Titre : La Boite de Pandore.
Auteur : kei hotaru
Pairing : Pour l'instant, pas grand chose, un James/Lily c'est sûr mais sinon je suis ouverte aux propositions :)
Disclamers : Tout l'univers d'Harry Potter appartient à JKR, je ne fais que lui emprunter :p … Par contre, certains personnages sont sortis de mon cerveau.
Note : Toujours pour l'instant, pas de spoilers. L'histoire se passe du temps de maraudeurs donc dans les années 70.
Albus Dumbledore laissa échapper un soupir et frotta ses yeux lourds de fatigue. Sa main libre reprit la lettre qu'il venait de poser et il y jeta à nouveau un coup d'œil.
Il avait été intrigué en voyant le grand faucon noir frapper à sa fenêtre à cette heure de la nuit, déjà bien entamée. Les courriers qu'il recevait dans cette tranche horaire venaient en général de l'Ordre. Mais cette fois, ce n'était pas le cas.
L'expéditeur était Sir Orpheas Beyven, l'un des sorciers les plus riches et les plus influents de l'Angleterre, issu d'une des familles les plus anciennes du monde sorcier. Il était connu que sa puissance égalait celle des Malfoy, dont l'héritier, Lucius, viendrait en septembre passer sa dernière année d'études à Poudlard.
Les deux familles étaient d'ailleurs en excellents termes et Orpheas Beyven était donc de ces personnes qui ne fréquentaient que les grands salons et qui répugnaient ces soient disant sang-impurs. Il étalait sa richesse et ses opinions dans ce cercle si fermé de la noblesse et demeurait quelqu'un de très snob.
Ainsi, le directeur de Poudlard fut très surpris en recevant ce courrier. Il s'agissait d'une simple demande d'admission pour son fils, Kurtis Beyven. Lord Beyven expliquait dans sa lettre que son fils avait jusqu'à présent suivit des cours particuliers mais qu'il désirait le faire intégrer l'école pour la sixième et la septième année.
Il donnait comme raison que ces deux années étant plus difficiles et qu'il pensait préférable pour son fils de pouvoir étudier dans un environnement plus adapté et en compagnie de professeurs qualifiés.
Il assurait également que son fils n'avait aucun retard sur le programme et était parfaitement capable d'assurer une rentrée en sixième année. Orpheas Beyven demandait donc un entretien avec le directeur pour régler cette affaire.
Le vieil homme allait bien sûr accepter son nouvel élève, pourquoi ne l'aurait-il pas fait ? Il renvoya immédiatement une réponse positive, indiquant un jour et une heure où il pourrait les accueillir dans son bureau.
Il songea avec une pointe de tristesse que, comme son père, un nouveau Serpentard pointerait probablement bientôt le bout de son nez.
Sur ce, il reprit son travail, songeant qu'il aurait bien besoin de dormir pour une fois.
La semaine suivante, le 21 août, aux alentours de 15 heures, Orpheas Beyven arriva devant Poudlard. Il suffisait de le voir pour comprendre qu'il n'était pas un homme ordinaire.
Sa démarche, nullement gênée par la large cape noire qui volait derrière lui, était fière et hautaine ; son visage aux traits nobles, ses cheveux châtains clairs et plaqués en arrière, ses yeux aussi froids que cruels, semblant pouvoir s'embraser à chaques instants. Il était le genre d'homme qui imposait le respect à l'instant même où on le voyait.
Mais en cet instant, l'homme à la fière allure semblait légèrement contrarié alors que son fils traînait le pas, le suivant deux mêtres plus loin. Marchant à un rythme soutenu, le sorcier se retourna légèrement pour s'assurer que l'adolescent aux regards indifférents le suivait toujours.
Mais en voyant l'adulte se tourner vers lui, Kurtis Beyven détourna vivement la tête, ses cheveux blonds se soulevant légèrement pour finir sur son visage, le cachant à la vue de son père.
Lorsque son père poussa la grille, il enfonça encore plus profondément ses mains dans ses poches et se fut en traînant des pieds qu'il le suivit.
Ils se mirent à traverser le parc et suivirent un chemin de terre qui menait à l'entrée du château. Aucun des deux ne se parlèrent et se fut en silence que le trajet se fit. Mais, voyant son fils marcher derrière lui avec une nonchalance tellement indifférente qu'elle en devenait insolente, Orpheas Beyven peina à ne pas s'emporter. En entrant par l'énorme porte d'entrée, il se tourna à nouveau vers son fils.
