CHAPITRE 1 – Un petit imprévu
- Cet après-midi ? S'exclama une jeune femme. Mais je n'aurai jamais le temps, je dois…
- Désolé Miss Granger, mais j'ai une réunion avec M. le Ministre en personne, et vous vous doutez que cela ne peut pas attendre, répliqua l'homme d'une cinquantaine d'année qui se tenait face à elle.
- Très bien M. Taypord, répliqua la secrétaire, encore une chance que j'ai fini le compte-rendu sur les elfes de la maison Hoffbirle avec une semaine d'avance…
- Je n'en attendais pas moins de vous, Miss. Répondit ironiquement son supérieur.
Hermione quitta le bureau en grognant envers son patron, ce qui ne suffit pas à la calmer. Elle transplana à Pré-au-Lard, puis entra au Trois Balais. « Espérons qu'une bière-au-beurre me remontera un peu le moral » pensa t'elle. Après que Mme Rosmerta lui apporta sa commande, Hermione réfléchi à ce qu'était devenue sa vie. Sa relation avec Ron était toujours aussi ambigüe, et elle devait toujours faire ses preuves plus que les autres, de par sa condition de né-moldue.
Voilà déjà sept années que la guerre était terminée, et finalement, rien n'avait beaucoup changé. Toutes les belles promesses du ministère, promettant de grands postes à pourvoir pour les héros récompensés de l'Ordre de Merlin, n'avaient été qu'une campagne, visant par le biais de la Gazette du Sorcier à tromper les gens sur leur nouveau gouvernement. Résultat, des incapables dirigeaient toujours le pays, et des gens comme Arthur Weasley ou Hermione étaient relégués à des postes jugés « inutiles ».
C'est ainsi que lorsque la jeune femme avait postulé au Département de la Régularisation des Créatures Magiques, on l'avait relégué au simple titre de secrétaire.
« Visiblement, ce n'est pas encore aujourd'hui que je pourrais développer la S.A.L.E. », songea la jeune femme. Elle regarda sa montre et décida qu'il était temps d'aller effectuer le travail que son supérieur lui avait gentiment délégué ce matin.
Celui-ci consistait à se rendre dans les demeures de sorciers possédant plus de cinq elfes de maison afin de les recenser, de constater les traitements infligés à ceux-ci, puis de rendre son rapport au ministère. Autant que ce dernier ne souhaitait toujours pas rendre la liberté à ces esclaves (sachant que de toute façon même les créatures ne voulaient pas en entendre parler prenant cela comme une offense), une prise de conscience sur leur traitement commençait à naître.
C'est ainsi qu'Hermione se retrouva à frapper à la porte d'un manoir lugubre « certainement des sang-pur pleins de préjugés » se disait-elle alors qu'un elfe à l'aspect miteux et sale lui ouvrit.
- Bonjour, je suis envoyée par le Ministère, tes maitres doivent être au courant de ma visite. Peux-tu les prévenir de mon arrivée ?
- Glimy y va de ce pas Miss, couina la petite créature, veuillez patienter ici le temps que Glimy part chercher Monsieur.
La jeune femme brune n'attendit que quelques secondes avant qu'un homme d'une trentaine d'année arriva à sa rencontre, ne se gênant pas pour l'observer de haut en bas avec un air hautain.
- Miss Granger, je suppose ? Demanda-t-il avec une certaine arrogance dans la voix. C'est ma femme qui s'occupe des domestiques, et qui pourra au mieux répondre aux questions pertinentes du ministère, siffla l'homme. Glimy va vous conduire jusqu'au petit salon, ou ma femme vous rejoindra dans quelques minutes.
- Très bien, je vous remercie.
Alors qu'Hermione suivait l'elfe dans les dédales de couloirs sombres et lugubres, elle ne put s'empêcher de comparer cette atmosphère au manoir des Blacks, avant qu'Harry et Ginny ne restaure entièrement le Square Grimmaurd pour y créer leur petit nid douillet.
Un cri venant du rez-de-chaussée la ramena soudainement à la réalité.
- Glimy, viens ici tout de suite ! Ordonna le Maître de maison.
La petite créature s'excusa rapidement auprès d'elle. Les yeux affolés, l'elfe transplana dans la seconde qui suivi. Hermione se retrouva seule dans ce couloir immense, offrant de nombreuses possibilités quant à l'emplacement du petit salon où elle était supposée patienter. Elle ouvrit donc une porte au hasard. « – Ca alors ! » Ces yeux brillaient d'intérêt et de curiosité, la jeune femme se trouvait devant une bibliothèque qui pourrait faire pâlir n'importe quel passionné de lecture.
La pièce était immense, et les livres recouvraient les murs du sol au plafond. Tout en jetant un regard discret en direction du couloir, afin de vérifier que personne ne venait, elle ne put s'empêcher de consulter un livre au hasard. La couverture était en cuir noir et paraissait très ancienne. Tout en l'ouvrant avec délicatesse, elle se rendit rapidement compte qu'il s'agissait probablement de sortilèges inconnus du grand public. Bien qu'écrit en runes, Hermione déchiffra aisément la première page : « comparer le passé et le présent » une incantation était suivie, mais un blanc existait dans la formule. Son cerveau travaillant à toute vitesse, elle devina qu'il s'agissait en fait de placer le nombre d'années en arrière qu'on souhaitait étudier en comparaison avec sa vie actuelle.
Comment se concrétisait ce sort ? Par des visions, des souvenirs qui se matérialisaient devant vous tels une brume, rappelant le fonctionnement de la pensine ? Pendant qu'Hermione était absorbée par ses réflexions, des bruits de pas se firent entendre. Prise de court, elle décida de lire le sortilège afin de le mémoriser, pour pouvoir l'étudier calmement une fois chez elle. Seulement, est-ce inconsciemment, ou machinalement par une habitude de toujours finaliser ce qu'elle entreprend, que sans s'en rendre compte, Hermione murmura la formule dans son intégralité, sans aucun blanc, puisqu'elle prononça : « sept ans ».
