Bonjour à tous !

Après une première fiction basée sur l'univers de Tolkien qui a remporté pas mal de succès, je reviens vers vous en ce jour avec une toute nouvelle histoire.

Un univers différent, une intrigue mêlant suspens et aventure, et une héroïne non marysuesque, (et une couverture designée par mes soins) voilà ce que je vous propose aujourd'hui!

J'ai adoré Captain America, the Winter Soldier, c'est pourquoi j'ai décidé de me lancer ! Il n'est pas nécessaire d'avoir vu le film, l'intrigue reste compréhensible même pour des novices de Marvel. Bien qu'ils risquent de rater quelques petits indices...

Ma bêta Manelor et moi repartons donc pour cette nouvelle aventure ! Notre duo sur l'Aube bleue a si bien fonctionné qu'il était normal de renouveler notre collaboration pour Trouble Woman =)

SPOILER : Cette fiction contient donc bien évidement des spoilers de Captain America, the Winter Soldier ainsi que de certains autres films Marvel.

Disclamer : Tous les personnages, hormis mon héroïne, appartiennent à MARVEL.

Pour finir, chaque chapitre sera précédé d'une musique reflétant son ambiance, à vous ou non de choisir de l'écouter !

Bonne lecture à tous =)


Marvin Gaye - Trouble Man : watch?v=NbHeNkqRWtI


- TROUBLE WOMAN -

Prologue :

Je bois mon martini rouge d'une seule traite. L'alcool laisse un goût sucré et amer dans ma bouche. Mon verre crisse sur le comptoir usé du bar lorsque je le repose, à côté de trois autres déjà vidés, en ignorant les regards insistants et désapprobateurs des quelques autres clients.

J'indique d'un geste à la serveuse de me resservir. Derrière le bar, Candice s'affaire. J'ai repéré son nom sur le badge plastifié et épinglé sur sa robe mauve échancrée. Un air de blues emplit les lieux, couvert par les bruits de discussions des vieux routiers. Ma tête s'écroule entre mes mains et je commence à masser mes tempes en soupirant. Je dois avoir l'air pathétique. Il est à peine dix-huit heures et l'ivresse me gagne déjà. Mais au lieu d'arrêter de boire, je me jette sur le nouveau verre, tout en m'efforçant de rester sur mon tabouret branlant. Il faut dire que c'était le but de ma visite ici. Boire.

Boire et tenter d'oublier un instant.

J'ai trouvé l'endroit par hasard en déambulant dans la rue. Le Washington's Bar, un nom ringard qui correspondait en tout point à l'ambiance du lieu. Le bistrot sombre et vieillot était loin des bars branchés que je fréquentais habituellement remplis de cadres dynamiques, de serveurs aux faux airs de mannequins et des dernières célébrités en vogue. Mais l'endroit avait l'air calme et discret, presque confidentiel. C'était exactement ce dont j'avais besoin. Un petit remontant après une journée particulièrement stressante. Alors, j'avais poussé la lourde porte de verre poli et étais entrée. Le bar était presque vide à mon arrivée.

A présent, environ deux heures plus tard, je commence à m'y sentir à l'étroit. Je réprime un nouveau soupir, le regard rivé vers mon verre à nouveau vide. A l'aide de ma paille, je joue distraitement avec les glaçons quasiment fondus tandis que les événements de ces derniers jours repassent en boucle dans mon cerveau. Je n'arrive pas à le croire. Ma vie part en éclat et il n'y a rien que je puisse faire pour changer cela. Il est trop tard. Comment ai-je pu être aveugle à ce point ? Je sens des larmes perler au coin de mes yeux et les chasse d'un geste rageur.

Pas maintenant !

- Tout va bien ?

Arrachée à mes pensées, je relève la tête. C'est Candice. La serveuse me regarde d'un air faussement inquiet. Je vois un peu trouble.

- Très bien, merci, dis-je d'une voix qui soit la plus assurée possible au vu de mon état.

- Vous êtes sûre ? Vous ne voulez pas un verre d'eau ?

- Non merci. La même chose.

Je sens peser son regard scrutateur sur moi. Alors, comme pour lui prouver que tout va bien, j'entreprends d'avaler cul-sec mon nouveau martini. Mais l'alcool commence à m'écœurer et un frisson me parcourt. J'entends soudain un grincement sur ma droite. Du coin de l'œil, j'observe le routier obèse qui se rapproche d'une manière pas très subtile de moi.

- Vous n'avez pas l'air en forme, me dit-il avec une voix grasse et rauque. Peine de cœur ?

- On peut dire ça...

- Laissez-moi vous payer un verre.

- Merci mais...

Je me tourne franchement vers l'homme insistant. Il doit avoir une quarantaine d'années, mais paraît plus vieux. Sa chemise sent la sueur et s'efforce de contenir son ventre proéminent. Il m'observe lui aussi, des pieds à la tête. Je tente de recréer ma carapace de ces derniers jours, mais j'ai l'impression qu'il sait. Il sait qui je suis. Il sait ce qui s'est passé. Mon corps se tend, prêt à quitter les lieux.

Mais partir pour aller où ?

Je soupire discrètement. Comment pourrait-il être au courant ? Ce n'est qu'un routier venant de terminer sa besogne et buvant une bière avant de rentrer dans son appartement minable. Et puis, que pourrait-il m'arriver de pire après mes découvertes de la semaine passée ? Alors, après quelques secondes de réflexion et contre toute attente, j'accepte.

- Va pour un verre.

L'homme me lance un sourire étrange avant de héler Candice. D'ordinaire, j'aurais été mal à l'aise, mais la semaine que je viens de passer a été tout sauf ordinaire. Actuellement, je suis incapable de ressentir quoi que ce soit.


