Warning : Ceci est un One-Shot en trois chapitres ! XD Bon j'aurais pu, c'est vrai, le faire en un chapitre, mais allez donc
bouffer 12 000 mots de One-Shot ! Really ? Reaaally vous pouvez ? Eh bien éclatez-vous alors ! (Et n'oubliez pas mon salaire ! ^^)
Je suis désolée d'avoir frustré tout le monde durant... euh... 11900 mots ? X) Surtout Johnny Boy, il a dû grave souffrir !

Je n'ai qu'une dernière chose à ajouter : JOYEUX ANNIVERSAIRE JOHN ! Mon idole, mon bien-aimé, mon petit gay malgré lui !
Que tes 33 ans (oh mon dieu) t'apporte Randy tout nu sur un plateau !

Allez, j'arrête ! Voici " Things we never know about Friendship "


- POLICE ! M'exclamai-je d'une forte voix en frappant à la porte. Rangez votre arme douteuse !

Je devinai le soupir de Randy, presque excédé, me reconnaissant parfaitement, et le vis pratiquement se diriger vers la porte de sa chambre d'hôtel, éteignant la télévision au passage. Il savait que c'était moi. Qui d'autre ? Quel autre homme dans sa vie que son meilleur ami pouvait débarquer en plein soir de semaine, à trois jours d'un pay per view ? Il ne prit pas la peine de vérifier que c'était moi et ouvrit la porte en grand. Ces sourcils se froncèrent tandis qu'il commença, grondant :

- Qu…

Un bruit perçant de flûte en papier l'interrompit, l'objet de fête se déroulant rapidement près de son visage. Je retenais le « Surprise ! » qui aurait été inconvenant puis regardai l'objet entre mes doigts, absolument fier de moi. Randy inspira profondément, une main posée sur sa porte d'entrée, me dévisageant. Je lui donnai alors une tape amicale sur l'épaule puis lui rappelai :

- Hey… C'est mon anniversaire !

Il pencha la tête vers moi, lentement, aussi lentement qu'il rétorqua :

- Et je te l'ai souhaité deux fois John. Qu'est-ce que tu fais là ?

Je gardais une main derrière mon dos, qu'il remarqua rapidement. J'allai m'apprêter à répondre que je venais justement pour mon anniversaire, lorsqu'il répéta, me connaissant trop bien :

- Qu'est-ce que tu fais là ?

J'abandonnai mon sourire pour baisser les yeux et les bras, rangeant ma flûte dans ma poche. Il avait beau me l'avoir souhaité deux fois aujourd'hui, cela avait été si rapide, et je n'avais pas pu profiter de lui… J'aurais souhaité passer la soirée avec lui, comme nous étions à l'hôtel. Je relevai les yeux vers lui dans une moue triste.

- J'ai proposé au roster de faire la fête tout à l'heure. Mais tu sais, fis-je avec une sorte de sourire envers moi-même, je ne suis pas le lutteur le plus apprécié en coulisses… Ils ont tous plus ou moins refusé.

Totalement faux. Je marquai un silence, plan parfaitement huilé, puis repris plus haut, tandis que Randy m'observait avec attention :

- Bref… Je n'ai trouvé personne. Et comme tu es mon homme préféré… J'aurais voulu passer la soirée avec toi, histoire de qu'on se saoule tous les deux !

A ce moment là je sortis deux bouteilles de champagne de derrière mon dos, que je présentai à côté de mon visage s'étant penché légèrement sur le côté. Je souris d'une manière absolument débile, puis secouai les bouteilles. Je restai ainsi jusqu'à ce Randy soupire, puis cède.

- Allez, entre. Souffla-t-il, se poussant pour que je passe.

