Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème "respire" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
Fandom : Terrienne, par Jean-Claude Mourlevat
Titre : Respire, mon ange
Résumé : Wahilal n'est humain qu'aux trois quart, et Anne s'inquiète pour lui.
Respirer.
Nous, les terriens, nous n'avons pas conscience de la chance que nous avons. Nous respirons.
Nous aurions pu évoler comme des plantes ou comme ces êtres qui peuplent le monde que j'ai visité, une fois. Mais nous respirons. Nous avalons de l'air qui passe dans nos poumons afin de faire vivre nos cellules, puis nous expirons du dioxyde de carbone qui, à son tour, est utilisé pour faire vivre les arbres qui, alors, nous rendent de l'oxygène. Y a-t-il de plus bel exemple de complicité entre deux espèces? Y a-t-il de plus belle symbiose?
Je n'ai plus jamais respiré de la même façon depuis que j'ai quitté Campagne, il y a quelques année. Un monde vide, propre, aseptisé, ou le moindre courant d'air vous dénonce comme étant un être humain, venant d'une planète où rien n'est parfait. Je me demande encore comment font ces créatures pour vivre. Parfois même, je surprend Bran bloquer ses poumons comme autrefois, par simple réflexe, lorsqu'il sort de chez nous. Puis il se souviens et recommence à respirer. J'en suis venue à presque oublier ce monde et ses habitants étranges. J'ai eu un enfant, le plus beau que l'on puis avoir, que j'ai prénommé Wahilal. Et j'ai oublié que cet enfant n'était pas entièrement humain.
Un soir, après le diner, je suis allée donner le bain à Wahilal qui était alors agé de cinq ans. J'ai mis l'eau à couler pendant qu'il se déhabillait et je suis sortie pour répondre au téléphone. Je suis revenue quelques minutes après, agacé par une personne qui avait fait un faux numéro et ne l'avait compris qu'au bout de la troisième fois qu'il m'appelait. En entrant dans la salle de bain, mon coeur a manqué un battement.
Au fond de la baignoire, mon fils était allongé, yeux fermés, inerte. L'eau coulait toujours. Je me suis précipitée pour fermer le robinet et le sortir de là. A ma grande surprise, dés qu'il sentit mes mains l'attraper, il ouvrit les yeux, sourit et se redressa de lui-même.
- J'avais foid à a tête, fit-il en souriant.
Mes mains tremblaient en prenant son visage pour y déposer un baiser sur le bout du nez. Il rit un peu.
- Tu ne respirais pas?
- Nan!
Il souriait, tout fier de ne pas avoir à respirer.
Sans un mot, je l'ai lavé, l'ai séché et l'ai rhabillé avec son pyjama. Et, avant de sortir de la salle de bain, je l'ai pris dans mes bras et je lui ai dit :
- Respire, d'accord? Tu as de la chance de pouvoir respirer, alors fais-le. Ne recommence pas.
- Oui, maman.
Et je l'ai laissé rejoindre Bran qui allait lui lire une histoire.
Maintenant que j'y repense, je crois que j'avais peur pour lui, peur qu'il devienne comme ces créatures qui ne savaient plus respirer...
