Bonjour bonjour ! Ça fait un bail hein ? Je dois dire que j'ai plein plein plein de fics en cours et que je ne gère pas du tout. Hé ouais, y en a qui ne sont pas doués. J'espère que vous aimerez cette fic ! Originellement, dans mon esprit, c'était un OS, mais vu qu'il fait dans les trente pages, je me suis dit que coupés en trois, ce serait peut-être moins indigeste… Voilà voilà.
Bonne lectuuuure ! (fait coucou, étalée sur un rocher, la peau brûlée au troisième degré)
PS : Ne frappez pas mon bêta (mon grand ami Neyel) si vous trouvez des fautes, il n'a pas corrigé cet OS, vu que je voulais garder la surprise pour tout le monde…
Le Petit Triton
Première partie
Il était une fois, il y a fort longtemps, vivait un jeune prince nommé Ichigo. Ce prince n'était pas comme les autres. Ou plutôt, il paraissait normal de la tête au bassin, et était même très séduisant d'après certaines personnes, mais à partir des hanches il n'était plus humain.
Comme vous l'aurez peut-être deviné, le prince Ichigo était un triton, c'est-à-dire le pendant masculin des sirènes qui peuplent les légendes des marins. Il avait de beaux et longs cheveux roux aussi flamboyants qu'un coucher de soleil et de magnifiques yeux d'un brun de miel. Il bénéficiait d'une musculature fine mais solide et une queue de poisson de la même teinte bleutée que le ciel nocturne. Elle était à la fois souple et forte, capable de brasser l'eau à une vitesse vertigineuse ou de repousser n'importe quel prédateur sous-marin. Ses longs doigts fins étaient reliés par des membranes douces et solides, et des striures invisibles pour un œil non exercé sillonnaient ses flancs, assurant ainsi l'extraction de l'oxygène quand il se trouvait immergé. De plus petites nageoires (qui restaient cependant aussi solides que les cheveux de l'auteur, et ce n'est pas peu dire) étaient réparties sur le dos et les hanches du jeune homme.
Ah, et il était prince car son père était le roi des océans, mais on s'en fout, donc on continue l'histoire.
Donc, ce prince (Ichigo, au cas où vous n'auriez pas suivi) arpentait en ce moment le fond sablonneux en jetant de temps à autre des coups d'œil autour de lui, comme s'il se sentait suivi. Après quelques kilomètres d'une nage rapide et fluide, il arriva enfin à son but : un genre de grotte sous-marine pour ainsi dire assez immonde, selon le magazine de mode et d'intérieur de ses amies sirènes. Ichigo hésita un moment et, jugeant qu'il était trop tard pour faire demi-tour, s'engagea dans l'anfractuosité.
La caverne était…moche à souhait, tout comme l'extérieur le suggérait. Le prince de la poiscaille arriva dans une première salle faiblement éclairée par une lueur verdâtre sortie d'on ne sait où (des murs ?) et des plantes aquatiques s'accrochaient désespérément aux bras et aux nageoires d'Ichigo comme pour le dissuader de continuer. Mais les plantes ne pensent pas, pas vrai ? Le rouquin prit son courage à deux mains palmées et continua son chemin. Une deuxième salle, beaucoup plus grande cette fois, s'ouvrit à lui. Dès qu'il y pénétra, une bande de poissons hideux provenant sans doute des basses profondeurs lui sauta littéralement dessus pour lui coller la frousse de sa vie et l'entraîner dans un genre de sarabande ridicule et très embarrassante. La pseudo-danse dura une ou deux minutes pendant lesquelles Ichigo souhaita mourir et être mangé par des humains. Puis une voix forte retentit.
-Et voilà le grrrrand, le magnifique… Grrrrrimmjooooow Jagger…merde !
Ichigo entendit plus qu'il ne vit un gros bruit d'objets qui tombent, puis quelques jurons.
-Hé, les gars, arrêtez votre bordel, c'est le prince ! reprit la voix dudit Grimmjow.
