-N'oublie pas ton déjeuner, me rappelle pour la millième fois ma mère. Je roule des yeux en finissant mon omelette. Elle me tourne le dos, cuisinant je ne sais quoi. Elle cuisine trop, beaucoup trop lorsqu'elle est stressée. Cette semaine j'ai dû prendre trois kilos à cause de ça. Son angoisse ? La moisson de demain. Jusque là c'est normal, tous les parents doivent stresser mais dans le District deux il n'y a rien de tout ça. Il y a juste ma mère qui stresse. Pourquoi ? Je me porte volontaire, tout le monde le sait. J'ai travaillé dur pour avoir cette chance.
-Et s'il te plaît ne reviens pas ce soir avec des bleus, me supplie-t'elle là aussi pour la millième fois. Je repousse mon assiette, si je continue comme ça mon ventre va exploser. Je me lève et la rejoint à la gazinière, j'enroule mon bras autour de ses épaules et lui place un gros bisous baveux sur sa tempe. Je dois m'abaisser de plusieurs centimètres sachant que je lui mets trois têtes minimum.
-Alors je peux revenir avec une jambe en moins tant que je n'ai pas de bleus ? La taquinai-je, ses yeux prennent directement une lueur inquiète.
Je grogne alors que je reçois une tape à l'arrière de mon crâne, mon père me lance un regard noir en s'installant à table :
-Cesse d'effrayer ta mère. Dit-il froidement en commençant à se servir. Je hausse des épaules et sert fort ma mère dans mes bras pour me faire pardonner, elle me sourit de nouveau et me temps mon déjeuner.
-J'y vais. Dis-je en attrapant mon sac de sport.
-Tu fais l'échauffement habituel suivis de deux tours de l'école. Ordonne mon père sans un regard.
-Il est obligé ? Ça ne risque pas de trop le fatiguer ? S'inquiète tout de suite ma mère.
-Violette, c'est un grand garçon et je sais ce que je fais. Fais moi confiance. Dit mon père en lui souriant, c'est bien la seule personne à qui il sourit et se montre aimable.
Je mets en boule mes affaires dans mon sac et me mets en route vers l'école. L'école où je vais est assez spéciale, dans mon district il y en a deux, celle où on apprends des choses inutiles pour trouver un travail tout aussi inutile et ennuyant puis il y a mon école. Celle qui forme les meilleurs, les vainqueurs des Hunger Games. Ceux qui n'y participent pas mais qui ont eu quand même la formation deviennent pacificateurs ou instructeurs comme mon père. Même si il vas bientôt devoir se retirer, mes parents approchent de la soixantaines alors que j'ai tout juste dix huit ans, je sais qu'ils ont eu des difficultés à concevoir et que ma mère a souffert d'une fausse couche trois ans avant ma naissance. C'est pourquoi elle est aussi protectrice à mon sujet mais je ne vais pas m'en plaindre, j'adore quand elle cuisine rien que pour moi, qu'elle me borde, qu'elle prenne tout simplement soin de moi. Attention, le premier qui le répète je lui crève les yeux.
J'habite dans la zone la plus riche de mon district, ma mère étant une héritière d'une entreprise de construction et mon père instructeur des carrières on peut dire que je ne manque de rien.
-Badge. Me demande le surveillant à l'entrée du bâtiment. Il me connaît, tout le monde me connaît mais il faut toujours montrer ce foutu badge que j'oublie constamment mais pas cette fois-ci. Je lui tends l'objet, il l'observe attentivement comme si j'étais un usurpateur. Je me vois bien lui casser le tibia avec une barre en fer.
Lorsqu'il me laisse entrer, je me dirige automatiquement dans les vestiaires pour me préparer. Un short et des baskets, pas besoin de plus.
-Arrête de faire le beau, rigole Clove alors que je m'examine dans la glace. Mes cheveux bruns sont comme d'habitude désordonnées, mes yeux sont tellement sombre que j'aspire à la souffrance rien qu'avec mes prunelles.
-Dégage, sifflais-je. Je n'ai jamais compris pourquoi j'avais des tâches de rousseurs tout le long de mes pommettes et de mon nez.
-Calme toi X, je voulais te souhaitais bonne merde pour demain.
Je me retourne pour voir si elle se moque de moi mais non, elle a l'air sérieuse. Dit en passant X est mon surnom, beaucoup plus court et simple qu'Alexander.
-Merci sale garce mais tu devrais filer, t'as rien à faire ici. Dis-je en commençant déjà à m'étirer.
-J'espère que tu vas crever, sur ses mots elle s'en va. Dur à croire mais on s'entends bien, même très bien. Nous avons plusieurs passions en communs, notamment les couteaux. Enfin je préfère les sabres : bokken, daisho,katana, naginata etc ... Si on me cherche vaut mieux vérifier qu'il n'y a aucune de ses armes à dix kilomètres autour de moi. Je suis le meilleur dans le domaine, Clove est sur mes traces cependant. Ce qui est tout à fait normal, je l'ai formé.
S'en suit un échauffement intense, chaque muscle est travaillé. Lorsque je suis essoufflé sur le tapis de combat, c'est seulement maintenant que mon père arrive.
-T'es à peine crevé, tu t'es vraiment entraîné ? Me demande t'il en plissant les yeux.
