au courant de ça.

-Et qu'est-ce qui me le prouve ?

-Ce matin, commença Harry.

-Oui ?

-J'avais un drôle de truc sur mon caleçon.

-Ton caleçon ? Tu viens de te trahir Harry !!

-Mais non ! Si je devais faire croire à tout le monde que j'étais un garçon, autant le faire jusqu'au bout !

-Bon Dieu Harry !! Je ne comprends rien !

Harry respira un bon coup pour se donner du courage.

-Bien. Donc, je vais d'abord essayer de te convaincre, et après je t'expliquerai tout, d'accord ?

Hermione acquiesça, pas très convaincue.

-Voilà. Donc, hier…

-Tout à l'heure c'était ce matin, répliqua Hermione.

-Oui mais j'avais oublié un détail. Donc, hier, j'avais mal au ventre, là, expliqua-t-il (elle ?) en lui montrant un point précis sur son abdomen. Et ce matin, en me déshabillant pour aller à la douche, j'ai découvert un truc assez inhabituel sur mon caleçon. Une tache foncée…

Hermione était restée là, à écouter ce que son ami lui baratinait. Elle ne croyait pas un seul mot.

-Tu as fini ta comédie ? demanda-t-elle brusquement. C'est lourd à force Harry.

-Je peux te le prouver ! lança le jeune garçon (la jeune fille ?).

-Ah oui ? Et comment ?

-Je vais te montrer. Viens, on va dans les toilettes.

-Écoute Harry, si c'est une déclaration d'amour, j'ai franchement vu mieux. Et je suis avec Ron.

Hermione eut peur que cette réplique cinglante ne vexe son ami, mais elle trouvait aussi que toute cette mascarade devait se terminer.

-Mais ce n'est pas une déclaration d'amour ! Tu croyais que je voulais t'emmener dans les toilettes pour faire quoi ?

Le jeune Gryffondor se sentit un peu idiote.

-Excuse-moi. Mais… C'est tellement irréel, improbable. En fait, c'est n'importe quoi !

-S'il te plaît Hermione ! Je veux juste te montrer dans les toilettes que je suis vraiment une fille !

-D'accord Harry. Mais je te préviens, si tout ça est une farce, tu peux toujours rêver pour que je te pardonne.

-Promis !

Au cours d'histoire de la magie, Hermione suçait distraitement sa plume. A son grand désarroi, et apparemment, à celui aussi de Harry, l'heure des cours avait sonné. Au moment où ils avaient franchi la porte de la bibliothèque, la grande horloge avait indiqué quatorze heures.

Elle était entre Ron et Harry.

-C'est la première fois que je te vois t'ennuyer en cours, 'mione, dit Ron en la dévorant des yeux.

Cette dernière lui fit un grand sourire.

-Je ne m'ennuie pas, décréta-t-elle. J'essaye de me remémorer mon cours d'arithmancie. J'ai un test tout à l'heure, et je compte bien le réussir.

Ron hocha la tête à ses paroles.

-Remémore-toi alors.

Harry, lui (elle ? bon je vais pas mettre tout le temps vous avez compris que c'est assez ambigu, du moins j'espère'), regardait la trotteuse de la petite horloge en bois de pin fixée sur le mur adjacent à celui de la porte. L'aiguille se déplaçait à une vitesse d'escargot.

-Et encore, un escargot se déplace plus vite, constata-t-il tout fort.

-Hein ? demanda Ron qui était occupé à essayer de faire des tresses avec les petites plumes de sa plume vainement.

-Non rien, répondit Harry. Je disais juste que le temps passe très lentement.

-Hn. Y a que Neville qui écoute. C'est bien la première fois d'ailleurs.

A la fin du cours qui, selon les élèves, avait duré une éternité, Harry et Hermione se rejoignirent discrètement dans les toilettes des filles.

-Bon, dit Hermione. J'espère que Ron ne va pas passer par là.

