Titre : Le Favori

Source : Gundam Wing (oui, c'est démodé mais c'est une source inépuisable d'inspiration...)

Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, du moins pour les principaux. Et ceux qui m'appartiennent, eh bien je sais que vous saurez les reconnaître.

Notes de l'auteur : Me voici de retour sur FFNet avec grand plaisir, après un bon break de vacances pendant lequel mon cerveau a été volontairement mis sur OFF.

Malgré tout, l'histoire que je vous présente aujourd'hui, et qui est née en parallèle de studio 10, a continué à me trotter en tête, et à gagner en consistance à fort d'être maniée et remaniée dans tous les sens dans ma pauvre tête bien trop pleine.

Comme d'habitude je voulais vous la proposer finie, mais elle tire un peu en longueur et je voudrais avoir déjà vos premiers avis. Parce que si ce n'est pas terrible, je ne vais pas m'évertuer à la finir.

Elle reprend tous les personnages de GW, et cette fois-ci j'espère bien donner de la consistance à chacun (c'est bien parti). Bien sûr, mon couple fétiche est sous les feux des projecteurs mais je ne devrais pas oublier les autres.

Pour le style, il faut oublier Studio 10. Je me transpose dans un univers légèrement fantasy médiéval, que je ne pousse pas à la caricature non plus (point de dragon en vue par exemple !)

Je ne m'étale pas davantage, je n'oublie pas que c'est l'histoire qui vous intéresse, alors bonne lecture !

Chapitre 1

Le château était en effervescence. Des servantes couraient partout, les unes avec des linges pliées et fleurant bon le frais dans les bras, les autres chargées de fruits mûrs dans des corbeilles aux tressages multicolore, ou même, encore d'autres la mine affairée pressaient le pas vers on ne savait quelle destination. Une chose était sûre : un événement sans nul autre pareil se préparait à survenir en ce lieu pourtant si austère d'habitude. Du coin de sa banquette préférée, Duo soupira bruyamment de dépit. Tentant de se concentrer sur son ouvrage, il finit par abdiquer en le fermant doucement : tout ce remue-ménage l'empêchait de se consacrer à la lecture difficile de ce livre écrit dans une langue ancienne, qu'il essayait de maîtriser depuis quelques mois déjà. Abandonnant son précieux livre sur l'assise, il se leva et se pencha contre la rambarde qui surplombait le hall principal du château, pour regarder cette foule bigarrée et empressée d'un œil curieux.

- Duo !

Le jeune garçon se redressa très vite : le ton sévère et froid de cet appel ne prêtait nullement à l'amusement. Un léger frisson parcourut son dos : le Comte Enguerrand de Bernezac venait de l'appeler et il ne fallait pas traîner. Il se retourna vivement et se retrouva face à la pire terreur de sa vie : son maître.

- Seigneur ! Fit Duo, en se prosternant devant l'imposant personnage qui venait d'apparaître devant lui, suivi de ses deux gardes du corps.

- Duo, relève-toi. J'ai une tâche très importante à te confier. Répondit d'un ton sec ledit Seigneur du lieu, fixant sévèrement le sujet en face de lui.

- Je suis à vos ordres. Fit Duo, se relevant en même temps.

- Bien entendu ! Quand cesseras-tu ces évidences ? Tu n'es pas sans savoir ce qui se passe, je présume ? Le houspilla le Comte.

- J'ai ouï dire que le Roi et sa cour nous faisaient l'honneur de leur présence, pour honorer la tradition de la visite des Comtés…

- Mmmm… c'est cela, oui. Enfin…l'honneur…

Le comte leva les yeux au ciel, un rictus embarrassé sur ses lèvres.

- Bref ! Le Roi se déplace pour la première fois depuis des années dans notre comté. Comme si cela ne suffisait pas, il sera accompagné de ses fils, les princes héritiers de la couronne.

Duo ouvrit grand les yeux. Des princes ? Des vrais princes ? Il n'en avait jamais rencontré ailleurs que dans ses lectures. Il avait tout à coup hâte de savoir à quoi ils ressemblaient… Quel âge avaient-ils donc ? Comment se comportaient-ils ? Etaient-ils aussi charmants que les princes issus de ces histoires pour enfants ? Tout à ses questionnements, il écouta attentivement la demande incongrue de son maître :

- Je ne veux pas de marmots insolents dans mes jambes, ni de fouineurs potentiels, tous princes soient-ils ! Je souhaite donc que les trois princes et leur ami soient logés dans le quartier nord du château, loin des miens. Je te charge de préparer leurs chambres, ainsi que de veiller à leurs activités et à répondre à leurs besoins, quels qu'ils soient, lors de leur séjour ici. Tu seras à leur plein et entier service. Est-ce bien compris ?

