11 jours... 11 jours, et je serai libre! Libre à jamais de la pseudo-prison scolaire qui a ruiné cinq années de mon existence! Encore 11 jours, camarades, et le monde sera à moiiiiiiiiiiii!
Et donc, ben, je me prends mon été pour célébrer sans aucun poids sur les épaules. Ce qui, en théorie, devrait aboutir à plusieurs updates dans mes deux fandoms de prédilections, je pense bien :3
Pour me remettre de bonne humeur et entamer tout ça, ben, voilà. Un p'tit Frostiron, normalement humoristique et fluffy, qui devrait faire entre trois et cinq chapitres, et qui devrait être entièrement posté rapidement. Juste pour me relancer dans l'écriture (avec joie et bonheur :))
Bonne lecture!
Sombra, la Presque Libre
-Ce revirement de situation n'a absolument aucune logique.
La voix était aussi agacée que vaguement amusée, perçant naturellement dans le salon presque silencieux, outre le son du téléviseur en arrière-plan, devenu si habituel depuis des mois.
-Je te demande pardon? S'étonna Tony en levant le nez de l'hologramme sur lequel il s'acharnait depuis plusieurs minutes, curieux de voir ce qui contrariait le dieu, cette fois-ci.
-La façon dont les parents de ce prince réagissent, précisa Loki avec un geste vaguement agacé vers l'écran de la télévision, où jouait une comédie romantique que JARVIS lui avait recommandé plus tôt.
Quelques mois plus tôt, Tony aurait probablement pris avantage de la situation pour faire marcher Loki un maximum. À sa décharge, il y avait quelque chose de profondément amusant à la vision du dieu de la destruction, assis en tailleur dans son canapé, et écoutant des films à l'eau de rose avec tout le sérieux d'analyse du monde, critiquant et méditant chacune des répliques sirupeuses des personnages. Néanmoins, l'humain avait acquis une certaine sagesse au cours des mois en question.
La dernière fois qu'il avait ricané alors que Loki s'acharnait sur la bêtise de la personne qui avait imaginé une race vampirique scintillante, il s'était retrouvé avec des marques de morsures monstrueuses dans le cou pendant trois semaines, impossibles à dissimuler à la presse. Et aux réunions du SHIELD. Ce qui, toutefois, était plus distrayant que contrariant. Mais tout de même.
-Leur fils vient de rompre une entente politique visiblement importante entre leur Royaume et celui de l'Espagne, continuait le dieu en fronçant les sourcils. Le tout pour aller retrouver la servante dont il s'est épris. Pareille trahison de traité ne serait jamais accueillie par un tel éclat de rire chez quelque dirigeant politique que ce soit.
-C'est un conte de fée, Loki, marmonna l'humain, tentant de dissimuler son amusement. Je doute fort que François Ier ait réellement accepté de marier son fils à une servante, aussi jolie fut-elle. Quoique, va savoir, avec les rois de France, ajouta-t-il à mi-voix. Je suis à peu près sûr qu'il y en a un qui est mort en s'éclatant le crâne sur un linteau de porte, alors larguer une princesse espagnole pour retrouver une fille qui l'accueille en lui jetant des pommes au visage...
-Il n'y a rien de mal à considérer une histoire romantique et réaliste, grommela le dieu sans l'écouter. Je ne vois pas quel est le problème de ces auteurs mortels.
-Ah ça, venant d'un viking venu de l'espace qui a abandonné ses titres pour courtiser un génie humain et associal, j'avoue que je ne peux qu'approuver le bon sens de la remarque, confirma Tony. Vous avez des mariages arrangés, à Asgard, tiens?
-Il y en a eu certains dans le passé, répondit Loki après une légère pause.
Le ton était plus calme que précédemment, moins grincheux, et Tony leva un sourcil, abandonnant sa tablette pour l'instant pour étudier le visage pâle et sans expression.
-...J'ignore encore l'existence d'une ex-épouse contrariante? Tenta-t-il.
-Deux. Des unions mineures pour lesquelles le statut d'héritier au trône de Thor était trop important. Elles eurent néanmoins l'avantage d'être brèves et sans suites.
