Auteur: La païenne d'en face
Genre: Flash back géant, romance, biographie
Couple: MelloxNear sur, et potentiellement (j'y réfléchis : MelloxMatt?, BBxOC?). Attention quand je dit couple, je parle pas forcément d'une histoire d'amour mais parfois juste de relations ambigüe.
Disclaimer: aucuns de ses persos ne sont à moi (Sauf S), mais un jour j'aurais assez d'argent pour acheter au moins une tablette de chocolat dans laquelle Mello aura croqué et je ferait des clones en utilisant son ADN.
Note: Ça faisait longtemps que j'avais envie d'écrire sur Mello et Near. Pour note, même si cette fic est radicalement tournée sur eux, mon OC Somni aura quand même un peu de texte à elle (J'en avais marre des persos féminins de DN, fallait que je tente de faire un peu mieux). Je pense aussi parler des autres enfants de la Wammy. Mattounet bien sûr, mais aussi A et B.
Mon histoire sera divisée globalement en trois partie: Les quatre premiers chapitres seront en quelque sorte une grosse introduction. Puis il y aura une partie flash back très importante et enfin un post flash back pour terminer.
Introduction
J'aime ce qui est net.
J'aime le blanc, la propreté. Le cliquetis répétitif des touches d'ordinateur, la mécanique délicate des jouets et les ambiances aseptisées. Tout ça n'est pas invasif. Ça n'altère pas ma pensée.
Les désordres émotionnels, les petits chagrins qui laissent le nez poisseux de morve, la colère qui enfle les artères, tout ça me donne une nausée douçâtre et diffuse.
Là. Voilà. Le silence c'est bien. C'est simple. Ça laisse assez d'espace à mon labyrinthe intérieur.
Ça aurait pût... Non, ça aurait dût continuer comme ça. Principalement dans cette tanière qu'est mon QG où tout est fait pour que je ne me sente pas mal à l'aise. Aussi parce que à peine dix heures après la mort de Kira, j'avais envie qu'on me laisse à ma tranquillité.
Ça avait commencé par une sonnerie de SMS. Une sonnerie courte mais joyeuse, brutale et excessive.
Déjà cette sonnerie témoignait d'une personnalité. Cette sonnerie détonnait dans la neutralité qui m'entourait et elle me dérangeait. Alors enfin, je regrettai d'avoir contacté S.
S était assise sur le sol, petite et maigre dans sa robe trapèze orange vif qui lui donnait l'air d'une pin up des années 60. Ses escarpins jaunes vernis à talons immenses contrastaient avec le fer à souder qu'elle avait en main et son visage qui se perdait parmi un nuage de fils colorés. La sonnerie de son portable s'éleva à nouveau et je me répétai à quelle point elle n'avait pas sa place dans mon espace, avec ses cheveux abimés teints en bleu électrique et sa culotte jaune qu'elle ne cherchait pas à cacher.
Elle sembla se détacher à regret de son amas de circuits électriques et ouvrit le clapet d'un coup sec. Je devinai d'instinct que ses yeux se mouvaient sur le message, et comme le clapet ne se refermait pas, je devinai aussi qu'il devait s'agir de quelque chose d'important.
Mais tout ça ne me concernait pas, alors je retournai à mon château de cartes, avec la précision d'un maniaque.
C'est alors que S se mit à rire.
C'était un rire guttural qui contrastait avec sa voix de petite fille. Il y avait trop de chose dans ce rire. De l'ironie, de la tristesse, de la colère et aussi une sensation de victoire.
Aussitôt la nausée revint, rampante dans ma poitrine. Beaucoup trop de mélodrame humain dans ce gloussement nerveux. Et il évoquait pour moi un souvenir précis et désagréable.
Elle avait eu ce rire une fois, il y a plusieurs années à la Wammy's. Je revois encore la salle commune, les fauteuils moelleux qui avaient perdus leur couleur et le visage de S quand Roger avait annoncé que B.B. avait été trouvé mort dans sa cellule, d'un arrêt cardiaque. Le sang avait déserté ses pommettes et elle avait eu ce rire hystérique qui restait bloqué au fond de sa gorge.
Je regrettai de plus en plus de lui avoir demandé de vérifier mon système électrique. Il allait falloir lui demander ce qui se passait. Mon corps se remplit d'une angoisse tiède mais par chance, je n'eus pas à trouver une formule spécifique car S me parla d'elle même, ce qui en règle général était des plus rare.
-C'est un message de Roger.
