Bonsoir à toutes et tous. Je n'ai pas publié d'histoire depuis un bon moment maintenant et je reviens avec un fandom différent. J'espère pour celles qui me suivaient que ça vous plaira et pour les autres... Bienvenue !

Disclaimer : les persos sont la propriété de James Larosa, je ne fais que les emprunter.

Cette fanfic a été écrite, à la base, pour le site French Fics & Fanart.

Merci à ma bêta Coco pour son boulot, pas toujours facile ;-)

N'hésitez pas à me donner votre avis.

Sur ce, bonne lecture !


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1.

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Les Los Angeles Devils venaient de remporter le championnat. C'était le deuxième pour Zero qui avait déjà été sacré champion avec son ancienne équipe. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'Oscar s'était battu pour l'obtenir. Il voulait recruter l'un des meilleurs dans l'espoir de gagner, enfin.

C'était chose faite.

En arrivant ici, Zero avait un plan et ça ne s'était pas vraiment déroulé comme prévu.

Il était au milieu du terrain, indifférent à l'agitation autour de lui. Son regard était tourné vers les couples qui s'embrassaient. Il ne ressentait que la déception en cet instant. Il n'aurait pas le titre de meilleur joueur, pas cette année. Derek venait de lui voler.

Il n'avait définitivement aucune raison de se réjouir, car il n'avait personne avec qui le faire. Dans le couloir, alors qu'il répondait de plus ou moins bonne grâce à une interview, il vit Jude au loin. Zero ne l'avouerai jamais, mais la distance, à ce moment précis, était une torture. Malgré ça, il ne ferait rien pour changer cette situation. Il ne pouvait pas.

L'agitation amplifia quand la police fit son apparition pour arrêter Oscar Kinkade. Propriétaire de l'équipe et père de Jude. Dans père il faut comprendre géniteur. Parce qu'avant son arrivée entant qu'agent junior de Zero, Jude n'avait que peu vu cet homme et pourtant, il avait fait n'importe quoi pour s'attirer ses bonnes grâces.

Il voulait tellement que son père soit fier de lui, qu'il en était venu jusqu'à trempé dans des affaires pour le moins douteuses. Jusqu'au au jour où, en passant voir Oscar pour lui parler des soupçons de la police concernant le meurtre d'Olivia, - elle était l'ancienne directrice des Devils Girls-, ce dernier lui apprit qu'il le faisait surveiller depuis des semaines.

― J'ai mené ma petite enquête, lui dit son père sans lui laisser le temps de parler. D'après ton voisin, tu as un visiteur régulier. Un jeune homme. Apparemment tes murs sont fins et vous n'êtes pas discrets, il prit une pause, s'assit sur le devant de son bureau, son verre de Bourbon à la main et regarda Jude avec mépris. Si tu croyais que venir m'avouer ton homosexualité allait renforcer nos liens, alors tu me connais aussi peu que je te connais. Tu sais, ta mère était une femme simple, mais elle connaissait ses limites. Elle savait que je voulais m'élever et qu'elle ne pouvait pas suivre. Alors elle est partie et elle est passée à autre chose. Tu as voulu marcher dans mes pas…Je te conseil de suivre les siens plutôt.

Il fit le tour de son beau bureau en bois massif, signifiant que la discussion était close.

― Papa, pourquoi tu…

Et alors qu'il allait se rassoir dans son fauteuil hors de prix, il lui lança un regard tellement froid que Jude se tut immédiatement.

― Je n'ai pas de fils !

Jude resta figé, ne sachant quoi dire. Les sentiments se bousculaient, tous plus douloureux que le précédent. Sur un quiproquo, il venait de voir le vrai visage de son père et l'information avec laquelle il était arrivé, resta coincée dans sa gorge.

Contre toute attente, c'est auprès de Zero qu'il trouva une oreille attentive. Comme souvent ces derniers temps, il était là, quand Jude rentrait chez lui. Pour quelqu'un qui ne faisait pas dans les relations sérieuses, cette constatation le fit sourire.

Il s'assit à même le sol, se servant de son canapé comme dossier. Les jambes pliées, les coudes reposants sur ses genoux, il tentait de faire taire la douleur qui tiraillait son estomac.

― J'arrête pas de faire des trucs pour les autres, j'aimerai pour une fois que quelqu'un fasse quelque chose pour moi.

Zero sorti une enveloppe de l'un des tiroirs de la table sur laquelle il était appuyé et vint prendre place à côté de Jude, imitant sa posture et jeta le papier devant lui.

En voyant l'enveloppe rouge, Jude sut.