-Tu les as aimées? S'enquit le mortel, en retournant à fixer l'écran de la télévision, même si son attention demeurait entièrement sur le dieu à ses côtés, qui haussa les épaules.
-Sigyn était une sorcière de qualité, noble de Vanheim. Une amie, sinon une épouse que j'appréciai spécialement. Et Angrbrodr était un elfe noir dont la présence ne m'était que peu estimable. Il y a peu à dire sur ces mariages, quoi qu'il en soit.
Tony hocha la tête lentement sans demander davantage de détails. Langue d'argent ou pas, le ton utilisé par Loki ne cachait rien de la vague amertume de son propriétaire à l'évocation du souvenir, et c'était tout ce dont il avait besoin.
Au fil des mois passés ensembles, depuis que le dieu avait achevé sa pénitence sur Terre en réparant efficacement chaque fissure dans le béton et chaque fenêtre cassée de New York (l'industrie de la construction avait fait grève pendant deux semaines pour avoir perdu leur contrat le plus lucratif en vingt ans, mais le gouvernement américain avait refusé d'argumenter davantage avec Asgard, d'autant que Loki avait également offert, plus ou moins volontairement, d'utiliser ses pouvoirs pour ralentir de quelques décennies les changements climatiques en recongelant des kilomètres de banquise fondue), Tony avait eu plus que le temps d'apprendre à distinguer les non-dits dans son discours.
Si le dieu parlait de plus en plus librement en sa présence, ses émotions les plus inconfortables et ses hésitations demeuraient presque toujours dissimulées derrière un ton calme et absent et un manque d'expression qui en disait long.
Depuis des mois, il se trahissait en ne dissimulant que les réponses les plus importantes, alors que le reste était lâché avec désinvolture. C'était le même ton ennuyé qui lui avait mentionné qu'il avait renoncé à ses titres royaux et songeait à vivre sur Terre, et le même visage indifférent qui avait expliqué que, peut-être, éventuellement, il n'en voulait pas à l'humain de l'avoir embrassé dans un moment d'impulsion.
Donc, comprit Tony, les épouses (et époux?) étaient un sujet délicat. Que Loki soit conscient ou non du niveau de compréhension du mortel, il n'en dit pas plus, ses yeux demeurant rivés sur l'écran alors que le film se terminait et qu'il reniflait une fois de plus avec moquerie sur la bêtise humaine, tout en souriant discrètement quand la servante apparut, portant une couronne et une tenue royale, pour se venger de sa vicieuse belle-mère.
Tony n'en dit guère plus, mais une pensée difficile à déloger venait de s'installer dans le fond de son esprit. Le genre qui ferait soupirer JARVIS dès qu'il l'entendrait.
Soit approximativement trois quarts d'heure plus tard, quand l'ingénieur s'enfermerait dans son laboratoire et ordonnerait à l'Intelligence Artificielle de lui trouver un laser super-puissant, les restes du métal qu'il avait synthétisé pour son dernier cœur, et de l'or pur. Beaucoup d'or pur.
-Loki? Si tu as fini de te vernir les ongles, je peux te parler, une minute?
Non, il ne se fichait même pas de son amant. Loki avait réellement pris l'habitude de vernir ses ongles une fois par semaine, très soigneusement, toujours en noir, installé devant la grande baie vitrée de la Tour. Il avait commencé dès qu'il avait appris comment Pepper changeait la couleur de ses ongles à répétition, sans magie. Tony avait eu beau essayer de lui faire comprendre que l'habitude était principalement féminine avant qu'ils ne se rendent au SHIELD, cette semaine-là, Loki n'avait rien voulu savoir. Tony savait reconnaître une bataille perdue d'avance et avait sagement abandonné.
-Que se passe-t-il? S'enquit le dieu sans lever le nez de sa main gauche, qu'il finissait de faire sécher avec un éventail, très dignement.
-Le dîner est prêt et j'ai à te parler, indiqua Tony avec un petit geste vague de la main.
-Ai-je commis quelque faute en société à nouveau? Le ton de Loki était ouvertement agacé. S'il s'agit de ce que j'ai fait au repas du moineau, je tiens à préciser qu'il l'avait bien mérité.
