Résumé : Harry a vu le retour de Lord Voldemort. Seulement, quelques sorts de plus et l'avenir s'assombrit, dérape. A quel point la torture de Voldemort suivit de celle de Barty Croupton Junior vont-elles changer la vie de notre héros préféré ? Et à jamais ? UA, fic dark
Note : 1 : Hélas, comme c'est une réécriture, même l'idée ne m'appartient pas à part la torture et quelques autres détails.
2 : Je sais, je sais, j'ai des fics en cours et tout et tout mais j'avais cette idée dans la tête depuis que j'avais vu le film 4… Alors voici ce qui sera soit un OS soit une fic. Bonne lecture.
Chapitre 1 :
Harry s'effondra au sol, suivit de prés par Cedric. Il poussa un grognement et se releva en tremblant. Cedric effectua un sort de soin sur sa jambe blessée. Harry le remercia et son ami acquiesça gravement.
-Où sommes-nous ?
Harry ne répondit pas, son regard balayant le cimetière avec une impression effrayante de déjà vu.
-Tu savais que le trophée était un portoloin ?
Cedric fit non de la tête, redressant sa baguette. Ils contemplèrent un moment le cimetière totalement silencieux.
-Est ce que ça fait parti de la tâche ?
-Je ne sais pas, répondit Cedric, pas vraiment rassuré. Tu crois qu'il faut sortir nos baguettes ?
-Ce serait préférable, acquiesça Harry.
Ils scrutèrent au loin, tentant de percer les ténèbres qui tombaient avec l'étrange sensation d'être observé.
-Quelqu'un vient, dit brusquement Harry.
Cedric et lui se tournèrent vers un homme qui arrivait. On ne voyait pas son visage, caché par une capuche. Il portait dans ses bras un ballot de vêtement. C'était sans doute une robe roulée en boule. Harry fixa le ballot et poussa un cri en s'effondrant au sol, la cicatrice brûlante.
-Qui êtes-vous ? hurla Cedric mais sa voix fut couverte par celle de Harry.
-Cedric, retourne au portoloin !
Cedric se tourna bravement vers lui.
-Je ne te laisserai pas !
Une voix aigu et glacée coupa le débat :
-Tue l'autre.
-Avada Kedavra !
Cedric regarda avec surprise le sort vert fuser vers lui.
-Nooooonnn !
Le hurlement de Harry brisa le silence presque surnaturel. Il regarda un moment le corps de Cedric, un long moment durant lequel il tentait de se rassurer, de se dire qu'il n'était pas mort.
Mais la poigne d'un homme le relevant sorti Harry de son semi-songe. Des cordes jaillirent de la baguette et le lièrent à une pierre tombale. Harry se débattit et reçu un coup sur la nuque. Il entr'aperçut une main à laquelle il manquait un doigt.
-Vous, souffla-t-il.
Queudver ne répondit pas. Après s'être assuré qu'il ne pourrait pas fuir, il s'éloigna du garçon et disparut dans les Ténèbres. Harry resta là un moment là, anxieux, dans ce silence angoissant à attendre le retour de l'homme. Mais à la fois il ne voulait pas qu'il revienne.
Harry nota alors que Cedric était étendu à quelques mètres de lui, que le trophée des trois sorciers était à six mètres de Cedric. Un serpent tournait autour de lui en sifflant. Harry tressaillit, presque terrifié.
Enfin, il revint, un chaudron rempli d'eau hésitant, lévitant devant lui. Maladroitement, il alluma un feu et vérifia différentes choses avant de se tourner, tremblant, vers le ballot de vêtements.
-Maintenant, ordonna la voix glacée, tirant des frissons à Harry.
Il défit la robe et Harry poussa un cri de surprise. C'était un être chauve, aux écailles grossières d'un noir rougeâtre aux yeux rouges incandescents à la fois si proche d'un enfant sans pourtant pouvoir en être un. Queudver le saisit et, en s'approchant du chaudron, sa capuche tomba en arrière, dévoilant un visage blafard et révulsé à la lueur des flammes. Finalement, il laissa tomber l'être dans le chaudron, qui heurta le fond avec un bruit sourd, et respira profondément. Il leva sa baguette et dit dans la nuit noire :
-Que les ossements du père, donné en toute ignorance, fasse renaître son fils !
Une fine volute de poussière s'échappa de la tombe grinçante sur laquelle se trouvait Harry. Elle se dirigea vers le chaudron avant de s'y laisser tomber. Le liquide devint bleu vif. Queudver sembla bouleversé lorsqu'il prononça ces paroles :
-Que… la chair du… du serviteur, donnée vo…volontairement fasse.. fasse renaître son maître.
Harry le vit sortir un poignard qu'il serrait étroitement dans sa main gauche. Il tendit la droite (celle à laquelle il manquait un doigt) et leva le couteau. Harry comprit une seconde avant qu'il ne fasse son geste son intention. Il ferma étroitement les paupières, tremblant. Il ne put cependant ignorer le cri de douleur qui le transperça. Il y eut un bruit d'éclaboussure et Harry sentit son estomac se retourner. Harry n'osait pas rouvrir les yeux mais la lueur rouge incandescente venant du chaudron traversait ses paupières comme si ses yeux étaient ouverts. Ce ne fut que lorsqu'il sentit le souffle précipité de Queudver qu'il s'aperçut que ce dernier était juste devant lui. Il ouvrit brutalement les paupières. Queudver tendait le poignard devant lui et plongea ses yeux plein de souffrance dans ceux de Harry. Il annonça d'une voix hésitante :
-Que le sang de l'ennemi… pris par la force… ressuscite celui qui le combat !
Harry voulait ne plus être là, disparaître. Il se débattit contre l'inévitable. Ses liens étaient trop serrés, et il était trop faible. Queudver lui entailla le creux du coude et recueillit le sang dans un flacon. Il se dirigea d'un pas chancelant vers le chaudron et y versa les gouttes de sang. Sa besogne terminé, il se laissa choir devant le chaudron, secoué de sanglots.
Harry vit le liquide réagir. Des centaines d'étincelles jaillirent et un panache de vapeur entoura le chaudron. Alors, du fond de son cœur serré d'angoisse, il suppliait que tout ai raté, que la chose se soit noyé… Mais, alors qu'un nouveau panache de vapeur jaillissait, Harry se sentit glacé d'effroi. A travers le nuage, il aperçut une forme squelettique.
-Habille-moi, ordonna une voix aigüe et glaciale.