Aussitôt les monstres marins s'éparpillèrent dans tous les sens sous le soupir de soulagement d'Ichigo. Le prince put enfin voir son interlocuteur et tomba sur le mec le plus excentrique de la Création. Le dessus recevait aisément la note "miamioum": un corps musclé et sans doute sculpté par la Déesse elle-même, des abdos à faire sourire Kenpachi, le chef de la garde du palais où vivait la famille royale, des yeux bleu lagon et des cheveux à peine plus clairs et un peu en pétard à cause de l'eau. Une très fine ligne d'écailles vertes soulignait ses prunelles, ce qui renforçait son côté sexy. Le bas, par contre, était un peu rebutant. A partir de la taille, le corps de Grimmjow se découpait en d'innombrables tentacules foncés mouchetés de blanc pur qui s'enroulaient et se déroulaient nerveusement. Ichigo aurait eu bien du mal à juger la beauté globale du triton contre-nature qui lui faisait face.
En plus, le bleuté essayait vainement de cacher un genre de cape en fibres végétales sous un divan à l'aspect rocailleux. Et il portait encore un genre de coiffe colorée sur la tête, un énième truc immonde qu'il s'empressa de fourrer dans un tiroir. Ce mec n'avait aucun sens de l'esthétique.
Voyant l'air impatient d'Ichigo, son hôte tenta de reprendre son sérieux. Pas facile quand on vient de se faire prendre à se déguiser en gourou maléfique. Par un prince en plus.
-Hrm, salut bro, baragouina-t-il en envisageant de plus en plus sérieusement de lui faire perdre la mémoire.
-Bonjour, fit un Ichigo un peu méfiant. On m'a dit qu'un puissant sorcier vivait ici…
Oulah. Vu sa tête, il devait penser qu'il s'était trompé de maison.
-En effet, je suis le plus puissant sorcier que tu trouveras dans les sept mers. Je m'appelle Grimmjow.
-J'avais cru comprendre, "Grimmjow Jaggermerde", persiffla Ichigo en tressaillant légèrement du coin de la bouche.
Le puissant sorcier rougit comme une brique et donna un nouveau coup de pseudopode dans la cape ridicule qui dépassait toujours de sa cachette.
-Roooh, ça va, si on peut plus rigoler…
-Je suis venu car j'ai besoin de votre aide, déclara le prince, décidant qu'il avait perdu assez de temps avec le pseudo-sorcier.
-Je t'écoute, bro, répondit Grimmjow en prenant un air sérieux.
-Voilà, en fait, j'aurais besoin de…de devenir humain. Et arrêtez de m'appeler comme ça.
Les yeux bleus s'agrandirent comme des soucoupes. Il se nettoya les conduits auditifs, histoire de s'assurer qu'il avait mal compris.
-Devenir un quoi ?
-Un humain, reprit Ichigo plus posément.
-Je peux te demander pourquoi, ton Altesse?
Ce fut au tour de son Altesse de rougir.
-Ok, je vais vous raconter depuis le début. En fait, un soir, je suis monté à la surface à l'insu de mon père et j'ai vu un bateau avec à son bord…
-Ouaiiis…?
-Un prince, termina le jeune homme de plus en plus rouge.
-Argh. Coup de foudre ?
-Coup de foudre.
-Et heu…il ressemble à quoi, ce prince?
"Histoire que je sache un peu qui je dois buter" pensa Grimmjow, un poil jaloux.
-Hé bien, il a les cheveux noirs, des drôles de trucs brillants sur son nez et les yeux bleus. Un des hommes à bord a dit qu'il était le prince Uryuu.
-Hum, c'est pas le petit cré…le prince héritier du royaume de la côte la plus proche ? Donc c'est pour être avec ce type que tu veux devenir bipède ? Quelle idée… soupira Grimmjow en admirant les bulles que sa respiration produisait d'un air pensif.
-Mais il est intelligent, habile et il est tellement sexy ! s'exclama Ichigo, les yeux brillants.
-Et tu crois qu'il t'aimerait s'il savait que tu es moitié poisson ?
-B-Bien sûr que oui ! Il est la gentillesse même !
Grimmjow leva les yeux au plafond tout en marmonnant un truc inaudible et entra le nom de son désormais rival dans sa super boule de cristal équipée du Wifi, du câble et j'en passe et des meilleures. Il tomba sur les infos de dix heures, où le prince Uryuu Ishida balançait une bouteille de mousseux qui coûtait sûrement le PIB d'un pays d'Afrique sur un yacht immaculé.