- Je m'appliquerai à ce que chacun de leurs désirs soit assuré, mon Seigneur, assura Duo, d'un ton qui se voulait ferme, … ainsi que les vôtres.

Le comte le regarda, une lueur malfaisante dans les yeux :

- Je ne doute pas qu'en te confiant cette tâche, elle sera parfaitement exécutée. Surveille-les bien entendu. Si jamais tu vois ou entends quelque chose de suspect, tu devras me le rapporter séance tenante. Ne me déçois plus, ou il t'en coûtera ! Tu le sais, n'est-ce pas ?

Sur ces menaces à peine voilées, Enguerrand de Bernezac tourna les talons, laissant Duo réfléchir à son plan d'action alors que la silhouette de son maître disparaissait dans le couloir. Il savait de son amie servante que la cour royale arriverait le lendemain dans la matinée, sans doute juste avant le repas. Regardant par le vitrail, il vit que le jour déclinait déjà. Cela ne lui laissait donc que peu de temps pour tout mettre en ordre, tout en sachant que les servantes ne lui seraient d'aucun secours, déjà occupées par ailleurs. Parfois, il avait vraiment l'impression que son Seigneur éprouvait un plaisir sadique à le mettre volontairement en difficulté. Il allait quand même voir s'il ne pouvait pas solliciter un peu l'aide de son amie.

Il soupira une nouvelle fois puis se dirigea d'un pas un peu raide vers le quartier nord, encore endolori de sa précédente rencontre avec le maître des lieux…

- Il me semble apercevoir un château, derrière cette forêt…

- Plus qu'une heure de cheval et nous y serons, Trowa, effectivement. Le renseigna son voisin de monture.

- Merci Heero, c'est rassurant de savoir que nous sommes bientôt arrivés. Ces heures de cheval sont bien fatigantes, en plus d'être ennuyeuses… répondit ledit Trowa.

- Eh bien, mes frères seraient-elles des lopettes ? Se moqua le plus petit des quatre cavaliers en tête de l'escorte royale.

- Wufei ! Tout le monde n'apprécie pas de passer deux jours sur la selle d'un cheval, pas comme toi ! Fit Trowa, levant les yeux au ciel, en réponse à la répartie de son petit frère.

- Je n'y peux rien si tu préfères t'avachir dans un fauteuil à lire des ouvrages d'un autre temps, plutôt que d'accomplir les tâches dévouées aux vrais hommes ! Continua Wufei.

Une main le frappa d'un coup sec sur l'arrière de la tête, alors qu'un cavalier se mettait à sa hauteur :

- Aïïïë ! Heero, tu m'as fait mal !

- Wufei, on dirait un vrai perroquet, tu pourrais changer de musique ?

- Bah ! De toute manière, tu défends toujours Moooossieur Trowa…bouda Wufei.

- Quel sot gamin…

- Je ne suis plus un gamin, j'ai 15 ans maintenant ! S'insurgea ledit « sot gamin ».

- Mais avez-vous fini de vous chamailler tous les trois ? N'êtes-vous pas heureux de cette mission inattendue que vous a confié le Roi votre Père ? Vous allez pouvoir faire vos premières représentations royales auprès des vassaux principaux du Royaume…

- Merci Quatre, pour ton enthousiasme… Mais je crains que mes fils ne soient pas encore en mesure de comprendre l'ampleur de ce qui les attendent…Fit une voix qui venait de l'arrière.

- Mais Majesté…

Le Roi Odin, Souverain suprême et Seigneur des terres du Royaume de Lowe, rejoignant ses fils au dos de sa monture d'une blancheur immaculée, se fit un devoir de réexpliquer les enjeux de la traditionnelle visite des comtés.

- Tous les cinq ans, le Roi organise une visite dans les comtés qui composent son royaume…

- …afin de réaffirmer son autorité qui pourrait être mise à mal… continua Trowa.

- …procéder aux vérifications fiscales d'usage…compléta Heero.

- …et visiter le territoire pour s'assurer que ses habitants sont bien traités. acheva Wufei.