Ses traits s'étaient adoucis, comme d'habitude, inconsciemment. Il me dépassa vite et alla chercher des flûtes de champagne dans le bar inclus avec la chambre. Je m'allongeai sur le lit, les bras écartés. Ahhh… Quelle longue journée… Les anniversaires étaient crevants pour les superstars. Remercier tout le monde, faire plaisir aux fans… Mais enfin, j'allais pouvoir me reposer avec Randy. On allait se saouler, oublier tout, se détendre. J'aimais les soirées avec Randy, quoi qu'il arrivât. Mais cela faisait un certain temps que je faisais attention à ne pas boire trop avec lui. Il ne fallait absolument pas que je sois bourré en sa présence, sinon quoi je lui aurai sorti toutes sortes de choses honteuses que je gardais pour moi. Petit secret. Ma pire faiblesse sûrement. Il se releva, sensuel, comme d'habitude, puis s'approcha de moi d'une démarche souple et élancée, me tendit une flûte. Je lui pris les deux tandis qu'il tentait d'ouvrir la bouteille. Il se mit à tirer sur celle-ci, placée juste entre ses jambes, le visage relevé et contracté, les biceps bandés sous l'effort. Il enleva le bouchon dans un cri très sexuel. Randy me servit un verre, s'en servit un lui-même, puis s'assit à côté de moi sur le lit, le corps reposant sur sa main placée sur le matelas. La coupe de champagne lui allait à ravir : ses grandes mains tenant délicatement le verre, le liquide pétillant autant que les quelques gouttes de sueur sur son torse entrouvert par le petit bouton de trop défait de sa chemise blanche. Quand il vit que je le regardais, il sourit. Puis il expliqua, me regardant dans les yeux :

- J'ai mis une chemise, je savais que tu allais t'inviter.

Je souris un peu à mon tour, quoi que mes yeux fussent inexplicablement chagrinés. Il le remarqua, puis passa sa main derrière ma nuque, m'attira à lui. Il posa son visage contre le mien et chuchota :

- Hé… Oublie-les Johnny…

Je ne savais pas trop si mon humeur maussade était des quelques guignols qui avaient refusé mon invitation, mais je hochai la tête contre son visage en fermant les yeux. Je préférais mille fois être avec mon meilleur ami. Surtout qu'il n'était pas au courant que certains m'avaient invité en bas. Il me pressa une seconde contre lui, puis se redressa, reprenant plus fort en me tendant sa coupe :

- Allez : joyeux anniversaire.

Je trinquai avec lui, yeux dans les yeux comme le voulait la tradition, puis il vida d'une gorgée le verre de cristal. Il s'en reprit un second. Je bus à mon tour, puis observai :

- Elles ne risquent pas de faire long feu…

- On s'en fout, j'en ai plein d'autres.

Je poussai un faux soupir soulagé. Randy me proposa de nouveau un verre. Je refusai. Un seul suffisait pour l'instant. J'avais envie de faire la fête ! Nous continuâmes à discuter tous les deux, jusqu'à ce que je n'y tienne plus.

- Tu danses avec moi ?

Il me regarda, fronçant légèrement les sourcils, semblant ne pas comprendre. Il finit par tourner les yeux dans la chambre et aperçut un poste de radio.

- On ne peut pas, rétorqua-t-il, ça va faire un bruit monstre pour les voisins…

A cet instant je sortis, tout sourire, deux Ipod.

- Regarde ce qu'on m'a offert comme cadeaux !

Je lui en tendis un, puis lui expliquai, déroulant les écouteurs du mien :

- On va chacun mettre notre musique, comme on n'écoute pas le même genre.

Il me regardait, sceptique, tandis que je choisissais déjà une plage. Je l'imaginais très bien ne pas comprendre et se sentir idiot à l'idée que l'on danse seuls… Mais c'était ma fête après tout. Je relevai les yeux vers lui soudainement, le voyant toujours immobile. Je soupirai.

- Un slow Rands, allez…

Devant ma requête, il ne put que soupirer et capituler, se dirigeant entre la chambre et le salon, près de la fenêtre. Je le suivis tandis qu'il branchait les fils du lecteur. Légèrement mal à l'aise la première seconde, il me prit dans ses bras, passant ses mains derrière mon dos. Je démarrai ma musique, puis le vis choisir la sienne.

- J'ai mis du Metallica, si tu veux…

Il hocha la tête, me laissant croire qu'il la mettrait, puis garda l'Ipod dans la main, au creux de mon dos. Je lui enlaçai donc la nuque et me mis contre lui. Je sentis la musique démarrer, sensuelle. Simple envie pour me mettre dans l'ambiance, j'avais choisi « Ti Amo », cette musique très érotique qui me fit me rapprocher de Randy. Il suivit mes pas, lents. Je ne savais pas s'il arrivait à garder ce rythme mou en écoutant du métal, mais profitai avec joie du moment intime.