Je me tournais vers elle. Elle avait les yeux plissés et me contemplait avec une curiosité morbide. Je vis à la raideur de ses muscles qu'elle même ne se sentait pas bien. Mais elle attendait de lire quelque chose sur mes traits. Une expression fugace au moment où elle lâcherait le morceau.
-Il dit que Mello est mort.
Je sentis un grand vide en moi.
Les gens pensent que quand on évoque le vide, on pense au néant. De mon coté, je pense que la notion de vide s'associe à celle de vertige. J'eus le sentiment que mes oreilles internes dansaient la gigue et que le sol se dérobait sous mon corps recroquevillé. D'autant que je sache, mon visage n'exprima rien.
-Matt est vivant, ajouta S soudainement, Mais peut-être aurait-il mieux fallut pour lui qu'il meurt.
Pendant un instant, je m'imaginais qu'elle voulait dire par là que sans Mello, Matt n'avait pas vraiment de raison de rester en vie et je ne voyais là qu'une pathétique excuse de sa part pour s'affliger de son propre sort. Mais ce n'était pas ça.
-Ils lui ont extraits quinze balles du corps. Un rein et un poumon de perdu, le tronc cérébral touché au niveau de la vertèbre cervicale C3 et le lobe frontal droit abimé. Il restera tétraplégique à vie et son intelligence ne sera plus jamais ce qu'elle était.
Je laissais se glisser en moi leur image. Matt et Mello allongés sur les pavés. Et de leurs plaies s'écoulait un liquide qui n'était pas du sang mais m'évoquait de l'intelligence liquide. Des beaux cerveaux d'enfant qui s'étalent sur le sol, bientôt le monde leur marchera dessus.
Il y avait quelque chose d'obscène dans la fragilité de ses deux êtres qui possédaient une intelligence hors norme et la beauté inquiétante de la jeunesse. Je me sentis extraordinairement exposé moi aussi. Comme un ver qui aurait perdu sa carapace.
Il n'y avait rien de plus à dire. Un bruit sec me fit sursauter. S venait de claquer la porte du compteur d'électricité et remballait ses affaires.
Nous n'avions pas l'intention d'en parler. Il n'y avait rien de plus à en dire. Sa présence en elle-même me rappelait son rire qui à lui tout seul annonçait : « Je vous l'avais bien dit, nous y passerons tous... ».
Elle s'est levée, minuscule sur ses hauts talons et j'ai entendu au claquement de ses chaussures qu'elle se rapprochait de moi.
-Near.
Elle avait une voix de gamine bien qu'elle soit beaucoup plus âgée que moi. L'expérience m'avait appris à me méfier de ce ton de voix. Quand elle se pencha en avant, je me crispais, attendant qu'elle m'enlace avec une angoisse à peine dissimulée. Mais elle s'était contentée de déposer sa veste sur mes épaules avant de tourner les talons et de s'en aller.
Le vêtement sentait la fille. Pas une odeur de parfum, mais celle d'une lessive aux fleurs, d'une peau qui aimait le soleil. La veste me fit penser à ma mère et je n'aimais pas ça. A mon avis, les mères sont les êtres les plus dangereux au monde. Elles peuvent à elles seules vous donner de quoi réussir votre vie ou bien radicalement vous ôter tout moyen de le faire.
Mello aussi en connaissait un rayon à propos des mères. Mais même s'il était vivant, il n'en aurait pas parlé.
Je ne sais pas combien de temps je suis resté là à contempler mon château de cartes avec des yeux mornes. Mais S avait dût laisser une fenêtre ouverte car la porte claqua et tout mon travail s'écroula lentement, avec une légèreté pleine de grâce. Pendant un instant, j'hésitais à utiliser l'excuse de mon château à terre pour me mettre en colère. Mais qui se souciait de ma rage froide et sans violence, orale comme physique.
En soupirant, je me mis debout et quittait le centre de contrôle à la recherche de la cause de ce courant d'air inopportun. Le responsable était dans la cuisine. Où ce qui servait de cuisine sommaire à notre groupe de cuisiniers médiocres. La fenêtre (aux volets habituellement clos comme toutes les pièces du QG) était entrouverte sur S qui dormait, assise sur le sol, la joue contre le mur, la main sur le rebord, tenant le reste d'une cigarette qui s'était consommée sans elle (sans doute à la gloire de Matt car pour ce que j'en savais, Somni ne fumait pas) laissant une longue barre de cendre échouée.
Avec un soupir de lassitude, je rentrais sa main à l'intérieur et fermait le volet électrique.