L'homme, Tyler je crois, me fait la conversation depuis une dizaine de minutes, tandis que je sirote ma vodka caramel. Je ne l'écoute pas vraiment, me contentant de hocher la tête régulièrement et d'afficher un sourire niais. Mon regard balaye tous les recoins de la salle. Je commence à m'habituer aux décors miteux du bar, aux affiches de football, aux lambris défraichis et aux canapés en simili rose pâle usés.

Mon regard s'attarde une seconde sur l'écran de télévision, au-dessus du bar. Je le regrette aussitôt. Mon cœur manque un battement. Absorbée par les images défilant silencieusement sur l'écran plat, je ne remarque même pas que Tyler s'est arrêté de parler.

Le bulletin d'informations diffuse des images aériennes du Triskel, siège du SHIELD, partiellement détruit. Le bâtiment, encore puissant et rayonnant il y a une semaine, est à présent à moitié rasé. Les débris des trois héliporters jonchent l'ancien parvis, recouvert en partie par le Potomac.

Les images chaotiques défilent, tandis que des gouttes de sueur perlent sur mon front. Un léger tintement résonne tout près de moi, mais je suis incapable de décoller mes yeux de l'écran, souhaitant pourtant qu'il s'éteigne. Je connais ces images par cœur, et celles qui vont suivre également. Les médias se régalent de les rediffuser à chaque instant depuis deux semaines. Je suis donc confrontée malgré moi à ce que je tente de fuir. Une nausée s'empare de mon corps.

Une pression chaude et moite se fait alors ressentir sur ma main, me faisant sortir de ma transe. C'est Tyler. L'homme est à présent à quelques centimètres de moi et me lance un regard perplexe.

- Ça va, ma jolie ?

Tout se passe très vite. Soudain oppressée, j'attrape ma veste et mon sac et bondis de mon siège, en grommelant une brève excuse. Mes jambes sont comme du coton alors que des sueurs froides commencent à couler dans mon dos. Je sens mon pull coller à ma peau moite.

Je titube rapidement jusqu'à la sortie et me rue sur la porte. Il fait nuit noire dehors. Mes yeux mettent quelques secondes à s'habituer à la pénombre avant que je ne m'élance dans l'avenue. La crise de panique qui m'a envahie me coupe presque la respiration. Ma vision se trouble alors que je cours à toute vitesse. Mes poumons brûlent et mes talons claquent sur le trottoir goudronné.

Je m'affale soudain contre un mur, haletante, me baisse, et vomis le contenu de mon estomac dans un bruit écœurant. Je reste ainsi, prostrée contre le mur de briques froides, pendant quelques minutes. Ou peut-être plus. Je ne sais plus, j'ai perdu toute notion du temps.

Des larmes glissent sur mes joues. Je sens qu'elles font couler mon mascara, mais je les laisse là. Je ne sais pas si je pleure de tristesse, de colère, ou de honte. Je ne sais plus. Je finis malgré tout par me ressaisir et retrouver un minimum d'équilibre. Puisant dans mes dernières forces, je reprends ma route vers Penn Quarter, quittant la banlieue moyenne de Washington.


Je tourne fébrilement la clé dans la porte avant que celle-ci ne s'ouvre. Je la claque derrière moi puis m'affaisse contre elle en soupirant. Je laisse tomber le reçu du taxi. Le chauffeur a eu assez de décence pour ne pas me poser de question. Le papier froissé virevolte avant de toucher le plancher.

Je soupire lourdement, c'est un vrai soulagement d'être enfin chez moi. La tension qui m'a submergée suite aux images diffusées lors du journal télévisé commence enfin à me quitter et je sens mon corps se ramollir. Je suis prête à me laisser glisser à même le sol, mais je me reprends et me dirige vers la cuisine. Là, je m'asperge le visage d'eau froide avant de remplir un verre d'eau froide et de l'avaler d'une seule traite.

Je ne peux pas dormir. Pas maintenant. Dès que je tente de fermer les yeux, ma tête tourne violemment et mon estomac ne le supporte pas. Je reste blottie dans un plaid chaud au fond de mon canapé. N'ayant aucune envie de retomber sur les informations, je n'allume pas ma télévision, Alors, j'observe un moment le paysage urbain et la vie nocturne depuis les grandes fenêtres de mon salon. Les lumières de la ville envoient des reflets orangés sur les murs sombres. L'adrénaline, l'ivresse et la panique ressenties plus tôt dans la soirée se sont maintenant estompées, laissant seulement place à une lourde fatigue.

Je suis en sécurité ici, me dis-je en parcourant des yeux mon intérieur chaleureux. Rien à voir avec la maison de mon père... Ici, le mobilier design côtoie une décoration hétéroclite. Mon salon regorge de souvenirs de voyages et de photographies. Parmi ces dernières, l'une d'elle attire mon attention. Elle se trouve dans un cadre doré posé sur la console de la cheminée.

C'est un portrait de famille datant d'une dizaine d'années. Ma famille. Mon père se tient sérieux et droit, mais je ne peux pas le regarder. Il enlace ma mère, belle et rayonnante dans sa robe pastel. Je suis assise devant eux, à côté de mon frère qui me dépasse d'une bonne tête. Mes yeux s'attardent sur son visage lumineux. Il respire la joie. Nous formions alors une famille parfaite. Mon regard parcourt le nom inscrit en fines lettres dorées sous la photographie.

Mon nom.

Pierce.

Fin du prologue.


J'attends vos réactions !

Ciao bande de licornes =)