« Ti. Amo… »

J'avais toujours eu un faible pour Randy. Je ne l'avouerais pour rien au monde, et, les années passant, j'avais réussi à m'habituer à l'idée de ne pas l'avoir pour moi. Nous étions mariés. Il avait une fille. J'étais simplement heureux que mon anniversaire soit tombé un jour de semaine, pile quand nous n'avions pas toute cette seconde vie qui nous rattrapait. J'oubliais, je jouais le rôle du meilleur ami. Et puis… Il n'avait jamais semblé intéressé. Ni par moi, ni par un homme quelconque.

« Ti. Amo. Ti amo. Ti. Amo… »

Je soupirai, chose qu'il ne put entendre, puis me laissai bercer par la musique, par les bras de Randy. Je sentais sa nuque entre mes doigts, mes bras nus effleurant sa chemise dans un frôlement joueur. Je sentais au fil des minutes nos corps se rapprocher, nos mains peut-être inconsciemment serrer nos corps. J'étais à présent vraiment collé à lui, et je posai ma tête sur son épaule. Le décor semblait se dissoudre, disparaître sous la tendresse que j'éprouvais, sous la musique me donnant des frissons. Oui, la musique, me forçai-je à penser, c'était la musique qui me faisait frissonner… Lentement, Randy se mit à murmurer dans mon cou. Je n'entendais pas. Il avait les yeux clos, redonnant à son visage toute sa splendeur endormie, penché sur ma nuque. Le souffle de ses mots me caressa la peau. Ils étaient lents, soupirés du bout des lèvres. Sans doute chantait-il les paroles… La musique s'emballa de mon côté, pour un long final brûlant où je ne pus que me rapprocher de lui, l'amenant près de moi de mes mains contre son cou. J'aurais aimé l'entendre chanter. Cela m'étonnait. J'essayai de me rappeler si Metallica avait déjà fait un slow qu'il aurait pu choisir, ou que j'aurais pu mettre sur le mp4 mais ne n'en trouvai pas. Je m'approchai encore plus étroitement de lui, collant nos ventres, nos bassins, nos cuisses dans un tourbillon de passion que la musique m'imposait, accélérant, augmentant de volume, me faisant me languir des souffles réguliers de Randy dans mon cou, qu'il soupirait maintenant les sourcils froncés, remuant légèrement la tête, passionné. Ses mains se pressèrent contre mon dos, me relevant contre lui, et je me blottis dans le creux de son cou. J'étais tout étourdi.

- Ah… Jurai-je, l'alcool me fait tourner la tête…

Randy se releva un peu, puis tourna la tête vers mon visage sur ses épaules.

- Tu n'as bu qu'un verre John…

Sa voix avait quelque chose de spéciale, que je ne sus déceler. Je répondis, étirant mes lèvres en un demi-sourire indéfinissable :

- Il y a des personnes avec qui il ne vaut mieux pas que je boive…

Randy prolongea son regard en coin vers son épaule, puis se remit doucement sans un mot près de ma nuque. Je me sentais si bien… Mes doigts se pressèrent contre sa peau, avides, lorsque les dernières notes retentirent, me ramenant doucement à la raison. Je passai une main sur mon visage pour reprendre contenance puis chuchotai :

- C'est fini.

Randy continua de nous faire tourner avec douceur, susurrant en retour :

- Attends, il reste une minute…

Je me laissai donc porter avec joie, rangeant discrètement le lecteur dans ma poche et me remis contre lui. Je n'entendais toujours pas la musique. Il avait arrêté ses soupirs, à mon grand regret puisque ceux-ci avaient été agréables. Il était sensuel. Je me doutais que la cadence augmentait lorsque sa poitrine se gonfla, m'amenant plus encore contre lui, tandis que ses mains glissèrent très légèrement contre mon corps, dans des caresses viriles, appuyées, mais discrètes. Il se remit à chuchoter sur ma peau nue, mais si bas que je n'entendis pas.

- Qu'est-ce que tu écoutes ? Demandai-je enfin.

Même si je n'y connaissais rien au métal, cela m'intéressait de savoir quel musique hardcore était fredonnée de la sorte.