-Ron ne va jamais dans les toilettes des filles Hermione.

-Ah oui c'est vrai.

Ils entrèrent dans une cabine et Harry ôta son pull.

-Tu as intérêt à ce que ça soit vrai, prévint Hermione.

Elle appréhendait le moment où le tee-shirt rejoindrait le pull. Elle avait bien vu une fois Ron torse nu, mais Harry était une toute autre personne. Il souleva, au grand damne d'Hermione, l'unique vêtement qui cachait à présent son torse. Ce que vit la jeune fille la laissa coite.

-Tu… Tu…

-Oui Hermione.

-C'est un sort, c'est ça ?

Un léger mais perceptible renflement était bien visible au niveau de la poitrine du… de la… Hermione ne savait plus trop.

-Tu connais un sort qui puisse faire ça Hermione ? demanda Harry.

-Je… Non… Mais il y a tellement de choses que j'ignore encore. Bon c'est bon tu peux baisser !

Pendant la conversation, Harry était restée le tee-shirt à l'air, à montrer sa faible poitrine.

-Bon. Admettons que ça soit vrai. Tu es une fille.

Harry acquiesça.

-Tu nous as toujours dit que tu étais un garçon.

-Je n'ai rien dit Hermione. C'est vous qui l'avez cru.

-Oui mais… Tu t'appelles Harry !

-Je sais. Et je ne comprends pas plus que toi. Je ne sais pas pourquoi je m'appelle Harry, pourquoi ma tante et mon oncle, sachant que je suis une fille, me traitent comme un garçon, Dumbledore aussi doit sûrement connaître ma véritable identité, Sirius aussi devait le savoir, mais tout le monde me traite comme un vulgaire garçon.

-C'est vrai que c'est assez étrange. Sirius aurait pu répondre à tes questions. Malheureusement…

Hermione laissa sa phrase en suspens. Cet événement, malgré le fait qu'il était âgé de plus d'un an, restait toujours ancré dans le cœur de tous, tel une plaie prête à se rouvrir. La jeune fille se racla doucement la gorge.

-Je disais, donc…

Une voix en dehors de la cabine retentit alors.

-Hermione, t'es l ?!

C'était Ginny. Hermione regarda Harry, pétrifiée.

-Euh… Oui je suis là Ginny !!

-Ron te cherche depuis plus d'un quart d'heure !! l'informa la rouquine. Il voudrait te parler en priv !!

-Ah ! Et… Bien… Tu lui dis que je le rejoins dans dix minutes devant le terrain de Quidditch, d'accord ?

-C'est d'accord. Mais qu'est-ce que tu as ? Tu es coincée dans les toilettes ?

-Non non !!!!

Pendant un moment, Harry eut peur que Ginny veuille attendre Hermione en dehors des toilettes ou encore pire, essaye d'entrer dans la cabine dont le loquet avait étrangement disparu.

-J'ai juste… Un… Euh… J'étudie mes leçons ! lança Hermione au hasard.

-Dans les cabinets ? demanda Ginny.

-Ou… Oui ! Il y a beaucoup plus de calme !!

Harry commençait à s'impatienter. Ginny pouvait être très gentille et douce, mais parfois, sans qu'elle ne le sache, elle causait de sérieux problèmes.

-Tu es sûre que ça va Herm' ?

-Je te dis que oui Ginny !! Va vite prévenir Ron que je le rejoins dans dix minutes !!

Les deux séquestrés entendirent Ginny ouvrir et refermer la porte derrière elle. Au moment où Hermione allait enfin les libérer de la cabine, la porte d'entrée des toilettes s'ouvrit à nouveau.

-Et tu crois qu'il va marcher ? disait une voix inconnue aux deux Gryffondor.

-Oui, répondit Pansy Parkinson.

Hermione et Harry retinrent leur souffle à cette réponse.

-Il va même plus que marcher, reprit la Serpentard.

-Tu es bien sûre de toi Pansy.

