Note de la traductrice : Voilà un nouvel HPDM ! une des meilleures entrées de la hpdmcareerfest 2012 sur livejournal, recommandée par Sara Holmes (bénie soit elle). Des internautes ont proposé des idées de scénarios avec des Harry et Draco aux carrières inhabituelles, et voici la proposition que l'auteur de cette fic a retenue :

« Epoque : Post-Poudlard EWE ou UA.

Scénario : Draco est un escroc sublime et beau parleur, doué d'un talent d'acteur exceptionnel et aux tendances cleptomanes. Harry, chasseur de primes coincé, est engagé par une compagnie d'assurance, que Draco a escroquée plus d'une fois, pour le traquer. Draco a une nouvelle cible en tête et Harry est déterminé à l'attraper. Un jeu du chat et de la souris.

Éléments imposés : Musée du Louvre ; la toile disparue de Léonard de Vinci La Bella Principessa (d'une valeur de 150 millions de dollars) ; le « Pudding au chocolat le plus cher du monde » du Chef Marc Guibert.

A éviter : des hommes efféminés, des comportements dominant/dominé stéréotypés, le mpreg, des déviances hardcore comprenant des fluides corporels dégueu, mort de Harry et/ou Draco, une histoire qui finit mal.

Rating : au libre choix de l'auteur. »

Et voici ce que olimakiella en a fait :

Titre original : The Princess Thief

Choix de carrières : Draco : cambrioleur – Harry : Chasseur de primes

Rating : M

Couple : Harry/Draco

Résumé : Mercredi, 10h du matin, au Musée du Louvre : l'exposition temporaire sur Léonard de Vinci est envahie de fumée. Les services de sécurité de l'aile Sully ont fermé la salle de La Chapelle et fait évacuer le public vers le rez-de-chaussée. Lorsque la fumée se dissipe, les agents de sécurité se félicitent : tout est resté en place, la crise est évitée. Plus tard, lorsqu'ils repèrent sur les vidéos de surveillance un jeune homme qui sort de la Pyramide avec une grâce tranquille et un petit sac en toile noir, ils alertent la Police Nationale…

Avertissements : UA total. L'auteur n'est pas de citoyenneté française ! et donc il risque d'y avoir des erreurs concernant le système policier français. Certains sorciers de la saga sont ici des moldus (mais pas tous), Draco a un accent français… + frustration purement gratuite, un peu de tension sexuelle et du smut, pour le plaisir.

Longueur : 31 697 mots (en anglais). [Ndt : C'est posté comme un OS, mais très, très long, alors je l'ai découpé en 9 chapitres. Sera entièrement posté au cours de l'été !]

Disclaimer : Tous les personnages décrits dans des situations sexuelles sont majeurs. Merci à HP Lexicon et Google Maps pour des infos mineures sur certains lieux et personnages (Street View, votre meilleur ami lors des scènes de courses-poursuites dans les grandes villes). Un grand merci également aux sites Internet d'Interpol, Scotland Yard, Artscope Insurance, The Crown Prosection Service et du Musée du Louvre pour leurs précieuses informations. On ne me colle pas un procès, s'il vous plaît, et on ne m'arrête pas. Merci. Et merci aussi aux serveurs de Pizza Express pour leurs explications sur leur système de pourboires. Au passage, je tiens à préciser que je ne possède ni iPod, ni iPad, ni aucun produit Apple.

Bonne lecture !

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Le voleur de princesses

« Saisir plusieurs petites occasions

peut nous permettre de toucher au but plus rapidement

que si l'on attend la grande. »

Hugh Allen

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Les sirènes d'alarmes surprirent tout le monde et les visiteurs se retournèrent de tous côtés sans comprendre ce qui se passait. Lorsqu'ils virent les gardiens du Musée du Louvre se précipiter dans la salle, ils commencèrent à paniquer. Puis ils virent la fumée : la salle de La Chapelle où se tenait l'exposition Léonard de Vinci en fut envahie. Des rumeurs de conspiration, de meurtre et de vol se propagèrent tandis que les gardiens évacuaient les visiteurs avec une efficacité exemplaire, leur intimant de suivre les panneaux d'indication jusqu'au rez-de-chaussée ; certains touristes invétérés s'empressèrent de sortir leurs appareils interdits pour prendre des photos à la dérobée de ce qui allait sans doute être le premier vol au Louvre depuis la débâcle de l'affaire Corot en 1998.

Dès son arrivée à sept heures du matin ce jour-là, la conservatrice Madeleine Duprée avait sentit que ça allait être une journée compliquée. Ces trois dernières semaines n'avaient consisté qu'en des discussions interminables avec les collectionneurs qui prêtaient leurs pièces pour l'exposition et leurs compagnies d'assurance. Celle dont on parlait le plus, bien sûr, était La Bella Principessa, une œuvre récemment acquise à son propriétaire actuel en Suisse. Comme toujours, les mêmes disputes éclataient entre les universitaires et les spécialistes d'Histoire de l'Art qui défendaient divers points de vue sur des questions de « propriété légitime » à coup de probantes expertises.