Avec un élancement particulièrement douloureux dans sa cicatrice, Harry vit Queudver passer la robe au cou de son maître et ce dernier se tourner vers lui. Leurs yeux se croisèrent et Harry baissa le regard avec l'espoir qu'IL n'y voit pas un signe de soumission, la cicatrice brûlante. Lord Voldemort venait de renaître.
-o-
Harry vit arriver les mangemorts, et entendit le discours de Lord Voldemort sur sa chute et ses années d'errance. Harry sentit le poids des regards haineux des mangemorts ; il perçut la magie de Voldemort sur le point de l'étouffer. Il sentit un Doloris l'envahir et le doigt de Voldemort sur sa joue. Malgré cela, Harry se savait en vie. Pour combien de temps ? Il ne voulait pas savoir. Juste espérer. Juste croire en quelque chose qui le quittait. Juste croire que la vie qui habitait ses veines ne fuirait pas, ne l'abandonnerai pas au moment où il en avait le plus besoin.
Brusquement, ses liens disparurent. Etourdi, il se releva, et attendit, n'ayant pas écouté les précédentes paroles du Lord. Queudver lui fourra dans la main sa baguette avant de s'éloigner, lui et sa toute nouvelle main argentée. Voldemort lui demanda alors si on lui avait appris à se battre en duel. En grand Gryffondor, il s'abstint de répondre, échafaudant des plans. Le Lord s'inclina alors.
-Les usages veulent que l'on s'incline Harry. Dumbledore voudrait que tu montre ta bonne éducation non ?
Voldemort, voyant Harry toujours droit, leva sa baguette et précisa :
-Je t'ai demandé de t'incliner.
Harry sentit sa colonne se plier à la volonté de son ennemi et il grinça des dents à l'entente des rires des mangemorts.
-En garde ! Meurs droit et fier comme est mort ton père !
Harry n'eut pas le temps de parer. Le Doloris le frappa en pleine poitrine et il s'effondra au sol, hurlant, se convulsant. La douleur parcourait chaque partie de sa peau, la meurtrissant au fer rouge. Sa voix faiblit un instant puis s'évanouit. Il avait si mal, il souhaitait mourir, rejoindre ceux qui l'avait quitté, pouvoir se faire pardonner par Cedric et ses parents. Et puis, le sort s'arrêta. Il roula sur lui-même, tremblant furieusement, ramassant sa baguette au passage. Les rires des mangemorts s'éteignirent tranquillement. La rage de Harry gonfla en sa poitrine mais il s'efforça de se calmer pour écouter Voldemort.
-On va faire une pause Harry.
Ses yeux étincelèrent d'une satisfaction cruelle.
-Ca t'as fait mal hein Harry ? Tu n'aimerai pas que je recommence n'est ce pas ?
Harry se tut, la fureur faisant étinceler ses beaux yeux verts.
-Je t'ai posé une question. Répond-moi ! Impero !
Harry sentit alors une sensation familière envahir son esprit. Il avait l'impression de flotter, d'avoir tout oublié. Il se perdit un instant dans le bonheur de cette transe avant de se souvenir exactement de ce que s'était. Maugrey leur avait dit, les avait fait y résister. L'impérium, un des impardonnables. Harry reprit ses esprits et se prépara à recevoir l'ordre et à le rejeter. Déjà, la voix de Voldemort se faisait entendre.
-Dit oui… Un simple oui… Dit simplement oui…
Harry se dit que finalement ça ne le tuerait pas de dire un simple mot mais sa rage remonta dans sa poitrine et il trouva au fond de lui la volonté de refuser.
-Je ne répondrai que ce que je voudrais ! rugit-il.
Aussitôt, l'impression de rêve s'évanouit. Les courbatures de la tâche et du sort de Doloris se firent cruellement sentir. Il se retrouva face à Voldemort et repris conscience de ce qui l'entourait. Les mangemorts avaient cessés de rire et la voix de Voldemort s'éleva, doucereuse.
-Tu ne veux pas répondre ? Bien. Je vais t'apprendre la politesse avant de te briser.
Il leva sa baguette lança un autre sort.
-Endoloris !
-Protego ! hurla Harry, avec désespoir.
Le bouclier trembla sous la violence du sort avant de voler en éclats. Harry vit, à travers les débris lumineux du bouclier, un éclat agressif. L'instant d'après, il roulait au sol, les larmes aux yeux. Il hurlait, la douleur se perdant dans son corps, ravivant des maux anciens. Il se sentait mal, son cœur battait à toute allure et sa peau lui semblait chauffée au fer rouge. Lorsque le sort cessa, il resta un moment immobile, à tenter de vaincre ses sanglots qui menaçaient de glisser hors de sa gorge. Finalement, il se releva, tremblant et chancelant mais empli de rage et de haine. Voldemort releva sa baguette avec un rire cruel. Il s'apprêtait à lancer à nouveau le sort lorsque Harry sentit la chaleur de la colère envahir chaque recoin de son corps. Sa magie jaillit et il la sentit, jusqu'au bout de ses doigts. Il dressa sa baguette, empli de magie et s'apprêta à lancer un terrible sort. Voldemort lança à nouveau un Doloris et Harry resta un moment immobile, cherchant le sort et cherchant sa magie. Il n'arriva pas à la dompter. Et il s'effondra à nouveau au sol où il hurla à la fois de douleur mais également de désespoir. La douleur, toujours plus intense, déchirait ses membres et sa tête. Il avait si mal et il avait tellement envie de partir… Et le sort cessa. Harry frémit et s'apprêta à saisir sa baguette pour combattre lorsque le Lord l'envoya plus loin et lui jetait un nouveau sort, inconnu à Harry. Harry, hébété, se sentit soulever au creux de l'estomac et projeté au sol. Alors, il poussa un hurlement de douleur. La douleur était tellement intense et son corps si jeune… Son sang, devenu lave dans ses veines, semblait tenter de s'évader. Ses muscles se tendaient et se détendaient à toute vitesse, favorables aux crampes. Finalement, Voldemort cessa le sol et s'avança tranquillement vers Harry, prostré au sol, sanglotant silencieusement. Voldemort lui jeta à nouveau un Doloris et les cris de Harry s'élevèrent à nouveau dans la nuit noire. Voldemort attendit que ses hurlements cessèrent pour lui parler d'une voix tranquille :
-Vois-tu, Harry, tu ne récolte seulement ce que tu as semé.
Harry, à travers le sort, trouva la force -insolente- de lui rétorquer :
-Vous connaissez… les proverbes… moldus maintenant ?
Voldemort cessa le sort. Ses yeux rouges étincelaient furieusement.
