Voilà la suite de "La marque D'Eros", que vous avez été nombreuses à me demander! :) Petite fic de huit chapitres, je compte sur vous pour me donner votre avis, oki?
Shun, voyant le chambard monstrueux dans lequel était sa maison, se gratta distraitement la tête en soupirant. Ses parties de jambes en l'air avec Hadès étaient toujours incroyablement destructrices. Tellement qu'il s'était résolu à piocher dans son propre compte en banque, -enfin, celui d'Andromède, parce que lui, concrètement, il n'avait pas grand chose-, pour financer les réparations diverses et variées à répétition. Heureusement, sur le compte du Saint, inutilisé depuis des années, et même des siècles (mort précoce oblige), une quantité d'argent astronomique dormait et fructifiait depuis la nuit des temps, alléluia! Sinon, Athéna n'allait pas tarder à lui couper les vivres et ça allait être beaucoup moins drôle...
Cela faisait quelques mois maintenant qu'il s'était laissé aller dans les bras du Dieu, et même si cet andouille semblait faire des effort monumentaux pour être désagréable, foutre un maximum de bordel, et ne glander absolument rien, Shun l'aimait bien. Et puis il était tellement mignon à essayer de planquer ses sentiments pour lui sous des couches de mauvaise humeur... Shun en était à faire semblant de dormir pour observer discrètement son regard amoureux, parce que l'horripilant Dieu des Enfers semblait craquer pour sa bouille de belle au bois dormant et être prêt à le regarder pendant des heures.
Il ne savait pas trop ce qui était le plus mignon: que Hadès ne l'ait toujours pas grillé, sentimental qu'il était, ou le fait que, justement, il soit sentimental à se point là et essaye désespérément de la cacher en se comportant comme le dernier des salauds?
Shun voyait bien évidemment clair dans son jeu, mais le jouait quand même, pour donner le change. En réalité, il était absolument persuadé que le Dieu ne lui avouerait pas ses sentiments pour tout l'or du monde, parce que cela signifierait abandonner son orgueil et le déposer à ses pieds, purement et simplement.
Et Shun savait que cela n'allait pas arriver de sitôt, mais il reconnaissait que cela commençait à lui peser. Et à son compte en banque aussi, d'ailleurs...
Il allait encore devoir refaire le salon. L'entreprise de rénovation-décoration à laquelle il faisait appel avait un book complet à son nom. Shun s'amusait à essayer des trucs différents à chaque fois, même si c'était hideux. Ça ne tenait jamais longtemps de toute façon. Cette fois-ci, il prévoyait de faire les murs en rose barbie, le sol en orange et le plafond en paillettes argentées...
La décoratrice avait appris à dire amen à toutes ses lubies, et il payait dans l'heure...
Cependant, sa relation avec Hadès n'avait pas que des bons côtés. Outre le caractère de chiotte du Dieu et sa maison transformée en champ de ruine tous les deux jours évidemment.
Avant que Hadès ne débarque dans sa vie, Shun attirait déjà la jalousie à cause de ses excellents résultats scolaire. Son corps fin et efféminé, en revanche, lui attirait plutôt la sympathie ou l'hostilité, selon le sexe, l'orientation sexuelle et l'opinion de son interlocuteur, quand il était évident que Shun était ouvertement gay. Mais maintenant, c'était pire que tout!
La marque d'Éros, activée et régulièrement utilisée par Hadès, semblait avoir fait exploser sa sensualité: même habillé d'un sac poubelle, Shun dégageait un érotisme presque toxique. Les jeunes filles se retournaient sur son passage, les jeunes hommes essayaient de ne pas le faire, les couples se brisaient sans espoir. Shun recevait une dizaine de lettres d'amour par jour, tous sexes confondus, et tout le monde, même ses professeurs, redoublait de petites attentions qu'il ne pouvait accepter sans donner de faux espoirs. Les filles et les gays s'accrochaient à ses bras dans les couloirs, et tous les hommes auparavant hétérosexuels convaincus lui lançaient des regards de désir haineux. Sa vie était devenue un enfer...
Shun était à deux doigts de demander au Dieu de l'escorter en cours. Nul doute que sa beauté divine et son aura meurtrière pour quiconque s'approcherait de lui d'un peu trop près devrait décourager tout le monde, non?
Mais voilà, le problème était que Shun ne pouvait absolument PAS faire confiance au Dieu. Hadès risquait de raser l'école de la carte et de le kidnapper pour l'enfermer aux Enfers aussi sec...
Pourtant, en voyant la situation dans laquelle il se trouvait, Shun se dit qu'il aurait peut être dû essayer...
