Candy vit enfin une vie ''heureuse''
Petit mot de moi : J'ai écrit cette fanfic il y a sept ans (!), alors que je commençais tout juste à découvrir l'univers des fanfic ou même ma passion pour les fictions. Je suis tombée dessus cet été et je me suis souvenue à quel point j'avais aimé écrire sur une fin pour Candy. C'est juste que la version d'il y a tant d'année était criblée de fautes, de mauvaises tournures de syntaxe et disons-le, elle manquait d'intérêt. J'aurais dû l'effacer et partir de zéro avec la même histoire en tête, sauf que je suis une petite sentimentale envers mes écrits. Donc ça m'a pris 3x plus de temps rééditer ce texte que si j'avais simplement tout refait au complet. Well… ça en valait la peine je crois. Le résultat final n'est pas aussi excellent que je l'aurais souhaité, mais trop changer le texte aurait été comme de tout recommencer et j'ai vraiment travaillé fort à rafraichir le tout.
Donc c'est une suite à la fin TRÈS insatisfaisante de l'émission, mais j'avais à l'époque de tirer un trait sur Terry et de trouver à Candy une autre fin qui concorde quand même avec le dernier épisode. Je pense avoir été un peu dure envers Albert mais bon, c'est fait.
Bonne lecture et n'hésitez surtout pas à m'écrire un commentaire, que ce soi positif, négatif ou une question.
La « suite » de Candy Partie 1
Un an après la fin de la série, Candy cède aux avances subtiles de son père adoptif, Albert André. Deux ans plus tard, ils sont mariés et Candy est enceinte de jumeaux.
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- Albert ? questionne Candy dans le vide.
- Monsieur est sorti, lui répond Georges.
- Oh mon dieu Georges, je crois que je vais accoucher ! Aidez-moi à me lever, vite !
Surprit, le majordome regarde sa récente maitresse de maison se démener pour sortir des couvertures, le visage rongé d'inquiétude. Si ses calculs étaient exacts, la naissance n'était pourtant prévue qu'au mois prochain. Paniqué, Georges rédige à la va-vite un message à l'intention de son maitre qu'il remet à la femme de chambre de Candy avec l'ordre de remettre ce mot au plus vite lors du retour d'Albert.
Au même moment, Albert peste contre le trafic qui le met en retard à son rendez-vous avec le ministre de la finance. Ces derniers mois ont été rudes pour lui et chaque éloignement qu'il devait faire de la maison, aussi court soit-il, le rendait tendu et nerveux. La grossesse de Candy était tombée comme un don du ciel mais il ne se leurrait pas, lui et Candy n'était plus qu'une façade, quoi qu'il en dise. Sans pouvoir mettre le doigt dessus, il savait que quelque chose avait changé chez sa femme depuis sa grossesse. Comme si elle devenait mère en s'arrachant à son rôle d'épouse. Ce type de pensées ne faisaient pas grand sens pour Albert. Tout ce dont il est certain, c'est qu'une tempête grondait depuis plusieurs semaines dans sa propre maison et la quitter lui donnait l'impression de revenir en terrain de guerre. Une partie de lui espérait qu'en ne quittant pas la porte d'entrée, il limiterait les chances que leur vie change.
Foutaises.
Le temps qu'il retrouve la gigantesque silhouette habituelle de son manoir, Candy était déjà à l'hôpital. Il consulte dès son entrée les messages laissés à son intention et sent son cœur lui sortir de la gorge en lisant les brefs mots de Georges lui annonçant la mise au monde prochaine de sa lignée. Sans perdre un instant il remet son chapeau et conduit jusqu'à l'hôpital avec sa douce Candy en tête.
Il stressait pour elle depuis l'annonce de sa grossesse et espérait de tout diable ne pas la perdre en couche.
Il est si inquiet et pressé de savoir l'état de sa femme que dès son arrivé qu'il somme les infirmières de le laisser passer sous peine de représailles. Lorsqu'elles expliquent que la naissance n'a pas encore eut lieu, Albert leur donne de le laisser entrer pour serrer la main de sa femme et confirmer son état. Les infirmières eurent beau protester, Albert ne voulut rien entendre. Interloqués, le petit groupe d'infirmières vit pour la première fois un homme assister à un accouchement. Indifférent aux commérages et aux regards outrés des infirmières en chef qui sermonnaient leurs collègues de l'avoir laissé passer, Albert prit la main de sa femme dans la sienne et tenta de la faire rire par des petites blagues légères. Candy lui rendit son sourire et couvrit leurs mains de sa main libre, caressant du pouce le dos de la main de son cher et tendre.