-Mouais, grommela le sorcier. 'Spèce de gaspilleur…
-Bon, vous pouvez m'aider oui ou merde? s'impatienta son visiteur.
-Ouais, bien sûr, mais…t'es sûr que tu veux sacrifier tes nageoires pour ce type?
-Ouiiii, s'énerva Ichigo.
-Bon, c'est tes affaires après tout.
Même si ça m'emmerde grave, pensa Grimmjow.
-Je vais t'aider, par contre, il faudra payer.
-J'ai pas d'argent, dit aussitôt Ichigo.
-Même pas un bijou, un truc plus ou moins précieux?
-Nope.
-Bordel, ces jeunes… Bon, va falloir que tu paies en nature alors.
-Je vous demande pardon ?!
-Alors, tu vas… me donner ton premier baiser, ça devrait suffire.
-Mon premier…? Mais vous êtes malade !
-Allez, fais pas de manières, ton Altesse, sinon tu pourras toujours aller séduire ton binoclard en rampant comme une vieille limace chauve. Et je précise que les grains de sable sur la peau, c'est pas le must.
Le prince serra les poings, puis jugea qu'il pouvait bien sacrifier quelque chose pour son grand amour. Et puis, un baiser de rien du tout, ce n'était pas si cher en fin de compte. Il aurait quand même dû penser à prendre de l'argent, cela dit. Le rouquin s'approcha de l'homme-pieuvre avec hésitation et posa sa bouche sur celle du sorcier, qui préféra ne pas pousser le bouchon jusqu'à lui demander un french kiss. (vous savez, ce truc avec la langue, là…)
Le prince, quand à lui, n'avait pas pensé que cet opportuniste de magicien avait des lèvres aussi douces. Il s'écarta après quelques secondes et rougit encore plus qu'auparavant.
Grimmjow, lui, resta songeur un court instant et décida de se mettre au travail.
-Edrad, Il Forte, ramenez-moi des algues rouges et deux oursins vivants, et fissa ! Shawlong, le ballon en cristal, lança-t-il.
Aussitôt trois des créatures marines qui lui servaient de compagnons ou d'esclaves (c'est au choix) s'enfoncèrent dans les boyaux de la grotte pour aller chercher les ingrédients demandés par leur patron. Deux minutes plus tard, le bleuté put se lancer dans la préparation qui, Ichigo l'espérait, avait le pouvoir de changer un triton en humain. C'était très impressionnant, en tout cas. Grimmjow jetait les ingrédients dans un genre de chaudron un peu glauque et marmonnait des incantations tout en faisant de drôles de gestes au-dessus de son élixir. Des flashes de lumière colorée se dégageaient périodiquement de la marmite et filaient la migraine au jeune prince. Puis tout s'arrêta. Grimmjow remplit le ballon de cristal que lui avait ramené une de ses bestioles avec son mélange et…le vida d'un trait.
-Mais qu'est-ce que vous foutez ?
-Ben, je bois un tonique pour que mes pouvoirs soient à leur maximum, tu croyais quoi ?
-Heu, rien… ronchonna Ichigo.
-Bon, on va pouvoir passer à la suite. Alors, on va rétrécir ces cheveux, sinon ça va être l'enfer pour les coiffer quand tu seras là en haut, on rajoute des jolies gambettes, des poumons, on vire les nageoires, les branchies et tout ce bordel… mouais, ça devrait marcher.
-Comment ça, ça "devrait" marcher ? s'inquiéta Ichigo.
-Ok, j'y vais !
-Attendez un p… !
-Par le pouvoir de Moi, deviens humain ! déclara bien fort le sorcier bleu en pointant Ichigo du doigt.
Il y eut un genre de minuscule éclair blanc entre eux, puis plus rien. Et pas le moindre changement d'ordre physiologique chez le rouquin.
-Vous vous foutez de ma gueule ? attaqua ce dernier, fâché d'avoir dû embrasser le sorcier pour…rien.
Contre toute attente, Grimmjow esquissa un sourire carnassier.
-Maintenant, ton Altesse, tu as une minute pour regagner la surface, sans quoi tu périras noyé et je devrai remplir un tas de paperasse parce qu'on aura retrouvé ton cadavre dans mon salon. Sans compter les frais d'avocat.
-Oh, bordel.
