Bonjour à tous. Voici le premier chapitre de ma toute première fanfiction. Les review et les critiques constructives sont bienvenus. L'OC sur le quel est basé cette histoire est une ré écriture personnelle du personnage de Saga des Gémeaux, donc pas une création entièrement originale. Quelques lemons plus tard dans l'histoire, assez soft, un peu de violence aussi.
Tous les chapitres sont déjà écrits et seront donc postés dans un délai raisonnable.
Chapitre 1 : La Guerre, et seulement la guerre.
«Je crois que j'ai trop de fringues. » se dit-elle.
Face à cette remarque, il aurait fallu préciser que l'idée de « trop de fringues » que se faisait Talya dites « La Goule » 1 était assez peu partagée parmi, disons, la société occidentale moderne.
Elle tenait une brassée de tissus qui suggérait sans ambiguïté un goût prononcé de sa propriétaire pour la couleur noire : «La seule couleur». Talya était le genre de fille qui ne possède que quelques modèles de vêtements, mais en plusieurs exemplaires. Elle possédait en revanche en exemplaire unique un savon, une bouteille de shampoing et une lotion à quelque sous qui occupaient déjà le fond d'un carton où elle rangea aussi ses vêtements.
Plus de coquetterie aurait été hors sujets pour un chevalier, et hors sujet pour une fille dont une cicatrice longue et en relief bardais déjà la moitié du visage. Et donc doublement superflu pour elle.
Talya quittait sans regrets particuliers le sanctuaire sacré. Les seuls souvenirs qu'elle avait de l'époque où elle n'y vivait pas encore étaient lointains, flous, et pour la plupart enneigés. Cependant elle abordait sa nouvelle existence sereinement. En effet, elle appréciait les chevaliers de bronze, et elle adorait Andromède. Mais ce n'est pas cela qui comptait. Elle savait exactement ce qu'ils avaient fait, ce qu'ils leurs restait à faire, et ce qu'ils pourraient faire ensemble. Dès lors qu'elle avait pris la décision de les rejoindre, elle n'avait plus eu aucun questionnement. Sa décision avait un sens, et c'était tout ce qui comptait. Ses appréhensions, ses peurs, sa nostalgie, de même que ses sympathies et ses antipathies ne comptaient pas. De toute sa vie entière, aussi loin qu'elle s'en souvenait, depuis ses premiers souvenirs dans le poudroiement de la neige, elle n'avait pas une seule seconde trahit Athéna. Même pas en pensée. Son esprit, formé à la guerre et seulement à la guerre, était impropre à l'introspection. Il n'y avait pas de place dans sa tête pour le moindre regret, car rien, pas même son âme et son corps, ne lui appartenaient en propre. Sa dévotion était sans borne : elle avait vécu l'enfer et souffert milles morts, et s'était livrée toute entière. Et pour ce qui était de penser à ce qu'aurait été sa vie sans ces sacrifices, il n'était plus temps.
C'est donc sûr d'elle qu'elle embarquerait le soir même pour le Japon, en sachant qu'il n'y aurait peut-être pas de retour. La quête qui l'attendait était infiniment périlleuse. Et elle devrait aussi s'entraîner. Elle prit entre ses bras l'urne de l'armure sacrée. La constellation était gravée en relief dans le métal. D'un autre côté de l'urne, une représentation du monstre lui-même. Et d'un autre côté encore, « Chimère », en Grec. Son nom.
La Chimère était la constellation de Talya, son identité, sa vie. « Talya » n'était qu'un sobriquet. Personne ne l'avait baptisée ainsi, sinon elle-même. Le nom de Khimaira, c'était la Déesse qui l'en avait qualifiée.
Avec quelques affaires entassées sur le seuil, Talya sortit dans l'air du matin. Elle aurait pu ressentir la douceur de cet air, la caresse du soleil, mais l'heure était aux souvenirs.
Le nom de Talya, se rappela-t-elle, n'était pas à proprement parlé un nom. Une suite de syllabes sans étymologie aucune inventée par une de ses amies chevalier, le matin même de son arrivée au sanctuaire. Elle sourit en repensant à cette scène, qui en plus de sceller leur amitié, l'avait symboliquement baptisée et ainsi elle avait pu naitre à nouveau au monde de la chevalerie.
Elle était arrivée très jeune au sanctuaire, ne sachant rien de ce qui l'attendait. Et sachant encore moins le racisme qui y régnait. Talya était tout sauf Grecque, mais elle était blanche, et pourrait passer pour telle avec un nom moins exotique – Marine l'avait mise en garde. Talya ne savait pas quoi faire, elle répondait à peine, Marine se mis à lui citer tous les prénoms qu'elle connaissait, très vite, comme si quelqu'un pouvait surgir d'un instant l'autre et saisir d'un seul regard Talya et ses origines lapones et que sa réputation aurait déjà fait le tour du domaine en passant deux fois par chaque maison du Zodiaque avant qu'on ait eu le temps de dire « jus d'airelles ».
Comme aucun ne lui plut, elle lui demanda d'en inventer un, et il en fut adjugé de Talya. Son premier nom, quand elle y pensait, ne lui apparaissait que comme inéluctablement mêler au paysage blanc qui avait vu l'aurore de sa vie, dans une petite communauté nomade de Laponie. Julkinien Severeigh tyhia2, « Bête noire sur neige blanche ».
Mais celle-ci avait disparu, et celle qui se donnerait bientôt toute entière à Athéna en personne, était le chevalier du signe de la Chimère. Elle était prête, avec toutes ses cicatrices, toute son ignominie de monstre, elle serait bientôt au Japon.
1 Et oui, Ô lecteur, je suis aussi fan de Batman.
2 Je ne connais pas cette langue, j'ai complètement inventé.