- Rien. Répondit-il hâtivement, me lançant un regard rapide.

Je fronçai une seconde les sourcils, perplexe. Pourquoi ne me le disait-il pas ? Que cela pouvait-il bien lui apporter de me cacher le nom d'une chanson tonitruante que je n'écouterai jamais ? Par curiosité, je tentai d'attraper l'Ipod derrière mon dos mais il le retira aussitôt, tendant le bras hors de ma portée. J'essayai de l'atteindre par tous les moyens, joueur, lorsqu'il le mit dans son dos. Je le suivis, collé contre lui en relevant mon visage flatté d'un sourire. Il le glissa tout à coup dans son boxer. Ce fut à son tour de sourire, fier de lui, et je me résignai. Un soufflement rieur de ses fosses nasales me chatouilla le visage. Faussement vexé, je plaçai mon visage à côté du sien, parfois le frôlant, les mains à présent contre son dos. J'allais l'avoir… Pensai-je, coquin. Nos pas étaient langoureux, exerçant des frottements contre nos propres jeans. Randy ne semblait pas le remarquer. Il ne semblait rien remarquer. Une sorte de… transe. Je glissai doucement, lentement mes mains le long de son dos, en atteignant le creux, sentant ses muscles liés sous mes doigts… J'arrivai à ses fesses sans qu'il ne semble le noter ou protester. Soudain, je faufilai mes deux mains sous son boxer puis en sortis celle tenant l'Ipod, triomphant. Il tenta d'un geste de me le reprendre.

- Ah ! Si tu croyais que ça allait m'…

Je me figeai. Dans la course, les écouteurs s'étaient détachés. La musique retentit soudain en haut-parleur.

« Love you-u-u… »

Mes yeux s'écarquillèrent et se levèrent vers Randy. Je ne me serais pas formalisé de la chanson s'il n'eut pas paru soudain à l'extrême de l'embarras. Une musique romantique ? « Love you » ? Il tourna la tête, la mâchoire contractée. Une de mes mains était toujours sur ses fesses.

« I will always… love you-u-u… »

J'avais la bouche grande ouverte de stupeur. Non… Non…? Randy… ? Tandis que les trémolos de la voix de Whitney Houston retentissaient dans une voix énamourée dégoulinante d'amour, je me sentis m'empourprer affreusement. Je me rendis compte qu'il m'avait susurré le refrain dans les oreilles. « Je t'aimerai toujours ». Je t'aimerai toujours ?! Le silence seulement entrecoupé par la chanson passionnée s'intensifia, compact, alors qu'une veine s'affolait sur la tempe de Randy.

« Oh Darling, I love you-u »

Le silence, palpable, dur. Je t'aimerai toujours ? Randy était immobile, tendu d'une gêne affreuse, si affreuse que son cou rougit à son tour. La chanson se conclut sur les dernières notes. Un court moment de mutisme suivit. Randy… Amoureux de moi ? Puis, alors que j'avais toujours la bouche ouverte, ahuri et le visage rouge vif de trouble…

« Aujourd'hui c'est ton anniversaire ! On est tous là pour toi ! On t'aime ! »

Le lecteur enchaîna avec la chanson suivante.

« Joyeux anniversaire ! Nos vœux les plus sincères ! »

Randy ferma les yeux, expirant difficilement par le nez, se mordant les lèvres.

« JOYEUX ANNIVERSAIRE ! »

- John… Je…

Il s'interrompit, la rougeur de son cou se propageant jusque sur son torse à présent.

« JOYEUX ANNIVERSAI-AI-RE ! »

Je crus bien que j'allais définitivement rester pétrifié de surprise à vie, ce qui aurait été assez fâcheux, à trente-trois ans, de finir en porte-manteau, mais la sonnette retentit tout à coup. Je me réveillai comme foudroyé par une décharge électrique, puis éteignis la musique, enlevai ma main du boxer de Randy et me précipitai vers la porte de la chambre. Je l'ouvris à la hâte. Cody, Ted, Evan et quelques catcheurs du roster.

- Salut ! Firent-ils d'une même voix.

- On vient t'apporter tes cadeaux ! Enchaîna Ted. On se doutait que t'étais avec Randy !