Ichigo fit prestement demi-tour et se rua vers la surface tout en sentant les premiers changements s'opérer.
-Et même pas un merci, bougonna Grimmjow en le voyant disparaître. Quelle éducation !
Le sorcier récupéra ses attributs de gourou maléfique sous son divan et les épousseta inutilement avant de les poser sur un meuble qui passait par là.
-C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir oublié un truc…
Ichigo maudit ce foutu sorcier, avec ses foutus sorts à retardement et sa foutue caverne au fin fond de l'océan. Ses branchies venaient de se refermer au profit d'une paire de poumons, ce qui était le but premier de son expédition chez ce détraqué sexuel. Le seul problème, c'est qu'il n'avait pas encore émergé de sa mer natale et qu'il commençait, mine de rien, à ressentir les effets du manque d'oxygène.
Heureusement, ses nageoires répondaient toujours présent et battaient vaillamment pour le propulser hors de l'eau. Quand ses écailles commencèrent à se résorber et que sa nageoire caudale se sépara en deux trucs rosâtres (sûrement ses nouvelles jambes), Ichigo put enfin voir la lumière du soleil percer les flots et remua ses deux nouveaux appendices le plus vite possible. Au bout de quelques secondes horriblement longues, la tête rousse émergea enfin entre les vagues et remua faiblement pour y rester. Une fois qu'il eut repris son souffle, il s'intéressa à son environnement et découvrit qu'il n'était pas loin de ce qu'on appelait, dans le jargon humain, une plage. Le jeune homme prit son courage à deux mains et se remit à secouer les jambes pour finir la tête dans l'eau à boire la tasse comme un crétin.
-Bon, comment je fais moi ?
D'ordinaire, ses nageoires lui permettaient de se diriger, mais comment faisaient les humains ? Ces jambes n'étaient pas vraiment pratiques pour nager… Ichigo observa alors ses bras, qui lui semblaient bien vides sans les écailles claires et brillantes qui les couvraient autrefois et les membranes qui reliaient ses doigts pour offrir une meilleure résistance à l'eau.
Le jeune prince réfléchit une demi-seconde et serra les doigts avant de les déposer à la surface de l'eau et de les pousser vers l'arrière. Bon, l'eau ne passait pas. Le rouquin se servit donc de ses bras et de ses jambes pour avancer lentement mais sûrement vers la terre ferme.
Mort d'épuisement, il se laissa tomber sur le sable chaud et ferma les yeux pendant un instant pour se reposer.
Après ce qui lui parut cinq minutes (mais qui était en fait plutôt une heure), des voix lui parvinrent.
-… Sieur ? Tout va bien ?
-Gnnn ? répondit Ichigo en ouvrant péniblement les yeux.
Deux hommes (des vrais !) l'entouraient, visiblement inquiets. L'un avait des cheveux bruns qui lui arrivaient aux épaules et l'air décidément stupide tandis que le deuxième, déjà plus intelligent, possédait des courts cheveux noirs et un sourire apaisant.
-Vous m'entendez monsieur ? Je m'appelle Mizuiro Kojima, et lui c'est Keigo Asano. Il est bête mais c'est un mec bien.
-Hrrr…Hm, désolé. Ichigo Kurosaki, enchanté, bredouilla le prince, peu habitué à parler à l'air libre.
-Que s'est-il passé? Vous avez eu un accident ? questionna Keigo.
-Heu, ouais, mon bateau a coulé. Une sombre histoire de gâteau d'anniversaire et d'homme saoul…
-Oh, fit simplement Mizuiro. Ecoutez, on va vous ramener au château - c'est là qu'on travaille, Keigo et moi. Les naufragé ont toujours bon accueil là-bas, le temps qu'ils se remettent de leurs blessures et du choc.
-Le château… C'est le château de qui ? demanda innocemment Ichigo.
-Du prince Uryuu, répondit Keigo avec un sourire crétin. Il a un caractère un peu spécial, mais il est doué pour gouverner, enfin, tous ces trucs de monarque, là…
-D'a-d'accord, balbutia le rouquin.
Mizuiro s'apprêtait à relever le pauvre rouquin quand il constata qu'il était entièrement nu. Très pragmatique, il enleva sa veste et l'offrit au jeune homme qui venait de s'asseoir avec quelques grimaces de douleur. Le rouquin regarda curieusement le vêtement, comme s'il ignorait complètement de quoi il s'agissait, ce qui étonna le moins idiot de ses deux sauveurs.
