Hello ! Alors revoilà le pitch: si vous n'avez pas lu Le Repos du Guerrier de Nemunas, ben faites-le. J'ai eu son autorisation pour reprendre son histoire et la réécrire différemment, et vous allez très vite comprendre l'idée. Très simple (adieu l'originalité) mais sympa ! De la même façon si ça vous inspire un nouveau remix, demandez-lui ! (tenez-moi au courant aussi ça m'intéresse XD) Je n'ai qu'un seul gros échec à déplorer dans cette fic: je n'ai pas réussi à faire aussi rapide que Nemunas. Je m'étale trop. Mais on va faire avec. Et si vous retrouvez la même structure et parfois des paragraphes très ressemblants, c'est fait exprès !

Après, si vous voulez VRAIMENT un résumé - et donc un spoil... qui sera en plus un quasi copié-collé du premier résumé, ben voilà: "Après une énième attaque de Xana, William, battu par un spectre, est envoyé à l'hôpital. Cette fois, le retour vers le passé ne peut les tirer d'affaire ni sortir William du coma. Ce qui angoisse particulièrement Ulrich qui s'interroge sur ses sentiments."

P.S; la fic est TERMINEE ! Je posterai chaque semaine (sauf erreur de ma part) mais si je reçois une review, je poste direct (enfin, direct après relecture XP)
P.S: la review de mon pote Flavien c'est de la triche X)


Chapitre 1: Effet-Miroir

Le jeune homme s'enhardit de quelques pirouettes pour esquiver les tirs d'un blok apparemment déterminé à le rayer de la carte. Il fonça droit sur lui et, galopant souplement, se retrouva perché dessus. Lui tirer dans l'œil n'en fut que plus facile. D'un bond évidemment félin, il échappa à l'explosion. Il n'eut pas pour autant l'occasion de toucher terre: un autre tir le faucha en plein vol. Il fut dévirtualisé sur le coup.

« Ulrich, Odd est hors-jeu ! Tu es le dernier à pouvoir désactiver la tour maintenant !

- Roger ! » rendit Ulrich, sans quitter des yeux ses propres adversaires.

"Non, pas Roger, lui c'est Jerem' !" aurait sans doute dit Odd s'il n'était pas en train de se faire rematérialiser, songea Aelita avec un demi-sourire, confiante.

D'ailleurs, Ulrich partit promptement réaliser leurs souhaits, quittant son abri avec la vélocité qui le caractérisait, profitant de l'effet de surprise pour se débarrasser de l'un des deux bloks lui barrant la route. Ne laissant pas le temps au second de se retourner, il l'empala sur ses deux lames.

« Ulrich, à cinq heures ! » l'avertit la voix lointaine de Jérémie.

Ayant presque aussitôt entendu le bruit du tir laser, il se fia à la Jérémie et plongea sur le côté. Puis il fit face à ce Frelion un tantinet intelligent qui avait réussi à cueillir Odd au vol.

« Et toi ? Ça te tente pas, le Valhalla ? »

Mais le monstre ne devait avoir que des notions très réduites de la mythologie nordique (Ulrich aussi d'ailleurs) aussi il tenta simplement de lui tirer dans la tête. Ulrich leva son sabre avec platitude, retournant le tir à son envoyeur.

« Impeccable ! le gratifia Jérémie. Maintenant, fonce à la tour !

- À ton service ! Super sprint ! »

La distance ne fut bientôt plus qu'un souvenir, la tour se dressant fièrement aux pieds du samouraï qui ralentit à peine avant de passer de la lumière à l'obscurité. Il n'attendit pas plus pour s'élever et aller entrer le code Lyokô.

« C'est fait, Jérémie ! le prévint-il avec une certaine satisfaction en voyant la tour comme endormie.

- Parfait. Je te ramène. »

Et quelques secondes plus tard, Ulrich quittait la tour pour sortir par le scanner, fatigué.

« Alors ? Ça va, le grabataire ? l'accueillit Odd.

- C'est ça, fais le malin ! »

Il imaginait sans peine qu'Odd avait eu les mêmes sensations en quittant Lyokô. Et puis il n'allait pas le taquiner alors que lui s'était fait jeter dehors par un Frelion ! Ensemble, ils retrouvèrent Aelita, Yumi et bien sûr Jérémie au labo, qui dressa le bilan plutôt banal de leur journée.