-Tu va regretter tes mots un à un.
Voldemort lui jeta un nouveau sort ; des clochettes teintèrent aux oreilles de Harry. Et aussitôt, il poussa un hurlement puissant. Il avait l'impression qu'un millier de couteaux tranchants s'abattaient sur son corps. Il se convulsa furieusement, des larmes silencieuses, contradictoires aux cris qu'il poussait, roulant sur ses joues. Il sentit un liquide poisseux couler dans son dos et il tressaillit furieusement. Un goût de sang envahit sa bouche. Des larmes rendirent flou sa vision mais ses oreilles captaient bien les rires réjouis des mangemorts et l'herbe qui se plissait sous les pas du Lord Ténèbreux. Finalement, Voldemort cessa le sort. Harry respira profondément, cherchant des yeux sa baguette, à quelques pas de lui. Il détendit ses muscles et bondit. Sa main saisit sa baguette et il se redressa, haletant. Ses yeux captèrent ceux du Lord Noir. Ils lancèrent en même temps un sortilège. Leurs baguettes s'unirent par la priori incantatum. Après, Harry perdit le fil du temps. Il entendit d'une oreille hésitante les conseils de ses parents et la demande de Cedric. Finalement, le sort se brisa. Harry s'effondra au sol, épuisé. Un sortilège de magie noire le cueillit l'instant suivant. Il poussa un hurlement perçant. Chacun de ses os se brisait en un craquement sonore et la douleur naissait en lui en vagues brûlantes. Il perdit le fil du temps. Finalement, le sort fut levé et il se releva péniblement, manquant une ou deux fois de s'effondrer au sol et de tourner de l'œil. Et ses yeux plongèrent dans ceux de Voldemort. Il observa du coin de l'œil la disposition du jeu d'échec et trouva que la retraite était une bonne stratégie. Mais déjà, une torpeur irréelle tombait sur lui. Alors, il lança un sortilège autour de lui et une fumée épaisse l'entoura. Il s'élança en titubant vers Cedric et s'effondra devant lui. Il lui saisit le poignet tremblant. Déjà son sort pitoyablement faible s'effaçait.
-Je vais le tuer, il est à moi ! hurla le Lord Noir à ses mangemorts qui se précipitaient vers le fugitif.
Harry, utilisant ses dernières forces, hurla :
-Accio !
Le trophée arriva à lui. Il le saisit dans un effort surhumain et sourit faiblement en entendant le hurlement de fureur de Voldemort. Puis, il se laissa glisser dans l'inconscience. Il ne sentit pas son corps heurter le sol ni les cris de joie qui devinrent horreur ni même le tremblement du sol sous les pas précipités. Il serrait dans ses mains Cedric et le portoloin. Il avait été deux. Il n'en restait plus qu'un… Peut-être même zéro…
-o-
-Ils en mettent du temps ! s'indigna Cornélius Fudge.
Car, en effet, tout le monde le sait, le ministre de la magie était tout sauf patient. Dumbledore le gratifia d'un regard bienveillant. Il attendrait autant qu'il le faudrait. Brusquement, Cedric, Harry et le trophée s'étalèrent dans l'herbe. Des cris de joies, des applaudissements et des sifflets bienheureux retentirent.
-Ils ont finis, ils y sont arrivés ! s'exclamait le ministre.
Albus fronça les sourcils. Quelque chose clochait… Mais quoi ?
Et brusquement, la rumeur courut. Ils étaient morts ! Dumbledore, franchement inquiet, fendit la foule suivit péniblement par Cornélius. Il s'accroupit auprès de Harry et l'appela d'une voix presque désespéré :
-Harry, Harry !
Mme Pomfresh disait aux élèves de s'écarter et s'agenouilla auprès des deux garçons.
-Pompom, demanda Albus, fais-moi vite un diagnostic s'il te plait.
Elle se tourna vers Cedric mais dirigea rapidement son visage défait vers Dumbledore :
-Il est mort.
Le silence se fit autour d'eux. Une larme solitaire roula sur sa joue et elle se tourna vers Harry. Elle murmura d'une voix soulagée :
-Il est vivant. Trop faible mais vivant.
Elle lui lança une série de sorts et elle étouffa un cri.
-Qu'a-t-il ? s'interrogea Albus.
Pomfresh étouffa un sanglot et repris d'une voix brisée :
-Son corps a subi beaucoup de Doloris ainsi que quelques sorts de magie noire.
-Quels en sont les symptômes ?
Elle se tut un instant.
-Ses os sont brisés et il a quelques blessures plus ou moins superficielles. Il faut l'emmener immédiatement à l'infirmerie. Toutes mes potions sont là-bas !
Albus leva la main. Il murmura un sort suivit d'une incantation. Puis, il lança doucement un autre sortilège. Harry papillonna des yeux lentement, comme si ce simple geste lui coûtait toute sa force. Ses grands yeux verts brillaient de souffrance quand ils se levèrent vers le directeur. Harry tenta de parler mais seul un souffle rauque s'échappa d'entre ses lèvres. Il retenta plusieurs fois, en vain, l'expérience. Il finit par lâcher dans un souffle d'air si faible que Dumbledore dû se pencher vers lui :
-Il est revenu… Il est revenu…
Harry frémit et laissa sa tête reposer contre le sol. Il luttait pour restait conscient et ses efforts se voyaient : de la sueur coulait de son front et ses traits étaient crispés par la concentration. Dumbledore lui fit un sourire bienveillant et ordonna :
-Pompom, donne-lui des soins.
Maugrey s'avança et dit :
-Je vais l'accompagner Albus.
Il saisit Harry dans ses bras et suivit le pas énergique de l'infirmière.
