Purgatoire

Rae D. Magdon

Traduction : RaeDMagdon-Fr

Avertissement : Gode-ceinture, fellations, humiliation / langage ordurier, fessées et une scène anale à la fin (mais très douce).
Cinquième épisode de la série La Meilleure des Distractions.

Chapitre 1

Aria savait que l'invitation était en chemin avant même de l'avoir en main. La nouvelle s'était répandue sur l'extranet dix heures standard plus tôt, mais ses informateurs avaient réussi à la prévenir à l'avance. Elle se doutait que quelque part loin d'ici, Khalisah Bint Sinan al-Jilani ne tenait plus en place. Hésitant entre être amusée ou contrariée par cette comédie – Aria détestait profondément les comédies dans lesquelles elle n'était pas personnellement impliquée – elle ouvrit l'enveloppe d'un doigt fin et lut la carte.

LE DOCTEUR LIARA T'SONI

& LE COMMANDANT JANE SHEPARD

ONT LE PLAISIR DE VOUS CONVIER

À LA CÉLÉBRATION DE LEUR UNION

LE 12/04/2188 À 14:00 HEURES (S.G.)

AU DOMAINE T'SONI

ARMALI, THESSIA

UNE RÉCEPTION SUIVRA LA CÉRÉMONIE

Ce n'était pas le gaufrage des caractères qui la surprit, ni le papier soie ou le fait qu'elle ait été invitée. Quoique, peut-être était-elle un peu étonnée de faire partie de la liste des invités mais, comme cela faisait un mois et demi que Liara n'avait pas envoyé d'agent pour la tuer, elles étaient actuellement en bons termes. Non, c'était la note hâtivement ajoutée au verso qui lui fit marquer un temps d'arrêt : 'N'hésitez pas à venir accompagnée.'

C'était clairement l'écriture de Liara. L'estomac d'Aria se noua. Fichue Liara. Maudite soit-elle d'être au courant de tout. Et doublement maudite d'essayer d'imposer à de pauvres invités sans méfiance les idées qu'elle se faisait.

Grommelant entre ses dents, Aria composa un numéro familier sur son Omni-tool. Elle ignora délibérament Grizz, qui lui avait remis l'invitation en premier lieu, et n'entendit pas le léger soupir de soulagement du Turien quand son appel fut pris dès la deuxième sonnerie. Ses lèvres se serrèrent en un trait de colère tandis que son omnitool projetait devant son canapé une image grandeur nature de Liara T'Soni. À sa grande déception, Liara ne réagit pas à son expression de colère et elle ne sembla pas non plus surprise par son appel. « Aria. Voilà qui… n'est pas vraiment inattendu, pour être honnête. »

Aria plissa le front en brandissant le carton d'invitation. « Vous pouvez m'expliquer ça, Mademoiselle Courtier de l'Ombre ? »

« Ah. Vous appelez pour répondre à l'invitation, alors. »

« Ne faites pas l'innocente avec moi, T'Soni. C'est de ça que je veux parler. » Elle pointa du doigt vers le mot 'accompagnée' au dos de la carte. « Je devrais vous jeter quelques traducteurs à la tête jusqu'à ce que vous appreniez la signification du mot 'subtil' dans une cinquantaine ou une soixantaine de langues. »

« Je n'ai aucune idée de ce dont vous voulez parler. Le 'venez accompagné' a également été proposé à d'autres invités. Vous n'êtes pas si exceptionnelle. »

« Conneries. » Aria plissa soupçonneusement les yeux face à l'image de Liara. « Vous essayez de me piéger. »

« Vous n'avez vraiment pas besoin de mon aide pour vous trouver de la compagnie, Aria. Je vais donc vous compter parmi les 'oui' pour le mariage. Autre chose ? Je réfléchis encore au menu... »

« De l'alcool », grommela-t-elle. « Plein d'alcool. Mais ça n'a aucune importance puisque que je ne viendrai pas. Et je n'amènerai personne non plus. »