Ichigo, perplexe, se demanda ce qu'il était sensé faire avec ce…truc. C'était chaud, ça sentait comme Mizuiro et ça pesait un peu lourd. Pourquoi ce type lui avait-il donné ça ? Hmmm, le petit brun l'avait retiré de ses épaules, donc…ça se portait peut-être comme une cape ? Ichigo hésita un peu et finit par déposer le long manteau sur ses épaules, remarquant au passage que ses cheveux avaient considérablement raccourci. Puis les deux humains l'attrapèrent sous les bras pour l'aider à se lever. Ichigo, peu habitué à ce qu'on tire ainsi sur ses membres, gémit un peu, puis put soulager la pression en se servant normalement de ses jambes.
Puis un éclair de douleur le renvoya au tapis, lui arrachant quelques larmes au passage.
-Votre jambe est cassée ? s'inquiéta aussitôt Mizuiro en tâtant légèrement les deux nouveaux membres du triton, qui retint une plainte de justesse.
-C'est étrange, ça n'a pas l'air cassé ni même foulé… Il faut qu'on demande à Inoue d'y jeter un œil. En attendant, vaut mieux que vous montiez sur un des chevaux.
Ichigo, même s'il n'avait aucune idée de ce qu'était un cheval, acquiesça avec gratitude. Ce foutu sorcier allait entendre parler de lui !
Le court trajet jusqu'à l'énorme bête brune au regard avenant fut une torture pour le prince, mais il ne put s'empêcher de se sentir heureux de pouvoir marcher avec ses propres jambes sur la terre ferme, lui qui en avait rêvé et fantasmé toute sa vie. Une fois le prince installé sur l'animal fort sympathique, le petit groupe se mit en marche vers le château, qui se trouvait juste en haut d'une falaise devant la mer.
Au moins, le naufragé n'aurait pas à exhiber son corps devant tout le village, pensa Mizuiro. Mais quand même, pourquoi avait-il autant hésité devant sa veste ?
Cinq minutes plus tard, ils pénétrèrent dans la cour du palais. Keigo alla chercher le chef de la garde, un certain Kensei, pour qu'il aide Ichigo à rejoindre l'infirmerie. L'homme aux cheveux blancs malgré son apparente jeunesse n'eut aucun mal à porter Ichigo comme une princesse, de sorte qu'il n'eut pas besoin de marcher. il le largua sur un drôle de truc blanc rectangulaire et très confortable, où on lui donna de quoi se vêtir décemment. Le rouquin dut loucher sur l'habillement de Kensei, Keigo et Mizuiro pour savoir quoi mettre à quel endroit, et arriva presque sans peine à s'habiller tout seul comme un grand. Une jeune femme rousse en blouse blanche entra alors dans la pièce, vit Ichigo, rougit devant sa beauté quasiment féérique et entreprit de l'ausculter avec professionnalisme et beaucoup de regards en coin.
-Je ne vois aucune séquelle, et je ne vois pas pourquoi vos jambes vont font tellement souffrir… Oh, suis-je bête, je ne me suis même pas présentée ! Je suis Inoue Orihime, médecin personnel du prince !
Elle tendit la main droite à Ichigo, qui la regarda sans rien dire. Traversé par un éclair de génie, il tendit la sienne et la jeune femme s'en empara avant de la secouer comme un prunier en souriant exagérément.
-Ichigo Kurosaki, se présenta simplement le triton.
-Enchantée ! Hmm, nous devrions peut-être vous fournir une chaise roulante. Il n'y a rien qui justifie que vous gardiez le lit, après tout. Je vais me pencher sur le problème de vos jambes, aussi…
Keigo revint deux minutes plus tard avec le fauteuil à roulettes, qu'Ichigo regarda avec une répugnance mal dissimulée.
-Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais pouvoir marcher, s'il vous plaît, argua-t-il. Peut-être que la douleur va passer, après tout.
Orihime resta songeuse un instant, puis accéda à sa requête, sous réserve qu'il prenne la chaise si aucune amélioration n'était visible le soir venu.