Quelques heures plus tard naquît Alistaire Albert André et Rosemarie Lili André.
Heureux et fier, Albert embrasse le front de sa femme en lui murmurant des mots doux et des paroles d'amour. Des amis se succèdent au lit de la jeune mère, chacun y allant de son petit commentaire gentil ou encourageant. Tout le monde est content de voir Candy reprendre des couleurs et leur sourire comme avant. La naissance de ses enfants semblait signifier le début de ses guérisons.
Lorsqu'il ne reste que Candy et Albert dans la chambre, la jeune mère laisse son regard trainer vers la fenêtre. Son silence n'inquiète pas son mari, qui est désormais habitué à remarquer certains blancs chez Candy. Caressant son dos, il embrasse le front de son fils. Lorsqu'il se relève pour coucher Alistaire, Candy éclate en sanglots bruyants, complètement inconsolable pour de longues minutes.
Les quatre dernières années avaient étés très éprouvantes pour Candy. Après la mort de son ami Alistaire durant la guerre, Terrence - qu'elle aimait de tout don corps - lui imposa une séparation pour rejoindre sa partenaire de scène Susanna Marlow. Celle-ci, éperdue d'amour pour son collègue, c'était jeté sur lui lors d'un accident de scène, lui faisant perdre l'usage de ses jambes. Noyé sous le poids de son sentiment de responsabilité, Terrence a choisi de fuir Candy pour vivre avec Susanna, se sentant trop coupable pour vivre heureux.
Le choc fut horrible pour Candy mais pire l'attendait. Incapable de retrouver le sourire suite à la fin de son histoire d'amour, elle était restée cloitrée de longues semaines chez son père adoptif, Albert. Ses amis étaient venus la visiter à plusieurs reprises mais elle n'avait ni l'énergie ni le sourire pour les accueillir, les forçant à chaque fois à rebrousser chemin.
Quelques semaines plus tard, la petite amie du défunt Alistaire, Patricia, s'enleva la vie. Cette amie disparue si tragiquement mit Candy hors d'elle. Le matin de l'annonce de son décès, Candy détruit tout le mobilier de sa chambre et lorsque tout fut ruiné, elle est allée dans son bureau pour tout jeter par la fenêtre. Albert et les domestiques se rappelleront à jamais de cette journée fatidique. Interminables, les heures se sont lentement écoulée au son des hurlements et des objets jetés sur le pavé. L'après-midi offrit comme paysage une vision cauchemardesque dans plusieurs corridors et pièces du manoir. C'est le soir, étendue joue contre le sol, que Candy laissa sa femme de chambre s'introduire dans le bureau pour commencer le ménage qui s'annonçait fastidieux.
Comme si ce n'était pas assez, Candy apprit au cours de sa grossesse que sa mère adoptive, Mlle Pony, était morte de vieillesse.
Les sanglots de sa femme brisent le cœur d'Albert, qui ne sait pas comment l'aider malgré tout l'amour et l'affection qu'il ressent pour elle. Il l'enlace tendrement jusqu'à ce qu'elle tombe enfin endormie, abrutie par le chagrin qu'elle accumulait depuis des années. Il sort ensuite de la pièce, incapable de la regarder dormir sans s'inquiéter et finit endormit sur une des chaises de la salle d'attente.
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Durant la nuit, Candy se réveille en sueur. Tout juste mère, elle saisissait avec horreur l'ampleur de son envie de les protéger. Durant la nuit, un cauchemar d'un réalisme saisissant l'avait attaqué. Ses deux bébés, ses deux êtres qu'elle chérissait déjà avec autant d'amour mourraient dans leur sommeil. Elle ne connaissait leur visage que depuis quelques heures, mais sa chair répondait à cet assaut soudain. Ils ne pouvaient pas mourir, c'était impossible. La simple idée d'atteindre leurs petits corps fragiles trop tard la rendait malade.