L'holo de Liara lui jeta un impitoyable regard d'acier. À sa décharge, Aria ne frémit pas mais elle ne put se rappeler à quand remontait la dernière fois que quelqu'un avait réussi à la mettre mal à l'aise avec un simple regard. C'était généralement l'un de ses tours, et de voir quelqu'un l'utiliser à son encontre était déstabilisant. « Vous venez à mon mariage, Aria T'Loak, et je ne veux pas vous entendre vous plaindre. Ou sinon... »

L'expression désapprobatrice d'Aria se changea en petit sourire narquois. « Oh, comme c'est ravissant. Vous avez vraiment l'air de penser que vous pouvez me faire chanter. »

« Je suis le Courtier de l'Ombre. Le chantage est mon métier et vous êtes bien placée pour savoir que j'ai un dossier amplement fourni. C'est vous qui me l'avez donné, après tout. »

Aria sut immédiatement à quoi Liara faisait allusion : le document vidéo qui était à l'origine de son étrange et troublante relation avec Tevos. Il lui arrivait encore parfois de regretter l'avoir fait, bien que Tevos lui ait depuis longtemps pardonné son crime. Elle roula des yeux, tâchant de son mieux de prendre un air las. « Vraiment ? Vous pensez qu'une vidéo de sexe amateur m'effraie suffisamment pour me pousser à venir à votre mariage? »

« Oui. »

« Elle contribuera certainement plutôt à entretenir ma réputation. »

« Je sais. »

Dans un brusque et effrayant éclair de lucidité, Aria comprit ce que Liara ne disait pas. Liara savait que, en temps normal, la fuite d'une vidéo de cul ne l'aurait pas ennuyée. Elle savait également que, cette fois-ci, cela ne serait pas le cas. Et pire encore, elle savait certainement pourquoi.

Aria ne croyait pas vraiment que Liara puisse faire quoi que ce soit qui risque de blesser Tevos, sur les plans professionnel ou personnel. Elle ne diffuserait jamais le document privé qu'elle avait enregistré. Sa menace était bien plus subtile. D'une façon ou d'une autre elle avait saisi le changement de tonalité qu'avait suivi sa relation avec Tevos, et c'était sa façon de le lui faire savoir. Apparemment, la petite Liara maladroite avait bien grandi et avait su trouver l'une de ses rares faiblesses bien cachées.

C'était injuste. Aria n'était généralement pas du genre à éviter les problèmes, et le fait que Liara soit au courant de son conflit intérieur la contrariait. « Je vous hais », grommela-t-elle. L'holo-Liara la fixa du regard, attendant impatiemment. Elle avait même le culot de taper du pied. « Je viendrai. » Elle se força à prononcer ces mots à travers des dents serrées. Les agents de Liara actuellement en place sur Oméga allaient payer pour cela.

« Bien. » Liara opina simplement et tourna le dos, mettant fin à la connexion en laissant Aria bouillonner intérieurement.

Lentement, Aria reposa son Omni-tool sur ses genoux. Puis elle bondit de son canapé et se croisa les mains dans le dos, braquant son regard par-dessus le sol enfumé de l'Au-Delà. « Grizz ? » Elle ne prit même pas la peine de se retourner pour s'assurer que son fidèle garde du corps écoutait. « Donnez l'ordre d'exécution de tous les agents du Courtier de l'Ombre dont nous ayons connaissance. Tous. Maintenant. »

« Non non non non non… n'arrêtez pas – n'arrêtez pas... » Habituellement, cette tonalité brisée, suppliante, désespérée dans la voix de Tevos était suffisante pour convaincre Aria de faire à peu près n'importe quoi. Cette fois-ci, cela n'eut aucun effet. L'incessant signal sonore qui venait de la table de chevet détournait trop son attention. Elle cessa tout mouvement de ses hanches, frissonnant un peu en quittant la chaleur étroite et pressante de l'azur de Tevos, et se tourna vers la table de chevet. Tevos lui jeta un regard incrédule et vaguement blessé. « Aria, je ne peux pas le croire ! Je vous jure que je vais jeter votre Omni-tool par la fenêtre... »

