EDIT 1 : L'histoire est aussi disponible sur fanfic fr . net et sur mon blog lynxinafictions . blogspot . fr !
Les premiers chapitres sont softs mais il va très bientôt y avoir du lemon! :) Bonne lecture!
Le cabaret était bondé. La musique se mêlait aux éclats de rire des gens et à leurs voix alcoolisées. Le trop peu de place entre les tables de la salle bondée handicapaient les serveurs qui souriaient malgré eux aux clients. La lumière, les flashs, la musique, tout se mélangeait et offrait à cet endroit luxurieux un air de Casino huppé. Des femmes en robes de soirées offraient aux hommes costumés leurs plus beaux sourires. Elles portaient la main à leur torse en riant la tête renversée.
Ce vacarme assourdissant finit par s'interrompre. Un bruit se fit entendre, suivit d'un grésillement :
"Heeeey people of Gotham City ! Vous me laisseriez bien chanter une chanson?"
Le rire qui accompagnait cette phrase glaça le sang de la foule. Des cris se firent instantanément entendre. Les verres se brisèrent, les plateaux tombèrent, les chaises se renversèrent... Un sentiment d'effroi pouvait se lire dans le regard des clients désemparés.
Le personnage sur scène, quant à lui, avait déjà commencé à pousser la chansonnette :
"Kiss kiss kiss me baby, je veux chanter pour ceux... Hihihi !"
Ce sourire, ces cicatrices épaisses, cette voix grinçante dans le micro... Ces signes ne pouvaient pas tromper et les gens à terre en étaient la preuve même : Le Joker s'était échappé de son asile.
Un serveur téméraire pris l'initiative d'appeler la police, mais le clown effrayant n'apprécia pas le geste qu'il remarqua de loin.
"Bang baaaang ! Hahahaha !"
Il tira une balle en plein sur la base du téléphone du cabaret, ce qui coupa net la conversation avec la police.
"Je suis bien triste que vous n'aimiez pas mes compétences vocales..."
Le Joker fit la moue en regagnant son effroyable sourire instantanément. La peur était palpable et le clown en aurait bien gardé un bout s'il avait pu. Comme souvenir ou comme trophée... peu importe. Les interférences que provoquait la voix du Joker avec le micro émettaient des sons stridents. Le Joker savait que la police allait bientôt arriver. Il avait coupé le téléphone fixe pour jouer un peu, mais il ne pouvait ( et ne voulait ) pas s'amuser à empêcher tous les smartphones et les réseaux sociaux de s'activer. Il devait faire vite.
"Mesdames et messieurs... Je désirerai qu'on me livre l'archange de Gotham..." Ses mots s'entrecoupaient de gloussements féminins et c'est ouvrant les bras et en parlant lentement qu'il ajouta :
"Batman"
Il s'était dirigé vers toutes les caméras de smartphones qu'il avait pu trouver pour que son message à la police soit clair. Celle-ci ne devait d'ailleurs plus tarder à arriver.
Le Joker fou s'enjaillait seul à l'idée de Batman réagissant à la nouvelle. Bonne pour le Joker, et mauvaise pour l'homme chauve-souris. Il riait aux éclats en se tenant les tripes et regardait le chaos qui régnait dans la salle.
Mais ce n'était pas encore assez pour lui. Il descendit de la scène, entraînant un mouvement de recul collectif dans la salle, puis se dirigea vers un smartphone tremblant.
D'une voix grave et rauque il dit :
"Sinon ces corps entiers seront à recomposer..."
Il montra également un bouton qu'il avait dans sa manchette. Il sourit de toutes ses dents en penchant la tête et en parcourant du regard toute la salle.
Il se redressa ensuite et passa sa main enveloppée de soie violette délicate entre ses boucles sales et mal décolorées.
"J'ai très peu de patience en ce qui concerne les ordres que je donne..."
Pendant ce temps au manoir, Alfred se pressait d'apporter le téléphone à Bruce Wayne.
"Gordon pour vous. C'est une catastrophe, Monsieur."
Bruce remercia Alfred d'un signe de tête tout en répondant à l'inspecteur. Tandis que monsieur Gordon lui racontait les détails, le sang du héros déferlait dans ses veines. Dans ses veines se déversait un torrent de sang en ébullition. Sa mâchoire se serrait et il commençait déjà à surchauffer. Le Joker s'était échappé de l'asile et le millionnaire était le prix de la rançon.
Il raccrocha et jeta le téléphone sur son grand lit. Alfred lui présenta sa combinaison de kevlar, exactement ce qu'il cherchait. Alfred lisait dans ses pensées et savait toujours quand se rendre utile. Il enfila frénétiquement son costume d'homme de la nuit et pris sa moto. C'était la meilleure si jamais il avait à courser le Joker dans les petites rues. Il prévoyait tout à l'avance. Cette fois, le Joker ne s'en sortirait pas.
Au cabaret, la peur s'intensifiait et le Joker faisait son spectacle sur scène. Il jouait avec l'interrupteur en marchants à grands pas. Il chantonnait en attendant avec impatience la police.