« Vous avez l'air de retrouver vos marques, d'ailleurs. Les monstres tiennent beaucoup moins longtemps.

- Tu m'étonnes. C'est pas évident de reprendre le coup de main du premier coup… décrivit Yumi.

- Mais c'est comme le vélo, compléta Odd. Une fois que t'as appris, c'est pour la vie !

- Ouais ben j'espère que Xana le prendra pas au mot, grommela Ulrich. C'est pas vraiment la perspective d'avenir que j'imaginais. »

Avant qu'Odd ne puisse rebondir dessus, ils s'interrogèrent sur le geste de Jérémie, sortant son téléphone portable – d'ailleurs il ne passait plus d'appels par le supercalculateur – et choisissant un nom dans son répertoire pour passer un appel.

« Tu cherches qui ?

- Ben, je m'attendais à ce que William nous ait rejoint, depuis le temps. J'espère que le spectre ne lui a pas causé de problèmes…

- Te fais pas d'bile, il a pas de codes ! claironna Odd. Qu'est-ce que tu veux qu'il lui arrive ?

- Je sais pas, rétorqua froidement Yumi ; que Xana se débarrasse de lui pour ne plus l'avoir dans les pattes ? À l'époque, le fait qu'on n'aie pas de codes ne l'empêchait pas de nous faire valser !

- Ah. Euh… ouais. Pas faux.

- En même temps il a la tête dure, répondit Ulrich, blasé. Je le vois mal se laisser faire.

- Ben en attendant il me répond pas ! Soit il a paumé son téléphone…

- Soit il est juste derrière. »

Ils se tournèrent vers Aelita et son sourire satisfait, puis suivirent son regard et firent demi-tour ; ils n'avaient pas entendu le bruit de l'élévateur mais pouvaient voir les portes s'ouvrir sur un ado dont l'expression rappelait celle de quelqu'un qu'on vient de réveiller avec en plus une main sur le crâne. Sentant son téléphone vibrer, il le sortit et constata :

« Un appel manqué. Tu voulais quelque chose, Jérémie ?

- Euh… ben ça va, du coup ?

- Ouais. Toujours vivant.

- Bon ben, on repassera pour la tête dure ! chuchota Odd à Ulrich d'un air taquin.

- Je t'entends, tu sais, répondit le concerné en approchant. T'aurais du voir la tête du spectre quand je l'ai jeté dans la piscine.

- Oh ! Sérieux ?!

- Bon, on verra ça plus tard, trancha Jérémie. Pour l'instant, on rentre avant que les gens ne remarquent notre absence. Ça va être l'heure de manger. »

.o0o0o0o.

Le lendemain, William se réveilla avec la même migraine que la veille. Enfin… disons deux heures plus tôt, car il s'était assoupi à cinq heures pour émerger à sept. Pas moyen de trouver le sommeil entre la douleur au crâne et les multiples crampes qu'il avait un peu partout.

L'organisation stratégique du groupe était relativement simple. Il était essentiel que Jérémie ne fusse au laboratoire en cas d'attaque et les autres étaient nécessaires à la désactivation de la tour. Mais surtout, il fallait à tout prix les protéger des spectres bouffeurs de code.

Quant à William, c'était un dur à cuire, qui n'avait pas de codes.

De là, la stratégie était toute trouvée ; en cas d'attaque les jeunes héros se regroupaient au moins en binômes avant de décarrer vers l'usine. William les rejoignait bon dernier en s'assurant que les spectres ne soient pas trop près derrière.
Si c'était le cas, il venait leur expliquer sa façon de dire bonjour.

Cela leur avait évité par ailleurs de voir le moindre spectre dans le laboratoire, pour l'instant. Quant à William, au final il n'avait remis les pieds sur Lyokô que deux fois.
Il n'avait cependant pas l'air de s'en plaindre, malgré ce qu'on aurait pu croire, passant le plus clair de son temps à s'occuper des spectres lors des attaques. Il s'acquittait de sa tâche avec un sérieux qui pouvait parfois les étonner.

Il fallait croire que Yumi avait raison. William avait changé.
Mais en attendant, il n'avait que deux heures de sommeil dans les pattes et une envie folle de paracétamol. Après une courte visite chez l'infirmière, il repartait avec une boîte de 1000 (les seuls qui marchent, toi-même tu sais) et une envie irrésistible d'aller se recoucher.