Ichigo, au bras du chef de la garde, sortit du lit en étouffant ses cris de douleur et se laissa emmener dans la salle du trône, où il pourrait enfin rencontrer son prince !
Ce dernier était en train d'examiner des dossier, un sourcil levé et l'air un peu hautain quand Ichigo débarqua.
-Qu'est-ce que c'est ? fit élégamment le brun à lunettes.
Ichigo faillit mal le prendre.
-Un naufragé, votre Altesse, répondit Kensei.
-Je m'appelle Kurosaki Ichigo, votre Altesse, salua le jeune homme en prenant une pose engageante.
Enfin, elle aurait été engageante s'il n'était pas à moitié affalé sur l'argenté, qui le vivait étonnamment bien. Il faut dire aussi qu'il louchait allègrement sur le visage presque féminin de l'ex-triton, un filet de bave discret sur le menton.
Le prince humain fixa le nouveau venu d'un œil critique. Il était indéniablement beau, même très beau, malgré sa chevelure orange comme une carotte. Joli corps, aussi. Mais bon.
-Comment allez-vous, Kurosaki ?
-Heu, bien, merci, répondit Ichigo, un peu pris au dépourvu par cette question.
-Très bien. Dans ce cas vous n'avez plus besoin de résider au palais, n'est-ce pas ?
-Je…pardon ?
-Je dis, reprit le brun sans se vexer, que vous si vous vous portez assez bien pour pouvoir retourner à votre vie d'avant, rien ne vous retient plus ici.
Hébété devant l'impolitesse de son coup de foudre, Ichigo resta pantois.
-Mais je…
-Est-ce que vous avez la moindre idée du nombre de naufragés qu'on retrouve sur nos plages ?
-Heu, non.
-Beaucoup. Vous imaginez ce qui se passerait si j'hébergeais tout ce beau monde dans mon château ? Je ne loge que ceux qui travaillent pour moi, monsieur Kurosaki. C'est pas Lampedusa, ici !
Ichigo sentit la colère et la désillusion monter en lui.
Grimmjow avait peut-être raison, en fin de compte.
-Je n'ai nulle part d'autre où aller, votre Altesse. Me renverrez-vous quand même ?
-Oui, assena le monarque.
Bon, Ichigo pouvait comprendre le point de vue de son interlocuteur. Il avait déjà un pays à gérer, il n'allait pas en plus nourrir et loger gratuitement tous les abrutis qui s'échouaient sur ses plages. Bon ne s'écrit pas avec un C. Mais quand même !
-Bien, alors, me permettrez-vous de rester si je vous suis utile?
-Vous tenez à peine debout. En quoi êtes-vous utile ? Avez-vous un don particulier ?
-Je chante très bien.
Bah ouais, les sirènes chantent super-bien, c'est connu !
-Ben inscrivez-vous à The Voice alors, ronchonna le prince. Mais bon, j'avoue qu'un concert gratuit de temps en temps pourrait être motivant pour tous mes employés.
-Merci votre Altesse, s'inclina Ichigo.
-Mais avant, je veux une preuve de votre talent. Chantez.
Le rouquin s'éclaircit la gorge et entonna une chanson qui faisait fureur dans l'océan. En gros ça parlait de fugu, d'une étoile de mer amnésique et d'une néréide amoureuse d'un marin.
La voix du jeune triton s'éleva, claire et pure comme de l'eau de roche, et résonna comme un chœur entre les murs de la salle, qui amplifiaient les sons à merveille. Emporté par sa chanson, Ichigo ne vit pas les courtisans s'arrêter pour l'écouter chanter, et n'entendit pas non plus les oiseaux se taire (Pour une fois. Qu'est-ce que ça gueule ces piafs!) ni Uryuu se redresser sur son trône pour mieux écouter.
Une fois la chanson terminée, le rouquin ouvrit les yeux. Le temps semblait s'être arrêté dans la salle. Rien ne bougeait, aucun bruit ne se faisait entendre, sauf peut-être le cœur d'Ichigo qui battait à tout rompre.
-Hm, je suppose que vous pouvez devenir mon chanteur personnel, trancha Ishida, brisant le silence qui s'était installé.
-YOUPIIII ! s'exclama Ichigo, fou de joie de pouvoir rester.
Il leva les bras au ciel, manquant d'éborgner Kensei qui lui intima d'un regard de calmer sa joie.