Batman était arrivé devant le cabaret et attendait l'inspecteur. Les forces de l'ordre étaient déjà présentes et attendaient, copieusement armées, les ordres.
"Batman. Qu'est-ce que tu comptes faire?" Il avait les sourcils froncées, mais un soupçon de désespoir se lisait dans son regard. Batman, lui, était prêt à faire payer une nouvelle fois le Joker. Il n'attendait que ça : serrer la gorge du Joker entre ses doigts épais et musclés.
"Faites évacuer les civils dès que possible. Vous allez entrer et faire diversion. Vous les protégerez pendant que je neutraliserais le Joker et son détonateur."
Le Batman donna d'autres informations précises et se mit à l'oeuvre.
La porte principale du cabaret s'ouvrit dans un fracas qui ressemblait à une explosion. Tous les gens présents dans la salle hurlèrent en fermant les yeux et en se protégeant la tête avec leurs mains. La porte donnait directement sur la scénette.
La police encercla les civils en pointant leur arme respective sur le Joker. Celui-ci se tourna en souriant et affichant un air satisfait sur son visage.
"Mais où est le Batman?" chantonna-t-il.
Le policier se mit en face de lui et hurla :
"Posez le détonateur!"
Le clown s'amusa de l'ordre qu'on lui donnait. Il se mit à rire et leva le détonateur.
"Je suis déçu. N'avions-nous pas un marché?"
Il explosa de rire et claqua des doigts. Une corde descendit du plafond entre les spots et le Joker agrippa comme un artiste de cirque, le bras en l'air.
"Boum, boum, BOUM!" gloussa-t-il.
Tandis que ses hommes tiraient la corde pour le faire remonter, son final se fit brusquement interrompre. Batman gâcha son spectacle en lançant un batarang sur le détonateur du Joker à mi-chemin entre ciel et terre. Le Joker ferma les yeux et souri. Il savait que Batman ferait son apparition à la dernière minute. Alors qu'il agrippait une barre de fer, aidé de ses fidèles pantins, il vit du coin de l'œil Batman arriver en courant du fond de la salle, sortant de l'ombre.
"Et maintenant Boss?" cria un des sous fifres, essoufflé.
"Sortez d'ici et ne vous faites pas remarquer jusqu'à ce que je vous rappelle."
Ils prirent une direction différente et le clown senti l'aura de l'homme sombre se rapprocher furtivement et rapidement. Il adorait ça. Chaque course poursuite lui donnait de l'adrénaline. Plus le Batman se rapprochait, plus le ventre du Joker se serrait, se contractait. Comme si des milliers de papillons lui chatouillaient les entrailles. Il en était de même pour le chevalier noir. Chaque pas qui les séparaient était un degré de plaisir en plus.
Les deux protagonistes étaient enfin sortis de l'établissement et couraient sur les toits, comme au bon vieux temps. Le Joker virevoltait dans les airs en riant, les jambes relevées, poursuivi par un Batman en armure imposante qui se déplaçait grâcement dans le vide. Batman, essoufflé et à quelques centimètres de sa cible hurla de sa voix rauque et métallique :
"Joker, c'est fini. Tu n'as même plus de quoi me faire chanter."
"Tu crois, Batou?"
Le Joker se retourna et fit briller son sourire malin. Il montra un gros bouton rouge vermillon en arrêtant sa course. Face à un Batman choqué, il annonça :
"Je croyais que l'on se connaissait mieux que ça Batsy-chou..."
"Ne m'appelle pas comme ça le clown." La voix dure et ferme de Batman fit lever les yeux au ciel du Joker souriant.
"Tu bouges, ils meurent. Haha!"
Batman serrait les poings et se forçait à ne pas se jeter, poings en avant, sur le Joker. Il savait qu'il ne fallait pas le brusquer et attendait le bon moment pour agir.
Le Joker sautilla jusqu'à son Batman et s'arrêta à quelques centimètres de son visage. Batman senti ses joues chauffer et des gouttes de sueur sortir de ses pores. Le regard perçant du Joker dans le sien. Qu'est-ce qui le retenait tout à coup de lui briser les os et de l'enfermer à nouveau à Arkham? Son visage n'avait jamais été aussi près de celui du Joker. Des milliers de pensées lui traversaient l'esprit. Le Joker semblait si frêle et fin en face de ses muscles et de son armure saillante. Quelques coups et le Joker aurait pu être hors d'état de nuire. Mais le souffle dense et chaud qu'il sentait sur son visage le paralysait.
Le clown lui passait le détonateur devant le nez. Il le narguait et profitait de la soudaine tétanie de sa cible. Il passa une de ses mains sur ses joues puis la porta à celles du chevalier noir. Batman serrait les dents et s'étonnait de ne savoir que faire. Ses boyaux se tordaient et ses muscles le brûlaient. Le Joker serra sa main sur la mâchoire de l'archange de Gotham city jusqu'à sentir ses dents à travers sa chair. Il les serra si fort qu'il réussi à entrouvrir la bouche de son ennemi. Le Joker se retenait de rire. Des petits cris s'échappaient malgré lui tant le plaisir grandissait en lui. Il inséra le détonateur dans la bouche du millionnaire et le positionna entre ses dents.