Affolée, Candy sort en courant de sa chambre, se dirigeant vers la couveuse dans le but ultime d'aller enlacer ses jumeaux. Son cœur bat si fort que ses oreilles brulent et un sentiment d'urgence lui saisit l'estomac. Sous l'effet de l'adrénaline. Elle se trompe malheureusement de porte et se dirige vers une sortie de secours, sa vue trop flouée par les larmes. Candy déboule alors les cinquante-huit marches sans que personne ne soit à distance d'oreille pour venir lui porter assistance. Endolorie et le corps secoué de soubresauts de douleur, Candy s'évanouit, le prénom de ses enfants au bord des lèvres.
Le lendemain, toute personne dormant à l'hôpital seront réveillés par les cris d'une infirmière qui va découvrir une Candy considérée à moitié morte dans les escaliers.
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Les proches de Candy attendent 14 heures avant qu'elle ne rouvre ses yeux. Encore sonnée, elle accueille ses visiteurs avec une certaine froideur et un détachement inhabituel venant de sa part. Elle les avait regardé entrer mais ne leur avait offert qu'un sourire qui semblait forcé et un regard un peu vague.
Albert se sent totalement perdu devant ce visage neutre et fermé mais il reprend courage lorsqu'elle tend ses bras vers ses deux enfants qu'une infirmière tenait près du lit. Candy prit tendrement Rosemarie dans ses bras, la déposa sur son ventre et fit les mêmes gestes pour Alistaire. Les deux enfants couchées à plat ventre sur le sien, elle ferme les yeux de contentement, arborant un vrai sourire qui réchauffe le cœur de ses visiteurs. Albert, soulagé, ressent tout à coup une vague de grande fatigue. Sans quitter sa petite famille des yeux, il se rapproche d'eux en allant s'assoir sur le matelas. Du pouce, il caresse le haut de la tête de sa fille, souriant de bonheur en enregistrant dans sa tête les petits gestes brusques que ses nouveaux nés font dans leur sommeil. Candy sent le poids de son époux sur le lit et rouvre les yeux, plongeant son regard vide dans celui d'Albert. Celui-ci ne reconnait pas tout de suite sa femme tant elle parait perdue, distante, loin. Les deux se jaugent, comme si aucun n'osait mettre le monde mot sur l'atmosphère ambiante. Un soupir plus creux de la part de Candy convainc son médecin qu'il est mieux pour les amis de quitter le couple et laisser Candy se reposer. Albert embrasse rapidement la joue de sa femme en entendant les mots du médecin et se redresse pour saluer les visiteurs. Tout le monde est gai et sort rapidement en promettant de demander de nouvelles plus tard dans la semaine. Sans tout ce monde, le silence de Candy devient encore plus pesant pour Albert, qui ne comprend pas du tout la source de son mutisme.
- Enfin seuls, rigole-t-il en reprenant sa place sur le matelas. Tout va bien ? s'enquit-il. Tu es muette, cela ne te ressemble pas.
- Mh ? Oui, excusez-moi, c'est simplement ma tête qui se promène ailleurs. Ou alors je suis trop concentrée sur ces deux merveilles. Minuscules, parfaites petites merveilles.
Candy se referme aussitôt, recouvrant ses enfants d'un regard infiniment doux.
- Candy viens-tu tout juste de me vouvoyer ?
Albert se rapproche de son visage, tends sa main vers son menton et essuie un échec, Candy secouant sa tête pour fuir son toucher.
- Je vous prierais de ne pas me toucher sans mon accord et encore moins mon visage ! Maintenant, j'aimerais bien que vous me laissiez seule avec mes filles, si cela n'est pas trop vous demander !
- Candy… Tu tiens ton FILS et ta fille. C'est Alistaire, juste là, qui suce son pouce.
Le ton impératif de Candy renverse Albert, qui ne mesure pas ses mots et lance la vérité d'une manière brutale, sans tentative d'accommoder sa femme.
- Vous… arrêtez vous ne savez pas ce que vous dites.
- Moi je ne sais pas ? MOI ?! Candy…
- Et cessez avec ce nom, cessez, s'il-vous-plait.