A la mesure du possible, j'aimais cette cuisine. Elle était propre et aseptisée. On y trouvait du riz blanc, quelques yaourts natures jamais périmés et deux-trois autres bricoles nécessaires comme du café et des pastilles à la menthe. Rien de trop bon. Mais malgré tout, quelques effractions avaient dût être commises.
Mût par un instinct imbécile, je me mis à fouiller dans les tiroirs compulsivement, retournant les ustensiles et les torchons.
Avant de la voir, je l'ai entendue. J'ai entendu le bruit de l'aluminium qui se froissait autour d'elle alors que ma main la palpait. J'ai sortie la tablette de chocolat et je l'ai contemplée avec le cœur qui battait en sourdine dans ma poitrine. Il me fallut une demi-minute pour oser la dénuder, presque autant pour porter la sucrerie à ma bouche et finalement ne pas réussir à croquer.
Le chocolat à fondu dans ma bouche, lentement. Dans les romans pour jeune fille, le chocolat était souvent comparé à quelque chose de doux qui tenait du baiser.
Le baiser que me donnait Mello manquait de sucre. Il était à son image : noir, amer, agressif et trop intense.
Avant que je ne m'en rende compte, je finissais la tablette et en commençait une autre. Somni dormait toujours contre le mur, avec de petits ronflements qui ressemblaient plus à des sifflements.
Quand il n'y eu plus de chocolat, je suis resté les bras ballants pendant un instant. J'ai léché mes doigts un par un et puis je suis allé me coucher.
Cette nuit-là, je fis un rêve des plus troublants.
J'étais assis dans un grand bâtiments de pierre qui me faisait penser à la chapelle de la Wammy's. Une sorte d'église rurale et sobre mais dépourvue de symboles religieux. J'étais assis tout au fond, sur un de ses bancs durs en bois sombre. Une maigre lumière crue éclairait le centre de la sacristie où se trouvait Mello. Il était tel que la dernière fois que je l'avais vu. Adulte, défiguré, plus beau qu'avant que la défaite ne le déforme.
La lumière frappait son visage en diagonale de sorte que seul son profil intact semblait illuminé tandis que l'autre était dans les ténèbres. Il portait un haut en cuir zippé et son habituel pantalon moulant lacé sur le devant.
Je ne pouvait rien faire. Pas un geste, pas un bruit. Je pouvais juste observer Mello descendre ses mains ganté au niveau de son entrejambe et ouvrir sa ceinture.
Nous étions juste trois dans cette «église». Matt était là lui aussi. Assis au milieu de la nef, juste devant Mello qui se déhanchait, dans un fauteuil roulant. Son cou était soutenu par une minerve et une quantité de tubes et tuyaux le connectaient à un amas monstrueux de petites machines clignotantes arrimées derrière le fauteuil. Bien que je sois dans son dos, je devinai le regard vitreux du roux. Ses prunelles vertes toujours éternellement tournées vers Mello comme un tournesol vers le soleil.
Les doigts de M glissaient sous le tissus qui lui couvrait les hanches. J'essayais de fermer les yeux mais j'étais comme hypnotisé par ce que je voyais. Plus par la palette d'émotions qui traversaient le visage du blond pendant qu'il se masturbait que par l'objet du délit en lui-même. Le renflement de ses lèvres qui s'entrouvraient, les mèches blondes qui coulaient sur les muscles des épaules noueuses. La lumière qui se reflétait sur le rosaire. L'éclat carnassier des dents.
Je me sentais de plus en plus mal à l'aise. Je n'avais rien à faire entre ce Mello là et l'amour effréné que lui offrait un Matt réduit pour nous à pire que le néant. La nausée progressait et j'aurai voulu pouvoir me terrer dans un trou de souris plus que dans l'ombre des colonnes.
C'est alors que je réalisais quelque chose qui me fit venir le rouge aux joues.
Au moment où je le vit jouir, ce n'était pas Matt que Mello regardait.
C'était moi.
Je me réveillais en sursaut, trempé de sueur dans ma chambre. Un dizaine de robots me fixaient de leurs grands yeux vides. Je n'eut que le temps de me précipiter aux toilettes. Cette nuit là, je vomis six fois d'affilé. De mes entrailles sortait une substance répugnante qui sentait la bile et le chocolat.
Mello était mort.
La nausée avait vaincu en définitive.
J'espère que mon texte vous aura plût? si vous avez une critique à faire, bonne comme mauvaise, je suis comme tout auteur...
Friande de reviews *w*...