Quand les autres jeunes se regroupèrent le matin, Aelita fut la première à remarquer son absence.

« Ben je sais pas non plus, répondit Jérémie. Je vais l'app…

- Laissez son téléphone tranquille, répondit Odd, pointant un coin de la cour du doigt. Je crois que c'est lui, là-bas. »

Les jeunes se penchèrent et plissèrent les yeux avant de se concerter du regard. Cela leur suffit pour traverser la cour et approcher de ce qui, de toute évidence, était leur camarade : accaparant à lui seul un banc de bout en bout en étant allongé sur le côté, son sac sous la tête et sa veste sur son visage et ses épaules. Odd inspira mais :

« Si tu fais une remarque sur les sans-abris, intervint Yumi, je t'en colle une. »

Odd baissa la tête, dépité. Aelita se pencha et parla doucement : « Hé ? Tout va bien ?

- Gaffe. Ça tombe c'est un spectre et il va te sauter dessus, plaisanta Ulrich.

- Meuh non, démentit Odd avec enthousiasme : si c'est un William-spectre, il attendra que ce soit Yumi qui -Aïe ! »

Non seulement Odd s'était pris une bonne tape de la part de la concernée, en plus d'un regard accablé de toute l'équipe, mais en plus il avait réussi à accabler William qui (ne dormait pas) en avait lentement levé son bras, soulevé un pan de sa veste et l'avait scruté d'un air choqué par tant de bêtise. C'en fut trop pour Ulrich qui éclata de rire. William jeta un œil ensuite à Aelita comme pour savoir quoi faire de cette andouille de petit blond. Elle en profita alors pour lui demander si tout allait bien, mais il lui assura qu'il passait tout bonnement trop de temps à dormir en cours pour en avoir envie le soir venu. Ce que Yumi confirma avec un mélange d'amusement et de dépit.

Ils papotèrent donc de tout, de rien et de Xana jusqu'à la sonnerie, à laquelle Yumi cru pendant un moment que William s'était soit endormi, soit faisait semblant en essayant désespérément d'échapper aux cours.

Il se leva néanmoins, l'air ronchon, et la suivit, couvé du regard par un Ulrich contrarié. De l'avis du cadet, William se débrouillait juste pour attirer l'attention en faisant quelques caprices.
Ce n'était pas exactement cela.
Alors qu'il suivait Yumi pour aller en cours avec la certitude qu'il n'écouterai pas, William faisait aussi son possible pour ne rien laisser filtrer par sa démarche.

La veille, si William avait réussi à empêcher le spectre de sortir traquer les guerriers, et l'avait jeté dans l'eau où il s'était dissous, il ne fallait tout de même pas oublier que ce même spectre avait d'abord pris le temps d'envoyer William visiter les murs du vestiaire. Ses poumons s'en étaient vidés plus d'une fois, tout en prenant des bleus à chaque rencontre avec bancs et porte-manteaux. Heureusement, les vêtements qui cachaient ces bleus n'avaient rien, comme son visage. Ainsi, il arrivait à faire bonne figure.
Ça valait mieux pour la couverture des Lyokô guerriers.

Seulement, en ce jour – et à d'autres – il avait mal partout. La position assise ne serait pas la meilleure mais ce serait tout ce qu'il aurait, alors il s'en contenterai.

.o0o0o0o.

« Oubliez les projets d'excursion sur le Cortex, Xana attaque.

- Encore ?!

- Il a l'air déterminé à nous tenir à distance. »

Les autres hochèrent la tête, l'air sombres. Jérémie avait sans doute raison : c'était la troisième attaque de la semaine.

« Et tu sais quel genre de spectre a été envoyé, aujourd'hui ? »

Jérémie se tourna vers William pour lui répondre : « Non, en fait je suis même pas sûr qu'il y en ai un pour l'instant. On devrait filer tous ensemble, pour une fois.