-Je suis une Serpentard, Maïka. Mais, revenons-en au fait. Draco ira avec moi au bal demain !!

A ces paroles, la poignée de la porte des toilettes où Hermione et Harry étaient enfermées s'actionna. Les deux Gryffondor s'appuyèrent de toute leur force contre la porte de bois.

Sentant que quelqu'un poussait derrière la porte, Pansy s'exclama :

-Qui est l ?!

-C'est bon Pansy, dit la dénommée Maïka. Tu as tous les autres cabinets, laisse la pauvre fille faire ses besoins !

-Je préfère ces toilettes l ! expliqua Pansy méchamment en remettant une mèche de ses cheveux châtains derrière son oreille droite.

-Ils sont tous pareils, voyons ! Et puis dépêche-toi on a pas toute la journée !

La Serpentard entra dans la cabine d'à côté. Au moment où elle fermait la porte, elle entendit des chuchotements venant des toilettes voisines.

-Chut Harry… soufflait une voix féminine. Elles risquent de nous entendre.

-Mais je te dis que tu me fais mal… J'ai la jambe coincée entre les toilettes et toi…

Pansy tendit l'oreille.

-Tais-toi…

-Mais… Aïeuh !

Harry et Hermione se turent instantanément au dernier mot d'Harry qui avait été plus crié que murmuré.

-Pansy ? Tout va bien ? demanda Maïka.

La Serpentard sortit de sa cabine.

-Potter !! lança-t-elle. Sors de l ! Je sais très bien que tu es là avec une fille !!

Maïka la regarda, étonnée. Elle regarda la porte que Pansy désignait, mais personne n'en sortit.

-Allez Potter ! Ne fais pas ta vierge effarouchée !!

Mais la porte restait obstinément fermée. Alors, Pansy la poussa violemment et s'appuya dessus de toutes ses forces. Elle s'ouvrit un peu, sous la pression, mais se referma automatiquement.

-Hermione, souffla Harry. Tu n'as pas un sort pour qu'elle tienne toute seule ?

Cette dernière allait répondre quand la porte disparut instantanément. Harry et Hermione manquèrent de s'étaler par terre.

-Coucou !! s'écria Pansy en agitant sa main droite en l'air. Alors… Tiens ! Granger la Sang de Bourbe ! Avec Potter !

Maïka tenait sa baguette dans sa main.

-Potte Potter ! lança-t-elle bêtement. Qu'est-ce que tu fiches dans les toilettes des filles ?

-Mais voyons Maïka ! s'exclama Parkinson. Ce n'est pas difficile à imaginer !! Qu'est-ce qu'un garçon et une fille peuvent bien faire dans des toilettes ensemble ?

-Ah ah ! s'écria Maïka. Et que fais-tu de Weasley, Granger ?

-Je ne sors pas avec Harry ! répondit Hermione. Et puis ne vous mêlez pas de nos affaires !

Elle prit Harry par le bras et la tira vers la sortie. Malheureusement pour ces deux là, à peine sorties des toilettes, Hermione rentra dans quelqu'un qui passait malencontreusement par là.

-Tiens tiens, Granger !! Et… Potter !

-Malfoy, souffla Hermione, lasse de devoir subir encore une fois une rencontre avec un Serpentard. Qu'est-ce que tu veux ?

-Rien, sourit le blond. Au fait Granger, y a quelqu'un qui a l'air de t'attendre depuis un bon moment devant le terrain de Quidditch. Le pauvre chéri est tremp !

-Ron ! s'exclama cette dernière en mettant sa main devant sa bouche.

-Mon entraînement ! s'exclama cette fois Harry.

-Vous avez une bien courte mémoire, se moqua Malfoy.

A ce moment, Parkinson apparut avec Maïka derrière Harry et Hermione.

-Potter et Granger flirtaient dans les toilettes des filles, informa Pansy.