-Maintenant barrez-vous, j'ai du boulot à terminer. Vous viendrez chanter ce soir après le repas. Et qu'on prépare une chambre pour monsieur Kurosaki !
-D'accord ! Merci !
Le triton quitta lentement la pièce entre les bras de Kensei, qui dut retourner travailler et confia son protégé à un de ses hommes, un certain Sado Yasutora. Son nom asiatique était en totale contradiction avec son physique de Mexicain, mais le prince des tho…des sept mers n'y prêta pas attention. Le grand type bronzé lui proposa de lui faire visiter la ville, ce que le jeune homme accepta avec joie. Chad, comme l'avait surnommé le nouveau chanteur de la cour, l'emmena voir les curiosités de la ville et lui paya gentiment son premier repas terrestre. Ichigo découvrit ainsi qu'il pouvait manger de la viande et des légumes, ce qu'il ne pouvait pas faire quand il était un triton.
Il était si heureux qu'il ne sentait presque plus la douleur qui irradiait dans ses jambes à chaque pas qu'il faisait.
Quand le soir tomba, Chad escorta le jeune homme jusqu'au palais, où il mangea avec le prince avant de chanter quelques compositions de son répertoire des hits marins 2015. Le public adora sa prestation, même l'ambassadeur mélancolique qui siégeait à côté du prince (un certain Ulquiorra, représentant un lointain pays d'Europe). Le dignitaire brun décidément très pâle accompagna le triton au piano, qu'il jouait presque parfaitement. À eux deux ils déclenchèrent ce qu'on appelle communément un "eargasm" collectif.
Le triton alla se coucher dans sa chambre attitrée, où on lui avait préparé un de ces "lits" si confortables. S'il devait choisir sa découverte terrestre préférée, ce serait sûrement celle-ci.
Ben voyons.
Il commençait à s'endormir quand une odieuse sonnerie retentit dans ses oreilles. Passablement énervé, le prince aux cheveux oranges se releva sur son séant et chercha du regard la source du bruit. Il la trouva en la personne d'un genre d'appareil noir avec des boutons et un genre de chapeau de matador accroché au bout d'un fil torsadé.
Perplexe, il toucha du bout du doigt l'engin bruyant. Rien ne bougea.
Ichigo soupira. Et cette sonnerie qui ne s'arrêtait pas… Indécis, il attrapa le chapeau de matador et le calme revint. Il allait le reposer pour voir si le son reprenait, mais le jeune homme entendit une voix rendue aiguë par le téléphone (car oui, c'était un téléphone) dans le cornet et le porta à son oreille pour savoir de quoi il en retournait.
-Ah bah quand même ! J'ai fini par croire que je m'étais gouré de numéro ! fit une voix énervée.
-Grimmjow ? Mais comment est-ce possible? Où êtes-vous ?
-Au fond de l'océan, abruti. Où veux-tu que je sois ?
-Ben, vu comme ça, on dirait qu'on vous a enfermé dans cette… boîte ?
-Ça s'appelle un téléphone, fils d'andouille. C'est un truc inventé par les humains qui permet de parler à quelqu'un qui se trouve très loin.
-Bordel, ces humains sont ingénieux.
-Tu l'as dit. Je t'appelle de ma boule de cristal, au cas où tu te poserais la question. On m'a installé la ligne il y a un mois, et grâce à toi j'ai pu l'essayer pour la première fois. J'adore ce truc. Et j'ai les chaînes cryptées aussi…
-Bref, coupa Ichigo. Qu'est-ce que vous voulez ?
-Hé bien, connaître l'avancement des choses de ton côté, premièrement.
-Oh…ça se passe bien, le prince a accepté que je reste chez lui. Je suis devenu son chanteur personnel ! Y a plus qu'à mettre en place une stratégie de séduction et le tour est joué ! Merci beaucoup pour votre aide !
-Heu…ouais, justement, par rapport à ça… fit la voix hésitante de Grimmjow au bout du fil.
-Qu'y a-t-il ? demanda Ichigo, pris d'un mauvais pressentiment.
-Hé bien, quand tu es venu ce matin, j'ai oublié de te parler d'un minuscule détail.
-C'est-à-dire ? répliqua le rouquin qui sentait venir le coup fourré.