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Harry avait froid, terriblement froid. Il avait mal, terriblement mal et le froid l'entraînait toujours plus bas, toujours plus profond, là où la douleur s'efface peu à peu pour faire place à la sérénité. Seulement, une lueur vague semblait attirer son regard vers le haut, vers l'endroit qu'il venait de quitter. Peu à peu, la lueur l'aveugla tandis que la quiétude refluait. La douleur fondit sur lui en une vague gigantesque qui l'enferma dans ses bras presque tendres. Finalement, il fut engloutit par cette lumière étincelante. Il tressaillit et finalement, au prix d'un ultime effort, parvint à entrouvrir les yeux. Il s'efforça de les garder ouverts. Il aperçut le visage inquiet d'Albus Dumbledore penché sur lui. Il tenta de lui parler, de s'exclamer, d'expliquer ce qu'il avait vécu.. Mais pas un souffle ne semblait vouloir sortir de sa gorge douloureuse. Après plusieurs efforts, il réussit à lui dire qu'il était revenu. Bien piètres paroles face au discours qu'il voulait faire ! Il laissa sa tête se reposer sur le sol. Il se sentait si faible… Et déjà, autour de lui, les visages n'étaient plus que des tâches colorées floues. Il entendit Dumbledore parler mais ses paroles s'emmêlèrent dans son esprit. Il n'avait plus envie de résister à la torpeur qui se glissait traîtreusement dans ses veines, à ce sommeil qui pesait de tout son poids sur ses paupières. Il entendit la voix de Maugrey avant de se sentir soulever. Et de légers soubresauts lui annoncèrent que Alastor Maugrey l'emmenait avec lui, suivant de prés Pomfresh. Harry tenta de se détendre et de faire obéir son corps. Mais il semblait que ce dernier était assez capricieux. Alors, il se laissa emporter. Il entendit Maugrey dire à Pomfresh de s'arrêter. Puis Maugrey dressa sa baguette et lança :
-Stupefix !
Harry entendit le cri étouffé de l'infirmière qui tombait doucement au sol. Maugrey poussa un grognement satisfait et continua son chemin, son fardeau sur les bras. Harry se débattit autant que ses os précairement ressoudés par son directeur le lui permettait. Maugrey lui ordonna de se calmer mais Harry ne l'écouta pas. Finalement, d'un sort, Maugrey l'immobilisa. Il monta difficilement les escaliers et, au prix d'un long moment d'anxiété, il s'enferma dans son bureau. Il annula le sort posé sur Harry et lui tendit un gobelet qu'il lui força à boire. Harry sentit du feu liquide couler dans sa gorge et le faire tousser mais sitôt après, sa vision redevint normale et ses muscles se détendirent. Il chercha du regard Maugrey qui se trouvait devant lui. Maugrey eut un sourire mauvais. Jusqu'à présent, outre le retour inattendu de Potter, tout se passait comme prévu. De plus Potter avait cruellement regretté tout ce qu'il avait fait… Il suffisait de voir l'état dans lequel il se trouvait pour savoir que le Seigneur des Ténèbres n'y était pas allé de main morte. Les yeux de l'homme étincelèrent. Il allait le finir et le tuer. Il aurait droit à tout les honneurs. Il se saisit discrètement de la baguette de Harry tandis que celui-ci se remettait doucement.
-Bien, dit Maugrey. Ca va Potter ?
Harry, malgré la douleur, acquiesça. Ce fut au moment où il vit sa baguette dans la main de l'auror qu'il sut que c'était lui le mangemort. Lui qui l'avait amené à Voldemort. Lui et seulement lui. Mais, pourquoi ce grand auror, ami de Dumbledore, aurait fait ça ? Il ne comprenait pas.
Et alors, comme dans un rêve, il vit Maugrey Fol Œil disparaître pour laisser place à Barty Croupton Junior, celui-la même qu'il avait vu dans la pensine de Dumbledore. Et là, il eut peur. Les accusations que l'on donnait à cet homme lui tournait dans la tête. Il se leva, méfiant. L'homme leva sa baguette.
-Endoloris !
Harry poussa un cri de surprise, aussitôt suivit d'un cri de douleur. Tout deux furent étouffés par le sortilège de silence posé sur l'appartement du mangemort.
-Potter, tu n'aurais pas dû en réchapper.
Harry, à travers la douleur qui le suffoquait, capta les paroles de l'homme, paroles qui, telles des flèches glacés mortellement affûtées, s'enfonçaient dans son poitrine et transperçaient son cœur.
-Tu aurais dû être mort. Mais ce sera bientôt fait.
Harry poussa un gémissement.
-Le Seigneur des Ténèbres me donnera tous les honneurs quand je reviendrai et lui annoncerait que la seule personne capable de témoigner sera morte dans d'atroces souffrances.
Harry sentit son corps s'emballer. La douleur était si poignante, si réaliste… Et il souffrait, sanglotait. Il avait tellement mal, il voulait que tout cesse, que la mort vienne prendre ce qu'elle reniait…
-Tu vois Potter, je vais te torturer jusqu'à ce que tu devienne fou, comme les Londubat… Tu sais que c'est moi qui les ai torturés ? Avec quelques-uns des plus fidèles serviteurs du Lord des Ténèbres !
Harry sentit des larmes rouler sur ses joues. Il en avait assez, la douleur ne l'avait transpercé que trop de fois. Finalement, le sort cessa et Harry s'étala sur le sol, complètement vidé.
-Dumbledore m'a facilité la tâche en ressoudant légèrement tes os, Potter. Au moins, il sera autant coupable que moi !
Il partit en un rire dément. Harry s'exclama avec autant de voix que possible :
-Mais vous êtes fou !
L'homme cessa de rire.
-Moi, fou ? Tu rêve Potter. Nous allons voir qui est fou. Endoloris !
Harry se remit à se convulser, terrassé de douleur. Il ne pouvait pas échapper au brouillard qui tombait peu à peu sur lui, engourdissant ses sens, isolant la douleur, étourdissant son esprit. Il eut envie de s'y immerger complètement, de perdre raison, d'oublier la douleur qui déchirait ses membres et obnubilait son âme. Et tout cessa. Harry avait envie de protester, de hurler, de frapper… Mais rien ne ferait revenir la douceur de ce qui l'avait un court moment enveloppé. Sauf à nouveau la douleur. L'homme ricana :
-Regarde toi, déjà tu succombe au délice de l'oubli, de la folie ! Le Seigneur des Ténèbres avait bien avancé ton état… Je ne fais que le finir !
A nouveau, il reçut le sort, presque avec gaieté cette fois. La douleur sembla immédiatement repoussée ; la joie envahit Harry. Telle un vertige, elle lui donnait le goût de la folie, l'odeur du bien-être… Il avait envie de s'abandonner dans ces bras tendres, si différent de la douleur qu'on lui avait fait subir jusque là… Et à nouveau, tout s'arrêta. Harry tenta de se redresser, en vain. Il remarqua avec détachement que sa vision était trouble. Il passa sa main sur ses yeux, où elle devint humide. Des larmes… Ainsi, en même s'il ne s'en rendait pas compte, il souffrait de la douleur même si il ne la ressentait pas, suite aux effets bénéfiques de LA sensation. Le visage de Barty exprima le triomphe.
-Cette fois, s'en est fini du Survivant ! s'exclama-t-il en pointant sa baguette sur lui.
Il allait dire les deux mots fatidiques lorsque la porte s'ouvrit avec fracas.