J'étais absolument incapable de fermer complètement ma bouche. Avant que je n'ai pu réfléchir à une réponse ou même envisager de réfléchir, l'un deux lança :

- Eh ! Mais t'es rouge pivoine John ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Merci, balbutiai-je en clignant des yeux, Ca… ça va aller.

Et je refermai la porte. Je me retournai. Randy était évidemment toujours là. Il n'avait pas bougé d'un centimètre, le visage de plus en plus contracté, tourné vers un point imaginaire. Randy. Randy Orton. Réellement amoureux… de moi ? Une sorte de besoin d'évacuer toute cette tension me prit, mais je le rejoignis au même endroit qu'avant. Je le dévisageai. Le même silence reprit, avant que Randy ne propose froidement :

- John… Je crois que tu devrais rentrer.

J'étais tétanisé. Au moins avais-je refermé ma bouche. La respiration de Randy s'était mise à accélérer, et elle le fit encore, alors que la rougeur due à sa honte grimpait sur son visage. Je ne l'avais jamais vu rougir, et je le trouvai magnifique lorsque sous sa peau ses joues passèrent au rose soutenu, presque discrètement. Vu que je ne bougeais toujours pas, il se mit à haleter, puis fis glisser une main tremblante sur sa poitrine.

- J'ai besoin… de… prendre l'air…

Il fit volte-face et se dirigea vers la fenêtre, l'ouvrit et se glissa contre elle pour sortir. Un ange passa. Mon cerveau était à la fois complètement stone et empli de questions. J'avais compris aussitôt en entendant les paroles. Sa réaction avait tout de suite été extrême. C'était pour cela qu'il n'avait pas voulu que j'entende la musique. Des bruits se firent entendre dehors. Des râles saccadés suivirent. Je me dirigeai rapidement vers la porte, puis courus vers la fenêtre en entendant une respiration difficile. Je sortis à la hâte sur le balcon, cherchai Randy du regard. Il était assis dans le coin opposé, les mains fermement accrochés aux barreaux de la rambarde. Ses expirations étaient fébriles, rapides. Son thorax se soulevait à rythme anormal.

- Randy ! M'exclamai-je, en tombant à genoux devant lui.

Il avala sa salive, puis commença à suffoquer, levant le visage pour trouver un peu d'air.

- Qu'est-ce qui se passe ? Randy, réponds ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- An… Angoisse… Parvint-il à murmurer, avant de se raidir brusquement.

Une crise d'angoisse. Une crise d'angoisse. La peur se répandit dans chacune de mes cellules. Son corps fut parcouru de longs spasmes. Sa gorge râlait pour avoir de l'air. Il ferma les yeux.

- J…John ! Hurla-t-il, apeuré.

Je me précipitai pour le prendre dans mes bras. Je le serrai contre moi pour le rassurer. Ses mains étaient prises de sursaut contre la barricade. Les halètements s'intensifièrent. Pitié non ! Je l'amenai au milieu du balcon puis l'allongeai. Je dégageai aussitôt tout ce qui pourrait l'encombrer : ceinture, chemise. Je le déshabillai. Il finit en boxer. Sa tête se releva en arrière, tentant d'inspirer, en vain. Je me précipitai sur son visage, l'entourai de mes mains. Par réflexe, je l'embrassai. J'ignorai les milliers de frissons qui me parcoururent, j'ignorai l'extase, le délire, puis le lâchai.

- Randy ! Suppliai-je. Respire bon sang ! Ne meurs pas comme ça !

La panique me fit l'embrasser de nouveau, et je passai ma langue entre ses lèvres, passionnément. C'était un baiser désespéré, où je ne pouvais lui montrer combien je l'aimais moi aussi. Rapide, brutal. Je quittai ses lèvres pour me blottir contre lui. J'entendis son cœur affolé. Il reprit soudain sa respiration. Les halètements ralentirent légèrement. Je me mis au-dessus de lui et l'observai. Les yeux toujours fermés, la poitrine soulevée à un rythme effrénée, les mains au sol dont les convulsions s'espacèrent. Je glissai de nouveau mes mains autour de son visage. Une longue minute passa avant qu'il ne rouvre les yeux. Je soupirai de soulagement, rasséréné de revoir ces yeux gris-bleu qui me regardaient, un peu fermés. Je me calmai à mon tour, puis restai ainsi à genoux sur son torse nu, son corps presque entièrement dénudé, sur un balcon froid qui nous glaçait les mains. Seule la lumière orangeâtre de la chambre, filtrant à travers la fenêtre éclairait presque parfaitement Randy. Quelques minutes passèrent où il reprit son souffle, peut-être apaisé de savoir qu'au moins, l'embrasser ne m'écœurait peut-être pas autant qu'il l'avait pensé. A présent, son corps avait repris sa belle couleur originelle. Il finit par souffler, ironique :

