Les monstres étaient libres. Frisk les avaient délivrés, sauvés de l'underground. Ils vivaient tous paisiblement dans de petites maisons, au pied de la montagne. Mais leur sauveuse n'était pas au mieux de sa forme. Frisk était malade.
Elle était constamment fatiguée et une boule inquiétante était apparue sur son cou. Elle passait donc ses journées dans sa chambre et Toriel ne savait pas quoi faire pour la soigner. Elle se contentait donc de faire sortir une lueur verte de ses pattes velues et de les poser sur le bras de Frisk en espérant que cela la soulage un peu. Frisk ne sortait presque plus et ne voyait plus que Sans Papyrus et Undyne qui prenaient de ses nouvelles de temps en temps. Et d'ailleurs, Frisk en avait marre de rester cloîtrée chez elle. Un jour, alors que Sans était avec elle, elle lui demanda :
- Dis, tu crois que Maman me laisserait sortir un peu ?
- Tu sais que ce n'est pas prudent gamine ?
- Je sais, mais j'en ai plus qu'assez de rester ici sans rien faire. Ça ne me ressemble pas du tout de rester plantée là.
- ...
- Allez ! En plus, je suis presque sûre qu'elle me laisserait sortir si tu m'accompagnes ! Et de toute façon, au moindre problème tu pourras nous téléporter chez Alphys !
Frisk lui dit un regard de chien battu en clignant rapidement des paupières. Sans la regarda droit dans les yeux.
[ Comment lui dire non ? Et puis il est vrai qu'un peu d'air frais ne lui ferait pas de mal, pensa t'il. Je ne peux vraiment rien lui refuser à cette petite, et ce n'est pas comme si je faisait ça avec tout le monde. Mais Frisk n'est pas comme tout le monde. C'est une gamine adorable, toujours à aider tout le monde du mieux qu'elle le peut. Elle ne peut tout simplement pas supporter de voir quelqu'un en détresse, et je suis très bien placé pour le savoir d'ailleurs... ]
DÉBUT FLASH BACK
C'était l'après midi. Sans avait pleuré. Oui, lui qui n'avait jamais pleuré de toute sa vie, s'y mettait. Et puis de toute façon, il fallait un début à tout. Mais ce qui le gênait le plus, c'était que son frère avait été alerté par ses sanglots et était venu voir de quoi il s'agissait. Il l'avait surpris dans un moment de faiblesse. Il s'était approché doucement de lui et lui avait demandé ce qui le tracassait. Sans n'ayant pas répondu, Papyrus, inquiet, était parti appeler Frisk pour lui demander son aide. Elle avait accouru devant la maison des deux squelettes et un Papyrus troublé était venu lui ouvrir, lui expliquant rapidement la situation. Frisk ouvrit doucement la porte de la chambre de Sans et le découvrit recroquevillé sur son lit, toujours sanglotant, malgré ses efforts pour se calmer. Frisk attrapa une feuille volante sur son bureau et un stylo et y griffona rapidement quelques mots avant de s'approcher de Sans. Elle le rejoignit sur son lit, s'asseyant en tailleur face à lui. Sans releva doucement sa tête, des larmes coulant de ses orbites. Elle lui tendit la feuille avant de se jeter dans ses bras en enfonçant la tête dans son sweat bleu. Sans parut surpris, et commença la lecture de la feuille :
" Ne pleure pas, parce que quelqu'un se soucie de toi "
Il fit un sourire triste avant de répondre à l'étreinte de Frisk.
FIN FLASH BACK
- D'accord Frisk, je vais t'accompagner pour ta petite balade
- Génial, allons prévenir Maman !
Toriel sortait tout juste de la cuisine quand elle vit arriver Sans et Frisk. Celle ci lui demanda poliment de sortir en compagnie de Sans. Dans un premier temps elle refusa.
