Draco Malfoy n'avait pas vu venir les problèmes.

Depuis la fin de la guerre, ses parents et lui s'étaient repliés sur eux-mêmes.

Ils passaient leur temps au manoir, mais Draco, au bout d'un an avait osé mettre le nez dehors.

Et il avait découvert que le monde s'était reconstruit, ni vraiment mieux, ni vraiment pire qu'avant.

Et il y avait sa place.

Les Malfoy avaient certes perdu leur honneur, leur pouvoir et leur crédibilité, mais ils avaient conservé leur manoir et leur argent.

Draco, comme ses parents avant lui, n'avaient pas besoin de travailler.

Il prit l'habitude de passer la quasi-totalité de son temps avec son ami Blaise Zabini, que la fortune de sa mère mettait également à l'abri des contingences matérielles.

Ils occupaient souvent leurs journées à parler et lire, pratiquer la magie, se promener.

Et ils passaient une bonne partie de leurs soirées dans un pub sorcier respectable élégamment nommé « au chaudron d'or » et, vu les prix pratiqués, il fallait effectivement pouvoir se permettre de le fréquenter.

Draco, comme tout jeune homme normalement constitué, avait des besoins physiques à assouvir. Il en était de même pour Blaise.

Tous deux se rendirent compte assez vite que leurs physiques leur permettaient d'attirer de jeunes demoiselles, toutes excitées par leur statut d'anciens mange morts, mais qui disparaissaient assez vite quand elles se rendaient compte que ni Blaise ni Draco n'étaient équipés de sexes crachant du feu, ou autres joyeusetés physiques qu'elles attribuaient visiblement aux ex mange morts.

Mais cela ne les dérangeaient pas outre mesure, passer un bon moment en compagnie de créatures peu farouches leur suffisait amplement.

Draco eut 20 ans le 5 juin.

Le 6, les ennuis commencèrent.

Comme tous les soirs, il dînait en compagnie de ses parents, dans la lugubre salle à manger du manoir.

Depuis la fin de la guerre et la libération des elfes de maison, les repas étaient assez surprenants chez les Malfoy.

Ils mangeaient comme toujours dans des assiettes de la plus fine porcelaine, buvaient dans des verres du plus pur cristal, et leurs serviettes étaient en soie damassée, mais le contenu de leurs assiettes laissait souvent à désirer.

Narcissa Malfoy avait du se mettre à la cuisine après le départ des elfes, aucune cuisinière n'acceptant de travailler pour eux.

Le résultat était souvent …étonnant.

Ce soir là, Draco peinait à déglutir de la purée qui ressemblait à s'y méprendre à du plâtre froid, et partiellement durcit, quand sa mère proposa, d'un faux air innocent qu'il connaissait bien, qu'il invite Pansy Parkinson à manger un de ces jours.

Draco manqua en lâcher sa fourchette.

« Que j'invite Pansy ? Mais pourquoi faire ? »

Ce fut son père qui répondit, trop heureux d'abandonner son platre-sa purée :

« Fils. Tu as eu 20 ans. Il est temps pour toi de te trouver une épouse. L'honneur des Malfoy n'est…plus ce qu'il était. Grâce à toi nous pouvons reconstruire notre famille, retrouver la place qui était la notre dans le monde des sorciers. Pour cela nous avons besoin d'un nouveau départ. Marie toi, donne un héritier au nom des Malfoy et notre famille sera à nouveau respectable. »

Draco sentit une pesanteur dans son estomac, sans qu'il sache s'il devait l'attribuer à la purée de sa mère ou au discours de son père.

Il garda toutefois une retenue tout Malfoyenne, et conclut la discussion en murmurant :

« Je vais y penser »

Sur quoi, il alla rejoindre Cherry, une brunette qui, bien qu'issue de Poufsouffle, n'avait rien contre passer quelques heures agréables avec un Serpentard.

Dès le lendemain soir ses parents remirent le sujet sur le tapis.

Tous les soirs, avec une régularité navrante, ils lui rappelaient ses devoirs de dernier des Malfoy.

Draco aimait ses parents.

Il aimait également sa vie de facilité et de plaisir.

Il savait qu'il lui fallait trouver une solution pour calmer ses parents, surtout depuis que sa mère commençait à énumérer avec insistance des noms de cousines éloignées…

Abattu, il finit par en parler à Blaise Zabini.

Ce soir-là, le 12 juillet, donc à peine plus d'un mois après le début de ce harcèlement au mariage, Draco en était réduit à se demander s'il n'allait pas faire croire à ses parents qu'il était gay…

Installés à une table reculée au chaudron d'or, Draco raconta à Blaise ses ennuis.

Celui-ci rit un bon quart d'heure, avant de réfléchir avec son meilleur ami à la manière de le tirer de ce mauvais pas.

« En fait, l'idéal serait que tu leur dises sortir avec une fille qu'ils ne peuvent pas supporter…Comme ça ils te lâcheraient un peu ! »

« Je peux leur dire sortir avec une moldue … »

« Ils te croiront ?! »

« Non…Ils n'y croiront pas non plus pour une née moldue… »

« Alors il te faut une sorcière de sang pur, mais dont la fréquentation est insupportable »

Draco réfléchit un long moment.

La première personne à qui il avait pensé était Luna Lovegood. Mais celle-ci avait passé plusieurs mois emprisonnée dans la cave du manoir et même cette fille ne sortirait pas avec lui après ça. Ses parents ne le croiraient pas.

Par association d'idées, il pensa alors à Ginny Weasley, la meilleure amie de Lovegood .

Elle faisait partie de l'équipe des Harpies et elle était particulièrement douée.

Elle était célibataire, pour autant que le sache Draco, qui ne l'avait pas revue autrement qu'en photo à la une de la gazette du sorcier depuis la bataille finale.

Il sourit à Blaise d'un air carnassier :

« Weasley… »

Lui murmura-t-il.

Blaise le regarda d'un air affolé :

« Il est avec Granger ! Et je croyais que tu ne voulais pas faire croire à tes parents que tu es gay finalement ?! »

« Pas Ron ! La petite peste ! Ginny ! »

Le visage de Blaise fut à son tour éclairé d'un sourire ironique :

« Parfait ! C'est tout simplement parfait ! Elle est célibataire ? »

« Je crois, oui. Depuis que Potter est à St Mangouste pour soigner sa dépression c'est connu de tout le monde que c'est Chang qui va lui tenir la main tous les jours, pas la petite Weasley ! »

Les deux jeunes hommes trinquèrent joyeusement.