-o-
Minerva tournait en rond, se rongeant le frein. Tout les élèves avaient été amenés dans la Grande Salle, le temps pour le ministre et le directeur de tout arranger. Dumbledore fit son entrée, inquiet. Minerva lui demanda :
-Alors ?
Il soupira.
-Pompom n'est pas à l'infirmerie, encore moins Alastor et Harry. Je suis inquiet.
Severus Rogue arrivait, coupant Albus. Il était essoufflé et lui dit :
-Nous avons retrouvé l'infirmière. Elle était stupéfixée. Je l'ai réveillé. Elle se trouve à l'infirmerie.
-Quelle ironie ! soupira l'adjointe au directeur. L'infirmière à l'infirmerie. Dans quel sorte de monde vivons-nous !
Personne ne trouva nécessaire de lui répondre. Albus Dumbledore, dans toute sa splendeur, réfléchissait profondément. Il n'arrivait pas à accepter la conclusion… Il se tourna vers Severus.
-Polynectar ?
-Oui monsieur. Potter et ses amis ont sûrement…
Le directeur le fit taire.
-Non. Ce ne sont pas eux. Harry est en grand danger !
Il sortit précipitamment de la Grande Salle, baguette en main, suivit de prés par Severus Rogue et Minerva McGonagall. Etrange cortège…
-o-
-EXPILIARMUS !
Harry, le regard fiévreux, ne vit pas le vol plané de Barty et encore moins les regards inquiets des trois personnes arrivées.
-Oh mon dieu ! s'exclama Minerva, sous le choc.
Albus s'agenouilla auprès de Harry et l'enjoignit à revenir vers eux. Hélas, il semblait qu'il avait été gravement atteint. Albus le prit dans ses bras et la tête du garçon reposa contre la poitrine de son directeur.
-Severus, suivez-moi, on emmène Harry à l'infirmerie. Minerva, surveillez Barty. Je reviendrai d'ici peu.
Et il sortit de la pièce d'un pas énergique. Severus le suivait, le regard posé sur le garçon. Il semblait choqué, perdu dans un autre monde. Le maître des potions ressentit un pincement au cœur en pensant au garçon qu'il avait connu. Rien ne serait plus jamais pareil, maintenant. Il savait que le garçon frôlait doucement la folie, au risque de s'y perdre. Pendant un instant, il regretta tout ce qu'il lui avait fait, qu'il le méritait ou non. Il semblait si faible dans les bras du directeur, si vulnérable… Mais il se souvenait bien que ce garçon en question avait sans aucun doute tenu tête à son ancien maître, et en avait payé le prix cher. Même la mort semblait être douce en comparaison de ce qu'il avait vécu. Severus connaissait les prix que le Seigneur Ténèbreux faisait payer à ses serviteurs. Il avait autant de pitié pour eux que pour ses ennemis, exception faite de Harry. Il semblait le haïr avec tellement de force, et Il le torturait avec autant de hargne… Severus ne voulait pas se laisser aller aux sentiments, surtout pour ce garçon qu'il avait mainte et mainte fois détesté. Il effleura d'une main douce ses cheveux, sans que le directeur s'en aperçoive. Il passa sa main sur sa joue glacée. Il était si faible, sa respiration si saccadée… Severus eut envie, en dépit de tout ce qu'il avait fait pour ne rien ressentir, de le prendre dans ses bras, de le bercer, de lui dire à voix basse qu'il ne craignait plus rien, qu'il le protégerait…
Mais, parallèlement, il imaginait les rires moqueurs de Harry s'il lui ouvrait son cœur, s'il exprimait ses sentiments presque paternels qu'il ressentait pour lui…
Et puis, penser ainsi à ces sentiments revenait à penser à Black. Et ça, ça ne passait pas. Black le haïssait. C'était ainsi et ne serait jamais autrement.
Severus continua à se débattre avec ses sentiments jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'infirmerie. Dumbledore s'exclama en voyant l'infirmière :
-Ah, Pompom, ça va mieux ?
L'infirmière acquiesça d'un air pincé. Ca ne passait pas si facilement de s'être fait avoir de façon si pittoresque. Elle reprit vite son attitude professionnelle en voyant Harry.
-Posez-le là.
Elle l'examina et soupira :
-Il en a subi d'autres n'est ce pas ?
Albus acquiesça doucement, peiné. Elle alla chercher ses potions avant de retourner auprès du garçon qui n'avait toujours pas cillé. Elle murmura :
-Le choc a été puissant. Il se pourrait qu'il ne s'en sorte pas. C'est même très probable.
Severus serra les poings. Voldemort ne voulait pas de témoins. Il allait le tuer après l'avoir joyeusement brisé. Mais Harry s'était enfuit. Avec le corps de l'autre. Barty l'avait récupéré avec ruse. Et avait continué l'œuvre de son maître, le but étant qu'il ne puisse pas témoigner et, au mieux, qu'il meure. Mais là, ce n'était plus de la mort. C'était de l'horreur pure et simple. Severus eut alors envie de faire quelque chose qu'il n'avait plus fait depuis sa sortie de Poudlard : il voulait pleurer. Il voulait pouvoir exprimer sa peine. Mais il n'avait pas le droit. Il était des Siens. Il n'avait pas le droit aux sentiments. Le directeur exprima alors un regret profond. Il s'en voulait d'avoir fait courir ce risque à Harry… Il sortit ensuite de l'infirmerie, devant avertir les élèves que tout s'était rétabli. Mais Severus n'était pas d'accord. Harry risquait de rester dans cet état à jamais. RIEN n'était rétabli. Rien ne le serrait sans doute jamais plus.
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Plusieurs jours s'écoulèrent durant lesquels on interrogea Barty Croupton en présence d'Albus Dumbledore, de Minerva McGonagall et de Severus Rogue. Hélas, le ministre lui fit subir le baiser du détraqueur. Leur précieuse source d'information était ruiné ainsi que la preuve du retour du Seigneur Noir. Mais, pire que cela, l'état de Harry n'avait toujours pas bougé. A l'instant, il dormait, entouré de la famille Weasley et de Hermione.
-Je VEUX l'interroger, Dumbledore ! Quel que soit l'état dans lequel il se trouve ! beuglait le ministre.
Dumbledore hocha la tête en s'autorisant un petit sourire. Non, le ministre n'était VRAIMENT pas patient.
-Il ne pourra pas répondre !
