Note de l'auteur :
Je publie ce texte à l'occasion d'un petit défi qui m'a été donné sur le forum de la Gazette des bonbons aux citrons, encore une fois. Il s'agit d'une histoire mettant en scène Pansy Parkinson qui a dû prendre le rôle de Draco Malfoy en sixième année, c'est-à-dire qu'elle a été contrainte de prendre la marque des Ténèbres et que Voldemort lui a confié pour missions d'assassiner Dumbledore.
Le défi s'ouvre sur la scène du sectumsempra avec cette question, comment évoluent les liens entre Pansy, Harry et le Prince de Sang-Mêlé.
Je rappelle que J. K. Rowling possède actuellement les droits de Harry Potter, et que je ne gagne rien en échange des quelques chapitres que je publie ici.
Chapitre 1 : Les nuages
Elle s'était réfugiée dans les toilettes des filles du deuxième étage. Elle n'en pouvait plus… Rien ne marchait et elle était à court de temps, à court d'idées, d'énergies et de solution. Il n'y avait rien à faire. Il lui semblait que la fin était proche. Bientôt il viendrait la chercher pour la tuer. Ou bien pire. Elle apprendrait le decés de ses parents dans la Gazette, au petit-déjeuner.
Pansy était penchée au dessus du lavabo. Elle laissait les larmes couler le long de ses joues. Elle avait l'impression d'étouffer… Elle défit son nœuds de cravatte tout en essayant d'ignorer les suppliques de Mimi. Le fantôme voulait savoir. Elle pouvait l'aider, hein ? C'est ce qu'elle disait mais elle n'avait pas la moindre idée de ce dont elle parlait. Personne ne pouvait l'aider.
Son corps fut secoué de sanglots. Elle préférait attendre que ça passe avant de se passer un coup d'eau sur le visage. Elle sentait qu'elle en avait besoin.
Elle essaya d'expliquer à Mimi, qu'il n'y avait rien à faire, qu'elle ne pouvait pas l'aider et qu'elle, elle était perdue, il n'y avait plus rien à faire. Lorsqu'elle leva la tête pour voir son reflet dans le mirroir, elle aperçut du coin de l'œil l'ombre de Harry Potter. Encore là, celui-là ? Elle sortit sa baguette en un éclair et enchaîna les sortilèges. Il ne pouvait pas la voir dans cet état.
Les hurlements de Mimi furent bientôt submergés par le bruit des sorts qui s'échangeaient. Elle le haïssait, lui comme tous les autres. Elle n'en pouvait plus d'eux, de leurs regards, de la pression qu'ils mettaient, tous, sur elle. Les réservoirs d'eau explosèrent juste à côté d'elle et elle laissa libre court à sa rage et à sa haine. Les premières syllabes du sortilège impardonnables étaient sur ses lèvres, mais… Potter fut plus rapide. Qu'avait-il dit ?
Elle sentit une douleur terrible s'emparer d'elle, sa tête, son corps… Ce n'était pas aussi terrible que le marquage, mais elle était seule. Elle se sentit tomber au sol et heurter les pierres froides. Potter s'était précipité vers elle. Elle pouvait voir son visage inquiet, les regrets qui emplissaient déjà ses yeux de Gryffondor. Il y avait du sang sur ses mains… elle ne se souvenait pas d'avoir réussit à lui infliger des blessures. Il était trop rapide et trop agile, il avait esquivé chacun de ses sorts. Une réalité la frappa soudain : c'était son sang.
La douleur se fit plus forte et elle sentait qu'elle allait partir losqu'une ombre cacha la lumière des grandes fenêtres. Elle entendit une voix grave murmurer des sorts, elle connaissait cette voix. La douleur reflua peu à peu. Elle était moins forte mais Pansy pouvait toujours la sentir… Elle pouvait aussi sentir les mains de son professeur vérifiant si le sort était efficace. Avec toute l'eau qu'il y avait dans la pièce, elle se doutait qu'il aurait du mal à savoir si elle pissait encore le sang ou non.