― Tu savais pour la cocaïne que je fournissais à Derek et tu as choisi de ne pas t'en servir contre lui, il tourna la tête pour regarder le blond, parce que ça m'aurai fait du tort, comprit-il sans un mot.

Parce que Zero ne l'aurai jamais dit, ils le savaient tous les deux.

― C'est bon, y a rien d'héroïque, s'exclama-t-il avec un sourire mal à l'aise. Mes parents m'ont abandonné. On m'a placé dans une famille d'accueil qui prenait les gosses pour le fric. Tu crois que c'est moi qui me suis donné ce surnom ?

Jude secoua la tête, le regard empli de surprise. C'était la première fois que Zero lui parlait de sa vie et il avait peur de briser l'instant en parlant.

― C'est comme ça qu'ils m'appelaient. Je l'ai gardé pour leur montrer de quoi Zero était capable.

― C'est quoi ton vrai nom, demanda Jude sans pouvoir s'en empêcher et comme il le pensait, Zero se referma.

― Si je te parle de ça, c'est pour que tu comprennes que c'est pas parce qu'une personne est censée t'aimer qu'elle le fera nécessairement. Le plus vite tu auras oublié Oscar, le mieux ce sera pour toi.

La conversation s'était terminée sur cette déclaration qui avait fait naitre un sentiment de désespoir chez Jude.

Il n'avait revu Oscar qu'une fois après qu'il l'ait renié. Ce fut pour son mariage avec Lionel, actrice sur le déclin et seule amie de Jude. Dire qu'il avait été surpris quand le facteur lui avait apporté le faire-part était un euphémisme. Celui-ci était accompagné d'un petit post-it.

― Qu'est-ce que c'est, lui demanda Zero intrigué par la mine déconfite du brun.

― Une invitation au mariage d'Oscar et Lionel, répondit-il le regard dans le vague.

― Depuis quand ils sont ensembles ? Tu étais au courant de quelque chose ?

― Non, justement.

Zero prit la petite note.

― Habille-toi bien, tu es mon témoin, Lionel !

Ils se regardèrent surpris. Finalement, ils y avaient été, ensemble, mais en tant qu'amis encore une fois. Chacun pour des raisons différentes. Zero pour accompagner le jeune homme et par curiosité, et Jude parce qu'il voulait une explication. Il voulait raisonner son amie. Il avait compris que ce n'était pas un mariage d'amour, mais il ne put rien faire pour arrêter Lionel.

La réaction de celle-ci quand la police avait embarqué son « mari » lui avait confirmé ses soupçons. Elle ne paraissait ni surprise ni attristée.

Quelques heures plus tard, quand la tension et l'agitation qui régnaient dans l'Aréna retombèrent, Jude chercha Zero qu'il trouva assis dans les vestiaires. Les coudes appuyés sur les genoux, la tête baissée. Visiblement, il avait pris le temps de se doucher et de se changer. Jude s'avança, les mains dans les poches de son costume, voulant se donner un air décontracté, tout le contraire de ce qu'il ressentait.

― Félicitation, bague numéro deux, s'exclama-t-il.

Zero releva la tête et on pouvait y lire l'amertume, la déception et la colère.

― Je ne suis pas venu ici pour être l'abruti de service de l'équipe. Je suis venu pour être le numéro un, c'est ce que tu m'avais promis, mais au lieu de ça, il prit une pause, j'ai vraiment tout perdu, souffla-t-il.

― Tu ne peux pas dire que c'est de ma faute. Tu t'es fait prendre avec le pantalon baissé et pas qu'une fois. Rappelle-toi !

― Est-ce que tu m'en veux encore parce que j'ai flirté avec cette fille au mariage ?

― Mais qu'est-ce qui te fais dire ça ?

Zero se leva et fit quelques pas vers Jude. Ils étaient proches, peut-être trop. L'un face à l'autre, ils se jaugeaient.

― J'ai menti à absolument tout le monde, sauf à toi. Je t'ai dit que je ne voulais pas de relation amoureuse, lui rappela-t-il avec véhémence.

― Non, tu ne veux pas de relation amoureuse avec un homme. Moi si ! Tu sais comment je le sais ? Parce que j'veux en vivre une…avec toi, lui avoua-t-il les yeux plongés dans ceux, d'un bleu hypnotique, de Zero. Après le match, je n'avais qu'une seule envie, c'était de t'embrasser. Comment tu aurais réagi ? Tu aurais paniqué ! Et pas parce que les gens auraient pensés que tu étais gay ou bi ou…peu importe la définition, mais parce qu'ils auraient vu une once d'authenticité en toi. T'es vraiment ridicule, tu l'sais ça ? Tu te contentes d'enchainer les costumes, ta personnalité est tellement enfouie que tu ne sais même pas qui tu es.