« Oh, arrêtez de vous plaindre », marmonna Aria, tâchant d'ignorer les tremblements de son corps. « Bon, vous allez devoir attendre deux minutes pour votre cinquième orgasme, et alors. Ce n'est pas le pire sort au monde. »

Elle regarda du coin de l'œil Tevos glisser deux doigts entre ses jambes où se trouvait son gode, sans doute pour compenser la désagréable sensation de vide. Tevos lui jeta un regard désapprobateur et elle eut la décence de se sentir un peu coupable. « Vous êtes horrible. Je ne comprends pas pourquoi je vous supporte. »

Aria ne répondit pas. À la place, elle se promit de se faire pardonner de Tevos une fois qu'elle aurait fini son appel, puis elle toucha de sa main propre l'écran clignotant de son Omni-tool. « Oui ? - Quoi ? Ils sont partis ? Comment ça, ils sont partis ? Je suppose que vous voulez dire que vous êtes en train de prendre l'un de mes vaisseaux pour rattraper ce transporteur ? Oui, maintenant ! » Dans un accès de rage elle jeta son Omni-tool contre le mur, trop contrariée pour se féliciter de lui avoir adjoint un coûteux revêtement de protection. « La prochaine fois que je vois cette petite sang-pur, je lui balance une Déchirure en plein sa putain de face arrogante ! »

Tevos roula des yeux à l'énoncé du terme désobligeant. « Cessez de jurer et revenez ici », dit-elle en tapotant la place vide à côté d'elle sur le matelas. « Vous avez l'air ridicule à piétiner avec cette chose toujours attachée, vous savez. »

Aria l'ignora et continua à faire les cent pas, ne prêtant pas attention au léger inconfort qu'occasionnait son gode se balançant entre ses jambes. « Elle a retiré ses agents ! Elle savait que j'étais fâchée contre elle, alors elle – rah ! Et le pire, c'est que si elle a laissé quelqu'un derrière que je n'ai pas vu et que je ne tue pas, elle saura avec certitude que sa couverture est parfaite. »

« Cessez votre crise de colère et revenez au lit, Aria. Je ne suis ici que pour deux jours encore. »

Il s'était écoulé un an et demi depuis le début officiel de leur « arrangement », et les règles n'étaient pas très compliquées. Tevos ne demandait jamais ce qu'Aria faisait ou qui elle voyait quand elle n'était pas là, et Aria n'en parlait pas. Il n'y avait pas de longues discussions sérieuses sur un quelconque engagement. Elles ne savaient même pas comment se qualifier l'une l'autre, ni comment qualifier leur relation. Mais Aria faisait vraiment l'effort d'accorder à Tevos toute son attention lorsqu'elles étaient ensemble, et elle la traitait avec un peu plus de soin et de respect que la plupart de ses autres partenaires sexuelles.

Dont le nombre semblait avoir diminué récemment, maintenant qu'elle y pensait…

Mais ce n'était pas à cause de Tevos. Absolument pas. Ça ne valait juste pas la peine de se mettre en chasse de nouvelles aventures sexuelles quand elle avait un corps chaud et enthousiaste prêt à l'accommoder chaque fois qu'elle en avait envie.

Elle soupira et se tourna vers Tevos qui la regardait avec des yeux sombres et indéchiffrables. Une pulsion de désir se fit de nouveau sentir le long de sa hampe et elle regretta avoir répondu à son Omni-tool avant d'en avoir terminé. Cependant, maintenant que l'ambiance était gâchée, elle savait qu'il y avait de fortes chances que Tevos ne veuille plus continuer. « Êtes-vous sûre d'avoir envie de sexe avec moi quand je suis aussi contrariée ? » demanda-t-elle en revenant vers le lit d'un pas plus lent et plus calme. « Ça risque de ne pas être très doux. »