Pansy sentait qu'elle arrivait à nouveau à réfléchir plus ou moins correctement quand Snape l'aida à se mettre sur pieds. L'aider était un bien grand mot, il la portait presque. Pansy laissa son regard aller de Potter à Snape. Elle n'avait jamais vu aucun des deux aussi livide. Ils avaient beau se haïr, en ce moment même, leurs visages étaient semblables en tous points, tous les deux pâles comme la mort et inquiets.
Elle entendit vaguement son Professeur lui expliquer qu'il allait l'emmener à l'infirmerie. Elle arrivait à peine à marcher… elle était si faible. Cela faisait des jours qu'elle n'arrivait plus à dormir, pleurer puis enchaîner un combat et cette… défaite, tout cela l'avait épuisée.
Elle essayait tant bien que mal de maintenir l'apparence face à son Directeur de Maison. Elle ne lui faisait pas confiance. Malgré tout, ses efforts furent vains car avant même d'atteindre l'escalier, elle sentit sa prise se rafermir autour d'elle.
En arrivant à l'infirmerie, il la portait carrément. Elle l'entendit parler avec l'infirmière avant qu'il ne la dépose sur l'un des lits. Bientôt, le goulot d'une fiole fut pressée contre ses lèvres et elle but la potion avec réticence.
Le monde autour d'elle s'évanouit.
.oOo.
Harry était prostré sur les rives du Lac Noir. La scène repassait devant ses yeux encore et encore. Il se dégoûtait. Après avoir emprunté le livre de Ron et essuyé la colère de Snape, il était aller rechercher son exemplaire du livre de potion et était allé se terrer dans le Parc du Château. Le Manuel du Prince reposait à ses côtés, sur l'herbe, tantis qu'Harry observait distraitement le paysage. Il avait ramené ses genoux contre son corps et méditait sur ses actes.
Comment en était-il arrivé là ? Il n'osait pas encore rentrer dans sa salle commune, pas si c'était pour affronter les regards de ses amis, devoir subir leurs interrogations et le remontrances d'Hermione. Il la connaissait trop bien.
Cela faisait des mois qu'il surveillait Pansy. Depuis qu'ils l'avaient vu entrer dans l'Allée des Embrumes avec Malfoy, et qu'ils les avaient suivis jusqu'à la boutique de Barjow et Beurk. Malfoy était resté dehors, à l'attendre. Il leur avait semblé que le blond crevait d'envie de rentrer, mais les regards meurtriers de Pansy l'en avait dissuadé. Ils n'avaient quasiment rien appris ce jour là, mise à part que Pansy avait soudainement obtenu la faculté de terrifier Barjow et de se faire obéir de Malfoy.
Depuis, Harry étaient obnubilé par les histoires qui germaient autour d'eux deux. Il était convaincu que Draco préparait quelque chose, il ne savait pas ce que Pansy avait à voir là dedans, mais pour lui, elle était aussi coupable que Draco. Il observait souvent leurs allées et venues avec la Carte du Maraudeur. Certains soirs, il lui semblait que Pansy disparaissait totalement de la Carte, mais souvent, Draco n'était pas loin.
Il la suivait de loin quand elle se glissait hors de son dortoire, la nuit. Il le voyait déambuler dans le septième étage, ce qui le confortait dans son hypothèse : Pansy manigançait quelque chose dans la Salle sur Demande, et Draco faisait le guet. Il en était persuadé.
Il en avait été persuadé jusqu'à maintenant. Mais la frontière bien nette qu'il avait tracée entre le bien et le mal dans sa tête venait de vaciller. Il avait suivit le Prince… il avait utilisé ce sort et elle, elle pleurait. Il ne voyait plus que ses larmes. Il avait utilisé un sort de magie noire, destiné à blesser ou peut-être même à tuer, contre une jeunne femme en pleurs. Il avait envie de vomir.
.oOo.