Les larmes aux yeux, Candy se courbe le dos et enlace ses enfants en pleurant silencieusement pour ne pas trop les déranger. Fermant les yeux, elle murmure « cessez, laissez-moi tranquille, laissez-moi tranquille. Par pitié laissez-moi tranquille. »
Ce spectacle tord le cœur d'Albert, qui se lève et quitte la pièce. Un pas à peine hors de la chambre, il rend au sol le contenu de l'estomac, éclaboussant ses souliers neufs. Une aide soignante l'aida à rejoindre une chaise et ils attendirent ensemble le médecin. Quelques minutes plus tard, Albert lui narrat la scène qui l'a bousculé à l'n rendre malade. Soucieux, le médecin lui demande de rester hors de la chambre afin qu'il puisse parler à sa patiente seule à seul.
- Madame André ? Je suis votre médecin, m'autorisez-vous à entrer ? Ce ne sera pas long.
Il interprète l'absence de réponse comme un acquiescement muet et pénètre dans la pièce silencieuse. Les yeux fermés, Candy fredonne à ses enfants, répétant des paroles de pardon au vide.
- Madame André ? Madame André, est-ce que tout va bien ? Candy ? murmure-t-il en s'approchant lentement, comme pour ne pas l'effrayer.
- J'ai une fille et un fils, dit-elle comme pour elle-même. J'ai… Ma tête est si lourde, docteur ! Je sais qu'ils sont mes enfants mais j'ai vraiment cru que je tenais mes deux filles… Comment ai-je pu oublié que j'ai donné naissance à l'héritier de ma famille ? Comment ?
- Vous avez survécu à une chute assez impressionnante, madame André. Donnez-vous le temps, tout va se remettre en place, vous venez à peine de vous réveiller.
Prenant la main de sa patiente dans la sienne, le médecin lui sourit doucement.
La jeune femme se tourne vers le médecin et lui demande d'une voix chevrotante :
- Ce que j'essaye de vous dire, c'est que je sais que ce sont mes enfants, mais c'est tout. Je ne reconnais rien d'autre. Je ne me souviens de rien. Pas même, elle reprend son souffle, embrasse du regard ses jumeaux, pas même leur naissance. Achève-t-elle avant d'éclater en sanglots.
- Mada…
- Ne m'appelez pas madame, s'il-vous-plait. Je ne sais pas qui est cette Madame André et encore moins Candy. Je ne sais plus rien… Je ne suis plus rien. Aidez-moi !
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Après de nombreux contrôles, le diagnostic tomba : Candy a perdu la mémoire. Incapable de reconnaitre son propre prénom, elle scrute les mains du médecin avec minutie, comme si celles-ci tenaient le remède à son mal. Silencieuse, Candy n'a eu qu'un petit cri bref, empreint de surprise, à l'annonce de sa perte de mémoire. Depuis, elle n'est qu'une statue muette qui n'ose rien ajouter de plus.
Chose étrange, elle sent malgré tout sa connexion de mère avec ses enfants, bien qu'elle se soit trompé sur le sexe de son fils un moment plus tôt. Par elle-même, Candy ignore leur prénom, le moment de leur création et encore moins les longues heures pénibles de l'accouchement alors qu'elles c'étaient déroulées à peine la veille. Pourtant, elle sait que les deux trésors qui ouvrent à peine les yeux font partie intégrante d'elle.
Albert de son côté, a l'impression de se regarder dans un miroir. Il y a plusieurs années, il a lui-même perdu la mémoire à la suite d'un accident. Candy avait reconnu son ami à l'hôpital où elle travaillait comme infirmière et l'avait hébergé jusqu'à son rétablissement.
Comme pour lui, les médecins ne pouvaient dire si Candy allait retrouver un jour la mémoire. Lorsqu'il se fit décrire les moments de peine et de deuil qu'avait vécu Candy au fil des dernières années, un spécialiste qu'Albert avait engagé d'urgence expliqua qu'il était fort probable que le subconscient de Candy ne veuille pas se remémorer de pénibles souvenirs. Comme si son corps, sous le choc de l'accident, avait reçu un trop plein d'émotion que le cerveau ne pouvait plus contenir, le forçant à briser certains liens neuronaux, de manière temporaire ou définitive, afin d'offrir un répit à Candy.
Durant ce temps, Candy avait eu le temps de s'assoupir un instant, lui faisant vivre un drôle de rêve à saveur de souvenir.
