Kuroshitsuji - Tels sont mes désirs
Droits d'auteur: Les personnages appartiennent à Yana Toboso et l'histoire aussi, tant qu'à y être! :)
Cette histoire est ma première fanfic de Black Butler. J'espère que vous l'apprécierez! Je l'écris sans prétention dans l'espoir de vous divertir un moment parce que je trouvais qu'il manquait de Ciel x Sebastian ahaha...
Chapitre un - La parole d'un petit maître
Le majordome reposait sur son lit parfaitement arrangé au sein d'une chambre dépourvue de toute attache. Aucune photo, ni même une babiole pour rappeler quelque souvenir heureux d'un autre temps ne trainait sur les tiroirs en bois de la petite pièce. La garde-robe consistait en deux habits de rechange, à l'image du mobilier minimaliste, parfaitement propres. Rien qu'un simple lit et un majordome patientant jusqu'à ce qu'arrive l'heure de commencer sa journée, un moment qui ne durerait qu'une fraction de temps comparativement à ce qu'elle graverait dans la mémoire de son jeune maître. Cette nuit non plus, il n'avait pas dormi.
Après tout, le sommeil était un produit de luxe pour un diable tel que lui : lui qui trouvait d'un ennui l'idée d'exécuter une action superflue. Habituellement, Sebastian prévoyait la journée à venir, s'imaginait les prochains ordres de son maître, le jeune compte de Phantomhive, lisait quelques romans, allait retrouver les chats errants des environs... Cette nuit, il cogitait plutôt sur le passé et patientait.
Ses souvenirs s'arrêtèrent sur l'énigme qu'ils avaient résolue tant bien que mal en mettant à feu la demeure du marionnettiste*. Il revoyait comme dans un film les grandes flammes léchant la pierre et s'emparant du bois pour qu'au final l'architecture humaine revienne à la terre. Les crépitements du feu réchauffaient son corps et celui de Ciel, demeuré à ses côtés pour voir la demeure réduite en cendres. Ah, quel petit maître colérique, il avait! À ses souvenirs revint alors le visage empourpré du chien de garde de la reine tandis qu'il désobéissait à ses ordres en écoutant sa véritable nature. En pleine étude des traits de Ciel, ce dernier s'était retourné pour lui faire face, un air d'insatisfaction couvrant soudainement ses traits. Étant attentif au moindre geste de l'enfant, Sebastian avait affiché un sourire sur ses lèvres amusées et avait fait une courbette pour plaire au gamin exaspérant, sachant que le contrôle et le paraître étaient deux aspects primordiaux aux yeux du petit compte.
« Monsieur, retournons à votre domicile.
- Relève-toi. »
Sebastian s'exécuta tout en grâce. Il se releva jusqu'à être de nouveau plus grand et plus imposant que son maître tout en lui adressant un sourire en coin. L'enfant capricieux lui retourna son sourire, un sourire sarcastique. Quelque chose lui aurait-il échappé ?
Oui. Et c'était pire que ce qu'il avait pu envisager.
« J'ai dû me contenter de l'aide de ce monstre de Grell Sutcliffe pendant ton absence. »
Le sourire parfait s'effaça du masque de Sebastian. Avait-il bien entendu ? Son maître avait la manie lassante de ne pouvoir accomplir grand-chose par lui-même, il aurait dû se douter que quelqu'un d'autre avait joué un rôle dans cette histoire…Néanmoins, cela ne l'avait en aucun point empêché de trouver Ciel en piètre posture à son arrivée!
« Monsieur…? », commenta le majordome, comme pour lui demander de confirmer ce qu'il venait de dire.
« Tu m'as très bien compris. »
Ciel se retourna, droit comme un i, mais le diable voyait bien qu'il grugeait ses réserves en se comportant de la sorte. Le pauvre enfant n'arrivait pas à cacher son dégoût sous ce regard faussement ennuyé. Le comte tourna la tête à son attention tandis qu'une présence rougeoyante avançait vers eux.
« Et je pense qu'il est venu réclamer son dû… »
Mais quel dû ? Tout ceci commençait à l'énerver. Il n'y avait pas moyen d'être aussi arrogant et de posséder si peu de force! Son jeune maître le surprendrait toujours. Ladite aide vint à leur rencontre à pas de tortue, les mains vides. Il était surprenant de le voir calme et sans sa faux de la mort. Peut-être ces deux détails cohabitaient-ils dans une même réalité ? Sebastian avança à son tour pour protéger son jeune maître.
« Dois-je lui régler son compte tout de suite, Bocchan ? »
Il fit craquer ses jointures pour rendre évidente la menace qui se cachait sous ses paroles, signe bien plus puéril qu'efficace, mais il sentit la nervosité de Grell s'accroître et…le rire de Ciel devenir sonore ? Il tourna la tête sans perdre de vue les mouvements de son adversaire, son expression mue en une interrogation complète.
« Comme il m'a aidé, il espère quelque chose en retour. Je tiens toujours parole. »
Ça, c'est encore drôle, ajouta pour lui-même le majordome.