"Il tombe: boum. Tu serres les dents: boum. Tu bouges... Boum."
Le sang de Batman se glaça dans ses veines en entendant ces mots. Il était bloqué. Pourquoi n'avait-il rien fait avant?
Le Joker se colla contre son ennemi et jubila de le voir à sa mercie. Il passa sa main autour de son cou et le senti déglutir.
"Je sais que tu rêverais d'être à ma place mon chou, mais désormais, tu es à moi. Rien-qu'à-moi."
Batman s'étonnait de ces paroles mais le fou n'avait pas tort. Malgré son incapacité à bouger, il attendait depuis qu'il avait reçu l'appel de Gordon de passer ses mains autour de sa gorge fine et pâle. Joker promena lentement ses lèvres sur le masque de Batman et se rapprocha du détonateur. Il lui porta le coup de grâce en embrassant les lèvres de son Batman, qui se rigidifia à la sensation du maquillage graisseux des lèvres pulpeuses du Joker.
Batman failli resserrer ses dents sur le détonateur à cause de la surprise. Dans ce moment interminable, le Joker passa sa langue entre les lèvres et le détonateur. Elle sembla se fondre dans la bouche du protecteur nocturne, horrifié de ce qui lui arrivait.
Le Joker se retira, en prenant dans sa bouche le détonateur. Le premier réflexe de son adversaire fut de lui lancer un coup de poing dans le ventre, le reste de son corps toujours paralysé par ce qui s'était passé. Le Joker, à terre, se mit à rire.
"Ça y est Batou! Voilà que tu redeviens en-fin toi-même!"
"Ferme-la, sale déchet!" Batman essuya les restes de rouge à lèvre qui étaient sur sa bouche et questionna sa Némésis, le goût âcre du maquillage toujours dans sa bouche.
"Qu'est-ce que tu veux, sale clown?"
Le Joker souri et dit :
"Toi."
Il lança le détonateur dans le vide dans lequel Batman se jeta aussitôt pour le rattraper. Mais l'objet s'écrasa contre le sol, pressant le mécanisme. Batman se senti partir. Il n'entendit rien mais n'y pensait pas. Il pensait uniquement à sa défaite et aux gens morts à cause de lui tous ces corps sanglants entre les débris. Il pris son téléphone et composa le numéro de l'inspecteur:
"Je suis désolé... Il avait un deuxième détonateur... Je..."
"Quoi?" coupa Gordon. "Les gens sont sains et saufs, tu les as sauvés. Il s'est enfuit?"
"Oui."
"Nous n'avons pas encore trouvé les bombes. La brigade de déminage fait son maximum. Les civils ont été évacués depuis très longtemps. Je te tiens au courant."
Batman rangea son portable et tenta de se remettre les idées en place. Il rentra au manoir sur sa moto et essaya de réfléchir. Alfred l'attendait avec un remontant : du thé et des biscuits anglais à la framboise.
"Maître Wayne, à votre visage je devine que le Joker est parvenu à ses fins."
Batman s'assit en retirant le haut de sa combinaison, masque compris. Il trempa un biscuit dans le thé, silencieux, puis le reposa sur le plateau, plus préoccupé par la soirée que par son estomac criant.
"Il n'y avait pas de bombe Alfred."
"Comment en êtes-vous sûr monsieur? L'inspecteur avait l'air formel.
"Le détonateur a été déclenché mais il ne s'est rien passé. Et il n'est pas du genre du Joker d'utiliser du matériel obsolète."
"Allez vous reposer monsieur. Vos méninges sont plus efficaces lorsque vous êtes calme et rechargé."
Le demi Batman se dirigea vers sa luxueuse salle de bain où Alfred lui avait préparé un bain aux huiles essentielles relaxantes. Il se délesta du reste de son costume et redevint entièrement Bruce Wayne. Il plongea son corps imposant dans l'eau chaude et parfumée. Il passa ses mains mouillées sur son visage et s'allongea les yeux fermés. Il aurait préféré une douche froide, pour le laver de la sensation écœurante du Joker sur son visage. Oui. Il avait eu l'impression d'avoir eu le Joker tout entier sur ses lèvres. Et les frissons qu'il avait eu le remplissait de remords et de dégoût pour lui-même. C'est vrai que sa double vie lui avait empêché ces derniers temps de s'occuper de sa vie amoureuse, ou plutôt sexuelle. Cela faisait une éternité qu' aucune femme n'avait posé ses lèvres sur les siennes. Cela devait être ça... Simplement ça.
Il s'endormi dans son bain, apaisé par les huiles et n'entendit pas Alfred chercher ses affaires et ne senti pas la serviette humide et froide qu'Alfred lui posa sur son front rouge et chaud.
Son sommeil s'annonçait tourmenté.