Mais sous l'insistance de sa protégée et du petit squelette qui promettait de veiller sur elle, elle accepta. Content de pouvoir sortir avec son amie, celui-ci lui demanda où elle comptait aller. Elle lui répondit que Waterfall ferait un excellent lieu de détente. Sans les y téléporta, se demandant pourquoi Frisk souhaitait retourner dans l'underground.
- Frisk, pourquoi vouloir retourner à Waterfall ?
- Cet endroit est magnifique, c'est le premier lieu auquel je me suis attachée après être tombée dans l'underground. Ce silence est terriblement apaisant, ainsi que l'eau qui coule et les fleurs d'écho, gardiennes des secrets de chacun.
- Tu as l'air essouflée gamine, tu es sûre que ça va ?
- Mais oui, un peu de repos et ça ira mieux.
- Mmmmmh
- D'ailleurs... Ça te dérange si je me repose sur tes genoux ? Demanda timidement Frisk
Sans parut surpris et très gêné de cette requête mais accepta, ses joues commençant à se teinter de bleu.
[ Si ça peut lui permettre de se reposer ... ]
Frisk posa doucement sa tête sur ses genoux et s'endormit peu de temps après.
Sans, toujours gêné mais ravi qu'elle soit endormie pour le remarquer, joua distraitement avec ses cheveux.
Il pouvait sentir son coeur battre contre lui. Faiblement d'ailleurs, remarqua t'il. Il pensa que lorsqu'ils étaient endormis, le coeur des humains devait ralentir, après tout il n'en savait rien. Il s'endormit également sur cette pensée rassurante, bien qu'il ait un mauvais pressentiment.
Plusieurs heures après, Sans se réveilla. Frisk elle, dormait toujours sur lui. Mais... Mais quelque chose clochait et il n'arrivait pas à déterminer quoi.
Et tout à coup, ce fût le déclic. Son cœur, il ne le sentait plus battre. Paniquant, Sans déposa doucement Frisk par terre et posa son conduit auditif sur la poitrine de Frisk.
- Non... Non ce n'est pas possible... Non...
Il fit apparaître la même lueur verte que Toriel de ses mains squelettiques et les posa sur Frisk. Mais la lueur verte se teinta petit à petit de bleu tout en s'intensifiant considérablement, son oeil gauche s'enflamma et bientôt, une aura bleutée les recouvrit tout les deux.
Après plusieurs secondes, Sans s'écroula, épuisé. Il avait utilisé presque toute sa magie pour tenter de la sauver, mais il avait échoué.
Il se força alors à accepter la vérité, terrible vérité,
Frisk était morte.
Mais malgré tout, il lui restait un espoir. Car Frisk pouvait reset. Et ainsi revenir à la vie.
Alors, il se rappela :
" Ne t'inquiète pas Sans, je vous délivreraient et ne ferait plus jamais de reset. Je te le promet. "
Il lui avait dit que sa plus grande peur était le reset.
Pour lui assurer que cela n'arriverait jamais, elle lui avait fait cette promesse.
Sur le coup, Sans avait été rassuré par cette sincérité, mais à ce moment, il aurait évidemment préféré ne jamais avoir cette conversation.
Cette promesse faite quelques semaines plus tôt avait détruit son espoir.
Sans se mit à trembler et à pleurer toutes les larmes de son corps tout en serrant contre lui la dépouille de l'enfant.
Ses cris de désespoir résonnèrent contre les parois de l'underground, désormais vide.
- C'est trop tard, je ne pourrait jamais plus t'avouer mes sentiments... Dit il entre deux sanglots.
Une demi heure après, il se téléporta, tout en murmurant un " Je t'aime" discret.
Une fleur d'écho ne se trouvait pas loin du squelette, et avait tout entendu.
Une goutte tomba doucement du plafond pour venir s'écraser sur les pétales bleus de la fleur qui les fait frémir tout en répétant les mots du squelette
- Trop tard...
Une autre goutte se joignit à la première. Mais elle semblait provenir de la fleur elle même.
Et la fleur continua son cycle sans fin, celui de répéter les mêmes mots à l'infini, tout en pleurant.
" Trop tard "