-Tais-toi face de bulldog ! lança Harry. Et ce ne sont pas tes affaires ! Et à toi non plus sale fouine ! rajouta-t-il en regardant le blond le plus méchamment possible.

-Intéressant, souffla Malfoy. Granger trompe Weasley avec Potter.

-Raconte ce que tu veux Malfoy, murmura Harry. Mais tu le paieras très cher.

-Mais non, Ron ! Tout ça, c'est Malfoy et sa bande d'imbéciles qui ont lancé cette rumeur !

Ron se tourna vers Hermione.

-Ah oui ?! Et où est-ce que tu étais lors de notre rendez-vous ?! Hein ?! Pansy m'a dit que tu étais avec Harry dans les toilettes pour filles !!

-Pansy ? Depuis quand tu appelles cette… Ce bulldog comme ça ?!

-Elle, au moins, a eu le courage de tout me dire !! Pas comme certaine !

-Mais elle a fait ça pour briser notre couple, tout simplement !! Tu ne croyais quand même pas qu'elle te rendrait service ?!! Je t'ai connu plus malin que ça Ronald Weasley !

Sur ce, Hermione tourna les talons s'en alla rejoindre Harry.

-Alors ? demanda celui-ci.

-Il n'y a rien à faire.

-Je suis désolée, Hermione. Si je ne t'avais pas révélé mon secret, tout ça ne serait pas arrivé.

-Mais non Harry. Il faut laisser le temps faire, Ron comprendra.

Les deux amies se dirigèrent vers la bibliothèque pour parler plus tranquillement. Ils s'installèrent à une table.

-Hermione, je ne voulais pas t'embêter avec ça, mais j'ai encore cette étrange chose dans mon caleçon, murmura Harry.

-Quelle chose ? demanda Hermione doucement.

-Je ne sais pas trop. C'est foncé, on dirait du rouge.

-Oh mais Harry !! Tu as tes règles !! s'écria Hermione.

Harry baissa la tête alors que quelques têtes se tournaient vers eux.

-Euh… bafouilla Hermione. Tes règles de Quidditch ! Oui, tu les as, hein ?! Tu sais, celles que t'as données Angelina !

Madame Pince arriva à ce moment là.

-Miss Granger ! Une bibliothèque est censée être silencieuse ! Puis-je savoir le pourquoi de ce changement de ton ?

-Euh… Excusez-moi madame Pince. Je… Je n'ai aucune raison d'avoir monter le ton.

-La prochaine fois, ça sera dehors.

La bibliothécaire retourna à ses occupations. Hermione fit bien attention à parler doucement.

-Donc… On en était o ?

-Tu disais que j'avais mes règles.

-Ah oui !

-J'aurai du m'en douter, souffla Harry.

Hermione sourit.

-Bref… Il y a une question que je me pose depuis un moment déjà. C'était quoi cette histoire avec Cho ?

-Ah oui… Et bien en fait… Je n'ai jamais été amoureuse d'elle. Au début, c'était seulement ses cheveux que j'admirais. Ils sont si beaux, ça fait longtemps que je les veux longs, les miens. Mais comme je suis censée être un garçon… Quand je suis sortie avec elle, en fait c'est elle qui m'a embrassée. J'ai décidé de la laisser tomber après puisque ce n'était pas elle que je convoitais. Seulement, j'ai du agir comme un garçon et faire semblant d'être amoureuse d'elle puisque apparemment, c'était l'impression que je donnais.

-Oui, je comprends, dit Hermione. Qui est-ce que tu convoites ?

-Je ne pense pas que tu vas très bien le prendre Hermione.

-Et ?

-Et quoi ?

-Qui est-ce ?

-Quelqu'un que tu détestes.

-Je déteste tous les Serpentard. Va droit au but.

-Je suis amoureuse de Draco Malfoy. 

-Tu es…

-Oui.

La jeune fille prit sa tête entre ses mains graciles.

-J'aurai tout vu, souffla Hermione.

A suivre…

Kimiko : Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que ça mérite une review ou non ?