-Ben… en fait, quand tu m'as embrassé et que je t'ai donné tes jambes (qui sont magnifiques, soit dit en passant), nous avons passé un genre de contrat. Un truc magique, qui se fait sans qu'on ait besoin de l'écrire ou de le signer. Un truc tacite, quoi.
-Doooonc…?
-En fait il te reste deux jours pour séduire ton prince.
-…
-Ichigo ?
-QUEEEEUUUUUUUUAAAAHH ? hurla le jeune triton dans le combiné.
-Bordel, mes oreilles !
-Je m'en tape de tes oreilles ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
-En fait, le contrat te donne trois jours pour recevoir un baiser d'amour sincère de la part de ton prince. Ce qui fait qu'il t'en reste maintenant deux. Au coucher du soleil, dans deux jours, si tu n'as pas reçu ce baiser, tu redeviendras un triton.
-Mais c'est l'arnaque ! J'vais porter plainte !
-Mais j'y peux rien, moi ! C'est la condition pour pouvoir devenir humain, si tu ne la remplis pas, il est normal que tu redeviennes un triton.
-Mais comment je vais faire…? Je veux rester ici moi !
-Ben, joue à fond sur tes atouts de charme, montre tes seins, bats des cils…
-Je suis pas une foutue sirène !
-Heu, certes. Ah, autre chose.
-Quoi encore ? siffla Ichigo.
-Si tu redeviens un triton après ces trois jours… ben, tu seras à moi. En gros.
-Je serai à toi. Qu'est-ce que ça signifie ? Je serai, genre, ton esclave ?
-À peu près. Encore une fois, c'est pas ma faute, ce sont les lois de la magie. La magie a toujours un prix.
-J'EMMERDE LA MAGIE !
-Hé, reste poli. Hurler ne sert à rien. Perso, ça ne me gêne pas, mais alors là pas du tout de t'avoir ici, mais franchement, je préférerais que tu sois consentant, vois-tu.
-Ben tiens.
-Nan, je t'assure !
-Mouais… Bon, j'imagine qu'on n'y peut rien. Faut que tu m'aides à séduire ce gars, Grimmjow. Sinon tu pourras toujours te peigner pour que je fasse le ménage dans ta piaule si ça foire !
-Okay, je ferai ce que je peux, râla le sorcier, qui préférait avoir Ichigo pour lui.
Que la vie était injuste.
-Au fait, reprit le rouquin, il y a un problème avec les jambes que tu m'as données. Elles me font souffrir le martyre dès que je les pose quelque part, sauf dans l'eau.
-C'est parce que dans l'eau tu pèses moins lourd. C'est une séquelle de la transformation, ça va passer.
-J'ai l'impression de m'être fait baiser à tous les niveaux dans cette histoire, moi, grommela le jeune homme.
-Je peux pas dire le contraire, confirma Grimmjow. Je t'avais bien dit que c'était une mauvaise idée. Pourquoi personne ne m'écoute jamais ?
-Si personne ne t'écoute, pourquoi t'as pas une armée de serviteurs ?
-Les poissons que tu as rencontrés sont des gens avec qui j'ai passé des contrats, les autres m'emmerdaient tellement à se plaindre que je les ai changés en krill et offerts à la baleine la plus proche.
-…T'es un vrai sadique ma parole.
-…Et toi t'es con.
-Merci, ça me remonte trop le moral, là.
-Je sais, je suis génial. Allez, va te coucher maintenant.
-Oui papa, se moqua Ichigo avant de reposer soigneusement le combiné sur l'appareil.
Le rouquin retourna se coucher et donna des coups de poings rageurs à son oreiller avant de sombrer dans le sommeil, mort de fatigue après sa journée.
Dans le prochain épisode : Ulquiorra se prend pour une descente de lit, Grimmjow s'incruste à une Beach Party, Uryuu se paie la honte de sa vie et Ichigo sauve encore le monde entre deux chansons à la Disney...
À suivre…
Vous avez tous cru que ça se passerait à l'époque des calèches et des jolies robes, hein ? Avouez !
NDA : J'espère que vous avez aimé, et vous pouvez laisser un commentaire, merci merci !
(ou comment tenter de manipuler les gens avec de la politesse)
(en général ça marche pas)
(Mais bon, au moins j'aurais essayé)