- Ca ne sert à rien de déshabiller quelqu'un qui fait une crise d'angoisse. Et fourrer ta langue dans les amygdales d'un mec qui étouffe ça ne l'aide pas non plus.

C'était vrai. Je me sentis tout à fait débile. Jusqu'à ce qu'il sourît.

- … Même si c'était très agréable.

Je souris à mon tour, puis le regardai. Nous restâmes un temps indéfini ainsi, souriants. Je déglutis difficilement. Me penchai doucement sur lui, m'arrêtai. J'étudiai son regard, qui ne semblait pas me repousser comme toutes les fois où j'en avais rêvé, puis me penchai de nouveau. Il ferma les yeux…

Et ce putain d'Ipod se remit en marche.

« JOYEUX ANNIVERSAIRE ! JOYEUX ANNIVERSAIRE ! Nos vœux les plus sin… »

- Ah ! M'écriai-je soudainement, hargneux.

Je sortis de ma poche le lecteur audio et le balançai. Il rebondit contre les barricades. Se mit juste à côté de nous.

« On est tous là pour toi ! On t'aime ! »

Je regardais maintenant la chose avec horreur. Je relevai vite Randy par les épaules, le voyant faible, puis le traînai jusqu'à l'intérieur.

- Vite, vite ! Pressai-je, dans une de mes folies bien connues.

Je fermai solidement la porte, soulagé. Ces Ipod étaient de vraies plaies ! Oubliant pour quelques secondes que je venais de manquer le baiser de ma vie, j'amenai le corps de Randy près du lit, puis l'assis dessus, avant de nous faire tomber allongés, épuisé, moi sur lui. Il était redevenu entièrement calme, un peu fatigué sans doute, la respiration régulière et les yeux légèrement clos. Il était si beau… Randy était toujours en boxer, un boxer noir très sexy, qui, si je n'avais pas été allongé sur la moitié de son corps, soutenu par mes mains enfoncées sur le matelas, m'aurait laissé voir à quel point il le moulait, dessinant parfaitement la ligne de son sexe. Je perdis mon sourire amusé en le regardant. J'ouvris la bouche pour parler, m'arrêtai, demandai finalement :

- Tu m'offres quoi pour mon anniversaire ?

Un instant d'hésitation traversa les yeux de Randy, avant qu'il ne réponde :

- Je t'ai offert la fête, ingrat.

Il se mit à sourire, mais bien qu'il ait dit cela pour que je risse, je ne le fis pas. Je me mis maladroitement sur les coudes, me rapprochant, puis proposai dans un murmure :

- Tu… Tu pourrais peut-être… m'embrasser, …comme cadeau…

Randy m'observa. Alors, encore mal à l'aise, je rajoutai, un peu confus :

- Tu vois… Pour déconner…

Il ne tint pas compte de ma dernière phrase, passant une main derrière ma nuque qui glissa, me caressant. Il m'approcha lentement. Un léger souffle, anxieux ou impatient, me saisit alors que je n'étais plus qu'à quelques millimètres de son visage. Il ferma les yeux, joignit nos lèvres. Le contact me fit aussitôt frémir et il me caressa la nuque, s'en rendant compte. Randy bougea ses lèvres, m'ordonnant d'ouvrir la bouche. Je m'exécutai, puis sous ses ordres, la refermai. Il refit le geste sensuel, exaltant, avant de se détacher une seconde pour mieux m'embrasser. Sa langue sortit pour me lécher les lèvres, lentement. Il fit délicatement le tour de ma bouche ainsi, alors que je l'entrouvrais, émoustillé de cette douceur. Ayant ma permission, il l'introduisit entre mes lèvres, l'explorant gentiment. Il la fit glisser sur mes dents, mon palais, puis toucha timidement ma langue. Je soupirai de plaisir, l'invitant à continuer.

