Résumé : Le passé connaît un de ses plus grands désastres. Jenny le Docteur étaient forcément présents.
Spoliers : Il est bien évidemment préférable d'avoir lu les premières aventures de la série "Jenny". Les spoliers sont donc les mêmes que pour le reste de la série !
Disclamer : Les personnages de la série Doctor Who sont l'entière propriété de la BBC et de leurs créateurs.
Bêtas : Merci à Idwy pour avoir partagée l'aventure de l'écriture et de la mise en place de l'histoire et Rose1978 pour sa relecture professionnelle! Vous êtes géniales les filles! Vraiment, merci, merci, merci!
Notes : L'histoire se passe dans un univers parallèle à celui que nous connaissons dans le whoniverse. Il s'agit là de la suite des aventures de Jenny. Pour conserver le mystère, je n'en dirai pas plus! Et pour plus d'infos sur la chronologie des histoires, n'hésitez pas à jeter un ?il sur la Ligne temporelle de Jenny !
Londres
Il connaissait la famille Farynor depuis toujours. Collaborateurs infatigables. Et chacun y trouvait son compte. D'un côté, il offrait chaleur, énergie et puissance, de l'autre, il recevait de quoi se nourrir et se multiplier. C'était un échange de bons procédés. Et cela avait fait de la famille Farynor une famille riche et respectée. D'une certaine façon, et tous deux le savaient, chacun était le protecteur de l'autre tout comme l'inverse était vrai.
Ils étaient amis, un couple uni. Et ce depuis des siècles. Être le gardien d'un si grand secret conférait à la famille Farynor pouvoir et honneur. Il lui permettait, petit plus non négligeable, de faire le meilleur pain de la ville. Mais tout cela était entouré de silence, de mystère et de secret. La famille était respectée, appréciée, mais personne ne savait vraiment pourquoi, c'était ainsi, c'est tout. On ne cherchait pas à en savoir plus. Oui, c'était un secret. Et on ne pouvait qu'accepter que le plus grand boulanger londonien du 17ème en possède au moins un.
Pourtant, depuis quelques semaines, la famille avait commencé à le délaisser. Ce n'était pas sa faute. La cause en était très triste. Le petit Jimmy, le dernier de la famille, avait perdu la vie à l'âge de huit ans. Perdre un enfant en bas âge, ce n'était pas facile, mais quand il dépassait les cinq ans, et qu'il était aussi fort que le petit Jimmy, personne n'aurait pu imaginer un drame comme celui-ci.
Et il l'avait compris et partagé la tristesse de la famille. Il avait accompagné les quelques jours, si rapides, trop rapides, qui avaient vu l'état du jeune garçon se dégrader, sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit. Il avait tenté de réchauffer le petit quand celui-ci grelottait. Mais ni lui plus que l'apothicaire n'avait pu le sauver. Alors, ses enfants avaient entouré le corps du garçonnet, avant de l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure. L'un des siens était même resté pour illuminer la pierre qui le recouvrait à présent.
Or, depuis ce drame, le grand Farynor l'avait délaissé. Il l'avait abandonné. Il ne lui en voulait pas, il le comprenait. Il connaissait ce sentiment, celui de perdre un de ses enfants. Combien en avait-il vu s'éteindre devant lui, tandis que l'être humain les combattait en les noyant. Mais aujourd'hui, c'était lui qui était en train de s'éteindre. Il faiblissait, heures après heures, jours après jours. Il lui en fallait si peu pour reprendre vie. Mais le grand Farynor ne venait pour l'y aider.
Sa dernière petite étincelle de vie allait s'éteindre : la perte d'un trésor de l'univers, dernier de son espèce, celui qui avait permis à l'homme de devenir fort, de prospérer, allait disparaître, à jamais. On le croyait immortel, mais pas sans la présence des Farynor pour l'y aider. Ils étaient connectés, inséparables.
Il sentait que la chaleur le quittait. Alors, regroupant ses dernières forces, il quitta son foyer. Il savait qu'en quittant sa demeure, il devenait un danger. Pas pour lui, non, mais pour ceux qu'il avait promis, juré d'aider. Mais il lui était impossible de rester immobile à sentir la fin arriver. Alors il se projeta sur le mur en bois juste à côté. Il avait besoin de se nourrir, il refusait de mourir.
Très vite, il sentit les forces lui revenir à mesure qu'il se propageait, grandissait. Il brandissait de grands bras rouge et jaune, transformant le tout en fumée. De nouveaux enfants ainsi naquirent des rideaux et du parquet. Et ils grandissaient vite, recouvrant la moindre parcelle dont ils se délectaient.
Il était désolé de ce qui était en train de se passer. Mais à présent qu'il y avait de la nourriture à perte de vue, il ne pouvait s'arrêter. Ses enfants s'infiltrèrent plus loin, dans d'autres pièces, de la cave jusqu'au grenier. Il sentait le bois craquer, le tissus se désagréger. Ils étaient affamés.
Il se sentait fort, il se sentait bien. Il voyait ses petites chandelles quitter la demeure pour celle des voisins. Il rougeoyait de plaisir, une sensation de bien être, de liberté l'envahissait.
Mais vite arrivèrent les cris. Les hurlements humains grandissant à mesure qu'ils voyaient évoluer les siens. Mais il était trop tard. Il ne pouvait plus rien arrêter. Ils étaient si grands, ils étaient si forts. Sa descendance était belle, dansante, chantante, il en était très fier. Il n'avait jamais eu de si beaux enfants.
Le sentiment de culpabilité fut vite comblé à la vue de la propagation de ses rejetons. Il n'avait plus envie d'arrêter ce qui était commencé. Il n'était plus seul à présent, il avait à nouveau des enfants. Et par eux, il ne s'était jamais autant senti vivant. Pourquoi revenir en arrière ? Cela n'avait vraiment plus rien d'engageant.
Il s'appelait le Zjarr… mais jamais le monde ne se rappellerait de lui sous ce nom !
