Heeeey ! Je suis de retour ! Avec une nouvelle fanfiction, qui, je l'espère, vous plaira grandement !
Je vous aime, lecteurs ! :D
Chapitre 1
Je m'appelle Jenna Primrose Mellark. J'ai quinze ans. Je suis la fille du Geai Moqueur et de Peeta Mellark. Les "amants maudits". Il est parfois difficile d'entendre ma mère hurler certaines nuits, ou de voir mon père se réfugier quelque part le temps de se calmer quand des mauvais souvenirs viennent le ronger. J'ai commencé à poser des questions à l'âge de cinq ans. Mes parents m'ont simplement répondu que des mauvais jeux ont existé avant, mais que c'était fini, et qu'ils n'existeraient plus jamais. Mais maintenant que je suis assez grande, je sais d'où exactement vient mon deuxième prénom, et celui de mon frère. Mon frère, Rye Finnick. Je sais également ce qu'étaient les Hunger Games. On nous l'apprend à l'école. À chaque fois qu'on passe sur ce sujet, toutes les têtes se tournent vers moi. Je m'y suis habituée, au fil du temps, même si c'était difficile au début. J'ai appris à être fière de mes parents. J'ai défendu leur cause auprès de ceux qui les qualifiaient "d'assassins". J'adore vraiment mes parents. Ils tiennent à m'apprendre des valeurs auxquelles ils croient. Ils en restent pour le moins adorables. J'ai d'ailleurs parfois du mal à croire que mon père ou ma mère aient déjà tué. Eux qui n'ont jamais daigné lever leur main sur mon frère ou moi. Mon père est le plus patient des deux. Il n'a presque jamais élevé la voix. Papa m'a raconté l'histoire des pains lorsque un jour, j'ai demandé à Maman pourquoi elle l'avait appelé "mon garçon des pains". Il m'a également raconté, à ma demande, comment il est tombé amoureux de Maman. J'ai calculé, il l'aime sans relâche depuis trente-cinq longues années. Parfois, j'envie leur histoire d'amour. Mais j'ai comme l'impression qu'ils me cachent quelque chose à propos de ça. Quand je demande pourquoi Papa a parfois des "crises", Maman me répond qu'il se souvient de choses douloureuses. C'est faux. Maman ne sait pas mentir. Tout le monde le dit, à commencer par Papa.
Je feuillette souvent le livre de mes parents, avec toutes les personnes disparues et chères à leurs yeux. Il y a ma tante, dont je porte le nom, mes oncles paternels, mes grands-pères, que je n'ai jamais eu la chance de connaître. J'ai quand même un grand-père, Haymitch. Il m'appelle "Chérie N°2". Il y a aussi une petite fille du nom de Rue, morte à l'âge de douze ans, dans les Jeux. Finnick Odair. Un jeune homme charmant, aux yeux bleus-verts, comme l'océan. Je l'ai de suite reconnu : un monument lui est consacré, au district 4. La professeure d'histoire nous en a parlé. Un boulevard porte également son nom : Boulevard Odair. D'ailleurs, une statue de Geai Moqueur a été construite dans chaque district, avec les noms de tous ceux qui ont combattu pendant la Seconde Rébellion. Ma mère a refusé que la statue soit un portrait d'elle même. C'est elle qui a lancé l'idée de Geai Moqueur.
Elle m'a appris à chasser. C'est une chasseuse hors-pair, je ne l'égalerai jamais. Pour mes onze ans, elle m'avait offert un très bel arc qu'elle avait fabriqué elle-même. Parfois, je me demande : étant la fille du Geai Moqueur, suis-je censée accomplir de grandes choses, comme mes parents ? Je voudrais juste une vie normale, une adolescence normale avec mes amis et mes amours. Je pourrais en parler à mon père, je suis sûre qu'il saura me rassurer. Ou à mon frère, il trouve toujours les mots, lui aussi. J'irai d'abord voir mon père, et puis on verra bien. Je vais le rejoindre à la boulangerie. De toute façon, si il n'y est pas, c'est qu'il est avec Maman ou Haymitch. Mes parents sont très prévisibles. Je le trouve en train de ranger la boulangerie. Il est bientôt l'heure de fermer.
« Salut, Papa. »
« Coucou chérie, qu'est ce que tu fais ici ? Tu ne devais pas rejoindre tes amis ? »
« Non, je.. Je voulais te demander quelque chose. »
Son expression devient tout de suite inquiète.
« C'est grave, Jenna ? »
« Non ! Enfin, pas vraiment. »
« Dis-moi. »
Je tire une chaise et m'assoit.
« En fait, quelque chose me tracasse. Je me demandais.. suis-je censée faire de grandes choses comme vous ? »
Papa me prend dans ses bras.
« Jenn, ce que ta mère et moi avons fait, nous n'en avions pas le choix. Bien sûr que non, nous n'attendons rien de spécial de toi. Nous voulons simplement que tu sois heureuse et que tu sois toi-même. »
Je souris, soulagée.