- Peut-être que comme ça, tu pourras enfin aller sur Lyokô ! se moqua Odd. »

Cette fois, Yumi était trop loin pour un coup de coude révolté, aussi elle le foudroya du regard. Ils n'avaient pas besoin de ce genre de tensions, surtout quand William semblait assumer son rôle presque auto-décrété de protecteur. Elle fut surprise de voir Aelita lui rendre service et écraser le pied d'Odd. Ulrich guettait tout cela d'un œil discret et vit William pouffer, étonnant quelques uns. Il rétorqua même doucement à Odd :

« Ben ça alors ! Je savais pas que je te manquais à ce point quand je suis pas là ! »

Jérémie, qui avait remballé ses affaires entre-temps, laissa échapper un rire avant d'ajouter, comme pour se justifier : « Celle-là, tu l'as pas volée ! »

Pour autant Odd ne semblait pas fâché. Par contre ils furent tous obligés de s'arrêter à cause d'Ulrich qui leur coupait le chemin. Pas pour faire son cake, non. Juste qu'il voyait Jim Moralès, en face, à quelques pas d'eux, les regardant d'un air si sombre que c'en était beaucoup trop flagrant.

« Ah. D'accord, fit juste Jérémie.

- Bon, ben passez par la chaufferie… proposa machinalement William, comme si de rien n'était.

- Ça va aller ? » demanda tout de même Yumi, inquiète de voir chaque jour qu'il semblait manquer de sommeil, et chaque attaque qu'il prenait en charge un spectre. Elle ne vit pas la légère grimace d'Ulrich qui n'aimait pas cette inquiétude. Yumi ne s'inquiétait jamais pour lui.
(Et NON il n'était pas jaloux)

« T'inquiète, répondit William avec un petit sourire. Je vais le faire courir.

- Hé, rebondit Odd ; fais gaffe quand même, c'est gros Jim mais ça reste un prof d'EPS !

- Ne t'en fais pas, mon chou ! Je serais de retour dans tes bras avant le crépuscule ! »

Même Aelita dut retenir un fou rire et s'autorisa même à tanner Odd (sinon qui le ferait) sur sa nouvelle relation amoureuse alors qu'ils partaient pour le passage souterrain.

.o0o0o0o.

Il prit cinq minutes pour reprendre son souffle, éreinté.

Il n'avait pas vraiment pu tenir tête à Xana-Jim, mais au moins, il l'avait empêché de poursuivre les autres. Puis Jim s'était désintégré sous ses yeux, attestant de la réussite de la mission. Il en avait soupiré de soulagement. Puis, inquiet, il avait jeté un œil à son reflet dans le téléphone. Mais son visage était entier. Ses mains aussi, globalement aucune articulation retournée ni d'organe manquant ("lol") il aurait juste peut-être un bleu à la mâchoire, sans plus. Ça n'alarmerait personne.

Hors de question d'attirer l'attention là-dessus.
Se redressant, faisant craquer son dos, il reçu l'appel habituel de Jérémie.

« Hey ! C'est bon de ton côté ?

- Ouais, ça va. Le spectre s'est volatilisé. Et vous ? Pas de bobo ?

- Tout est nickel ! Sauf qu'on n'a plus que deux guerriers en lice, on peut pas en profiter pour aller sur le Cortex. C'était juste, d'ailleurs…

- Bon, ben je te laisse, il faut que je prenne une douche.

- Ok… Ah, mais tes cours, du coup ? »

Il toussota : « Je ne vois absolument pas de quoi tu parles. » et raccrocha.

.o0o0o0o.

Sortant de la douche, se félicitant de la prendre tant qu'il n'y avait personne, il eu la désagréable surprise de se voir dans le miroir. Et voir pour la première fois les marques qu'il tentait d'ignorer depuis des jours.
Bon. Il regardait trop la télé, donc globalement, ça aurait pu être bien pire. Mais ce n'était pas fameux non plus.

Il regagna sa chambre de mauvaise humeur.

.o0o0o0o.

À peine deux jours plus tard, il réussit l'exploit de reconnaître deux spectres avant même que Jérémie ne donne l'alerte dix secondes plus tard, s'attirant le respect d'Aelita. Ensuite il passa tout simplement vingt minutes à éviter les coups, réalisant qu'il ne ferait vraiment pas long feu s'il cherchait la confrontation avec ces deux-là.

Ces deux-là accélérèrent le rythme et finirent par casser le sien. Et tentèrent de le casser tout court. Ce jour-là, il fut à peu près certain que la désactivation de la tour lui avait sauvé la vie. Ce jour-là, il comprit que Xana avait changé d'idée : si le spectre voyait William lui barrer la route, il ne se contenterai pas de l'écarter sèchement. Il frapperai jusqu'à ce que William ne se relève plus.

.o0o0o0o.