-Je te le promets.
Il hoche vaguement la tête peu convaincu et m'ordonne d'attendre là alors qu'il part à la recherche d'un adversaire. Je profite de ce moment de répit pour étancher ma soif mais je ne peux pas, mon père me vole ma boisson et la jette dans la poubelle la plus proche.
-Combien sont morts de déshydratation Alexander ? Combien de fois faut-il que je te le répète ? Il faut s'habituer, ce midi tu jetteras aussi ton déjeuner.
Je hais lorsqu'il m'appelle par mon prénom mais ne laisse rien montrer sinon à minuit je suis encore là. Il m'assigne un camarade de mon âge, John. Il est très habile, je m'en méfie particulièrement. Il a voulu à un moment se porter volontaire mais c'est le Directeur qui a le dernier mot. Au début du mois nous nous sommes pratiquement tous inscrit pour tenter notre chance, puis plusieurs combats ont été organisés. C'était d'une facilité déconcertante que j'ai gagné. Du côté des filles, Ciara a été la favorite et la remporter. Elle n'est pas dangereuse cependant, elle est très brutale et frappe sans réfléchir.
John essaie de m'envoyer quelque coups que je réussis à éviter habilement, plusieurs camarades se sont rassemblés autour du tapis sur lequel nous nous trouvons, criant mon nom pour m'encourager. Je lui brise le nez avec une bonne droite, le tapis est maintenant tâché de sang.
-On vas pimenté le combat les enfants, clame mon père en lançant une arme au hasard à John puis à moi. Il a reçu une dague et j'ai un bâton de bois, merci papa. Montrant mon mécontentement je le jette à terre et attrape à main nue la tête de mon adversaire, une pression et je lui tords le cou mais je n'ai pas le droit alors j'appuie fort sur sa clavicule le faisant hurler de douleur. Je souris largement alors qu'il lâche son arme blanche et tombe à terre. Je donne un coup de pied dans sa dague pour l'éloigner de lui et pose mon pied sur son cou :
-Fini. Dis-je alors qu'on m'applaudit. Sous les ordres de mon père ils retournent à leurs occupations, personne ne s'occupe de John qui est cloué sur le tapis.
-Que je ne te vois plus négligé une arme Alexander, me gronde mon père.
-C'était un foutu bâton de bois, dis-je
-Crétin, autant te tuer tout de suite. Tu n'y arriveras pas, tu ne comprends rien. S'encolère t'il. Il passe sa main sur son visage, désespéré.
-Tu te démerdes pour aujourd'hui, je ne veux pas avoir à faire à toi pour le moment. Reprend il
Il part vers un camarade au mur d'escalade. Connard, va.
Je profite malicieusement de ma journée libre, flânant dans le District. Tout le monde me salue, me souhaite bonne chance, les filles sont suspendus à mes bras et me collent pendant ma promenade.
-X, gloussa une de ces filles alors que ma langue titille son lobe. Je ne connais pas son nom, juste sa taille de bonnet. Ça me suffit largement.
-Mes parents ne sont pas là, souffle t'elle alors que suçote son cou.
Je lui lance un clin d'œil alors qu'elle m'entraîne chez elle pour me faire suer d'une toute autre façon de ce qui était prévue. Papa, si tu savais.
-Maria ne va jamais me croire, roucoule t'elle alors que je m'habille. Il est temps de rentré.
-C'est ça qui est cool, personne ne te croiras. Je passe une main dans mes cheveux en bataille tandis que son visage se décompose petit à petit, ne comprenant surement pas le revirement de la situation.
-Mais à ton retour tu reviendras me voir n'est-ce pas ? S'enquit-elle en s'enroulant dans son drap.
-J'ai pas besoin d'un boulet dans ma vie mais merci de l'offre. Je lui souris en partant, depuis que tout le monde sait que je pars dans l'arène une horde de femelles attendent que je leur passe la bague au doigt. Soit pour à mon retour avoir des privilèges soit hériter de ma fortune si je meurs. Pathétique.
-Je suis rentré, m'écriais-je en enlevant mes chaussures. Une délicieuse odeur plane dans la maison, je salive d'avance.
Je m'affale sur une chaise à table alors que mes parents se fusillent du regard.
-Il y a un problème ? Tentais-je en vidant la salière sur mes pommes de terres.
-Non mon chéri, on se demandait où tu étais mais tu es là maintenant. Mange et vas te coucher.
Ceci est un mensonge, ma mère ne sait absolument pas mentir. Fixant son plat au lieu d'oser de mentir dans les yeux.
Ne voulant pas discutailler le pourquoi je suis en retard, j'obéis sagement et monte me coucher avec étrangement le cœur léger. Cela fait un mois que j'attends cette journée, plus que quelques heures et tous le monde ne parlera que de moi dans tout Panem. Je serais la fierté de mon District et de mon père.
Plus que quelques heures.
Nouvelle fiction, nouveaux personnages. Vos premières impressions ?
Sur Alexander dit "X", Violette sa mère, son père ?
PS : J'espère que vous aimez l'apparition de Clove
A première vue une préférence pour Lana ou pour X ? (Lana de 71ème HG juste un Jeux de plus, mes jeux pour ceux qui ne l'ont pas lus.
A bientôt pour un prochain chapitre !