« Vraiment ? »
« Vraiment. »
Je dépose un bisou sur sa joue.
« Merci, Papa. Je t'aime. »
« Moi aussi je t'aime.»
Le lendemain, au lycée, je me sens un peu mieux. Je rejoins ma salle de classe, pour le cours d'histoire. Nous avons un contrôle et, dès la première question, tout le monde se retourne vers moi.
" Qu'était exactement le Geai Moqueur, et quel rôle a-t-il eu pendant la Seconde Rébellion ? "
Génial. Juste LA question qu'il fallait pour me faire penser à autre chose. Néanmoins, je réponds. Si j'ai faux à cette question, je pense que le monde entier m'en voudra.
" Le Geai Moqueur était une fille de dix-sept ans nommée Katniss Everdeen. Elle a gagné les 74ème Hunger Games en compagnie de Peeta Mellark. Elle était le visage de la Rébellion. Le Geai Moqueur est maintenant un symbole de paix. " Après plusieurs questions de ce genre, je relis ma copie. Je me suis très bien débrouillée. J'ai la chance d'avoir mon père, qui veut bien répondre à presque toutes mes questions. Mais mes parents sont tous les deux d'accord sur le fait que je suis "trop jeune" pour regarder d'anciens Hunger Games. Plus particulièrement les leurs. Mais je sais qu'il ne pourront pas me le refuser indéfiniment.
Après les cours, je vais chercher mon petit frère de dix ans. C'est mon anniversaire aujourd'hui, et il m'a offert des cupcakes à la framboise, mes préférés, avec mon nom écrit avec du sucre dessus. C'est vraiment un travail d'artiste. Je le remercie chaleureusement en lui faisant un bisou sur le front. Même si on se dispute assez souvent, j'adore vraiment mon frère.
Quand on rentre à la maison, Maman me dit qu'elle préfère que Rye soit couché pour m'offrir mon cadeau. J'acquiesce, et attend alors avec impatience qu'il aille dormir. Quand il est enfin couché, Papa prend la main de Maman, car elle semble nerveuse. C'est lui qui prend la parole.
«Voilà Jenna, nous avons pensé que à seize ans, tu étais assez grande et assez mature pour pouvoir.. visionner une édition des Jeux.»
J'écarquille les yeux, éberluée.
«C'est..c'est vrai ? J'ai le droit ?»
«Oui.» Il resserre un peu plus la main de Maman. «Mais si tu veux t'arrêter parce que cela te choque trop, dis-le tout de suite. D'accord ?» Il me tend alors une boîte en carton. Elle contient une dizaine de DVD. L'enregistrement des Jeux.
«Est-ce que..est-ce qu'il y a le vôtre ?»
Papa répond oui avec seulement un signe de tête, puis me montre un des DVD. Sur la boîte, il y a écrit : "74ème Hunger Games". Sur une deuxième boîte : "Troisième Expiation : 75ème Hunger Games".
Maman prend enfin la parole.
«Tiens, ma chérie, c'est pour toi.» Elle me tend une petite broche dorée, que je reconnais tout de suite. C'est un Geai Moqueur.
«Maman..-»
«Garde-la. Elle est pour toi. Tu comprendra vraiment ce qu'elle signifie quand tu..verra les..quand tu verra nos Jeux.» On dirait qu'elle est au bord des larmes. Je viens la prendre dans mes bras.
«Maman, je suis désolée. Si tu ne veux vraiment pas que je les regarde, je-»
«Non, non, regarde-les. Tu as le droit de savoir après tout.»
«Merci.»
Katniss's POV :
Peeta et moi, nous ne voulons pas revoir ça. Nous restons au lit, lui me serrant dans ses bras et en me caressant les cheveux.
«Ça va aller. Ne t'inquiète pas, mon cœur.» J'ai retenu mes larmes devant ma fille, mais là ce n'est plus possible. Je fourre mon visage dans le creux de son cou.
«J'ai peur, Peeta. J'ai peur qu'elle nous déteste. Qu'elle ai honte de nous.»
«Je t'ai dit qu'elle était assez mature. Je sais qu'elle comprendra. Elle ne nous détestera pas.»
«Quand je pense qu'en ce moment même, elle doit être en train de me voir me porter volontaire pour Prim. Peeta, elle va nous voir nous embrasser, et-»
«Elle nous voit tout le temps nous embrasser, Kat.» Il réussit à m'arracher un sourire.
«C'est vrai. Mais maintenant, il faut se préparer à recevoir deux fois plus de questions de sa part.»
«Oui. Kat, j'ai trouvé ça génial que tu lui donne ta broche.»
«Je pense que c'est important pour elle.»
Peeta dépose un baiser sur ma tempe.
«Je t'aime.»