- N'est-ce pas merveilleux ? Surenchérit Quatre.

- Ca dépend pour qui… grommela Wufei.

- Mais, Père, ce comte, sa réputation n'est guère bonne, n'est-ce pas ? S'inquiéta Trowa.

- En effet, fils. Il est très froid et les remontées de son peuple ne sont guère engageantes. Certaines de ses exactions sont déjà parvenues à mes oreilles… Malheureusement, mon pouvoir de roi est limité car les comtés ont leur propre gouvernance.

- Ce que vit son peuple est pourtant profondément injuste ! s'insurgea Wufei, brandissant bien haut son épée.

- La force ne résout pas tout, petit gnome, fit Trowa, fixant son frère d'un sourire énigmatique.

- C'est sûr qu'avec toi, seules des bibliothèques sortiraient du sol de ce royaume ! Mais ce n'est pas cela non plus qui pourra résoudre toutes ces injustices !

- Ce serait toujours mieux que des casernes de soldats, comme tu en rêves ! continua de le taquiner le prince héritier. Un peuple érudit est un peuple qui pourrait se prémunir de ces injustices justement…

Le Roi regarda ses enfants se chamailler avec beaucoup de tendresse. Il fixa ensuite celui qui ne disait rien :

- Et toi, Heero ? Que penses-tu de ce voyage ?

- Qu'il est nécessaire, si vous en avez jugé ainsi.

- J'ose espérer que tu as ta propre opinion, mon fils, sourit le Roi.

Heero ne répondit pas tout de suite, réfléchissant à son propre ressenti.

- Je n'attends pas grand chose de ce voyage, Père. Je resterai cependant attentif aux enjeux qui pourraient s'en dégager, comme vous le souhaitez…D'un autre côté, Enguerrand de Bernezac semble avoir une personnalité complexe, cela sera sans doute un bon sujet d'étude.

- Cette réponse ne m'étonne guère de toi, Heero… Et toi, Quatre, tu es toujours aussi enthousiaste. Ton père pourtant t'emmène déjà en mission diplomatique depuis quatre ans il me semble. Depuis tes 18 ans même, si ma mémoire ne me fait pas défaut.

- C'est tout à fait cela, votre Majesté, c'est un tel honneur de pouvoir vous servir ainsi ! Répondit l'intéressé. Et j'apprends tellement de chaque voyage que je suis conscient de l'importance que chaque mission peut avoir.

- Tu as tellement grandi…Je suis heureux de te voir ainsi.

- Merci mon Roi, vous me touchez… rougit Quatre.

- Et Gna gna gna… Assez de compliments ! Château en vue ! Le dernier arrivé est une lopette finie ! Cria Wufei en élançant sa monture à l'assaut de la demeure comtale.

Répondant avec plaisir aux provocations de leur frère, les deux princes partirent à sa poursuite, riant et poussant leurs montures.

- Mon Roi, je crois qu'ils sont irrécupérables… soupira Quatre.

- Laisse donc, Quatre. Je suis très fier de mes fils car ils ont tous les trois leur propre talent et leur propre personnalité…et je sais qu'ils sont bien plus conscients de ce qui les entourent qu'ils ne le laissent paraître…

Quatre hocha la tête d'un air entendu. Il était bien d'accord avec son Roi…

Le Comte Enguerrand de Bernezac apparut en haut de ses marches, entouré de ses gardes en côte de maille noir et rouge, pour accueillir l'escorte royale dans l'enceinte du château. De stature très imposante, le visage fermé, il n'inspirait pas vraiment la sympathie. Vêtu lui-même de noir et rouge, sans aucun effort de toilette vis-à-vis de la haute personnalité qu'il accueillait, seule sa cape rouge ressortait sur ses habits entièrement noirs, des chaussures au col, en passant par la ceinture. Le tout était accentué par ses cheveux d'un noir de jais, coupés court et une vilaine cicatrice qui courait du bas de l'œil vers le milieu de la joue. Les serviteurs et servantes étaient eux postés en bas des marches, de part et d'autre, formant un simulacre de haie d'honneur.