Le ministre chassa ses paroles comme on chasse une mouche désagréable. Il écarta d'un geste les personnes entourant le garçon et s'en approcha. Il se stoppa immédiatement. Le jeune homme était d'une pâleur fantomatique, ses cheveux noirs ternes et ses traits tirés comme quand on a fait trop de nuits de veilles. Pourtant, on devinait une certaine quiétude sous ce masque silencieux. Le ministre se tourna vers le directeur, furieux :
-Que se passe-t-il ? Qu'a-t-il ? C'est une mauvaise blague !
Albus fit signe de non.
-Ceci n'est que le contrecoup de tout ce qu'il a subi.
Fudge cilla.
-Voyons, ce n'est pas quelques Impardonnables qui vont le mettre hors jeu !
-Il semblerait que si, dit sèchement l'infirmière.
Le ministre sembla alors vraiment avoir peur.
-Quand va-t-il s'en remettre ?
-Sans doute jamais ! cracha Pomfresh, furieuse.
Cornélius verdit puis pâlit.
-Mais.. Mais... On va m'accuser de ne pas avoir fait attention à lui ! Débrouillez-vous pour le remettre sur pieds ! Ce ne sont pas quelques anciens supporteurs de Vous-Savez-Qui qui vont le tuer !
-Le tuer non. Vous souvenez-vous d'un ancien procès… Il y a longtemps… Cornélius ? demanda tranquillement Albus. Vous souvenez vous de ce qui est arrivé à leurs victimes ?
Le ministre balbutia quelques paroles avant de dire à voix haute, avec fureur :
-Je reviendrai !
Il partit avec superbe. Son effet aurait été réussi s'il ne s'était pas prit la porte dans la figure au moment où il allait l'ouvrir. Severus Rogue entra, surpris de la résistance de la porte. Et il vit le ministre, plié en deux, qui tentait de se redresser. Il lui lança un regard hautain et dit d'une voix onctueuse :
-Monsieur le ministre voudrait bien se permettre de sortir de cette infirmerie ? Ce n'est pas une place pour quelqu'un de… -il renifla- son rang.
Piqué au vif, Fudge se redressa. Malgré la légère douleur qu'il ressentait, il était furieux. Il ouvrit la bouche pour parler mais rien ne sortit de sa bouche. Il ressemblait à un poisson hors de l'eau. Puis, il sortit en coup de vent. Un rire léger, enroué, brisa le silence.
-Harry ! s'exclama Hermione.
Ledit Harry ignora la jeune fille pour lancer un regard admiratif à son professeur de potions. Harry lui dit :
-Bravo pour votre sort de silence, il était parfaitement réussi.
Cependant, son visage était glacial. Rien n'émanait de lui. Même une statue aurait été plus expressive. Severus, voyant l'ouverture que le garçon lui offrait, retint un sourire et lui dit sèchement :
-Merci, Potter.
Et il ressortit sans même dire ce qu'il lui fallait annoncer au directeur, chose prouvant son trouble. Harry sourit doucement. Mais ce sourire froid ne plaisait pas à ses amis. Lesquels furent chassés de l'infirmerie par leur bien-aimé directeur. Il s'assit devant Harry. Et plongea ses yeux bleus dans les siens. Harry détourna le regard, passablement fatigué. Pomfresh, restée jusque là plantée au milieu de la pièce, se saisit de deux potions et les lui fit avaler. Harry n'en profita pas pour rouspéter, comme il l'aurait fait habituellement. Cela tira un soupir au vieux directeur. Tout cela quittait son contrôle. Il perdait ses moyens depuis peu et craignait ce que cela voulait dire. Il lui dit :
-Attends-moi deux minutes, je vais chercher Sniffle.
Harry acquiesça, déjà vidé de son peu d'énergie. En revenant avec Sniffle, Dumbledore se confronta à Pomfresh qui ronchonnait face aux arguments du directeur mais ne put pas forcer Harry à se coucher et le directeur à partir. Vexée, elle claqua la porte de son bureau avec hargne. Dumbledore eut un petit sourire, les yeux étincelants. Mais Harry ne réagit pas. Sniffle, après s'être assuré que personne ne pouvait entrer, se retransforma. Il s'avança vers Harry et le serra très fort dans ses bras. Harry laissa échapper un gémissement de douleur. Sirius se recula, surpris et se tourna vers Dumbledore.
-Que m'avez-vous caché ? demanda Sirius.
-Rien Sirius, je ne sais moi-même pas exactement ce qui s'est passé, répondit tranquillement le directeur.
Harry, jusque là silencieux, prit la parole d'une voix glacée :
-Il est hors de questions que je relate tout.
-Tu dois nous le dire, répliqua gentiment son directeur.
Le garçon bougonna mais accepta à contre cœur. Sirius s'assit sur le lit et posa sa main sur son bras, en réconfort. Et, sous la directive de Dumbledore, Harry commença son récit.
Au fur et à mesure qu'il progressait, il voyait le visage de son directeur devenir grave et celui de son parrain se tordre de colère et, ô surprise, de regrets et douleur. Finalement, il annonça doucement la priori incantatum, les fantômes des dernières victimes de Lord Voldemort et la directive de ses parents sans oublier la requête de Cedric. Il avait relaté sa propre torture sans émotions mais quand il parla de ses os qui se brisaient, il ne peut retenir la flexion de sa voix qui céda progressivement. La main de son parrain serra davantage son bras, par horreur et par fureur. Harry sentait que Dumbledore allait en pâtir et, malgré son respect pour le vieil homme -qui avait relativement baissé- il attendait avec hâte le moment où la foudre s'abattrait sur lui. Il conclut son récit par sa fuite et l'inconscience qui l'avait alors submergé. Il ne continua pas par ce qui c'était passé dans le bureau du mangemort car il savait que Dumbledore était au courant et qu'il en avait parlé à son parrain. Il poussa un soupir à fendre l'âme, espérant que cela raviverait le feu qui dansait dans les prunelles de Sirius. Ce fut exactement ce qui se passa. Sirius se leva et s'avança dangereusement vers le vieil homme, plongé dans ses réflexions. Le directeur le vit et lui fit un sourire triste. Sirius passa rapidement à l'attaque :
-VOUS AVEZ OSE VOUS SERVIR DE MON FILLEUL COMME UN APPAT ! VOUS LUI AVEZ FAIT COURIR MAINTS DANGERS ET VOUS VOYEZ DANS QUEL ETAT IL EST MAINTENANT ? JE VOUS JURE QUE VOUS ALLEZ LE REGRETTER, VIEILLARD DE PACOTILLE ! CA NE S'ARRETERA PAS LA, JE VOUS LE PROMETS !