« Hé, ça va ? »

Distrait, il se tourna vers Odd avec un temps de retard. « Hm ?

- T'as mal aux côtes ? »

Surpris, il mentit pourtant avec naturel : « Non, j'me gratte.

- Ah ! Pardon ! pouffa le blond. Bon, sinon, je passe te dire que cet après-midi, on va sur le Cortex finalement. Rendez-vous à l'usine à deux heures.

- Ah, c'est cool. C'est rapide, dis.

- C'est Aelita qui a convaincu Jérémie. J'm'en plains pas. Et pis c'est cool pour toi, ça fait des lustres que t'as pas mis les pieds dans un scanner !

- Mouais. »

Un ange passa.

« C'est tout ce que ça te fait ? »

William haussa les épaules. Il était trop fatigué pour chercher une parade, voire estimer s'il fallait une justification. Odd s'en chargea plus ou moins pour lui : « Yumi a raison en fait, t'a changé, toi. Ah ? »

Il décrocha son téléphone et eut une conversation très enthousiaste avec un certain Sam. William ne voyait pas qui ça pouvait être.

Lorsque l'heure approcha, il se rendi à l'usine où ne l'attendait qu'Ulrich. Ils se saluèrent sommairement et restèrent chacun dans leur coin, attendant les retardataires. Brisant courageusement la glace (non pas que William était trouillard mais bon…) il demanda distraitement : « Ils sont à la bourre, les autres, ils font quoi ?

- Odd je sais pas, depuis qu'il est parti te prévenir on l'a plus vu. Aelita et Jérémie sont en train de convaincre le directeur qu'ils ne sont pas des génies et veulent pas d'une école spécialisée – oui-oui en plus pour Jérémie c'est pas la première fois – et Yumi a dû ramener son frère à la maison. Une histoire de nez cassé… »

Ils levèrent la tête en même temps, alors que l'ordinateur faisait bip bip. D'abord perplexes, leurs regards s'assombrirent. Ça ressemblait à…

« Oh non. Non.

- Si, plaqua Ulrich.

- C'est pas vrai !…

- Attends ! Attends ! »

William s'immobilisa juste avant de partir dans l'ascenseur, prêt à courir pour rassembler les autres et les envoyer sains et saufs à l'usine, où une énième tour les attendait. Ulrich s'expliqua :

« On peut faire ça à deux. On ira plus vite à désactiver la tour qu'à tous les retrouver et les traîner jusqu'à l'usine avec des spectres au train.

- T'y penses pas sérieusement ?!

- Si ! Crois-moi, je sais de quoi je parle. J'ai l'habitude de…

- Mais c'est des spectres bon sang ! Tu les as vus ?! Pour m'en taper trois par semaine je peux te dire que s'ils leur tombent dessus les autres vont salement déguster !

- Mais bien sûr que je sais ! Qu'est-ce que tu crois qu'on faisais, au collège ?! »

Leur colère à tout les deux retomba, alors qu'il réalisaient qu'ils n'étaient pas vraiment en colère l'un contre l'autre. Juste morts d'inquiétude.

« J'espère que tu sais ce que tu fais…

- Si on y croit, ça ira. Préviens tout le monde, moi faut que je retrouve comment on fait une virtualisation en différé… »

Tous répondirent à l'appel et furent aussi surpris d'apprendre pour l'attaque que de le savoir grâce à William. Le plus gros étant qu'il allait bosser avec Ulrich. Si Jérémie et Odd furent un tantinet inquiets, Yumi, elle, était plus confiante. Ils connaissaient les enjeux. Et ils étaient un peu plus matures, quand même… ça irait.
En fait, seul William avait vraiment un très mauvais pressentiment.

Arrivé sur Lyokô, il sentit la tension monter. Il y remettait les pieds pour la troisième fois. La première, ç'avait été sur le Cortex. Et la deuxième, on l'avait envoyé aider Ulrich alors que celui-ci était parti tout seul sur Lyokô, enragé à l'idée de voir William revenir dans le groupe.
Cette fois Ulrich le persuadait de rester. Le monde à l'envers. Il aurait pu se réjouir, pourtant.

Mais il n'aimait pas ça. Peut-être la sale impression qu'il allait revoir la méduse sous peu ? Ou juste cette sale impression que la journée n'allait pas bien se finir ?

« Allez, on fonce ! » le secoua Ulrich qui partait soulagé d'avoir réussi les procédures clavier.