Severus était furieux. Il remontait avec énergie les escaliers le séparant de l'infirmerie. Il était furieux contre cet imbécile de Potter, aussi arrogant et impulsif que son père. Comment le Seigneur des Ténèbres pouvait-il n'être vaincu que par lui ? Il savait parfaitement où Potter avait appris ce sort, mais Albus ne lui aurait pas pardonné d'abuser de la légilimencie ou du veritaserum sur son petit protégé. Il se sentait souillé, que Potter ait lu ces lignes, celles qu'il avait écrit il y a des années de cela.
Néanmoins, cette journée n'était pas totalement perdue. Il soupira en arrivan devant les portes de l'infirmerie. Cela faisait des mois et il avait tout essayé avec Miss Parkinson. Il savait que leur Maître lui avait confié une important mission et, bien qu'il s'en doutait, personne ne savait ce dont il s'agissait. Il fallait tout de même être aveugle pour ne pas comprendre avec toutes les aggressions qu'il y avait eu. Draco non plus ne semblait pas avoir été mis dans la confidence, il en voulait à sa camarade. Elle avait été choisie à sa place pour accomplir la volonté du Lord et il avait bien remarqué les manigances de Draco autour de la jeune femme.
Severus poussa les lourdes portes de bois et observa un instant Madame Pomfresh s'afférer autout de son élève. Des mois qu'il essayait d'obtenir quelque chose de la jeune femme. Il pouvait l'aider, il ne voulait pas la voir emprunter le même chemin que lui. S'il pouvait la sauver, s'il pouvait lui épargner les horreurs de cette voie sur laquelle elle était engagée, il le ferait. Il se l'était promis. Il savait que Draco aussi avait besoin de son aide, mais il n'aurait sans doute pas à affronter les mêmes choses que la jeune femme. Draco avait pour seul devoir de sauver l'honneur de sa famille, il serait là pour lui quand il en aura besoin. Pas maintenant.
« Comment va-t-elle ?
-Elle ira bien. »
Severus se détendit. Il se laissa tomber sur la chaise à côté du lit occupé par Pansy. Il avait l'air minable. Il pouvait se le permettre, il n'y avait personne ici et Poppy l'avait déjà vu dans des situations bien pires. Pansy était endormie.
« Je lui ai donné un potion de sommeil dans rêves, elle a besoin de beaucoup de repos. J'y ai ajouté une potion de régénération sanguine. J'ai fait tout ce que j'ai pu, Severus… elle gardera des marques. »
Severus enfouit son visage dans ses mains.
« Dites-moi ce qui s'est passé.
- Il ne s'est rien passé. »
Il savait déjà que l'infirmière abrorait un air outré, il n'avait pas besoin de relever son visage. Il savait aussi qu'elle ne dirait rien. Elle le respectait trop pour ça. Il l'entendit s'affairer autour de la jeune femme pendant encore une dizaine de minutes avant qu'elle ne s'en aille et le laisse enfin seul.
Il lui sembla qu'une heure avait passé avant qu'il ne relève enfin les yeux. Elle allait être furieuse. Il avait déjà affronté sa colère si souvent… Toutes les convocations dans son bureau n'avaient servi à rien. Elle était belle. Elle avait toujours fait partie de ces jeunes femmes sur lesquelles il ne posait pas les yeux, celles qui prêtaient plus d'importance à l'apparence de leur visage en général, qu'à remplir leur tête. Il est vrait qu'il avait depuis longtemps revu son jugement sur elle… Si son enfance dans une famille de Sang-Purs avait fait d'elle une copie féminine de Draco Malfoy, l'année passée avait été éprouvante et la jeune femme avait indéniablement mûrie. Ses parents avaient soutenus le Seigneur des Ténêbres avec trop peu d'enthousiasmes, et s'étaient attirés ses foudres. Pansy en faisait les frais. Elle payait pour eux en ce moment même et Severus la savait dévastée.
Il n'osa pas laisser ses yeux errer plus longtemps sur le corps de son étudiante et se leva. Il sortit sans un regard en arrière, mais le cœur emplit de regrets.