Harry leva la voix, ce qui la fit grincer.
-Sirius, il n'y est pour rien…
Il continua, dans l'espoir que ses paroles agaceraient prodigieusement son parrain :
-Ce n'est pas si grave…
Sirius plongea ses yeux dans les siens.
-Pas si grave ? répéta-t-il d'une voix blanche.
Il se laissa tomber dans une chaise disposée prés du lit.
-Pas si grave… rumina-t-il.
Harry le regarda avec inquiétude.
-Pas si grave ! Ben voyons ! éclata Sirius.
Harry dissimula son sourire satisfait en s'adossant à son oreiller.
-Pas si grave ! Mon filleul est aux portes de la mort et ce n'est PAS SI GRAVE !
-Je ne le suis plus, répliqua Harry.
Sirius, vidé de sa colère, sortit à grands pas de l'infirmerie, sans même un regard pour Harry. Harry soupira lorsque Pomfresh sortit enfin de son bureau, tenant quelques potions dans ses mains. Harry avala en dernier une potion de sommeil sans rêve et sombra presque aussitôt.
-o-
Harry fut obligé de rester à l'infirmerie deux semaines. Il bougonna beaucoup (pour la forme) mais au fond, ça lui était égal. Ici ou au dehors à subir les questions… Cependant, au creux de sa poitrine naissait quelque chose. Il se ressassait souvent avec amertume le moment où il s'était senti puissant. Vraiment puissant. Et il se sentait honteux du moment où il s'était rendu compte que malgré sa puissance, il ne connaissait aucun sort pour extérioriser cette énergie nouvelle. Et il en avait honte. Mais il avait l'intention que cela change. Oui, il le voulait et sa volonté imparable le guiderai dans ce chemin vers la puissance infinie ! Un sourire froid traversa ses lèvres. Il serait invincible !
-o-
Harry pu sortir exactement une semaine avant le retour pour les vacances d'été. Il se dirigea vers la Grande Salle, pour le repas. Evidemment, les portes étaient fermées et il devait s'attendre à attirer tout les regards. Alors, fataliste, il les ouvrit. Le silence se fit. Les regards l'agrippèrent, le happèrent. Il respira profondément, ignorant la pitié qui était majoritaire dans les yeux qui l'assaillaient. Et, sous l'inspiration soudaine, il les fusilla tous du regard et se dirigea d'un pas vif vers sa table. Il s'y assis sous les murmures étonnés et sous le regard désarmé et désespéré de son directeur. Ses amis s'enquirent de son état mais il les repoussa avec un grognement. Il fusilla encore de ses yeux verts glacials les derniers récalcitrants qui se dépêchèrent de se détourner. Petit à petit, les conversations reprirent, d'abord sous la forme d'un chuchotis puis par l'habituel vacarme. Harry eut un petit sourire satisfait. Mais Ron et Hermione tentèrent de lui délier la langue. Cependant, Harry leur jeta un regard tellement intense qu'ils s'en sentirent mal et se turent, détournant le regard, gênés. Il mangea un peu mais rapidement, il eu la nausée. Il tenta d'avaler une autre fourchette mais cette envie de vomir croissait. Il reposa ses couverts et tenta de recouvrir sa lucidité. Il se sentait mal… Il avait chaud, froid, peur, mal… Finalement, il respira profondément. Il regarda son assiette et la repoussa avec une moue de dégoût. La nourriture le révulsait. Il se leva et quitta la Salle, ignorant les cris de ses amis et les regards pesants.
Harry trouva refuge à la bibliothèque. Pendant un instant, il douta mais son impression revint en force. Il devait devenir plus fort ! Et il comptait sur la bibliothécaire pour l'aider. Il se dirigea vers un rayon et décida de revoir tout les programmes des années une à quatre. Pour les potions, la théorie suffirait. La pratique viendrait ensuite. Et, avec enthousiasme, il s'immergea dans les livres de premières années.
-o-
Dumbledore s'assit à son bureau et se plongea dans ses pensées. Il savait reconnaître ses erreurs mais les conséquences de celle de cette année lui faisaient peur. Harry avait changé. Que s'était-il passé dans la tête du garçon ? Albus voulait à la fois le savoir et l'ignorer. Il se leva péniblement. Il se sentait vieux. Vieux et las. Il regarda par la fenêtre et poussa un soupir. Voldemort était revenu. Le petit Harry de 11 ans était mort. Harry avait mûri, changé, et était devenu sombre. Il sentait qu'il allait avoir besoin d'aide dans les prochains jours pour ne pas sombrer. Lui ne pouvait pas le faire. Ses amis oui. Puis, Albus Dumbledore sortit de ses pensées. Il avait une réunion dans la bibliothèque avec quelques anciens amis. Qui irait à la bibliothèque, déserté en cette période de presque vacances ? Personne.
Albus secoua la tête avec amusement. Où allait le monde en effet ?
-o-
Harry sourit, satisfait. En peu de temps, il connaissait les programmes des 4 années sur le bout des doigts. Il était à présent sur le point d'entamer la cinquième année dans un silence religieux. Ce serait plus long à assimiler mais surtout, plus difficile. Il ouvrit le premier volume en retenant inconsciemment sa respiration. Mais des voix gâchèrent ce moment. Il se retourna pour leur parler rudement mais il aperçut Sirius et Rogue. Dumbledore leur parlait.
-Sirius, tu dois prévenir les anciens. Arabella Figg, Remus Lupin, Mondingus Fletcher… Tous les anciens.
Sirius acquiesça et se retransforma pour s'échapper par la porte entrouverte. Dumbledore se tourna gravement vers Rogue :
-Tu sais quoi faire.
Severus Rogue, tremblant, répondit par l'affirmative et il sortit. Dumbledore soupira avant de lui même quitter le lieu.
Harry resta un moment surpris. Puis, il fit comme si de rien n'était. Et il se replongea dans son livre.
-o-
Cinq jours passèrent durant lesquels Harry fut comme absent de la vie commune. Enfermé dans la bibliothèque, le nez dans les lourds volumes poussiéreux, il ne mangeait quasiment plus et quittait rarement cet endroit de calme. Il s'était même lié d'amitié avec Mme Pince qui s'avérait d'excellent conseil. Quand il eut fini les six années (il n'avait pas accès à celui de la septième malgré les supplications faites à Mme Pince et il en restait frustré) il se plongea dans toute sorte d'autre chose. Cultures générales, Magie sans Baguette, Sorts Informulés, ancienne magie… Il s'efforçait d'avoir les bases pour mieux les travailler à la rentrée. Et, malgré lui, il se sentait attiré par la section Magie Noire. Pour le moment, il l'évitait, toujours repoussant le moment… Mais il savait qu'il n'arriverait pas à se débarrasser de cette obsession. Alors qu'il venait de découvrir que la magie sans baguette était incartable par le ministère, il se surpris à avoir le nez dans un épais ouvrage de Magie Noire, ce qui l'effraya. Hélas, son besoin de puissance augmentait et il se devait d'élargir son champ de connaissance. Ce qui incluait cette partie de la bibliothèque. Finalement, il demanda à madame Pince le dernier jour :
-Puis-je vous emprunter quelques ouvrages pour les vacances ?