« Eh oui, Sebas-chan! J'ai protégé ton adorable petit compte pendant ton absence! Maintenant, nous allons finalement nous embrasser ! », s'exclama Grell d'une voix théâtrale.
Sebastian se sentit déséquilibré : quoi!? Le diable avait d'abord crû à une blague de très mauvais goût. Le petit être savait se montrer très raffiné mais, aussi, (et surtout!) très désagréable. En cet instant, le démon refusait de croire qu'il se faisait livrer…Il n'allait pas vraiment lui demander de l'embrasser…?
Impassible, le compte se tenait sur sa canne, bien droit, les yeux plantés dans ceux de son serviteur sans même ciller.
- Bocchan…?
Sur le visage du diable apparut un sourire goguenard et il haussa les sourcils en signe d'hésitation. Pourquoi le petit maître aurait-il promit une chose telle que celle-ci? Ciel remarquant sa surprise frappa du sol avec sa canne, assoyant son autorité.
« J'avoue que je ne pensais pas tenir parole, mais…Tu m'as bien rappelé que tes priorités se trouvaient dans l'objet de mon âme. Quels remords devrais-je éprouver à user de mes seuls recours ? »
Cette fois, c'en était trop! N'empêche qu'il avait effectivement trouvé une superbe façon de le déstabiliser. Quel morveux! Jamais dans sa longue vie de démon il n'avait eu à se ridiculiser de la sorte! En un éclair, le majordome songea à ses options : s'enfuir comme un lâche, battre Grell à mort, laisser tomber Ciel dans cet endroit cauchemardesque pour qu'il réalise son idiotie; mais tout cela serait considéré comme un échec de sa part et son maître le lui reprocherait sans fin. Grell s'approcha alors davantage et Sebastian lui porta un coup de poing au visage, nullement paré. Le shinigami, honteux sans doute, contre-attaqua avec…une paire de ciseaux!?
« Grell, qu'est-ce que c'est que ça ? », interrogea Sebastian d'un ton abasourdi.
« Aaaaah! William m'a punie en me retirant ma faux de la mort! Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?! Je vais te découper en morceaux puis j'embrasserai chacun d'entre eux, Sebas-chan! »
N'y avait-il donc aucun moyen pour lui faire taire pareilles sottises et se sortir de cette impasse ? Sebastian fit une parade pour le coup de ciseau le plus ridicule de sa vie et fit un saut vertigineux pour se retrouver derrière son assaillant. Une poignée de secondes s'effilochèrent pendant lesquelles Sebastian jaugea la situation à nouveau, laissant à Grell tout le loisir de se retourner pour lui faire face à nouveau. Il saisit alors l'horrible personnage par les cheveux et lui tira la tête vers le sol, remarquant alors pendant cette entaille dans le temps qu'au bord de son champ de vision se dressait le comte et que celui-ci le regardait en souriant, toujours cet abominable sourire fendant son visage de porcelaine. Sebastian profita de ce lapse de temps pour lui rendre la monnaie de sa pièce d'une façon inespérée : Il n'y avait qu'une façon de faire tourner cette situation pour que le jeune lord cesse de déborder d'ironie. Il fondit sur la bouche de Grell, juste comme ça, rien qu'une fois. En aucun cas il n'avait cessé d'observer le jeune lord qui, dérouté, demeurait bouche bée devant la scène à laquelle il assistait dorénavant comme une victime. Ainsi donc il avait raison : ce défi lancé par le dernier des Phantomhive avait pour but d'enfin le voir s'échapper à un ordre. Étant certain que le regard de Ciel (ahuri ou pas, ce détail lui importait peu!) était rivé sur lui, le serviteur attrapa la lèvre inférieure de Grell qui gémissait et semblait sur le point de perdre connaissance, et roula ses dents canines sur la lèvre voluptueuse d'une façon érotiquement sensuelle.
Autant Grell que Ciel furent à la fois choqués et saisis par le geste provocateur du majordome. Mais après tout, n'était-ce pas un diable de majordome ?
Le shinigami demeura si surpris qu'il échoua sur le sol tandis que le second dût se cacher le visage, les pommettes rendues saillantes par cet éclat de rougeur qui affluait si soudainement et bariolait son visage d'une gêne incommensurable. Nul doute concernant le fait que le comte réfèrerait plus tard à ce moment comme un élan de colère (s'il ne le taisait pas à jamais) puisque Sebastian avait su prendre profit d'une action si basse, mais le majordome savait qu'il avait surtout réussi à le dérouter. Décidemment, il était fier de son coup. Il laissa donc l'homme en rouge dans un état semi-comateux et partit rejoindre son maître en se félicitant d'avoir réussi, là où tant d'autres auraient échoué.
L'homme tout de noir vêtu avait trouvé le jeune lord trop désorienté pour même oser lui faire des remontrances en laissant en suspense l'éternel reproche « toi…! »
« C'est la moindre des choses, pour un majordome de la famille Phantomhive. »
Vos commentaires sont très appréciés. Je publierai le chapitre deux d'ici la semaine prochaine.
Kama
