La petite boutique de Mr. Ollivander était vieille, poussiéreuse et pleine de boîtes couvertes de toiles d'araignées qui occupaient d'immenses étagères mal éclairées qu'un personnage non familier du lieu n'eût pu distinguer les unes des autres. Des générations de sorciers et de sorcières, puissants ou faibles, riches ou pauvres, bons ou mauvais, étaient venues en ce lieu chercher ce qui fait d'un être comme celui-ci son identité: un bout de bois travaillé, d'une essence d'arbre particulière, d'une souplesse toute relative et dont le cœur était de la plus grande importance.
Chacun avait l'impression que Mr. Ollivander tenait sa boutique depuis toujours. Les plus anciens des sorciers se souvenaient l'avoir vu petit, secondant son père qui avait été baguettier avant lui, mais le jeune Ollivander (c'est du moins ainsi qu'ils l'appelaient) était bien plus rapide et doué que son père pour trouver le sorcier correspondant à la baguette. On eût pu croire que depuis le temps qu'il était là, Mr. Ollivander oublierait ses clients, mais chacun de ces sorciers qui repartaient avec une baguette de chez lui avait une place dans sa mémoire.
Il murmurait, à chaque crime qui se produisait en ces temps troublés, l'essence, le cœur et la taille de chaque baguette trahie et qui par la folie de son propriétaire n'avait d'autre choix que de torturer et tuer.