Mme Pince fronçait les sourcils et s'apprêtait à le rabrouer quand il compléta vivement :
-Sur mon honneur de sorcier !
La bibliothécaire sourit, rassérénée.
-Faites donc.
Alors il se chargea de quelques volumes qu'il envoya dans sa valise d'un sort récemment appris et maîtrisé. Il dit bonsoir à la bibliothécaire et monta se coucher, épuisé. Il ne croisa personne dans les couloirs et pu se glisser entre ses draps avec un soupir satisfait. Et il sombra dans le sommeil pour faire une nuit complète, chose rare.
-o-
Le lendemain, les adieux avec les autres écoles devaient avoir lieu. Il y aurait un banquet dans la Grande Salle et la présence de Harry était guettée. Mais il ne vint jamais. Il s'était endormi sur un livre, dans sa salle commune, vidé d'énergie suite à des essais de sorts. De toute manière, il ne serait jamais venu. Obsédé par l'idée de devenir plus fort, son esprit ne se rendait pas compte de l'inquiétude qu'il générait ni même de la peur que certains avait envers lui. Seule la volonté de pouvoir vaincre Voldemort, et même devenir plus puissant que Dumbledore motivait sa vie. Il avait enfin trouvé son but. Et sa volonté, telle un flèche glacée mortellement dirigée, allait transpercer son but. Déjà, il se sentait plus fort, plus sûr. Ses connaissances, à présent mises sur de solides bases, semblaient vouloir s'élever jusqu'au ciel. Il semblait pouvoir maîtriser le monde entier.
Harry s'éveilla doucement du lourd sommeil dans lequel il était tombé. Il bailla longuement et laissa son regard dériver sur la salle commune. Elle lui semblait étrangère. Comme si il ne la reconnaissait plus. Il se leva et monta ranger son livre dans sa valise. Il redescendit et se dirigea vers la Grande Salle, dans l'idée d'y jeter un rapide coup d'œil. Il vit les élèves qui s'étreignaient et s'échangeait des adresses, les professeurs qui les regardaient faire avec un sourire au coin des lèvres, et le ministre qui semblait furieux. Harry eut dans l'idée qu'il le cherchait. Alors qu'il allait s'éclipser, il le vit.
-Harry, viens donc là ! s'exclamait le ministre, à présent satisfait.
Avec autant d'enthousiasme que pour monter sur l'échafaud, il s'approcha. Le ministre lui secoua vigoureusement la main et dit encore plus fort si possible :
-Comment ça va mon garçon ?
Dans les yeux de Fudge, il devina la réponse qu'il voulait. Harry, par pure vengeance, répondit innocemment :
-Aussi bien qu'après avoir subi des sortilèges offensifs et avoir passé plus d'une semaine à l'infirmerie, môsieur le ministre.
Harry n'avait pas résisté à mettre une pointe d'ironie dans ses paroles. Et il ne le regrettait pas. Fudge prit une couleur brique. Harry rajouta, mine de rien :
-Mais c'est bon, après tout, tout est réglé, tout le monde est au courant, n'est ce pas ?
Fudge balbutia et finit par hurler :
-Non, Potter, vous mentez ! Vous ne cherchez que le succès !
Harry haussa un sourcil.
-Et par quel moyen ?
Fudge sembla pris de court et se mit à pester d'une manière incompréhensible. Il perdit totalement le respect des jeunes sorciers lorsque son chapeau tomba à terre. Il le piétina sans faire attention, hurlant toujours. Profitant d'une accalmie, Harry glissa :
-Respirez s'il vous plait, vous risquez de vous étouffer. Ce serait une siiiii grande perte !
Il finit sur un ton tragique qui fit fulminer le ministre. Et il souffla, amusé :
-Votre chapeau a des faux plis maintenant. Permettez ?
Il le prit, le lava d'un sort avant que le ministre ne puisse protester et se mit à le sécher d'un sort habile. Le ministre poussa un cri furieux et Harry sursauta innocemment. L'extrémité de sa baguette toucha le chapeau qui s'enflamma. Harry grogna :
-Ah ben c'est malin !
Le ministre balbutia et semblait prés à fondre en larmes. Il se mit à hurler et se dirigea d'un pas rapide vers la sortie. Harry tira sa baguette et chuchota quelque chose. Un plaque de verglas apparut sous les pieds du ministre qui glissa et tomba à la renverse. Harry rangea sa baguette et vit le ministre qui s'approchait.
-Je n'y suis pour rien ! Il y a une fuite dans le toit !
Il lui fit un sourire innocent. Le verglas n'existait pas en juin. Le ministre, manque de preuves, sortit d'un pas rageur en évitant la plaque traîtresse. Harry eut un grand sourire. Il avait pressentit la réaction de Fudge. Il savait qu'il allait le faire passer pour un illuminé. Ce serait jute une petite vengeance… Harry sortit d'un pas vif de la salle. Il monta dans le dortoir et se jeta sur son lit. Il grimaça et passa une main sur sa blessure du dos. Il l'effleura et grimaça. Ses doigts étaient poisseux de sang. Mais il n'avait pas le courage de se relever et de se soigner. Il était si fatigué… Il ferma les yeux.
-Juste pour un instant… se promit-il d'une voix fatiguée.
Il ne se réveilla que le lendemain pour prendre le train qui le ramènerai chez lui, chez ses moldus. Seulement, tout serait différent… Un sourire figé joua sur ses lèvres comme la flamme bleutée entre ses doigts. La magie sans baguette avait du bon, finalement…
Fin ! (ou à suivre selon vous)
Voilà voilà !
Alors j'ai besoin de vous autres revieweurs pour savoir si vous voulez une suite ou que cela reste un OS. Si c'est le premier cas, les chapitres seront moins long et je ferai un saut dans le temps pour écrire à partir de la 7e année avec les changements.
Voilà, maintenant, review !
Je vous adore tous ! Bizoos !
AD