― Tu viens de découvrir que t'étais gay, pour ainsi dire, rétorqua Zero, piqué à vif.

― Non, pas pour ainsi dire, le coupa Jude, mais Zero enchaina.

― Et c'est à moi que tu t'en prends ?

Jude inspira une grande bouffée d'air, tentant de se calmer. Cette conversation était grotesque. Elle ne servait à rien.

― T'as raison, je suis désolé. Je suis en colère…contre moi. En colère contre toute cette situation. En colère de vouloir que tu me donne quelque chose et énervé de ne pas pouvoir l'obtenir. Mais par-dessus tout, ce qui m'énerve, c'est qu'il n'y ait rien que je puisse faire contre ça.

Sur ces mots, Jude tourna les talons sans faire attention au regard paniqué de Zero. Celui-ci ne comprenait pas ce qu'il voulait de plus. Il pensait que garder le secret de Jude était une preuve de ses sentiments. Il avait toutes les cartes en main pour évincer Derek et devenir la star de l'équipe, mais pour protéger Jude, il avait fait une croix sur ses projets. Le basketball était sa vie. Sa raison de se lever le matin, de se dépasser tous les jours…jusqu'à l'arrivée du brun. Jusqu'à ce que ses lèvres rencontrent les siennes. Jusqu'à ce que ses mains rencontrent sa peau. Jusqu'à ce que voir Jude sourire devienne sa priorité.

Il courut pour faire le tour d'une rangée de casier et fit barrage devant Jude avant qu'il n'atteigne la porte.

― Attends, où vas-tu ? Ne sachant quoi dire pour le retenir, Tu es mon agent, s'exclama-t-il bêtement.

Il avait une envie folle de se gifler à cet instant, mais il n'avait jamais eu les bons mots. Il était allergique aux effusions de sentiments.

― J'en ai marre de me contenter de pourcentage. Des pourcentages venant de mon père, des pourcentages venant de toi… Cette fois j'veux tout et je ne vais pas rester là, à attendre.

Ses paroles confirmèrent à Zero qu'il l'avait blessé. Il sentait qu'il était en train de le perdre. Ses pensées étaient confuses, les idées en vrac, il cherchait désespérément un moyen de le retenir. Pour la première fois depuis son enfance dans sa famille d'accueil, il eut peur.

― Gideon ! s'exclama-t-il comme on s'accroche à une bouée de sauvetage.

― Quoi ?

― C'est mon prénom, Gideon, répéta-t-il en se tournant pour faire face à Jude. Il vit un sourire naitre sur le visage du brun.

― J'aimerai beaucoup emmener Gideon à un rendez-vous. Dans un endroit public, ajouta-t-il. L'écouter me raconter qui il est vraiment. Si toi aussi tu en as envie, n'hésite pas à m'appeler, et il partit.

Zero se retrouva à regarder son affiche, grandeur nature, mise sous verre et placardée au mur, à l'instar de celles de ses coéquipiers, parsemées tout le long des couloirs qui serpentaient l'Aréna. Seul face à son image, il avait le sentiment d'être pris au piège. Tiraillé entre cette carapace qu'il s'était forgé et ses sentiments pour son agent.

Ce personnage né de la dévalorisation constante qu'il avait subi durant des années, lui avait sauvé la vie. Ces barrières qu'il avait érigées autour de lui, l'avaient aidé à se forger un mental d'acier. Les sentiments rendent faible. Ils sont inutiles, ils bousillent tout et finissent par nous détruire. À quel moment avait-il baissé sa garde ? Ses murs s'étaient fissurés sans qu'il ne s'en rende compte.

Seulement voilà, les consolider signifiait perdre Jude. Cette simple pensée était inconcevable. Il fallait qu'il lui parle, qu'il arrive à lui dire ce qu'il ressentait.

Zero était incapable de dire depuis combien de temps il tournait en rond dans son appartement. Le combat interne qu'il menait était rude. Il finit par aller se coucher. De toute évidence, il ne prendrait pas de décision aujourd'hui. Les derniers jours ont été épuisants. Il avait passé plus de temps dans l'avion et dans les hôtels que chez lui, ou du moins chez Jude. Entre les entrainements, les play-offs et la finale, il ressentait le besoin urgent de dormir.

Depuis l'arrestation d'Oscar c'est Lionel qui avait pris le contrôle de l'équipe. Elle promut Jude, le nommant vice-président et il prenait son rôle au sérieux, ne comptant plus ses heures de travail. C'est pour cette raison que Zero dût se trouver un nouvel agent. Et c'est comme ça que Lucas fit son apparition.