Arrivés au blocus de monstres, Ulrich demanda à William où était sa "pelle à tarte". Ce dernier la fit apparaître dans un nuage de fumée noire, rétorquant qu'elle était très bien, sa "pelle à tarte", et que c'était malvenu de la part d'un coupeur de saucisson à qui un seul canif ne suffisait pas.
Ils étaient partis chasser les monstres le sourire aux lèvres.

Au départ tout s'était bien passé puis, faute d'expérience, William s'était fait dévirtualiser d'une frappe dans le dos par un mégatank embusqué. Heureusement pour Ulrich, il ne restait plus grand-chose à exterminer.
Pour William, c'était moins drôle. Il s'écroula littéralement sur le sol de l'étage des scanners.
Non seulement il n'avait pas du tout l'habitude de la rematérialisation, mais par dessus tout, les derniers spectres avaient été sans pitié. Son esprit éprouvé par Lyokô et le transfert retournait dans un corps complètement usé de coups et du manque de sommeil. Il mit bien cinq minutes à retourner au laboratoire pour trouver un Ulrich apaisé, ayant tout juste désactivé la tour.

« Bon, c'est fait… Alors, William, t'es arrivé oui ou non ? Si t'es là, je t'entends pas, parle dans le micro de Jérémie… nan parce que j'adore parler dans le vide, c'est une passion chez moi… palabrait-il nerveusement.

- Oui, je suis là, bordel, râla-t-il.

- Ah ! Ça va ?

- Je crois que les scanners ne m'aiment pas, résuma-t-il d'un air sombre.

- Ha ha, tu m'étonnes. T'inquiète, on s'habitue, à la longue. Bon… ben je vais peut-être rentrer. T'as appelé les autres ?

- Pas encore, j'essaye d'avoir Jérémie. Dans le doute reste où t'es, peut-être qu'ils voudront en profiter pour aller quand même sur le Cortex. Ah, allô ? Jérémie ?

- Oui, c'est moi ! Pouh, j'ai couru pour l'année entière… je suis avec Odd et Aelita, on va chercher Yumi et…

- Calmez-vous, la tour est désactivée.

- Ah bon ?! Mais c'est génial !

- Bravo, vous deux ! félicita Aelita.

- Pas d'quoi. Du coup Ulrich est toujours dedans, vous voulez le rejoindre pour aller sur le Cortex ?

- Ah, ben… ben si tout le monde est encore partant, pourquoi pas ? Mais attends, du coup, toi, t'es dehors ?

- Ouais. Mais je viens de me faire la réflexion : votre mégapod, là, rappelle-moi le nombre de places ?

- Ben, il en… aaaaaaah oui, mince !

- Quatre, c'est ça.

- Zut… mais quel crétin !

- T'en fais pas, si ça se trouve je pourrais vous suivre au super smoke, mais ce sera la proch…

- La prochaine fois, oui… Allô ? T'es toujours là ?

- C'est quoi ce bordel ?! Jérémie ! Pourquoi y'a une nouvelle alerte ? »

Ulrich, toujours en contact, se raidit. Comment ça, une nouvelle alerte ?

« Attends, Aelita a eu Yumi au téléphone… Yumi s'est fait piquer du code ! C'est pour ça que Xana a pu redémarrer une tour… Yumi est toujours en route mais elle a du mal à entendre ! Bon du coup ça l'empêche pas de courir… On vous rejoint ! »

Après quelques échanges, Jérémie pu montrer à William comment savoir où se trouvait la tour. William passa le mot à Ulrich qui se mit immédiatement en route. Pendant ce temps, William quitta l'usine, prêt à taper un sprint pour rejoindre les autres, qui tentaient de récupérer Yumi au passage.

Ils y arrivèrent sans faire de mauvaise rencontre. William arriva juste après, ou plutôt leur fonça dessus. Apeurés, ils se plièrent en deux alors même que William – qui n'était pas un spectre – prenait appui sur un rebord pour leur bondir dessus et étaler Yumi au sol de son poids et d'un coup de pied – vu que c'était le spectre.

« J'ai croisé la vraie ! Elle est déjà en route pour l'usine !

- Comment tu... »

Voir ce qu'ils avaient pris pour leur amie en train de grésiller convainquit Jérémie de courir encore.

.o0o0o0o.

