Une sorte de Drabble écrit sur le pouce, en écoutant Fairytale de Kalafina.
Bonne lecture !
Une forêt. De la rosée. Le silence. La solitude de l'instant.
Ce n'est plus qu'une question de temps, le jour se lève…
Et je les vois.
Des fées. Délicieuses, merveilleuses, ensorceleuses.
Du doigt, je les frôle. J'aimerai partir avec elle. M'envoler loin, même si je ne devais jamais en revenir.
Mais je ne peux pas.
La chaîne à mon pied me blesse.
Elles m'appellent et je pleure.
Je n'ai pas le droit de regretter.
Ce que j'ai perdu, jamais ne le retrouverai. Ceux que j'aimais, jamais ne les reverrai. Mais Lui, qu'en est-il ? Un cœur meurtri et souillé a-t-il encore le droit d'aimer ?
Je veux me lever et partir, mais mon corps est lourd et refuse de m'obéir.
Soudain, le soleil.
Aveuglant. J'ai mal aux yeux.
Quel rustre.
« Avez-vous bien dormi, jeune maître ? »
Question rhétorique ? Dans le doute, je ne réponds pas.
« Jeune maître ? »
Va te faire voir.
Je serre mon oreiller contre moi.
Il m'énerve.
Lui et tout ce qu'il m'inspire.
Je ne veux pas. Je ne veux pas. C'est impossible !
Je lui balance le coussin blanc à la figure, il ne l'évite pas.
Je pleure. J'ai mal. Tellement mal…
Aujourd'hui, c'est décidé, je me laisse aller.
Je me roule en boule dans mon lit…
… qui n'est même pas mien.
Je disparais dans ma couverture…
… qui n'est rien d'autre qu'une parmi des milliers.
Je laisse couler ces larmes, éclater ces sanglots…
… mais m'appartiennent-ils vraiment ?
Entre deux secousses, je parviens à murmurer :
« Sors… »
Sa réponse résonne alors, contre toute attente :
« … Pardonnez-moi, jeune maître. Après tout, je ne suis peut-être pas digne d'être le majordome de la famille- »
Je lui coupe la parole et lui demande à nouveau :
« Chut… Juste… Sors… »
… J'hésite et chuchote finalement, comme une brise dans le feuillage :
« J'ai simplement besoin d'être seul… »