Jude ignorait autant que possible le blond. Tandis que celui-ci multipliait les rencontres au hasard ou presque, les attestions pour faire comprendre à son ancien agent qu'il lui manquait, mais encore une fois les mots ne venaient pas.

C'était sans compter sur ce sentiment vieux comme le monde…la jalousie.

Lionel était convaincu que Lucas en pinçait pour Jude.

― Il flirte avec toi, lui avait-elle dit à quelques minutes d'une réunion avec ce dernier.

― N'importe quoi, c'était insurgé Jude, mal à l'aise. Peu importe, j'ai pas envie.

― Encore ce gars ? Je ne sais pas qui il est, ni ce qu'il t'a fait, mais passe à autre chose. Et puis, il est pas mal, ajoute-t-elle en regardant Lucas arpenter le couloir, en pleine conversation téléphonique.

Son amie voulait qu'il use de ses charmes pour se mettre le nouveau dans la poche. Lucas représentait les joueurs, du moins certains, alors que Jude était passé de l'autre côté et défendait dorénavant les intérêts de l'entreprise.

Ce jour-là, ils avaient des contrats à étudier. Se mettre d'accord sur les termes, les avantages, la rémunération, etc…ça allait encore prendre des heures. Jude avait essayé maladroitement de flirter avec Lucas. Il se sentait ridicule et pas franchement doué.

― Je rêve ou tu essaies de me draguer ?

― Non ! bien sûr que non, s'était-il empressé de se défendre, mais devant le sourire de Lucas, il ajouta, pourquoi ? Ça marche ? demanda-t-il avec une grimace.

C'est comme ça qu'il avait obtenu son premier rendez-vous avec l'agent. Premier rendez-vous qui fut un échec total. Jude n'avait parlé que de son ex. Il n'était pas doué pour ce genre de chose. Lionel avait raison, Lucas était assez beau et plutôt sympa, mais il n'était pas Zero.

Il n'avait pas ce regard envoutant auquel Jude ne pouvait résister. Ce corps pour lequel il se damnerait. Zero connaissait tout de lui, était-il prêt à recommencer avec un autre ? Se confier, lui raconter son passé. Ses problèmes avec son père.

Il n'avait pas la réponse, tout comme il ne savait pas si Lucas accepterait de le voir après ce fiasco. Il quitta l'Aréna après une énième journée de travail abrutissante. Il était épuisé d'enchainer les heures, mais c'était toujours mieux que d'être seul chez lui à ruminer.

Il traversa le parking pour rejoindre sa voiture. Une Porsche Carrera noire, rutilante, offerte par Zero quand celui-ci avait décidé de faire de lui son agent numéro un, alors qu'il n'était qu'un junior. Il fut interpelé par Zero, posté devant l'énorme panneau publicitaire à son effigie.

Il venait encore une fois de sacrifier sa place en tant que capitaine de l'équipe pour protéger Jude.

― Terrence est parti. Je suis partout à sa place, s'exclama-t-il en désignant le panneau. Tu n'avais pas besoin de faire tout ça, mais je suis content que tu l'aies fait.

― C'est Lionel, répondit Jude, le regard fixé obstinément sur l'image. Ça fait partie de sa nouvelle stratégie médiatique. Tu es un membre important de l'équipe. Bonne nuit, et sans attendre il se détourna et prit la direction de sa voiture.

― Je suis un membre important de l'équipe, répéta Zero, passablement agacé, en le suivant. Tu me parles comme si j'étais un étranger. Après tout ce que j'ai fait ?

― Soit tu refuses de comprendre, soit tu ne le feras jamais.

Encore une fois, Zero se sentit pris au piège. Jude lui tournait le dos, il allait le perdre à nouveau et il ne savait quoi faire pour empêcher ça.

― Je t'aime, sont les seuls mots qu'il put prononcer, d'accord ? Il baissa la tête face au regard de Jude. Je…je t'aime, idiot !

― Je t'aime aussi, répondit Jude après quelques secondes. Et le visage de Zero s'illumina. Il sourit comme jamais auparavant, mais cette joie fut de courte durée. Mais ça n'a pas d'importance. L'amour ne suffit pas, poursuivit son ancien agent. J'ai besoin de quelqu'un avec qui je peux être une personne normale. Quelqu'un qui peut être avec moi de toutes les façons. Tu peux ? Tu peux faire ça ? insista-t-il.

Zero avait mal, mais comme depuis leur rencontre et peu importe ce qui lui en coutait, il ne mentirait pas à Jude.


Alors ?

A bientôt

Sarah