-Non, non, pas de faute. Je pense. Ne traîne pas quand même, d'accord?
-Juste une minute, promit Loki en testant le vernis d'une vague pression, curieux de savoir ce que tramait son mortel.
-Tu as... sans doute remarqué que j'ai passé beaucoup de temps dans mon laboratoire au cours des derniers jours. Enfin, non, tu as remarqué, puisque tu m'as boudé quand je t'ai rejoint au lit ce matin. Et que je me suis retrouvé à embrasser Mark XXIII plutôt que toi dans le salon avant-hier.
-Tony, viens-en au fait, soupira le dieu, frottant son front dans un geste vaguement exaspéré, attentif à ne pas accidentellement accrocher ses ongles dans ses cheveux plus qu'aux paroles de l'humain qui s'était assis en tailleur par terre devant lui. Je ne prévois pas m'excuser.
-Non, je veux dire -je ne comptais pas te demander des excuses. Je -enfin, je suppose que je dois m'excuser moi-même, mais le moment est mal choisi pour ramper -en fait, je devrais peut-être juste attendre que tu ne m'en veuilles plus, mais tu saurais que j'ai attendu et tu me traiterais probablement d'hypocrite-
-Tony, insista Loki, levant un sourcil.
-Oui, donc -donc, ce que je veux dire, c'est -c'est, voilà ce que j'ai fait pendant ces derniers jours, et je m'excuse que ça ait été si long, mais je me disais que tu préférerais ça à quelque chose venant de chez Tiffany. Donc, euh, voilà, conclut l'humain, ouvrant la petite boîte de fromage dans laquelle il avait rangé sa création, regardant le dieu avec quelque chose ressemblant à de l'espoir dans les yeux.
Loki se pencha un peu plus en avant pour voir ce que contenait la boîte, surpris d'y trouver une longue bague, presque une griffe, de qualité indéniable. Il prit prudemment le bijou entre ses doigts, constatant qu'il avait la longueur exacte de son annulaire, et était composé de trois parties attachées ensembles par des articulations soigneusement découpée et liées par un délicat fil de cuir. Des dessins avaient été gravés dans la griffe, dans une imitation assez remarquable du style des images tracées dans le plastron de son armure. Au lieu de représenter ses enfants, néanmoins, les gravures ressemblaient à une armure technologique, représentée au style Asgardien.
C'était... extrêmement prétentieux de la part du mortel.
Les gravures étaient un cadeau du porteur à la personne à qui il rendait hommage. Pas l'inverse.
Mais il n'en avait jamais dit un mot à l'humain, en y pensant bien. Il l'avait laissé tracer du bout des doigts les gravures de son armure, mais avait-il jamais précisé quelle tradition elles illustraient?
Tony continuait de le regarder avec des yeux brillants. Le dieu retint un soupir et lui sourit tendrement, mettant la griffe à son index et se penchant pour embrasser l'autre sur la joue gentiment.
Ce ne fut qu'en apercevant la moue piteuse de l'humain qu'il se douta que ça n'était pas la réaction attendue.
-...Que se passe-t-il? Oublierais-je quelque coutume humaine à nouveau? S'enquit-il en levant un sourcil.
-V-vous faites pas ça, à Asgard?
-Faire quoi? Insista le dieu, de plus en plus perplexe.
-Les demandes en mariage... Avec une bague? Non?
Le silence s'étendit pour plusieurs longues, longues secondes, avant que Tony ne baisse le nez misérablement pour se gratter la nuque, cherchant une excuse pour s'évader de la situation; Loki s'agenouilla au même moment pour tirer le mortel dans ses bras, pressant un long baiser sur ses lèvres.
-Quand aura lieu la cérémonie, mon adorable et stupide humain? Murmura-t-il avec un sourire contre sa peau.
Notez, pour les références, que Loki écoutait le film À tout jamais, que je connais encore par coeur, et que j'adore, et que, yep, dans les comics, il met du vernis à ongles noir. Je me devais de le mentionner quelque part.
À venir: plus de traditions, et pi des invités, j'pense bien.
