Juste une mise au point (comme la chanson) Je ne m'inspire que des noms des personnages afin de pouvoir visualiser, mais cette histoire ne prend pas compte du côté personnification de nations, ce sont des humains tout simplement, bien sûr leurs caractères respectifs ressortiront (même si ce n'est pas le cas pour l'instant...). (Ne vous inquiétez pas, les prochaines fics seront plus Hetalia que celle-ci).

Pour le moment l'histoire se base du point de vu d'Arthur, et même si dans ce chapitre il est seul, on retrouvera d'autres personnages dans les prochains (les paris sont ouverts!)

Le titre et les phrases de début et de fin sont tirés du poème «Hélas» d'Oscar Wilde (magnifique poème à lire en anglais~)

Sur ce, bonne lecture!

Hélas!

The seasons mend their ruin as they go...

Une fois de plus il se contentait de regarder par la fenêtre. Contemplant ce monde si étroit et toute son agitation.

Il aurait vraiment voulu sortir, observer les nuages lourds d'une pluie à l'état fœtal qui ne tarderait pas à fouler sa peau d'une pâleur de porcelaine...ou juste mettre des fleurs sur sa tombe.

Mais une fois de plus il se contentait de regarder par la fenêtre, sentant les ténèbres prendre possession de son corps et de son âme un peu plus chaque jour.

Oui, seulement les ténèbres...

C'était le matin,sept heure, huit tout au plus, le soleil se levait avec peine; Arthur était étendu dans son lit, se rattachant à l'unique rayon de soleil qui, à travers les volets, laissait entrevoir un plafond blanc.

Il fallait se lever...se hisser.

Prenant appuie sur ses coudes, il fit un effort pour s'asseoir. Toujours ce même rituel. Il tira vers lui sa chaise roulante et transféra sa carcasse d'une prison à l'autre.

Une fois placé il attendit encore un peu, dans le noir, observant toujours cette tâche de lumière qui s'étendait comme de l'huile sur le plafond vierge.

Il ne voulait pas sortir, surtout il ne voulait pas atteindre le couloir. Il dut cependant s'y résoudre.

Ce couloir, long et aménagé pour lui...pour son handicap, qui était désormais une part de lui-même, qui prenait d'ailleurs plus de place que lui.

Mais surtout, ce miroir, ce grand miroir qui semblait lui rappeler chaque jour un peu plus à quel point il était diminué, qui semblait vanter un passé désormais résolu. Ce n'était pas faute d'avoir demandé qu'il soit retiré, mais qui pouvait l'entendre?

Comme toujours il ne put s'empêcher de s'arrêter devant pour observer ce qui fut autrefois son corps. Tout ce qu'il voyait désormais étaient ses jambes faibles, pendantes, immobiles, dans la position dans laquelle il les avait mises. Et ce corps, amaigri; bien sûr il n'avait jamais été gros, mais ses côtes saillantes témoignaient, de pair avec cette peau d'une clarté hivernale, du fait que son corps était déjà mort...qu'en était-il de son âme?

Il ne voulu regarder plus haut que son torse et se dirigea donc vers le salon.

Le salon, il allait enfin se plonger dans ce monde qu'il ne connaissait plus, qu'il n'approchait plus, qu'il ne pouvait plus approcher. Un écran...toujours un écran; celui de la baie vitrée, immense, imposante.

La douce lumière de l'aurore éclairait son visage, ses lèvres scellées, elle faisait briller sa peau; Mais pas ses yeux, ces émeraudes éteintes depuis si longtemps.

Arthur s'approcha, bloqué par sa chaise roulante, il avança son cou frêle et observa la capitale s'agiter dans le petit matin d'Hiver.

...And the slim crocus stirs the winter snow;