« Quelle question ! Je ne vais pas refuser l'opportunité d'une séance de sexe supplémentaire. Prenez votre décision soit vous revenez me mettre ça à l'intérieur, soit vous l'enlevez avant que je ne commence à en rire. »

Aria poussa un soupir exaspéré, sentant sa colère se transformer en un mécontentement moins destructeur. « Je ne comprendrai jamais votre problème avec les godes, Théa. Vous semblez bien l'apprécier quand il est à l'intérieur de vous. » Toutes les partenaires précédentes de Tevos avaient été asari, ce qui expliquait en partie son hésitation, mais Aria devait bien concéder que Tevos avait été enthousiaste à chaque fois qu'il s'était agit d'accommoder ses besoins prétendument plus exotiques.

« Je l'apprécie parce qu'il est attaché à une personne qui m'attire. Si je le regarde suffisamment longtemps quand nous ne sommes pas en train de forniquer, je n'arrive plus à l'associer à vous et je commence à penser à combien il a l'air ridicule... »

« Ils ont l'air encore plus ridicules en personne », dit négligemment Aria en remarquant le tressaillement que Tevos tâcha galamment de cacher. Parfois elle était presque trop parfaite. C'était vaguement ennuyeux. Et légèrement culpabilisant, bien qu'elle ne le fasse pas exprès. Aria savait que Tevos n'aimait pas qu'elle évoque ses autres partenaires sexuels, passés et en quelque sorte présents, mais elle n'avait jamais prononcé le moindre mot de mécontentement, ni essayé de renégocier les termes de leur arrangement d'amitié sexuelle. Toutefois, il y avait des moments où Aria se demandait si Tevos aurait ce genre d'exigences si l'occasion lui en était donnée…

Repoussant cet instant de malaise, Aria lança brièvement un coup d'œil vers l'Omni-tool qu'elle avait jeté contre le mur. Elle décida qu'aller le récupérer n'en valait pas la peine, particulièrement quand une belle Asari nue l'attendait au lit et qu'elle portait toujours son gode.

« Très bien. Retourne-toi. À quatre pattes. Tu as attendu assez longtemps. » Aria laissa l'ordre en suspens entre elles, attendant la réponse de Tevos. Habituellement, quand elle donnait les ordres, ce qui se produisait la majeure partie du temps, cela pouvait avoir l'une ou l'autre conséquence. Parfois Tevos aimait faire la difficile, l'aiguillonnant avec des propos sarcastiques et désobéissant délibérément aux ordres. À d'autres moments, elle plongeait de tout cœur dans le rôle de soumise, laissant Aria la diriger, l'utiliser et occasionnellement l'avilir – le tout à sa propre demande. Cela finissait toutefois toujours de la même façon, avec Tevos allongée sous elle ou pliée contre quelque chose et criant son plaisir.

Aria fut juste un peu surprise de voir Tevos lui obéir immédiatement, mais c'était indéniablement excitant. Elle aimait quand Tevos lui résistait, la poussant à lutter et travailler pour établir sa domination, mais il était plaisant de la voir se rouler sur le dos et écarter ses jambes de temps en temps… ou, dans ce cas-ci, de la voir s'offrir à quatre pattes. Elle se positionna nonchalamment au bord du matelas, promenant deux doigts dans l'humidité exposée de son amante. Elle glissa brièvement à l'intérieur, juste assez longtemps pour faire gémir Tevos, mais se retira dès que le son s'échappa.

« Ah ah. Je t'accorderai ce cinquième orgasme quand je serai d'humeur. Et quand je le ferai, ce sera autour de mon gode, et pas dans ma main. » Aria s'attendait presque à ce que Tevos réplique avec une remarque sarcastique ou un éclat de rire, mais elle ne fit que frissonner, ne reculant même pas ses hanches à la recherche de la pénétration plus profonde qu'elle avait perdue. « C'était ta dernière chance de rire ou de faire une réflexion narquoise. Si tu me désobéis à partir de maintenant, il y aura de lourdes conséquences. »