- Voilà, dit-il au bout de quelques instants, c'est ici que tu vas passer deux ans. Ca te plaît, j'espère…
Il se risqua à se retourner à nouveau pour voir la réaction de son fils. Celui-ci le fixa quelques instants d'un regard froid où brillait une lueur indéchiffrable. Il ne répondit que par ce regard.
Voyant son paternel rager et se retourner brusquement, les dents serrées, l'adolescent ne put se retenir d'afficher un sourire satisfait.
Le reste du trajet se fit dans un nouveau silence pesant et ils finirent par arriver devant la gargouille menant au bureau du directeur. Le passage n'était pas fermé et ils montèrent directement. Après avoir frappé, ils furent invités à entrer et Dumbledore les fit s'asseoir face à lui.
Le jeune homme regarda autour de lui et contempla la diversité des objets qui ornait la pièce. Son regard se perdit sur une étagère à l'autre bout du bureau.
- Enchanté, dit Dumbledore une fois qu'ils furent installés. Comme vous le savez surement, je suis Albus Dumbledore et c'est moi qui dirige cette école.
- Bonjour, s'empressa de répondre M. Beyven par politesse. Merci de m'accorder votre temps. Voici mon fils, Kurtis, ajouta-t-il en faisant un geste dans la direction de celui-ci.
Kurtis, qui regardait encore ailleurs, prit la peine de se tourner vers le directeur et de lui faire un signe de tête en guise de bonjour. Puis, son regard dévia à nouveau et il ne sembla plus trouver aucun intérêt aux deux adultes.
Gêné, M. Beyven reprit vite la parole, non sans lancer un regard furieux en direction de son fils, qui ne sembla pas s'en soucier.
- Bien, je voulais donc m'entretenir avec vous de la scolarité de Kurtis…
- Oui, dit Dumbledore en souriant poliment. Je peux vous certifier qu'il n'y a aucun problème pour son admission ici. Vous m'avez informé de son niveau et je vous confirme qu'il est absolument suffisant pour entrer directement en sixième année. Ses résultats aux buses sont extraordinaires, je crois qu'il n'a obtenu que des Optimals…
- Oui, c'est le cas, dit M. Beyven avec arrogance. Malgré tout ce qu'il dit, il tient de moi, cela ne fait aucun doute…
Kurtis marmonna quelque chose ressemblant fort à une série de juron, mais son père l'ignora.
- Il n'y a donc aucun problème pour ses choix de cours et d'options ?
- Non, assura Dumbledore en grande difficulté pour masquer son sourire amusé. Comme il le souhaite, il suivra les cours de Potions, Défense Contre les Forces du Mal, Métamorphose, Soin aux créatures magiques, Sorts et Enchantements, Histoire de la magie et enfin Duel. Dans le but de suivre ensuite une future carrière au ministère, c'est cela ?
- Oui, tout à fait.
- Il n'y a aucun problème d'emploi du temps mais je tenais à vous signaler que le travail en sixième année est considérable. Et cela fait beaucoup de matières, avoua pensivement Dumbledore.
A nouveau, Kurtis marmonna ce qui semblait être cette fois un "sans blague" ironique.
- Peu importe, dit M. Beyven, il les suivra. Et puis, certaines matières ne sont là que pour enrichir sa culture personnelle.
- Bien sur, dit calmement le directeur. C'est à vous de décider ce qu'il convient. Pour en revenir à des choses plus matérielles, il vous faudra entrer en possession des fournitures de cette liste, ajouta-t-il en tendant à l'homme un parchemin, et il lui faudra aussi l'uniforme.
- Bien, approuva Orpheas Beyven.
- La rentrée aura lieu le premier septembre à 11 heures à la gare, quai 9 3/4… Il ira avec les premières années afin de se faire répartir dans une des quatre maisons de l'école par le choixpeau et…
- Justement, à ce sujet, le coupa M. Beyven, c'est l'un des points pour lesquels je voulais m'entretenir avec vous.
- Vraiment ? S'enquit poliment Dumbledore.
L'attention de l'adolescent revint brutalement à ce qui se disait et le directeur le vit fixer son père avec insistance. Ce dernier sembla l'ignorer.