Mon membre commença à se raidir de désir contre son boxer. Il s'en rendit compte, et, réjoui autant qu'excité, passa sa seconde main dans mon dos, m'attirant à lui. Je frissonnai, puis eus la chair de poule lorsqu'il commença à toucher ma langue dans de légers va-et-vient. Je répondis, fondant littéralement devant ses touchers timides et dans ses bras, en mêlant ma langue à la sienne. Il me la caressa, puis, si sexuel que je bandai plus fort entre ses jambes, il referma ses lèvres autour de ma langue et m'effleura de celles-ci. Il recommença plusieurs fois en glissant sa bouche autour de moi. Puis il m'embrassa une dernière fois, me mordillant doucement. Il rouvrit les yeux tandis que les miens restèrent fermés, mes lèvres légèrement entrouvertes, expirant charnellement de plaisir. J'avalai ma salive qui avait le doux goût de la sienne, de sa langue fraîche, presque docile.

- Encore… Réclamai-je.

C'était si bon. Randy se précipita sur mes lèvres pour continuer le baiser, un peu plus pressé. Il reprit ses mordillements. Je gémis. J'en avais tellement rêvé. Et lui… Je souris. Il bougea et je sentis Randy appuyer son membre raide contre ma cuisse dans un soupir. Il envahit ma bouche de sa grande langue. Je demandai dans un gémissement :

- Plus…

Sa respiration s'accéléra. Sans quitter mes lèvres, il nous fit basculer pour être au dessus, puis nous remonta en travers du lit. Il était à quatre pattes au dessus de moi et j'observai son torse parfait, ses épaules musclées et fermes, ses bras tatoués, ses mains… Ses mains viriles, qui, un instant sur le matelas, attrapèrent le bas de mon t-shirt pour me l'enlever. Il le jeta sur le lit. Reprit le baiser. Je nouai mes bras autour de son cou, me plaquai contre son corps dans un mouvement excité. Il s'allongea sur moi, mettant en contact nos deux torses alanguis. Mmmmh… Randy… Il était si bon pour ça… Tout ce qu'il faisait était si juste, délicieux… Il pressa ses lèvres contre les miennes, enleva mon pantacourt rapidement, défaisant les boutons et la fermeture éclair. Nous étions maintenant en boxer l'un contre l'autre. Je fis frotter mes cuisses contre les siennes, les siennes si musclées et longues… Mes mains remontèrent dans son cou alors que je rompais le baiser une seconde, reprenant mon souffle en souriant. Il en profita pour m'enlever mon boxer, restant plongé dans mes yeux bleus. Son visage était brûlé de passion, et d'amour, l'amour qu'il ne m'avait toujours pas avoué. Je repris le baiser, haletant. Il frotta légèrement son sous-vêtement contre mon membre dur, raide d'envie de lui.

- Randy… Gémis-je sur ses lèvres.

Il appuya plus, langoureux, et je renversai ma tête en arrière. Il s'aida de ses mains pour remonter sur mon visage, se frottant plus vite. Le tissu m'excitait. Je le voulais tout entier, rien qu'à moi… Il continua ses va-et-vient sur moi, cependant qu'il chuchotait plus amoureusement dans mon oreille :

- Je pourrais t'offrir d'autres choses, John…

Je tendis le cou vers lui, souhaitant qu'il m'embrasse et il descendit ses lèvres vers moi dans un soupir brûlant. Il s'exécuta, langoureux, tendre et charnel, me remplissant de baisers au creux du cou tandis que je gémissais de plaisir. J'écartai mes jambes sous lui, pour qu'il fût plus près de moi. L'invitation le fit me mordre. Il se rattrapa, m'embrassant sur la morsure, puis se redressa au-dessus de moi. Je dégustais rapidement des yeux ses magnifiques tétons roses durcis de désir, puis affrontai les yeux glaciaux de Randy, alors qu'il m'annonça tout à coup, presque solennellement dû à l'hésitation qui le saisissait :

- Je t'ai acheté un cadeau.


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