Le Roi Odin, pénétrant dans la cour de ce château avec son escorte, mit pied à terre, puis se dirigea vers lui, suivi par ses fils et également entouré par ses fidèles soldats, en blanc et bleu pour sa part. Le Roi en imposait lui aussi, étant grand et large d'épaules. Il avait revêtu sa tenue de voyage : une tunique bleue roi ceinturée à la taille par le fourreau de son épée, une culotte noire se perdant dans ses bottes de cuir noir. Enfin, une cape bleue et or et une couronne d'or sertis de saphirs et de topaze, qui réhaussait le gris de ses cheveux, finissaient sa tenue royale qui lui conférait cette aura si particulière.

- Votre Majesté, j'espère que vous avez fait bon voyage ! C'est un honneur que de vous accueillir dans ma modeste demeure… Salua le Comte, d'un ton sarcastique, tout en commençant à descendre ses marches.

- Modeste ? Tu parles, murmura Wufei.

Un coup de coude bien placé l'enjoignit au silence. Il jeta un regard noir à son frère aîné mais se contint pour éviter le scandale. Les trois frères avaient bien noté le ton désagréable qu'avait utilisé le comte à l'adresse du Roi mais ils savaient que leur père saurait se faire respecter. Une seule parole avait suffit à le rendre absolument antipathique.

Pendant que le comte et le Roi s'adonnaient aux salutations d'usage, les trois princes et leur ami Quatre observèrent ladite « modeste » demeure. Il s'agissait en fait d'une véritable forteresse, que bien peu de couleurs égayaient. Elle était ceinte de douves et de murailles d'une hauteur vertigineuse. Sur la face visible, les fenêtres ressemblaient davantage à des meurtrières, laissant imaginer le peu de luminosité qui pouvait baigner l'intérieur. La cour d'accueil dans laquelle ils se trouvaient était immense, le sol était composé de fin sable blanc-gris. Seules deux grandes plantes vertes donnaient un peu de couleur à l'ensemble, entourant la porte principale.

Au terme des échanges de politesse, les princes furent invités à rentrer à l'intérieur, à la suite de leur père. Seuls les gardes chargés de leur sécurité les accompagnaient, ainsi que le premier conseiller. Les autres partirent rejoindre les écuries pour s'occuper des montures, harassées par le voyage.

Le Roi reprit la parole :

- Cher Comte, j'ai le plaisir de vous présenter mes fils, que j'ai souhaité avoir à mes côtés pour cette visite sur vos terres. Voici le prince Trowa, mon fils aîné de 24 ans. La prince Heero, mon cadet de 22 ans. Enfin, voici le prince Wufei, mon dernier fils de tout juste 15 ans.

- J'en suis immensément honoré, votre majesté. siffla le Comte. J'ai fait préparer à cette occasion tout le quartier nord du château, où les princes pourront se reposer à loisir. Duo, viens donc ici.

Le jeune interpellé sortit de derrière la foule de servantes et serviteurs qui s'étaient regroupés eux-aussi dans le hall d'accueil pour voir la délégation royale de plus près. Il se posta aux côtés d'Enguerrand, regardant lui aussi timidement les hauts dignitaires qui lui faisaient face.

- Oui, mon seigneur, je suis là.

Le comte fixa un court instant son serviteur, semblant hésiter, puis reprit :

- Chers princes, voici Duo, qui sera à votre service exclusif durant tout votre séjour entre mes murs. Il devra obéir à vos moindres ordres et désirs. Je vous laisse en faire ce que vous souhaitez bien entendu. Duo, veux-tu conduire les princes à leurs appartements, pour qu'ils puissent s'y rafraîchir ?

- Tout de suite, mon seigneur.

Duo se prosterna devant son maître puis se dirigea timidement vers les trois princes, qui le fixaient sans mot dire. Gêné d'être la cible de regards curieux, et impressionné par les invités de prestige qu'il avait devant lui, il prit cependant le temps de se prosterner devant le Roi puis devant les princes, puis s'adressa à eux avec déférence :

- Je m'appelle Duo, je suis très honoré d'avoir été choisi pour vous servir durant votre séjour parmi nous. Veuillez-me suivre, je vous prie, je vais vous montrer vos quartiers.

Les princes observèrent le jeune homme qui leur faisait face : pas plus vieux qu'eux pour le sûr, il était doté d'une grande beauté. Sa chevelure de couleur miel, d'une longueur improbable pour un homme, retombait jusqu'à mi-cuisses. Deux grandes mèches encadraient le visage doux du jeune homme, attachés par des anneaux dorés. Le reste des cheveux était réuni en un catogan et retombait sur son dos. Ses yeux, d'une couleur rare améthyste, lui conféraient un éclat particulier, fascinant et mystérieux à la fois. Ses habits lui seyaient parfaitement. Une longue tunique blanche à manches longues et évasées ceinte d'une ceinture en double cordelette tombait sur un pantalon de la même couleur, soulignant au passage sa silhouette gracile.