Madeleine soupira lourdement en s'engageant dans les escaliers qui menaient au poste de sécurité. Ils n'avaient ouvert que depuis une heure et l'exposition elle-même ne devait ouvrir qu'à dix heures. Elle regarda sa montre. Dix heures moins le quart. Elle leva les yeux au plafond.

« Est-ce qu'on a laissé entrer quelqu'un avant que ça n'arrive ? demanda-t-elle dans un français courant.

- Non, Mme Duprée, aucun visiteur n'est encore entré dans la galerie, nous attendions d'avoir votre avis avant d'envoyer les agents.

Il se retourna face à elle :

- Faut-il alerter la Gendarmerie ?

Madeleine parcourut l'image caméra du regard. Les agents étaient chargés des rondes dans le bâtiment et de la sécurité ; cette exposition ayant été son bébé pendant plus d'un mois et demi, il était normal qu'ils attendent ses directives. Elle plissa les yeux devant l'écran et soupira de nouveau, baissant les bras. À l'extérieur, le public commençait à s'impatienter. Les portes étaient fermées et elle ne pouvait procéder aux fouilles des sacs que si elle savait ce qui avait disparu. Il allait lui falloir descendre. L'épaisseur de la fumée était telle, dans la salle qui apparaissait à l'écran, que l'image semblait immobile.

Elle ramassa son café et tourna les talons :

- Non, l'alarme va les alerter. Quand ils appelleront, mettez-les en attente. Ce serait bien d'éviter un nouvel incident à la Corot. Au pire, on peut faire passer ça pour un exercice. »

La fumée stagnait quand elle pénétra dans la salle d'exposition. Elle entendait déjà des voix crier « au feu » à l'extérieur. Elle attendit que la fumée se dissipe, ordonnant aux agents qui l'accompagnaient d'utiliser les éventails qu'ils avaient apportés pour dissiper la fumée aussi rapidement que possible. Elle en envoya quelques autres dehors pour dissuader les gens d'appeler les pompiers.

Quand enfin la salle fut suffisamment dégagée, Madeleine suivit le parcours de l'exposition, dressant la liste de toutes ces oeuvres qu'elle avait fini par connaître par cœur. Elle laissa échapper un soupir de soulagement en voyant que tout était resté en place ; elle ne s'était pas rendu compte qu'elle avait retenu son souffle pendant tout son parcours.

« Je crois que des félicitations sont de mise, dit-elle en se retournant vers son équipe. Nous avons évité la catastrophe et un véritable cauchemar de réclamation d'assureurs et de poursuites judiciaires.

Elle se tourna ensuite vers Marc :

- Vous pouvez laisser entrer le public. »

Marc acquiesça et transmit les indications dans le talkie-walkie accroché à son épaule.

À peine dix minutes plus tard, alors qu'elle remontait les escaliers avec Marc, après avoir présenté ses plus sincères excuses aux visiteurs, son beeper la fit sursauter et le talkie de Marc éclata en une flopée de jurons si inventifs qu'il dut couper le son. Ils firent leur sortie calmement afin de ne pas semer la panique, mais une fois hors du champ de vision du public, ils se mirent à courir.

« Quoi, que se passe-t-il ? demanda-t-elle, le souffle court, dès qu'elle eut ouvert la porte.

- Mme Duprée, il faut que vous voyiez ça.

Marc s'assit à côté de son collègue, qui rembobina la vidéo. Madeleine se pencha vers l'écran.

- Les ordinateurs ont détecté un visage de la liste de surveillance communiquée par Scotland Yard.

Un mauvais pressentiment la glaça :

- Qui est-ce ?

- Il n'y a aucun nom associé, répondit l'agent de sécurité, et le visage a changé, mais il correspond à quatre-vingt sept pour cent.

Madeleine croisa les bras, espérant atténuer la sensation de froid.

- Montrez-le moi.

L'image à l'écran se figea et Marc fit un agrandissement du visage de trois-quarts de l'homme qui quittait le musée par la Pyramide. Le cliché que leur avait envoyé les services britanniques avait décidément beaucoup de grain – sans doute une capture de l'une des nombreuses caméras de surveillance qu'ils avaient disséminées dans Londres – mais il était suffisamment clair pour distinguer les trois-quarts d'un visage. Bien que l'homme fût coiffé d'un chapeau, il était évident que la couleur de ses cheveux avait changé. Le brun du musée n'était pas le blond de la photo granuleuse, mais le visage, derrière les lunettes de soleil, était plus ou moins le même.

- Et merde.

La journée n'était pas complètement sauvée finalement. C'était exactement ce qui lui fallait : un des cambrioleurs les plus recherchés au monde dans son musée lors d'une tentative de vol.

- Bon, vous pouvez appeler la Gendarmerie maintenant, Marc. Et passez donc un coup de fil à Scotland Yard, tant que vous y êtes. »

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