« Elle vit au loin une belle femme aux longs cheveux blonds qui se cachait derrière un arbre. Richement vêtue, elle pleurait à chaudes larmes et semblait très pressée. Elle s'avança entre les arbres et déposa au sol deux paniers, l'un contenant un bébé aux cheveux blonds et l'autre un bébé aux cheveux bruns. Tendue et manifestement désireuse de partir au plus vite, la femme déposa une poupée sur laquelle était écrit « CANDY » en lettres majuscules dans le panier du bébé blond et une lettre dans celui du bébé brun. Elle ne remarqua pas qu'elle s'était trompé et qu'elle avait inversé les objets et partit en courant, n'osant pas se retourner une seule fois vers la maisonnette derrière elle. Un petit garçon du nom de Tom entendit les pleurs des bébés et le dit à deux Dames qui sortirent pour aller les chercher. »
Abattu par toute la situation, Albert retourne malgré lui au chevet de Candy et entreprit de lui révéler le strict nécessaire sur sa vie, puisque le spécialiste avait dit qu'elle devait se souvenir toute seule. Apprenant son nom, Candy objecta une fois de plus en disant qu'il était impossible qu'elle se nomme ainsi.
- Que veux-tu dire ?
- Ce que j'essaie d'expliquer depuis le début, est que non seulement je ne reconnais pas ce… prénom qu'est Candy…
- Oui mais c'est normal, tu as perdu la mémoire, rigole son époux, l'interrompant.
- Ce que je veux ajouter mais qu'on ne cesse de m'empêcher de faire, ajoute une Candy furibonde, est que je SAIS que je me nomme Annie. Pas Candy, ni Madame André. A-NNIE !
Choqué par le ton de sa femme et par l'information qu'elle venait de lui lancer, Albert se sent incapable de continuer. En un bond, il se lève et quitte la pièce sans un mot, ne prenant même pas la peine de s'excuser auprès de Candy, qui en reste surprise quoiqu'un petit peu indifférente en apparence.
Comme Albert n'avait pas été en mesure de discuter comme il le devait avec son épouse, ce fut au médecin de franchir la porte. Avant de le faire, il prit la peine de calmer Albert, le réconfortant en lui expliquant qu'il ne fallait pas perdre espoir trop vite et que Candy n'était qu'au début de sa guérison.
Après avoir écouté attentivement Albert, le médecin pénétra dans la chambre de sa patiente.
- Bonjour Candy, puis-je vous parler ?
- Bien sur docteur, mais appelez moi Annie.
- Votre mari, Albert André, m'a fait pars de cet incident tout à l'heure. Il en est d'ailleurs sorti assez bouleversé, mais je suis persuadé qu'un tel détail ne vous est pas passé inaperçu.
- Je sais, je sais. C'est juste que je ressens au plus profonds de moi que mon prénom n'est pas Candy. Et en ce moment, cet homme n'est à mes yeux qu'un gentil étranger. Prendre soin de ses sentiments, aussi insensible et glacial que cela peut sembler pour une épouse, m'est complètement égal. Pardonnez-moi.
- Je pardonne aisément vos paroles, Madam… Annie. Surtout dans votre condition. Pour continuer sur le sujet de votre nom. Votre mari, Albert vous a-t-il dit qu'une pensionnaire de l'orphelinat où vous avez vécu votre enfance se nommait Annie et qu'on vous avait trouvé en même temps ?
- J'ai bien peut qu'il ait omis ce petit détail.
- Oh, mais il ne pensait pas à mal, vous devez vous rappeler vous-même votre passé. Et il vous l'aurait sans doute dit par mégarde si vous ne l'aviez pas fait déguerpir si rapidement de votre chambre.
Après cette discussion, Candy s'endormit d'un sommeil agité et confus.
Quinze jours plus tard, Candy quitte enfin l'hôpital en compagnie de Georges, d'Albert et de ses enfants. La jeune femme sait qu'en façade, sa vie semblait parfaite. Elle est encore jeune, se sent en santé, a un époux large et aux apparences attentionnées ainsi que deux jeunes bébés aux joues roses. Sans oublié le titre prestigieux des André et son énorme diamant à son annulaire. Malgré ce curriculum impeccable, elle ne peut effacer sa gêne en présence de son mari. Si Albert lui parlait, elle arrivait peine à le regarder dans les yeux ou même à lui répondre sans hésiter ou bégayer. Sur le coup, Candy avait mis cet inconfort sur le dos de son accident et de sa perte de mémoire mais plus les minutes en présences d'Albert André s'écoulaient et plus elle ressentait un engourdissement très inconfortable dans la poitrine.