« Non !… » Trop tard. Un tir de plus et Ulrich disparaissait. Bordel. Tarentules de m… « Hey ! Ça va en bas ? »

Reconnaissant la voix d'Odd du haut du laboratoire, soulagé, il répondit : « Ouais ! Magnez-vous tant qu'il en reste que quatre !

- D'accord ! On descend ! »

Il leur laissa l'élévateur tandis qu'il remontait par l'échelle, allant à la rencontre d'un Jérémie survolté.

« Bon, ben je te laisse à ton taf'. Je vais voir ce que je peux faire pour aider William.

- T'es sûr ? C'est vrai qu'un peu d'aide ne ferait pas de mal, mais…

- Je me ferais pas bouffer de code. Je ferais juste l'appât. Si ça peut éviter à cette tête de linotte de se faire ouvrir le crâne…

- Arrête, tu me stresse. »

.o0o0o0o.

William s'adossa au mur de la salle de classe où il s'était réfugié, haletant, une main sur son avant-bras endolori. Heureusement il n'était pas cassé, mais quand la fausse Yumi l'avait attrapé pour y cogner son genou, il avait eu un doute sur le moment.

Il se laissa glisser au sol avec soulagement en sentant le silence qui l'entourait. Encore aujourd'hui, quand il avait voulu fuir, le spectre l'avait pourchassé. C'était pas très réjouissant... mais s'il pouvait se contenter de courir pour les occuper, plutôt que de chercher la confrontation, c'était peut-être mieux...
Oups. Ne pas parler trop vite. Une fumée noirâtre sortit d'une prise de courant et prit la forme d'un inconnu. Et le surprit en lui adressant la parole :

« Comment as-tu su que c'était la vraie Yumi, quand tu l'as vue ?

- …Nan, sourit-il même s'il savait que ça allait chauffer pour ses fesses. Je savais pas. Je lui ai demandé. »

Le spectre s'approcha, il resta assis par terre. Tant pis… Il n'aurait qu'à répliquer de son mieux dès le premier coup. Il n'avait plus l'énergie pour courir.

« Et elle t'a convaincu ? Comment ? »

En effet, ils n'avaient pas déterminé de code de reconnaissance à l'avance donc ils n'avaient pour ainsi dire rien qui puisse prouver leur identité.
William pouffa, bien que ça ressemblait à une quinte de toux.

« Elle m'a hurlé dessus en japonais. »

Le spectre haussa un sourcil dubitatif.
Puis il empoigna William par sa veste. Et plutôt que de le frapper, lui fit visiter sa salle de classe en le jetant à travers les tables.

.o0o0o0o.

A bien y penser c'était vraiment le monde à l'envers, songea Ulrich: la dernière fois qu'ils avaient eu deux tours d'affilée c'était William qui était venu l'aider. Sur Lyokô, qui plus est, et dans une ambiance terrible. Cette fois ça allait plutôt mieux alors tout devrait encore bien se passer... Secouant la tête, il prit son téléphone:

« Hé, Jérémie ? J'arrive à Kadic. Pour l'instant ça va. Mais de votre côté ça avance ?

- On fait au mieux ! Xana a virtualisé dans les deux cent Frelions alors ça prend du temps… On y est presque, plus qu'une vingtaine… …Ulrich ? T'as raccroché ?

- N-non… Je…

- Ulrich ?

- Je crois que je vois le spectre.

- Il ressemble à quoi ?

- À rien… enfin, personne que je connais, il me regarde depuis la fenêtre du premier étage, bâtiment principal.

- Alors fais-le courir ! William a dû faire la même chose !

- Sans doute… Il vient de faire demi-tour. Je te rappelle !

- D'accord ! »

Ulrich commença à s'éloigner tout en levant le doigt pour raccrocher mais un mouvement attira à nouveau son regard. Le spectre était revenu à la fenêtre après avoir ramassé quelque chose de volumineux.
Non, pas un objet. Une personne. Le spectre avait ramassé William, inerte, et ne se fit pas prier pour le jeter par la fenêtre.

Dans une explosion de verre pilé, il le vit traverser les airs et tomber dans la cour sans faire un seul mouvement pour amortir sa chute.


Huhu. Je suis quelqu'un de cruel je sais. Mais on s'en fout on est si nombreux à l'être MUHAHA bref, encore une fois mettez une review, je rends ! (un chapitre !)