J'ai hésité à le poster mais bon… Mon Jane est un peu trop…je ne sais pas. Je ne crois pas qu'il dépende autant de Lisbon. Je me suis un peu laissée entrainer. Tant pis. J'espère que cet OS vous plaira quand même, même si Jane y est un peu OOC.

Il est en quelque sorte en deux parties mais je les postes ensemble, en 2 chapitres différents. La première est couplée à un de mes poèmes préféré.


- La courbe de tes yeux –

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La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

La couleur de ses yeux l'avait fasciné dés l'instant où, pour la première fois, il avait croisé son regard.

D'un vert léger, ils semblaient refléter une honnêteté sans pareille. On pouvait y deviner une femme forte, imposante malgré sa petite taille et loyale. Paradoxalement, on y devinait aussi une femme blessée, incertaine parfois. Une femme qui donnait son cœur, souvent à son insu, pour pouvoir soigner vos blessures.

Elle le lui avait donné, il en était presque certain. Mais elle ne l'avouerait jamais ; ou tout du moins, pas de vive voix. Pas maintenant.

Ses yeux avaient réussi à atteindre son cœur d'une manière inexplicable. Ils l'avaient envouté sans lui laisser le temps de s'en apercevoir ou de s'en dérober. Ils étaient là, tout simplement, à appuyer chacune de ses idées, protéger chacun de ses mouvement et à caresser chacune de ses blessures.

De son regard, cette femme lui prouvait, tous les jours un peu plus, qu'elle resterait à ses côtés quoi qu'il arrive, qu'elle en ressortirait blessée s'il le fallait mais qu'elle ne l'abandonnerait jamais.

Seulement, il avait été parfois trop aveugle pour s'en apercevoir.

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Elle lui avait terriblement manqué. Plusieurs fois, il s'était demandé pourquoi elle n'était pas là, avec lui, pourquoi il s'en était éloigné, avant de se souvenir qu'il était bien trop brisé pour elle. Il avait un plan à suivre et il ne pouvait pas s'en dévier, il ne pouvait pas se le permettre. Ces neuf années de traque n'aurait servi à rien, autrement.

Seul dans son lit, dans ce motel perdu quelque part dans Las Vegas, il avait pensé à elle. Il avait souhaité qu'elle soit là, à ses côtés. Il aurait au moins pu se cramponner à elle pour affronter ses cauchemars.

Il était certain qu'elle aurait été le remède miracle à ses insomnies nocturnes. Il ne se sentait bien qu'à ses côtés, sous son regard. Il s'y sentait protégé, apaisé. Si seulement elle avait pu être là, au creux de ses bras, son regard rivé sur le sien.

Il s'était tourné et retourné entre ses draps, chaque appel manqué ou message le rongeant un peu plus de l'intérieur. La douceur de son regard lui avait manqué, les petites étincelles qui y dansaient lorsqu'elle était heureuse aussi.

Ce vert unique l'aurait bercé tendrement jusqu'au sommeil. Mais elle n'avait pas été là pour le faire.

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

Ces six mois s'était enchaînés à une vitesse affolante et pourtant, ils avaient aussi parus tellement longs. Loin de ses yeux, il avait perdu la notion du temps, se contentant de vivre au jour le jour dans l'espoir de retrouver John le Rouge, oubliant le reste pour ne pas s'effondrer.

Il était fort, et si prés du but. Dans peu de temps, il l'atteindrait, il en avait été certain. Il aurait tout le temps de revivre plus tard.

Les semaines s'étaient égrainées, et il ne les avait pas vues passé. Ne s'en rappelait même pas. Elles s'étaient écoulées, et il était resté là-bas à attendre que son ennemi veuille bien pointer le bout de son nez. Mais il ne vivait plus, pas tant qu'il était là-bas, seul, et qu'il ne respirait que pour sa vengeance. Pas tant qu'elle n'était pas prés de lui.

Elle était celle qui avait su réveiller son cœur en deuil, celle qui lui avait redonné le sourire. Un vrai sourire, pas de ceux qui adornaient le masque qu'il portait presque en permanence. Un de ces sourires sincères qui venaient du plus profond de son cœur, des sourires qu'elle déclenchait sans le vouloir vraiment. Quoi ce par sa mauvaise humeur légendaire ou par ses soupirs d'exaspération, par son bonheur à la vue d'une tasse de café ou par ces sourires qui éclairent tout son visage.

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

- Paul Éluard –

Il ne vivait plus que sous son regard. Et il mourrait d'envie de la retrouver.

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