- Oui, je souhaiterais que Kurtis rejoigne la maison de Serpentard. Voyez-vous, il a déjà des connaissances là-bas, tel que Lucius Malfoy avec lequel il s'entend bien…
- Déconnes pas, murmura Kurtis avec une moue dégoûtée.
- Et je pensais aussi que se serait mieux pour lui de rester avec des personnes… disons, des jeunes de son rang et de sa classe sociale…
- Qu'est ce qu'il faut pas entendre, lâcha aussitôt l'adolescent.
- Silence, dit durement son père.
Mais le ton employé par son père suffit à Kurtis pour continuer davantage.
- Si tu demandes qu'on m'envoie à Serpentard, c'est surtout parce que tu as peur que le choixpeau ne m'y envoie pas lui-même, hein ? Voiles-toi la face si tu veux, mais je ne suis pas le fils que tu aurais voulu avoir…
- Je me moque de ce que tu es, je ferai de toi le fils que je veux, que tu l'acceptes ou non !
- Rêves…
- Sur un autre ton, s'exclama Orpheas Beyven.
- T'énerves pas, pôpa, tu vas nous faire une attaque…
- Ca suffit !
- A vrai dire, je suis sûr que le choixpeau va m'envoyer à Poufsouffle, se mit à railler Kurtis.
Voyant que la discussion dérivait, le directeur s'interposa et coupa court.
- Excusez-moi, mais je tiens à signaler que depuis toujours le choixpeau répartit les élèves dans les maisons qui leur conviennent et je suis persuadé que votre fils s'intégrera parfaitement dans sa nouvelle maison, quelle qu'elle soit…
Kurtis ricana en voyant son père se mordre l'intérieur des joues rouges de rage.
- Très bien, finit par dire M. Beyven.
Ils réglèrent les derniers détails puis se retirèrent.
Une fois de plus, le voyage se déroula dans le silence le plus complet et ce jusqu'à ce qu'ils arrivent au manoir Beyven. Kurtis pénétra dans le sombre hall d'entrée dont les murs avaient autrefois étés recouverts de peintures aux couleurs maintenant ternes. Les elfes de maison s'activèrent à enlever les manteaux de leurs maîtres.
Une fois qu'il fut débarrassé de sa longue cape, Orpheas Beyven se détourna sans un mot et se dirigea vers son bureau. Alors qu'il s'apprêtait à pousser la poignée de la porte, il se tourna vers son fils qui avait retiré à son tour son manteau et le tendait à Nigy, son elfe de maison.
- Je te préviens, dit-il d'un ton froid et agressif, tu as intérêt à être envoyé à Serpentard…
Puis, il entra dans l'autre pièce sans un regard de plus, laissant la menace parvenir jusqu'à son fils.
- Ca, c'est ce qu'on verra, grogna Kurtis.
L'elfe à côté de lui trépignait sur place.
- Maître ! Ne provoquez pas votre père, vous savez que depuis ce jour il s'énerve très vite !
- Mais, dit le jeune homme en souriant innocemment à son elfe, je n'ai encore rien fait.
L'elfe leva discrètement les yeux au ciel et se retira en s'inclinant rapidement. Kurtis monta dans sa chambre et s'assit sur son lit. Il se perdit dans ses pensées et l'espace d'un instant son visage se radoucit, avant de redevenir froid, légèrement crispé.
Trois coups frappés à sa porte le firent revenir à la réalité. Nigy entra et lui proposa un goûter. Son maître accepta avec un sourire ravi et l'elfe repartit, laissant un plateau sur le lit.
L'adolescent s'installa plus confortablement. Il avala avec un léger soupir la nourriture qu'on lui avait amené tout en laissant son regard dévié comme cela arrivait souvent. Ce dernier se posa finalement sur le miroir placé à l'autre bout de la pièce et il put y voir son reflet.
Il fixa quelques secondes son visage encadré de mèches blondes puis baissa les yeux, se prenant la tête dans les mains. Ses épaules s'affaissèrent lentement et il bascula en arrière, sa tête s'enfonçant dans un oreiller.
Il ferma les yeux et respira profondément. Et, comme un faible murmure se répandant dans le silence, il se mit à fredonner si doucement qu'on aurait pu confondre le chant avec un sanglot.
A suivre.
Voilà le premier chapitre, j'espère que ça a plût un minimum… si c'est le cas vous pouvez laisser une review, je suis inscrite depuis peu alors j'espère pouvoir m'améliorer :)