Ils furent frappés par le vide de son regard éteint, alors même qu'un doux sourire sur son visage essayait de donner le change.

Duo n'était pas en reste : il avait bien observé les princes lorsqu'ils étaient arrivés et avait même été étonné que des membres d'une même fratrie soient si différents, bien que tous dotés d'un charme certain. Tous les trois portaient l'attribut royal qui les distinguaient des autres : un fin diadème doré qui leur enserrait le front.

Trowa, le prince aîné, était très grand et élancé, une grande mèche de cheveux lui mangeait la moitié du visage, lui donnant un air un peu mystérieux. Sa tenue de cavalier, d'un vert émeraude, taillé sur le même modèle que celui du Roi, lui allait parfaitement et réhaussait l'éclat de ses yeux – de son seul œil visible en fait - de la même couleur. Il émanait de lui un calme olympien, il semblait posé et réfléchi.

Wufei, le plus jeune des frères, était petit, des cheveux noirs de jais tirés en arrière en catogan. Son regard d'un noir profond lui donnait un air très sévère, et même austère, heureusement adouci par une lueur de malice qui luisait au fond de ses yeux. Sa tenue de cavalier était blanche et bleue, comme les soldats du Roi. On aurait pu le prendre d'ailleurs pour l'un d'entre eux sans difficulté, si seulement il n'avait pas son attribut royal.

Et enfin, le prince Heero… Il s'était attardé plus longuement sur ce dernier, fasciné sans vraiment savoir pourquoi par le jeune homme… De bonne constitution lui aussi, un corps entretenu, un peu plus petit que Trowa, il était brun, avec des cheveux en bataille qui semblaient impossibles à discipliner. Il avait un regard ensorcelant, d'un bleu cobalt profond que sa peau mate faisait ressortir de la plus belle façon. Regard dans lequel Duo se plongea… et eut beaucoup de difficultés à en sortir. Aucun sourire ne se reflétait sur son visage, qui affichait une rigueur sereine. Aucune émotion ne transpirait de lui, même si Duo sentait une vraie force se dégager de ce prince peu ordinaire. Il s'imposait naturellement, seulement de sa présence. Il dut se faire violence pour cesser de le regarder, alors que cela ne lui ressemblait pas.

Avant de partir, Trowa s'adressa au Roi :

- Père, pouvons-nous donc vous laisser sans crainte ?

- Il n'y a aucun souci, mon fils. Je vais moi-même rejoindre mes quartiers pour me reposer un peu. Nous nous retrouverons pour le repas de ce midi.

- Ainsi soit-il. Dans ce cas. Duo, nous vous suivons.

- Par ici, mes seigneurs.

Joignant le geste à la parole, Duo les invita à sa suite et se dirigea silencieusement vers la tour nord, ne sachant comment aborder les trois jeunes hommes. Ils étaient suivis par deux soldats royaux, qui seront chargés de la sécurité des princes tout le long de leur séjour.

Trowa mit fin au silence qui s'était installé, intrigué par le serviteur qui leur avait été alloué. Il semblait différent des autres domestiques : il portait des vêtements coûteux, quelques bijoux, très propre sur lui. Il dégageait même de lui un doux parfum agréable.

- Duo, c'est ainsi que tu te nommes ? Commença t'il.

- Oui, mon prince, c'est bien cela. Sursauta Duo, surpris.

- Cela fait longtemps que tu es au service du Comte ?

- Cela fait à peu près 7 ans, mon prince.

Il nota également que la voix de Duo était très agréable et qu'il s'exprimait avec aisance.

- Vous êtes bien jeune pour être un serviteur du comte…reprit Trowa.

- J'ai 19 ans, je suis arrivé dans ce château à 12 ans. Et je ne suis pas vraiment son serviteur dans le sens littéral du mot. Ah, nous sommes arrivés, acheva Duo, en s'arrêtant devant une lourde porte, laissant les princes sur leur faim.

A suivre...

Des avis ? Ca vous plait ? Je continue ?

A bientôt !

Tahiri-chan, la seule, l'unique