En ouvrant la portière pour laisser Candy monter dans l'auto, Georges avait remarqué la tension chez sa Maitresse et lui avait prit la main un instant. Tapotant gentiment le dos de sa main ganté, il lui avait offert un sourire réconfortant qui avait momentanément calmé Candy. Depuis qu'elle avait franchit les portes de l'hôpital, l'engourdissement c'était mué en une douleur aigue et son cerveau avait envoyé des signaux d'alarmes à ses jambes, devenues raides et lourdes. Grace au sourire de George, qui lui inspirait une grande confiance, Candy avait réussie à s'installer sur le siège sans crier ou fuir en courant. À la place, elle est restée sagement assise à écouter son époux pendant qu'elle flattait doucement le pied de son petit assit à ses côtés.
Sauf que ce fut Albert qui lui ouvra la portière arrivée à la maison. Tout à coup inconfortable, la jeune femme ne pu réprimer un sursaut et un mouvement de recul lorsqu'il lui avait tenu le coude pour l'aider à sortir de l'auto. Visiblement blessé par l'attitude de sa femme, Albert lui offrit un sourire triste pour simplement se tourner et appeler la bonne afin qu'elle ne vienne chercher les enfants.
Candy, interdite, vit cette dame dont elle n'avait aucun souvenir avancer vers eux et lui prendre, doucement mais rapidement, ses enfants et les mettre hors d'atteinte. Un hoquet de peur sortit d'elle et Albert, comprenant le côté protecteur de Candy, lui assura qu'elle aura ses enfants bientôt. Il fallait juste qu'elle se repose un petit peu. Voyant la fragilité de sa femme, Albert y vit une occasion de se rapprocher d'elle et entreprit de lui caresser le dos par de grands cercles, croyant que la tension dans le dos de Candy était dû à l'absence de ses enfants.
Mécaniquement, Candy suivit Georges et Albert, complètement mélangée face à ses émotions et les réactions qu'elle avait envers Albert.
Se remémorant les conseils du médecin, elle se rappelait avoir comprit que sa perte de mémoire, en théorie, ne devrait pas affecter ses sentiments. Si avant l'accident elle aimait ou détestait quelqu'un ou quelque chose, rien n'aura changé maintenant. Comme une sorte de mémoire musculaire du cerveau et du cœur. Même sans savoir l'origine de l'émotion, celle-ci était censé rester la même qu'avant l'accident. C'est pour cela qu'elle acceptait toute l'aide que le majordome Georges lui offrait. Elle sentait, malgré son incapacité à le reconnaitre, une véritable connexion et un attachement sincère envers cet homme d'âge avancé qui lui souriait avec gentillesse.
Dans ce cas, pourquoi elle ne ressentait qu'un profond malaise envers son propre mari ? Elle sentait chez lui l'aisance et les réflexes d'un homme qui connait très bien sa femme. Pourtant, tout ses gestes la m'était soit mal à l'aise, soit l'installait dans un état de stress avancé. Elle devait certainement l'aimer puisqu'ils étaient mariés et avaient deux enfants ensemble. Sinon, pourquoi serait-elle restée avec lui ?
Contrariée, elle ne remarqua pas George qui ne l'avait pas quitté des yeux depuis le début du trajet.
Lui aussi était inquiet. Il savait bien que le mariage de Candy et d'Albert n'était pas basé sur l'amour pur qu'il aurait du. Il se demandait même si Candy avait déjà éprouvé de tels sentiments à l'égard de son maitre. Elle avait toujours apprécié Albert, mais il était persuadé que jamais elle ne l'avait aimé de cet amour qui tend une femme vers un homme pour toujours.
Suivant des yeux le couple entrer dans la vaste demeure, le vieil homme se perd dans ses pensées, revenant trois ans en arrière, au tout début de ce mariage surprenant, lorsqu'il avait entendu une conversation privée entre Candy et son maitre.
Fin de la partie 1
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