Je me rapproche encore plus de lui, pour ressentir sa chaleur. Je m'endors presque aussitôt.
Cette nuit, je n'ai pas eu de cauchemars. Mais Peeta a eu un flashback. Je me suis réveillée au milieu de la nuit, sans lui à mes côtés. Il était dans la salle de bain, en train de se cramponner au lavabo, tout tremblant. Je tends une main hésitante vers lui.
«Peeta..»
«Ne m'approche pas. Retourne..retourne te coucher.»
«Non. Je ne te laisse pas.»
«Katniss, je suis sérieux. Je ne veux pas prendre de risques.»
Je le prends alors dans mes bras.
«Peeta.. Ce n'est pas réel. Tu..tu aimes dormir la fenêtre ouverte. Tu ne mets jamais de sucre dans ton thé. Tu fais toujours un double nœud à tes chaussures.» Je prends son visage entre mes mains pour le regarder. «Tu es mon garçon des pains.»
Il a des larmes dans ses yeux. Je me mets à chanter.
« Sous le vieux saule, au fond de la prairie,
L'herbe tendre te fait comme un grand lit
Allonge-toi ferme tes yeux fatigués,
Quand tu les rouvriras, le soleil sera levé
Il fait doux par ici, ne crains rien
Les pâquerettes éloignent les soucis
Tes jolis rêves s'accompliront demain
Dors mon amour, oh, dors, mon tout-petit.»
Je lui souris tristement et essuie les larmes de ses joues.
«Je suis désolé, Katniss.»
«Tu n'as pas à t'excuser.»
Je dépose un baiser sur sa joue.
«Viens.» Je prends sa main et nous allons dehors, prendre l'air. Nous entendons des pas derrière nous.
«Maman, Papa ? Qu'est-ce que vous faites ? »
C'est Jenna.
«Oh, chérie, on t'a réveillée ?»
«Ce n'est pas bien grave. Qu'est ce que vous faites dehors à cette heure-ci?»
«Nous prenons l'air. Jenn, est-ce que tu peux confirmer à ta mère que tu ne nous déteste pas ?»
Elle ouvre de grands yeux.
«Peeta ! Tais-toi, c'est pas vrai !»
«Pourquoi est-ce que je vous détesterais ?»
Nous ne disons rien, et elle comprend.
«Maman, jamais je ne vous détesterais enfin. Justement, c'est grâce à vous que je vis dans un monde pareil. Et, au fait, ça te va bien les flammes.»
J'ai l'impression d'avoir déjà entendu cette phrase quelque part.
«Oh, arrête.» Elle a réussi à me faire sourire.
«Bon allez, les deux femmes de ma vie, il faudrait aller dormir.» dit Peeta. Je me rends compte qu'effectivement, je suis exténuée. J'aimerais bien que Peeta me porte.
«Peeta..»
«Mmh ?»
«Tu veux pas me porter?»
Jenna éclate de rire.
«Maman, à quarante ans, tu n'es pas capable de marcher toute seule ?»
Je lui tire la langue.
«C'est moi que Papa devrait porter. C'est moi la plus jeune et la plus faible, d'abord.»
«Eh bien quand tu aura trouvé un homme prêt à te porter jusqu'à ton lit, tu pourra bénéficier de certains avantages.» dis-je en lui souriant.
Peeta éclate de rire.
«Arrêtez, les filles, je sais que je suis irrésistible, mais là..»
Il glisse une main sous mes genoux et une main sous mon dos, et me soulève pour me porter.
«Désolé, Jenna. Tu vas devoir marcher.»
Elle fait la moue et monte les escaliers après nous avoir souhaité une bonne nuit. Je m'endors presque dans les bras de Peeta. Je crois que je le sens monter les escaliers. Il me dépose sur le lit et me met la couverture dessus. Je me fourre dans ses bras, et nous nous rendormons.
Jenna's POV
Voilà. J'ai vu mes parents à l'âge de seize ans, l'une volontaire pour sauver sa petite sœur, l'un désigné au sort. Dans les deux cas, leur expression m'a déchiré le cœur. Les hurlements de ma tante voyant partir sa sœur aux Hunger Games. Les larmes de mon père. Comment peut-on être assez cruel pour leur infliger ça ?
Je comprends maintenant pourquoi dans la liste des surnoms de ma mère, il y a aussi La Fille du Feu. D'où viennent ses cauchemars. Pourquoi il lui est carrément impossible de dormir sans Papa. Et vice-versa. D'où vient la prothèse de Papa. La haine de Maman pour les roses. Je comprends mieux beaucoup de choses, maintenant. Bien sûr, je ne connais pas toute leur histoire, et je respecte leur choix s'ils ne veulent pas tout me révéler. Cela doit être très dur pour eux.
Je pourrais peut-être me renseigner autrement. Des tas de livres parlent de la Seconde Rébellion, et de tout ce qui va avec. Demain, j'irai à la bibliothèque.
